Comme beaucoup de gens, j’ai longtemps détesté le lundi – et son corollaire, la déprime du dimanche soir. Le jour où, après moultes hésitations, j’ai fini par franchir le pas et devenir traductrice*, c’est-à-dire travailler à la maison, à mon rythme, en faisant un métier qui m’intéressait et sollicitait mes neurones, ce sentiment de mal-être a disparu. Le dimanche soir a cessé d’être un moment réservé à l’écoute de Tom McRae (estampillé musique du dimanche soir pluvieux chez nous), et je voyais même venir la fin du week-end avec bonheur, en songeant que j’allais retrouver mes habitudes et ma solitude. Avec la naissance de la Crevette, ce moment de la semaine s’est même mué en “C’est la quille !”. Comprenez par là que j’étais ravie de ramener la demoiselle à sa nounou afin d’avoir l’esprit libre pour bosser.
Mais depuis quelques mois, la donne a changé. Avec l’arrivée du Paprika, l’entrée de la Crevette à l’école et la reprise d’études de l’Anglais, nos emplois du temps se sont sacrément rigidifiés. Pas question de rater le train pour risquer d’arriver en retard en cours, pas question de manquer les 15mn d’ouverture des portes de l’école, pas question de traîner la patte pour aller chez l’assistante maternelle. Les lundi me font désormais l’effet d’une course échevelée pour n’arriver en retard nulle part et, surtout, pour garder le rythme toute la journée (parce qu’il y a d’autres activités).
Je sais que ça ne va durer encore que quelques mois, que les enfants vont gagner en autonomie, qu’on pourra mieux se répartir la tâche avec Monsieur, que les activités extra-scolaires seront calées à d’autres moments. Mais en attendant, cette année, le lundi, c’est vraiment nul.
*Pour la petite histoire, j’ai toujours un job à temps partiel à côté, histoire d’être certaine de pouvoir payer le loyer à l’heure.
Une nouvelle façon de raconter le temps qui passe. Sans doute pas définitive, mais il faut bien se lancer…
Lundi
Je suis de mauvaise humeur, j’ai la crève, et le Paprika m’a régurgité dessus au moment de partir. Je suis joie, paix et amour de mon prochain.
J’ai ressuscité le blog ! Pour plus de 15 jours, j’espère.
Mardi
Un rendez-vous pour un projet perso qui se conclut mieux que je ne l’attendais. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre, comme on dit.
Miracle, j’ai réussi à me traîner à la natation. J’arrive avec un retard invraisemblable, mais je tiens à peu près le choc et on finit avec des exercices de plongeon, c’est rigolo. En revanche, j’ai choqué Armalite qui a découvert que je payais une baby-sitter pour aller souffrir à la piscine. Oui, à ce niveau, ça peut s’apparenter à du masochisme.
Mercredi
J’ai vécu mon premier grand moment “mère indigne” (depuis la fois où j’ai laissé glissé la Crevette de la table à langer) : prise par le travail, j’oublie complètement d’aller Mademoiselle à l’école à l’heure du déjeuner pour l’emmener chez sa nounou. Je relève la tête à 11h29, sachant que la classe s’achève à 11h20 et qu’on habite à 10mn à pied. Je crois que j’ai réalisé un des meilleurs sprints de ma vie.
Jeudi
Parents indignes, le retour : le matin, j’oublie le doudou du Paprika pour la journée (et un aller-retour gratuit, un !) ; le soir, la Crevette nous a attendu 40mn parce que l’Anglais s’est planté de case sur le planning scolaire (longue histoire). Décidément, c’est pas la semaine.
J’abats un gros tas de pages à ma trad, je vais tenir le quota que je me suis fixé pour la semaine.
Oh, l’heure de la déclaration Agessa est (re)venue. C’est un mail orné de points d’exclamation (pour afficher mon bonheur, sans doute) qui me l’annonce.
Ah tiens, c’est original l’ascenseur qui tombe en panne à 21h ; ça promet pour ce week-end.
