Back to reality

Après un week-end de Pâques à Londres sous un temps pour le moins hivernal (neige, grêle, vent et grésil), nous avons décidé de rejoindre le Sud, plus particulièrement la région d’Uzès où la famille de l’Anglais a une maison, afin de nous refaire une santé. Courte escale à Orléans, descente via le Massif Central et – clou du spectacle – le viaduc de Millau, et nous y sommes.
Au programme : du repos et des visites. Même si je connais bien la région – petit rappel : j’y ai vécu quelques années il y a fort longtemps – je n’avais jamais visité Uzès, par exemple. C’est heureusement chose faite à présent : j’ai découvert une jolie ville aux constructions médiévales et classiques. En pleine terre huguenote, j’ai été un peu surprise de découvrir une église du XVIIème siècle, avant d’apprendre qu’elle avait été reconstruite sur ordre du roi, et non à cause d’une volonté locale. La ville est agréable à vivre, ensoleillée, calme… Nous avons aussi eu l’occasion d’y faire le marché, et il est indéniable que la vie y coûte moins cher.
Le soir, rendez-vous est pris avec les Diabolistes (comprenne le pseudo qui pourra) à Nîmes, du côté de la Maison Carrée qui, étant en rénovation, est presque entièrement dissimulée sous les bâches. L’exploration de la vieille ville se poursuit à la lueur des lampadaires jusqu’à un… pub irlandais ! D’aucuns sont déjà en manque de bière après quelques jours au Royaume-Uni. Mais l’endroit fait un peu triste figure : pas de cidre pour moi, mis à part le sempiternel Strongbow, pas de bière marrante non plus.
Le jour suivant, visite d’Aigues-Mortes, la bien nommée : autrefois port fondé par Saint Louis pour partir en croisade, la ville est désormais abandonnée au milieu des marais de Camargue. Toute petite – il n’y a sans doute pas beaucoup de différence avec l’époque médiévale – la cité est néanmoins fort belle, avec de magnifiques remparts et l’église Notre-Dame-des-Sablons où Saint Louis et ses chevaliers reçurent la croix. Renseignements pris, il existe une fête “médiévale” l’été, où nous irons peut-être faire un tour à l’occasion. Nous rejoignons les Diabolistes par une petite route qui traverse les marais, nous permettant de découvrir de magnifiques paysages et de compter le nombre de ragondins écrasés sur le bas-côté (c’est un des sports locaux, avec le tuning et la conduite étrange).
Le week-end est plus calme, consacré à faire le marché, prendre des coups de soleil, faire la sieste, lire des trucs idiots, regarder des DVD… A notre tour de recevoir Lilith et Belzébuth, pour un barbecue sous la pluie et un visionnage d’Alien.

Bien entendu, je ne peux pas finir cette carte postale sans vous parler du musée du bonbon Haribo et, surtout, de sa boutique. Imaginez une supérette remplie exclusivement de bonbons – fraises, bananes, bouteilles de cola, schtroumphs ou encore oursons à la guimauve – conditionnés en sacs de 1 à 2kg ! Le rêve.
Le mot de la fin, juste pour dire que le retour s’est bien passé et que, mine de rien : “C’est bon d’être à la maison.”

Yum Chaa

Bon, je sais, il n’est pas forcément prévu que vous vous rendiez à Londres prochainement, mais je voulais parler de cet endroit, donc tant pis pour vous ! Le Yum Chaa est situé à Camden – plus précisément sur la galerie courverte au premier étage de Camden Lock – et tient lieu de boutique et de salon de thé.
A plusieurs reprises, nous avions eu l’occasion d’acheter leurs produits sur un étal en plein air, en particulier avant les fêtes quand il fallait trouver des idées de cadeaux. Ce week-end, nous avons eu l’occasion de nous asseoir dans leur petite boutique pour déguster un thé et quelques gâteaux.
L’atmosphère est chaleureuse, le staff jeune et accueillant. Dès l’entrée, les devises “Legalise tea” et “Say no to tea bagging” nous mettent dans l’ambiance : amateurs uniquement ! La carte propose un large choix de thés noirs, verts ou blancs, d’infusions et de pâtisseries. La théière individuelle est à 2£, les gâteux à 2£20. Les places sont chères mais un petit détour vaut le coup, y compris sur la “terrasse”, mais quand il n’y pas trop de vent.
Voici mon choix personnel pour le thé : Blueberry Hill, Earl grey blue star, Chai red et Notting Hill. Pour les gâteaux, ne résistez surtout pas à leur brownie ou aux muffins à la framboise.

