Dangerous books for girls

dangerous booksBien avant les étreintes sur couvertures et les arracheurs de corsages, les romans d’amour avaient la mauvaise réputation d’être une sous-littérature pour femmes au foyer et vieilles filles désespérées. Mais pourquoi ces livres – qui sont une échappatoire et un divertissement de choix pour des millions de femmes – ont-ils été marqués du sceau du mépris et de la honte ?
Dangerous books for girls passe en revue l’histoire secrète de la mauvaise réputation de ce genre […] et montre comment les romans d’amour ont inspiré et donné à des générations de femmes le pouvoir de rêver en grand, de refuser de se taire et de croire qu’elles en valent la peine.


Maya Rodale est auteure de romance et chercheuse. J’avais pu découvrir le début de son ouvrage l’an dernier, lorsqu’il a été publié sur Internet et relayé par beaucoup d’autres auteures que je suis. Du coup, lors de mon passage à la convention RWA en juillet, je me suis offert cet ouvrage (l’un des deux seuls livres que j’ai payés de ma poche).
L’auteur propose une défense du genre cliché par cliché, en montrant combien le roman en lui-même est mal perçu depuis ses débuts. Que l’on mette en doute la moralité des auteures, les espérances folles que ces récits feraient naître chez les lectrices (jamais chez les lecteurs, notez bien), ou le fait que la romance ne serait qu’un genre bon pour des femmes quasi-illettrées, c’est toujours la même idée qui prédomine : parce que “féminin”, le genre est déconsidéré. Parce qu’il s’adresse aux femmes, qu’il est produit par des femmes, qu’il met des femmes au cœur de ses récits et – surtout ! – parce qu’il propose une fin heureuse.

En gros, la morale n’est pas sauve, et Maya Rodale soutient (et je suis parfaitement d’accord avec elle) que l’immense problème de la romance, c’est qu’elle donne à voir aux femmes qu’autre chose est possible, qu’elles peuvent sortir de chez elle, arpenter le monde, avoir des orgasmes et le bonheur à la fin. Il est beaucoup question d’espoir et d’amour, deux traits visiblement mal considérés s’ils ne sont pas “punis” socialement d’une façon ou d’une autre.
Mais surtout, Maya Rodale conclut de façon très intelligente en expliquant que le problème de la mauvaise réputation de la romance est intimement lié à celui de la condition féminine : tant qu’on méprisera les femmes, on méprisera un genre qui s’adresse à elles.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, facile et rapide, souvent drôle. L’auteure se lance dans une “défense et illustration de la romance”, et offre beaucoup d’arguments en faveur du genre. En outre, elle propose une explication intéressante de certains phénomènes qui peuvent paraître incompréhensibles (le petit ami qui contrôle tout, le viol fréquent dans les romances 1970s…) et ont franchement éclairé ma lanterne. Ainsi, si je n’aime toujours pas 50 shades of Grey (en particulier parce que je trouve ça très mal écrit), je conçois l’attrait que cela peut exercer, même si ça ne me parle pas.
Un ouvrage intéressant, donc, et pas seulement pour les fanas du genre, à mon avis.

Atelier parents-bébé au musée de Cluny

Quand on est parent, on voit souvent arriver le week-end avec angoisse : 48h complètes à s’occuper d’un petit bout, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire ? La plupart des ateliers, spectacles, etc. ne sont pas accessibles avant 3 ans. Aussi quelle ne fut pas ma joie de découvrir – alors que je me renseignais pour les concerts – que le musée national du Moyen-âge (le musée de Cluny, pour les intimes) proposait des ateliers pour les tout-petits de 0 à 3 ans.

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La réservation se fait par téléphone, l’entrée coûte 6€ par enfant, gratuit pour le ou les parents accompagnateurs (dans la limite de 2), ce qui offre aussi l’accès aux collections du musée. Après nous avoir accueillis à l’entrée, la conteuse et art-thérapeute Marie-Georges Compper-Bruegel nous installe dans la salle romane et commence par une chanson. Le thème de la séance d’aujourd’hui est la naissance (le cycle de l’année tourne autour des débuts de la vie, de la grossesse à la séparation d’avec les parents).
Il ne s’agit pas d’un moment passif : l’intervenante nous encourage à parler, communiquer, exprimer nos ressentis autour de cette période particulière faite d’attente, d’inquiétudes et d’espoir. Au moyen d’historiettes, de matériau “solide” et de comptines, nous échangeons sur ce sujet tout en interagissant avec nos enfants pendant une grosse demi-heure.

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Un seul autre couple a eu le courage de venir au premier atelier (10h) avec leur petite fille. La Crevette ne quittera pas mes genoux, même si cela ne l’empêchera pas de se tortiller comme un ver de terre pendant toute la séance – l’autre petite fille était beaucoup plus indépendante et curieuse.
Au final, c’était une expérience intéressante, mais j’ai un peu regretté qu’elle soit plus orientée “petite enfance” que “moyen-âge” : cela aurait pu se dérouler n’importe où, alors que j’aurais bien aimé une ou deux chansons médiévales, par exemple. Après, je me doute qu’avec des tout-petits, il est parfois difficile de faire des choses très extravagantes !