Vendredi
Ebdo, c’est déjà fini. Dommage, j’aimais bien ce magazine et, surtout, nous étions abonnés jusqu’à fin juin et j’ai un peu la haine. Les quelques articles que Le Monde a consacré à cette histoire n’aident pas à m’apaiser, au contraire.
Le retour des citations porno sur mon Facebook ! Je suis en pleine traduction d’une scène érotique et, si celle-ci n’est pas trop mal fichue, je me retrouve quand même avec des phrases comme “He drove fully into the firm grasp of her liquid heat” (on peut aussi dire “Il l’empala d’un coup de reins”, ça a le mérite d’être plus explicite).
Ouf, l’ascenseur est réparé, le week-end s’annonce moins acrobatique que prévu.
Samedi
Monsieur est en reportage, me voilà seule avec les gnomes. Non seulement je survis, mais en plus je les emmène au square. Un beau samedi après-midi après des semaines de froid et de pluie. Héroïque, je suis.
Après plus d’un an de sommeil, je reprends la lecture de Mille femmes blanches de Jim Fergus, et je me coule dans le récit avec autant de facilité qu’au début.
Dimanche
Ca va encore être facile de faire digérer le changement d’heure aux enfants… Enfin, au moins il fait jour le soir.
Une visite impromptue de mon cousin pour prendre le thé et manger du gâteau. A refaire autant que possible avant son exil provincial !
En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…
Je connaissais l’histoire de Tonya Harding et Nancy Kerrigan – je me souviens même de quelques images aperçues à la télé à l’époque – et je sais que ça m’avait beaucoup frappée (mauvais jeu de mots). Aussi avais-je envie de voir comment celle-ci pouvait être adaptée au cinéma.
La mise en scène est impeccable, alternant les plans de face – qui sont des reconstitutions d’interviews vraiment données par les protagonistes – où chaque personnage déroule sa vérité, et les passages plus narratifs dans lesquels l’histoire se déroule. Le réalisateur réussit le tour de force d’insérer trois plans-séquences franchement intéressants, dont un autour d’une scène de patinage sur la musique de Vivaldi, et un où le mari de Tonya erre dans leur maison vide.
Les moments où Tonya Harding patine sont stupéfiants, collant aux réelles chorégraphies de l’athlète avec un grand souci du détail. Je suppose que Margot Robbie a été doublée pour ces scènes, mais elles n’en demeurent pas moins saisissantes.
Les acteurs sont tous excellents, avec une mention spéciale à Allison Jeanney – qui a d’ailleurs remporté l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour ce film – glaçante en mère abusive et exigeante. On pourrait croire ses propos déformés pour l’occasion, mais les images d’archives diffusées au générique montrent le contraire.
En revanche, si j’ai passé un très bon moment, ce film m’a posé certains problèmes. Tout d’abord, Tonya Harding a toujours été à la marge du milieu du patinage artistique, tant par son attitude et ses origines modestes – ce qui est souligné tout du long – mais aussi en raison d’un physique considéré comme ingrat et éloigné des canons de la patineuse éthérée. Or, si Margot Robbie est une excellente actrice, c’est aussi une fille sublime qui, même avec une frange en bataille et un maquillage criard, reste sublime. Mais disons qu’il s’agit d’une licence poétique.
Le principal souci du film, en revanche, est qu’il tend à dédouaner et, surtout, à excuser Tonya Harding de toute intention malveillante envers Nancy Kerrigan. Or celle-ci, même si elle a toujours nié en bloc son implication, n’était pas toute blanche, et aurait même reconnu à demi mot ces dernières années qu’elle était bel et bien au courant de quelque chose. Cette histoire a clairement ruiné toute sa vie, et elle en subit encore les conséquences aujourd’hui, mais le film s’efforce de la présenter comme la proie de son entourage, quasi une victime expiatoire, et cela m’a dérangée.
Toutefois, malgré ses défauts, c’est un film qui m’a beaucoup plu.