The other Boleyn girl

L’avantage du Royaume-Uni, c’est qu’en général on peut découvrir les dernières productions anglophones avant la France. C’est le cas  ici, avec The other Boleyn girl, sorti au début du mois et annoncé pour le 2 avril chez nous. L’histoire s’inspire d’une réalité historique : l’amour du roi Henry VIII pour les deux soeurs Boleyn, Mary et Anne.
Les Boleyn sont une famille noble mais peu aisée, qui décide de miser sur la disgrâce de la reine Catherine d’Aragon auprès du roi Henry pour pousser l’aînée de la fratrie dans les bras de ce dernier et s’assurer ainsi une position enviée à la cour. Ce projet réussit au-delà de toute espérance, mais c’est la sœur cadette d’Anne, Mary, qui devient la maîtresse du roi, alors même qu’elle est déjà mariée.
Les deux sœurs commencent alors à s’affronter, l’une pour l’amour, l’autre pour la puissance d’Henry. C’est finalement Anne qui triomphe, à force de persuasion et de manipulation, parvenant à évincer sa propre sœur et à faire répudier la reine, au prix d’un schisme religieux. Mais la victoire d’Ann sera de courte durée, et elle connaîtra bientôt le destin des épouses d’Henry VIII.
Le film est une réussite visuelle : les décors, les costumes, la musique, les danses… tout concourt à nous imprégner de l’atmosphère d’une des cours les plus brillantes de son temps. Le trio d’acteurs principaux – Natalie Portman, Scarlett Johanson et Eric Bana – est excellent, même si Scarlett Johanson est un peu limitée par le rôle de la blonde Mary. En revanche, Natalie Portman est remarquable en Ann Boleyn intrigante, manipulatrice et égoïste, uniquement préoccupée de sa propre réussite. Eric Bana est quant à lui capable de nous faire ressentir toutes les hésitations de son personnage, ses rancœurs et ses faiblesses. Ils sont encadrés par d’autres interprètes talentueux, en particulier Kristin Scott Thomas, qui incarne la mère des héroïnes.
L’histoire, adaptée d’un roman de Philippa Gregory, est malheureusement bancale. Si le début est intéressant et bien mené, la suite semble plus décousue. On peut reprocher au scénario de trop appuyer sur l’ambition d’une famille qui sacrifierait ses enfants, négligeant l’ambition personnelle des héros. En outre, les deux sœurs sont trop diamétralement opposée, entre Mary la gentille et Anne l’arriviste.
Enfin, la réalité historique est souvent déformée pour mieux coller à l’intrigue. Certes Anne Boleyn et sa soeur ont été maîtresses de Henry VIII, et celui-ci a épousé Anne en créant l’église anglicane. Cependant, les deux soeurs n’ont plus eu aucun contact après le mariage d’Anne. Anne fut éduquée en partie en France, mais plus longtemps qu’on ne nous le laisse imaginer et dans d’autres circonstances que celles présentées dans le film. On peut aussi regretter qu’aucune échelle de temps ne nous soit donnée : il faut connaître un peu la chronologie de l’époque pour s’y retrouver, et garder en tête que l’histoire se déroule sur plus de dix ans.

Cake printanier

Question : comment nourrir un Anglais affamé qui conduit ? Sachant que le prix de la baguette est prohibitif sur une aire d’autoroute, que faire ? La réponse est simple (et nécessite un peu d’organisation) : on prépare soi-même le repas. Je me suis donc attelée à la réalisation de muffins au chocolat et d’un cake salé au goût très printanier… A moins que ce ne soient les vacances qui me fassent de l’effet. Si j’avais eu le temps (et la bouteille thermos), j’aurais également fait un thé glacé maison dans les règles familiales.


Ingrédients (pour 6 personnes)
200g de farine
150g de jambon coupé en dés
100g de fromage râpé
2 cas de basilic
10cl de lait
10cl d’huile d’olive
1 tomate coupée en dés
1 sachet de levure
Epices (perso, j’utilise du “sel fumé”, mélange de sel, poivre, curry et autres), quelques pincées

Préchauffez le four thermostat 7 (210°). Dans un saladier, mélanger tous les ingrédients. Si, comme moi, vous avez la chance d’avoir un moule à cake en silicone spécial démoulage facile, versez la pâte dans le moule et enfournez. Sinon, n’oubliez pas de beurrer le moule sous peine de retrouver votre cake collé au plat. Faites cuire 40mn.