Je refais surface avec cet instantané que j’aime beaucoup. L’occasion de vous donner des nouvelles tout en essayant de gagner du temps sur le reste !
Je lis. Martha ou le mensonge du mouvement, de Claude Pujade-Renaud, acheté à Livre Paris vendredi dernier. Claude Pujade-Renaud est officiellement devenue mon auteure préférée du moment, je me régale de ses romans que je m’offre à intervalles réguliers. L’écriture est superbe, le recours au flux de conscience toujours maîtrisé, et le propos à la fois intelligent et pertinent, parfois drôle. Un vrai régal.
Pour plus de détails sur mes lectures, vous pouvez me retrouver sur Goodreads ! Et jeter un œil à la page de ce blog consacrée au Reading Challenge de cette année, car je suis à fond, et je la mets à jour très régulièrement.
J’écoute.La BO de la comédie musicale Hairspray. J’avais adoré le film en 2007, et j’ai eu une phase de nostalgie en voyant les affiches annoncer la reprise du spectacle aux Folies Bergères.
Je mange. J’essaie de faire des trucs cuisinés mais pas trop prise de tête. Avec la naissance du deuxième enfant, et tant que celui-ci ne sera pas plus autonome, j’aurai moins de temps à consacrer aux fourneaux. Mais sinon, là, tout de suite, je boulotte les marshmallows épargnés pendant l’anniversaire de la Crevette.
Je travaille. Beaucoup, et ce n’est pas fini ! Mais nous ne plaignons pas, je pourrais être au chômage technique et me demander comment payer les factures ce mois-ci, donc j’ai de la chance. Surtout, je suis assurée d’avoir du travail jusqu’à la fin de l’année, ce qui est un vrai luxe.
J’espère. Me débarrasser rapidement de cette nouvelle crève. J’attrape beaucoup de saletés depuis janvier, c’est épuisant.
Je rêve. Certainement mais je n’en ai aucun souvenir ces temps-ci. Au grand dam de ma psy dont le mot d’ordre en ce moment est “Soyez attentives à vos rêves”.
Je décide. Justement, j’aimerais bien ne plus décider de tout, tout le temps (du moins est-ce mon impression).
Je me sens. Fatiguée, mais heureuse. Je ronchonne beaucoup et je me fais beaucoup de cheveux blancs sur l’organisation familiale, mais j’ai quand même une super famille, deux gamins adorables (forcément, c’est les miens), un job qui me plaît et un Anglais en cours de reconversion.
Je me demande. Pourquoi les retourneurs de temps n’existent pas.
Je me souviens. De plus grand-chose, en fait. J’ai le cerveau plein de trous, c’est assez impressionnant. Il y a même des jours où je dois faire un effort conscient pour me rappeler la date.
Je pense. A recontacter les gens pour le mariage (pas le mien, hein). Et à organiser des trucs.
J’ai du mal. A m’adapter aux plannings de toute la maison. Entre les sorties d’école, les horaires de la nounou, les reportages de Monsieur et les événements divers et variés, je finis par en oublier. Même avec un agenda partagé.
J’essaie. De prendre plus de temps pour moi. Pour commencer, je me suis remise à la lecture, et ça me fait beaucoup de bien. En revanche, ce serait mieux si je prenais le temps de caler les rendez-vous médicaux (dentiste, kiné…) ou pas (massage, soin…) que je reporte sans cesse.
Je porte. Une jupe “black swan” de chez Lindy Bop, que j’aime d’amour. Avec un pull rouge et des gros collants noirs parce qu’il fait -1° (c’est quand le vrai printemps ??).
Je devrais. Trier les vêtements des enfants (ça grandit trop vite !) et essayer de mettre de l’ordre dans nos caisses de bordel. Quelque chose me dit que c’est pas gagné.
J’aime. Envisager les possibles qui se profilent dans les années à venir. Ca ne va pas être simple, ni facile, mais ça pourrait bien être très enthousiasmant et formateur.
Je veux. Des vacances, des vraies ! Sans boulot, ni horaires. Et de préférence avec un peu de soleil.
Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo. Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.
J’ai acheté ce roman parce que ça faisait un moment que j’entendais beaucoup de bien de l’auteur, et que j’avais apprécié Chère Ijeawele, reçu à l’occasion d’une ronde des poches. Mon choix s’est porté sur ce pavé (près de 650 pages quand même) notamment parce que je n’y connais strictement rien au Biafra hormis, comme tout le monde, les atroces clichés de la famine. Pour être honnête, avant de lire ce livre, j’ignorais même que c’était avec le Nigéria que le Biafra avait fait sécession…
C’est un roman incroyable, qui m’a complètement happée. L’intrigue se déroule en deux temps, le début et la fin des années soixante, sans plus de précisions (bon, on sait que le Biafra a existé de 1967 à 1970). Outre la capacité de l’auteure à évoquer la vie des classes aisées et intellectuelles du Nigéria avant la guerre, le bouillonnement politique qui suit la décolonisation et la volonté des Noirs de se réapproprier leur histoire, elle n’hésite toutefois pas à renvoyer ses personnages à leurs contradictions, à souligner les limites et les excès de ce mouvement de fond, sans pour autant émettre de jugement.
L’immense force de C. N. Adichie demeure dans sa capacité à entremêler les thèmes graves – féminisme, racisme, décolonisation, guerre… – de façon fluide et sincère, sans jamais prêcher une morale quelconque, mais simplement en donnant à voir. J’ai adoré les recours à différentes langues, et la note de la traductrice, Mona de Pracontal, à ce propos est extrêmement intéressante. L’auteure s’est extrêmement documentée et parvient à nous faire vivre les événements, de l’émancipation du Nigéria à la chute du Biafra, sans jamais citer la moindre date.
A mon humble avis, ce livre – ou du moins des extraits, ça reste un pavé – devrait être lu par tous les lycéens travaillant sur la décolonisation.
Vous l’aurez compris, à mes yeux, Chimamanda Ngozi Adichie est un grand écrivain. Surtout quand on sait que L’autre moitié du soleil est son deuxième roman, écrit à l’âge de 27 ans. Celui-ci a d’ailleurs été adapté au cinéma, et j’aimerais bien voir le résultat, bien que je redoute que les personnages et l’intrigue perdent en épaisseur.
Etonnamment, je me suis imaginé le personnage d’Olanna sous les traits de l’actrice Lupita Nyong’o – or il se trouve que celle-ci a acheté les droits d’un autre roman de l’auteure, Americanah. Voilà un livre qui ne va pas tarder à rejoindre ma PAL.
Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du soleil (traduction Mona de Pracontal), Folio 2018 Reading Challenge : a book with characters who are twins
Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…
On a beaucoup parlé de ce film, non pas tant parce que c’est un nouvel énième épisode du Marvel Cinematic Universe, mais parce qu’il s’agit du premier super-héros noir porté à l’écran avec un tel budget et une telle universalité (il y a aussi les cas de Shaft et Hancock mais ne maîtrisant pas le sujet, je vais m’en tenir là). On a également beaucoup insisté sur le fait que la quasi totalité du casting était noire, de même que l’équipe de réalisation et les équipes techniques (costumes, musique…). Soit. Mais sinon, ça donne quoi ?
Franchement, le travail sur l’univers est incroyable. C’est cohérent visuellement, la culture wakandienne (on dit comme ça en français ?) est extrêmement bien développée, avec sa langue, ses croyances, ses failles, ses traditions… Même si une partie de l’univers a été développée dans les comics, il faut reconnaître que ça claque et qu’à aucun moment on n’a d’impression d’artificialité. L’immense force de cet univers culturel, c’est l’absence total d’emprunt à la culture européenne : tout se fonde sur des influences africaines et (peut-être ?) afro-caribéennes. Les personnages – en anglais, du moins – parlent avec un accent africain, ce qui est cohérent (l’acteur principal a lui-même fait remarquer que son personnage ne pouvait faire autrement, vu qu’il était issu d’une culture très avancée et n’avait pas été éduqué ailleurs que dans son pays).
L’histoire ne propose pas, pour une fois, un “comment le héros est devenu héros” mais un “comment le héros va-t-il rester le héros”. Opposé à un méchant à la fois brutal et touchant, il va devoir puiser en lui-même et remettre en cause une partie de ses convictions.
Il y a également l’immense questionnement qui relève de la nature même du Wakanda : faut-il continuer à se cacher ou aller aider les autres peuples noirs dominés / mal protégés par les blancs, anciens colons ? La question a le mérite de ne pas être traitée de façon manichéenne.
Toutefois, il s’agit d’un film de super-héros, et j’avoue m’être parfois ennuyée… 2h15, même en évitant trop de scènes de baston ou en rendant celles-ci plus intéressantes (les Wakandiens trouvent les armes à feu trop primitives), ça reste long. Certaines scènes sont clairement tournées pour la 3D et quand, comme moi, on a horreur de ça, ça peut laisser froid. Et puis il y a un sacré grand écart entre la lumière naturelle de certaines scènes et celle retravaillée en studio dans des scènes “d’extérieur”.
Non, la grande force de ce film, ce sont ses personnages féminins. Portées par des interprètes de talent (Lupita Nyong’o, Angela Basset, Danai Gurira…), les femmes qui gravitent autour de Black Panther / T’Challa sont clairement ce que l’histoire apporte de plus intéressant. Entre la petite soeur génie des sciences, la générale entièrement dévouée à son devoir, qui réagit en militaire et non en femme/homme, la fiancée qui a une vie en dehors de son mec et, surtout, ne lui sert pas de faire-valoir, ce film est une vraie bouffée d’air frais. Pour un peu, j’aurais voulu en apprendre davantage sur elles que sur le héros et ses questionnements.
Au bout du compte, ce film m’a beaucoup plu, malgré ses défauts inhérents de “film de super-héros avec de la baston”. Pour une analyse plus fine, je vous renvoie à la chronique du Fossoyeur de Films dans laquelle je me suis beaucoup retrouvée.
Quelle semaine ! J’ai enfin pu me jeter à corps perdu dans le travail pendant que les enfants étaient gardés tous les deux. Répit de courte durée, puisque le Paprika a officiellement déclaré la varicelle (et une dent… bonjour l’ambiance) ce matin. Et puis, soyons francs, le début de la semaine a été marqué par une fatigue intense et un gros craquage jeudi matin. Autant vous dire que j’ai un peu le trouillomètre à zéro pour les mois qui viennent. Mais en attendant, je vais essayer de me concentrer sur le positif.
Lundi, Monsieur découche pour le boulot. Prise d’une envie subite, j’attaque enfin les sachets de chocolat chaud à préparer de Soma Chocolatemaker acheté à Toronto lors de mon séjour il y a 18 mois. J’aurais pas dû attendre aussi longtemps : c’est à tomber par terre. J’ai sifflé tout le “Dark side of the mug” (chocolat noir, très noir), mais fait goûter le Maya (piment et épices) à l’Anglais : le verdict est enthousiaste.
Je me suis remise à lire après presque trois semaines de passage à vide. J’ai notamment repris un gros pavé mis de côté parce que si l’histoire est passionnante, elle est quand même difficile et j’appréhende la fin.
Un petit échange de SMS avec Malena suite à mon billet sur les joies de la vie de mère.
Me voir proposer un projet intéressant par l’une de mes éditrices. Bon, en revanche, je vais travailler comme une damnée d’avril à septembre. Ramassez-moi à la balayette en octobre, s’il vous plaît.
Vendredi, l’Anglais et moi nous sommes fait une séance de cinéma en amoureux (BlackPanther). Critique demain sur ce blog.
En fin d’après-midi, il est parti avec les enfants, m’offrant 48 heures en célibataire. Du coup, j’ai dormi. Une nuit de 10 heures, une sieste de 2 heures, une nuit de 8 heures, et j’aurais sans doute pu continuer.