Henri le lapin à grosses couilles

Suite à notre visite du Salon du livre, nous avons reçu un drôle de petit ouvrage lundi soir, entre deux photos de la nouvelle nièce de l’Anglais. Le titre ne manque pas d’interpeller, surtout quand il s’agit d’un livre illustré qui semble destiné aux enfants.
Le but affiché est d’expliquer l’acceptation de la différence au moyen de l’histoire d’Henri, affublé d’une énoooorme paire de… bref, inutile d’en rajouter, c’est dans le titre. Le pauvre Henri souffre beaucoup, car il ne peut pas danser, pas prendre le taxi et se fait insulter dans la rue. Mais un jour, il se rend compte que sa difformité lui permet de se rendre utile… et lui permet de rencontrer l’amour.
L’histoire est sympathique, les illustrations jolies, l’humour transparaît dans les pages tout en traitant un sujet un peu difficile. Une bonne lecture, un livre à offrir, mais sans doute pas à votre belle-mère.

Salon du livre 2008

La semaine dernière, le dernier salon où l’on causait, the place to be, c’était le Salon du livre. Cette institution, qui réunit une semaine durant tout le petit monde de l’édition et du multimédia dans un hall du parc des expositions de la porte de Versailles, est l’endroit où les auteurs viennent rappeler leur existence ) leurs lecteurs et à leur éditeur.

Jeudi soir, nous étions invités à l’inauguration du salon grâce à la bienveillance de la soeur de l’Anglais. Néanmoins, la pluie battante, l’attente annoncée d’au moins une demi-heure et deux doigts (les miens) coincés dans la fenêtre ont fini par nous dissuader de nous y rendre. Au lieu de quoi, nous sommes allés en taverne, si c’est pas malheureux quand tant de culture nous tendait les bras.

Nous avons donc tenté une seconde approche samedi, munis de précieux sésames frappés de la mention “entrée gratuite”. Après une dizaine de minutes d’attente et pas mal de contrôles de sécurité, nous pénétrons enfin dans le saint des saints de la littérature hexagonale et partons à la recherche du stand des éditions Au diable Vauvert. C’est là que nous retrouvons les parents, la soeur et le beau-frère de l’Anglais, ces derniers travaillant pour ladite maison d’édition.

Les beaux-parents nous accordent une heure et demie de promenade dans les allées… De toutes manières, n’ayant pas d’argent, nous ne risquons pas d’acheter grand-chose. Nous déambulons vers Actes Sud, puis La Martinière et Albin Michel. A chaque fois des livres tous plus attirants les uns que les autres, des couvertures chamarrées, des titres évocateurs… A chaque fois la même conclusion : on n’a pas d’argent, et quoiqu’il en soit, y’a plus de place à la maison.
C’est alors que, dans les dix dernières minutes du temps réglementaire, nous faisons un crochet par le stand des éditions Bragelonne – spécialisée dans la science-fiction et l’heroic fantasy. Emerveillés par tant de livres, nous nous égarons entre les étals jusqu’à apercevoir le tableau des horaires de dédicaces… pour découvrir que Raymond E. Feist, grand monsieur de la fantasy, dédicace ce jour même à 17h. Emotion, chambardement des emplois du temps…

Après négociation, l’Anglais se dévoue pour retourner au salon en fin d’après-midi et obtenir nos dédicaces. Ce sera Krondor : la Trahison pour lui et Faërie pour moi. Avec un bouquet de roses.

Saint Patrick’s day

Hier c’était donc la Saint Patrick, et pour une fois je suis allée la célébrer. Pour la petite histoire, Saint Patrick fut l’évangélisateur de l’Irlande au début du Vème siècle, et expliqua le concept de Trinité à l’aide d’un trèfle à trois feuilles. Célébrer la Saint Patrick, de nos jours, signifie boire force bière en portant des chapeaux plus ou moins ridicule et en arborant la couleur verte symbole de l’Irlande.

Sur l’invation d’Ook, nous nous sommes retrouvés dans un pub du quartier latin, à une bonne vingtaine de personnes réparties entre les différentes tablées. Entre deux bières et deux chansons, deux concours débiles et deux lancers de “goodies” estampillées Saint Patrick, j’ai essayé de tenir une conversation sensée avec la soeur de l’Anglais et son cher et tendre, ce qui ne fut pas une mince affaire. Dans l’ambiance bon enfant et quelque peu bruyante, nous avons également croisé nombre de têtes connues, la plupart issues de nos soirées médiévales où l’ambiance n’est guère différente.