Oh, et je suis allée au cinéma avec Lou² voir Moi, Tonya (critique dans la semaine). On a aussi mangé dans un faux resto japonais parfaitement oubliable mais qui nous a rappelé notre folle jeunesse et on a discuté comme des pies.
Aujourd’hui, j’ai organisé ma première braderie à la maison ! Nous étions 9, prêtes à troquer vêtements, bijoux, chaussures, sacs… je suis désespérée que Malena chausse du 37, vous n’avez pas idée (ces escarpins Annabel Winship, bon sang !). Pour me consoler, j’ai déniché deux robes, une combinaison (alors que j’avais toujours juré que je n’en porterais pas) et un nouveau sac à main. J’ai dit adieu à beaucoup de mes robes préférées, mais je sais que leurs nouvelles propriétaires en prendront soin.
L’action débute en avril 1789. Blanche de la Force, une jeune aristocrate parisienne, annonce à son père son intention d’entrer au Carmel de Compiègne. La mère supérieure du couvent la reçoit et lui demande d’exposer les raisons qui la poussent à rejoindre cet ordre religieux. Devenue novice, Blanche va vivre les derniers jours de la congrégation mise à mal par la Révolution française. La troupe envahit le couvent, mais Blanche réussit à s’échapper. Les ordres religieux sont dissous et les religieuses condamnées à mort. Elles montent à l’échafaud en chantant le Salve Regina. Après bien des hésitations et des doutes sur sa raison d’être, Blanche les rejoint.
J’avais lu la pièce de George Bernanos quand j’étais au lycée. Cette histoire, qui a réellement eu lieu, m’a toujours fascinée (oui, vous avez le droit de penser que j’ai des goûts bizarres). Depuis, je voulais vraiment voir l’opéra, mais il n’est pas donné souvent, c’est pourquoi je me suis jetée sur les dernières places de la production du Théâtre des Champs-Elysées.
C’était une distribution de luxe : de très grandes voix, essentiellement féminines – Patricia Petibon, Sophie Koch, Anne Sofie von Otter, Véronique Gens, Sabine Devieilhe – pour interpréter avec force et sensibilité ces femmes torturées par le doute sur la vie, la mort, l’amour de Dieu. Le questionnement perpétuel de plusieurs personnages sur la justesse de leur choix, sur l’espérance en tant que vertu chrétienne, apporte une profondeur à l’histoire, qui ne se résume pas à une amourette contrée par le destin. Il s’agit de savoir jusqu’où, par foi, ou même par peur, on est prêt à aller. Les héroïnes ne sont pas d’un bloc, et c’est ce qui fait sens.
Alors que j’avais beaucoup de préventions contre lui – une sombre histoire de char d’assaut doré dans Aïda – j’ai trouvé la mise en scène d’Olivier Py formidable, jouant sur la dichotomie lumière / obscurité, enfermement / ouverture, établissant un dialogue parfois étonnant entre valeurs révolutionnaires et règle religieuse. La scène d’exécution finale, en particulier, réussit à éviter tous les écueils, que ce soit l’horreur, le pathos ou la fausse candeur.
Au final, c’était un spectacle magnifique, qui m’a davantage bouleversée que les précédents opéras vus cette année. A bien des égards, cela m’a rappelé le film Des hommes et des dieux – à la différence que, cette fois-ci, je n’ai pas pleuré, même si ça ne s’est pas joué à grand-chose. C’est une oeuvre forte, musicalement moderne mais audible, avec des questionnements, je pense, universels, et portée par des voix et des artistes talentueux.
Dialogues des carmélites, Théâtre des Champs-Elysées, février 2018
Se réveiller ; nourrir et préparer les enfants, tenter de ressembler à quelque chose ; partir pour l’école, pour la nounou, pour les deux ?
Se mettre aussi vite que possible au travail ; parviendrai-je à abattre mon quota de pages pour la journée ? Tiens, une machine à faire ; et si je passais l’aspirateur pour me réchauffer ?