Ce fut donc une bonne soirée, assez arrosée et très joyeuse, ce qui est bien agréable un lundi soir. Je regrette de ne pas avoir pu pratiquer une danse de l’ours, mais qu’à cela ne tienne, ce sera le cas lors de ma prochaine taverne. J’ai également eut la joie de recevoir une magnifique cravate à élastique d’un beau vert sombre, que je ne manquerai pas de ressortir lors d’une soirée costumée…

Californication

Une fois n’est pas coutume, je vais parler télévision – pas pour raconter mes états d’âme sur la dernière saison de la Nouvelle Star – et même parler série télé. Il s’agit en l’occurrence de Californication, diffusée le vendredi soir en deuxième partie de soirée.
La série raconte l’histoire de Hank, écrivain doué mais victime d’une crise de la page blanche, installé à Los Angeles. Il doit en outre affronter le remariage de son ex-compagne dont il est toujours amoureux, la crise d’adolescence de sa fille, gothique de 12 ans, et les avances de la belle-soeur de cette dernière, âgée de 16 ans. Pour calmer ses angoisses, Hank passe son temps à draguer et mettre dans son lit tout ce qui porte jupon.
Présentée comme une réponse masculine à Sex and the City, Californication tient ses promesses. La série explore la sexualité et les rapports entre hommes et femmes du point de vue masculin, avec beaucoup d’humour et de dérision, tout en mettant en lumière la vie d’une certaine population de Los Angeles, qui vit de la célébrité des autres. Les épisodes alternent gags, répliques bien senties et scènes de la vie quotidienne du héros, le tout très bien dosé.

Juno

Enfin un vrai film qu’il est bien dans la catégorie “cinéma” ! Il était temps ! Hier soir, l’Anglais et moi sommes allés voir Juno de Jason Reitman, le réalisateur de Thank you for smoking – que j’avais beaucoup aimé. Comme le film est sorti il y a déjà six semaines, je pense que vous en avez entendu parlé, au moins si vous comptez parmi les lecteurs de Rafu.

C’est donc l’histoire de Juno, une lycéenne de 16 ans, qui découvre qu’elle est enceinte de son petit ami. Horrifiée, elle décide d’avorter discrètement sans en avertir les parents, mais l’accueil qu’on lui réserve au planning familial la fait changer d’avis. Elle décide donc de porter le bébé pour le faire adopter par un couple en mal d’enfant, Mark et Vanessa. Le film s’attache à nous montrer les aléas de la vie quotidienne de Juno, au centre des discussions dans son lycée, ses rapports avec les futurs parents adoptifs, hésitant entre distance et amitié, et sa relation avec son petit ami.
Ellen Page, l’actrice principale, est remarquable, elle parvient à incarner une jeune fille de 16 ans avec ses contradictions, mais aussi son franc-parler et ses doutes. Le reste du casting est également très bon, les personnages sont croqués sur le vif et les répliques fusent.

On peut cependant reprocher quelques petites choses au film. Tout d’abord, les parents semblent accepter la grossesse de l’héroïne sans trop de problèmes, ils sont même soulagés qu’elle ne veuille pas avorter. Le sujet du planning familial et de son accueil caricatural est, à mes yeux, traité trop légèrement. Enfin, s’il est évident que Juno est au centre des conversations, cela est plus suggéré que vraiment montré, comme si, en fin de compte, c’était bien naturel. Bien entendu, il s’agit d’un parti pris du réalisateur de faire un film léger sur un sujet difficile, et le pari est tenu, mais il me paraît important de le souligner.

Pocky addict

Ce week-end, j’ai fait découvrir à l’Anglais le monde merveilleux des courses asiatiques hors du 13ème arrondissement, c’est-à-dire chez les Coréens et les Japonais, là où tout est plus cher. Après les achats nécessaires de riz, viande, gyôza et sauces diverses, nous avons laissé notre gourmandise prendre le dessus: boissons sucrées (Momo tennensui pour qui connaît) ou improbables (Amino Suppli, cette horreur) mais surtout… des pocky !
Le pocky, c’est le biscuit que l’on connaît en France sous le nom de Mikado, et d’ailleurs le producteur est le même. Le pocky, c’est quasiment un art de vivre au Japon, chacun a son goût préféré et il y en a pour tous les goûts. Outre les classiques “chocolat” et dérivés (mousse au chocolat, chocolat aux éclats de noisettes…) on trouve des parfums totalement hallucinants et introuvables chez nous. Je cite pêle-mêle : fraise, fraise avec des éclats, mousse au chocolat blanc, thé vert, pizza (vous lisez bien !)… Sans compter les versions “gourmandes intitulées “dessert”, “crunch” ou “marbré” et les versions limitées saisonnières ou en fonction des fêtes traditionnelles.

Personnellement, ma préférence va au Men’s Pocky, à savoir la version au chocolat noir. J’ai eu l’occasion de tester la version coréenne et je dois avouer que je n’ai pas vraiment accroché, car la recette change et s’adapte au goût de chaque pays. Sinon, je me souviens avoir fait tester “banane chocolat” et “fraise avec morceaux” à ma famille avec des fortunes diverses, allant du “C’est génial !” au “C’est horrible !” en passant par le “C’est conceptuel…”. Quoiqu’il en soit à 2.80€ le paquet en France, la gourmandise reste un péché hors de prix !