Vite, j’ai rendez-vous dans Paris, je ne dois pas être en retard ; impossible de trop traîner, il faut être à l’école avant 16h30 ; pourquoi j’ai inscrit la grande au sport, déjà ?
Au fait, on mange quoi, ce soir ? Et la Crevette ? J’aurais pas oublié d’étendre le linge ?
Attention, le vortex 17h30-20h débute, je n’y suis pour personne.
Mon sac de piscine est prêt, c’est parti pour 1 heure d’abrutissement dans le chlore.
Où est doudou ? Tu t’es lavé les dents ? Chéri, on tire à la courte paille pour savoir qui gère le lavage de dents ?
Quelle heure pour le réveil ? Encore une fois je me couche trop tard, mais bon…
Encore une semaine compliquée… Dimanche dernier, la Crevette a déclaré une varicelle. Ce n’était pas forcément une surprise puisqu’il y avait plusieurs cas dans sa classe, malheureusement, la maladie est accompagnée d’une mesure de quarantaine : interdiction de vie en collectivité pendant une semaine, le temps que l’enfant ne soit plus contagieux. J’ai donc passé la semaine à gérer une gamine malade et crevée tout en m’efforçant de bosser. Encore un grand moment de jonglage parental. Mais il reste des choses à retenir !
Mardi, j’envoie un colis de Noël (oui, je sais, chut) à mon père au Canada. Entre les délais de la poste et le week-end prolongé de l’autre côté de l’Atlantique, je m’attends à ce qu’il mette 15 jours à arriver. Vendredi soir, mail de mon père : ils ont bien reçu le colis. Mince alors, la poste peut être efficace.
Mercredi soir, je suis allée à l’opéra, voir Dialogues de Carmélites de Francis Poulenc (voilà quatre jours que je traîne à écrire le compte-rendu). C’était magnifique et j’ai failli pleurer.
Malgré toutes les emmerdes, j’ai réussi à travailler. Pas autant que je l’aurais voulu, certes, mais j’ai réussi à abattre 75% de mon quota de traduction. En revanche, quand il a fallu s’y remettre vendredi soir après avoir couché deux gamins qui avaient clairement boulotté des Chiantos, j’ai jeté l’éponge.
Comme la nounou ne travaillait pas vendredi, on a invité des copains de la Crevette. L’avantage, c’est qu’ils sont assez grands pour s’occuper tout seuls pendant que les parents mangent du gâteau.
Ma mère est passée en coup de vent pour nous rapporter des souvenirs de ses vacances espagnoles : de la charcuterie et un déguisement de danseuse de flamenco pour Mademoiselle. Qui depuis pourrait dormir dedans tellement elle est amoureuse.
Nous avons reçu l’adorable cadeau de naissance d’Elanor pour le Paprika : un doudou chauve-souris hyper mignon. Désormais accroché tête en bas à un barreau du lit. Et pour ne rien gâcher, il y avait une carte de voeux faite maison ornée d’un paon.
La mère d’enfants scolarisés avec la Crevette m’a proposé un partenariat : on va s’aider mutuellement pour gérer les anniversaires de nos rejetons. Une paire de bras supplémentaire est toujours la bienvenue.
Prise d’un élan de courage, j’ai commencé à trier mes placards en vue de la braderie prochaine. D’un côté, je suis contente car j’ai une meilleure visibilité sur ce qu’il me reste. De l’autre, je suis un peu déprimée car beaucoup de tenues que j’aimais beaucoup sont devenues trop étroites (la natation et ma seconde grossesse y sont pour quelque chose).
Shermane m’a fait une proposition indécente à concrétiser (si on y arrive) dans l’année, de préférence avant l’été. On y croit.
Le nouveau roman de Marion Olharan est sorti et je me suis ruée dessus. Il est aussi bien que le précédent, et ça m’a permis de me replonger dans un livre alors que je suis bloquée depuis deux semaines dans mes lectures.