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Gros bonus : nous avons ensuite pu déambuler à notre guise dans le musée, fort peu fréquenté à cette heure. Nous avons donc montré deux-trois choses à la Crevette, dont une série de Vierges à l’enfant (les explications viendront plus tard), ainsi que les petits animaux qui peuplent la série de tapisseries de la Dame à la licorne, sans doute le moment le plus chouette de cette matinée.

PS : toutes les photos sont de Monsieur.

10 Things I liked this week #71

Une semaine avec des hauts et des bas, mais tout de même marquée par de jolis moments. Mon moral remonte (si je ne réfléchis pas trop à ma situation professionnelle), et nous avons passé des soirées et journées très agréables, en couple ou en famille.

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  • Lundi, je déjeune avec Lou², de retour de Londres. Comme toujours quand elle part, elle a eu la gentillesse de noter ma liste de courses et me rapporte du thé, du stilton (pour Monsieur) et des gâteaux Chocolossus de Fortnum & Mason.
  • De belles journées ensoleillées et quasi printanières.
  • Mardi soir, je craque dans les bras de Monsieur qui passe une grosse demi-heure à me réconforter.
  • Mercredi soir, l’Anglais et moi nous offrons une sortie au cinéma. En plus, le film nous a beaucoup plu.
  • Jeudi, après mon message “caliméresque” de la veille, je reçois une déferlante d’amour sur mon blog, ma page Facebook et sur d’autres supports. Merci à tous, je vous aime fort.
  • Vendredi après-midi, et malgré nos emplois du temps encombrés, Isa et moi parvenons à caser notre coup de fil hebdomadaire, malheureusement raccourci.
  • Vendredi, n’écoutant que notre courage, l’Anglais et moi embarquons la Crevette au bal des Conteuses de pas, le groupe de Ioionette. C’est la première fois qu’on tente le coup, et ça nous a bien plu : Mademoiselle a eu beaucoup de succès, s’est bien amusée et a dansé une bonne partie de la soirée. Bon, en revanche, impossible de m’éloigner d’elle de plus de 2m, sous peine de déclencher des pleurs.
  • Samedi matin, nous embarquons la Crevette au musée de Cluny, pour un atelier “bébés” autour de la naissance. Il faut se lever tôt mais on en profite pour poursuivre tranquillement la visite et montrer les différents animaux à mademoiselle dans la série de tapisseries de la Dame à la licorne.
  • Dimanche matin, nous faisons notre marché hebdomadaire, et Monsieur en profite pour m’offrir une botte de mimosa et une autre de genêt que je dispose dans le salon. Depuis, l’appartement embaume !
  • Double ration de gâteaux aujourd’hui 😀

Winter cookbook challenge #10

Cette semaine, reprise des hostilités avec le retour de l’Anglais. Si celui-ci n’a pas composé de cocktails (nous sommes tous les deux aux antibiotiques), c’était tout de même plus plaisant de faire à manger pour deux (voire trois) que pour moi toute seule.

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Dimanche midi, j’avais envie d’un pot-au-feu mais je sais que Monsieur trouve ça généralement trop gras. Dans un vieux numéro de Régal (oui, encore – je précise que la nouvelle version est beaucoup moins bien) consacré à ce plat et ses variantes, j’ai trouvé une recette de Jean-François Piège : “Rumsteck comme un pot-au-feu minute”. Il n’y a rien de difficile : faire mariner la viande coupée en tranches fines dans de la sauce soja pendant 1h, éplucher et tailler très finement les légumes, puis préparer un bouillon, cuire les légumes, ajouter des pâtes alphabet (je n’avais que des étoiles, mais c’est pas grave, ça passe quand même). L’astuce consiste à dresser les légumes et la viande dans un bol chaud et à verser la soupe bouillante pour cuire la viande, un peu comme un phô.
Carton plein. Même la Crevette a trouvé ça bon et a mangé toute seule avec sa cuillère (en renversant du bouillon un peu partout mais c’est pas grave). On a adoré.

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Mercredi soir, pour convaincre Jade, notre baby-sitter, de venir (oui, moi j’achète la baby-sitter), je lui ai préparé une tourte aux endives/chicons – qui n’a pas franchement trouvé son public – et une tarte au chocolat. La recette de cette dernière vient du livre Dégustation (recettes inspirées de Twilight – don’t judge me) et j’en avais parlé sur ce blog il y a fort, fort longtemps.
Si la crème au chocolat est une vraie tuerie, je pense qu’il est temps que j’apprenne à faire la pâte sucrée car la mienne (pré-étalée) a failli déclencher un désastre : trou lors de la cuisson à blanc, bord qui s’effondre… Après, ça ne nous a pas empêchés de tout boulotter en 24h, un record du genre.

Avant cuisson...
Avant cuisson…

Vendredi matin, prise d’une grosse crise de procrastination et d’une violente envie de sucre (non, je ne vous cache rien, je pense que c’est la combo fatigue + angoisse), j’ai décidé de préparer les jam biscuits (biscuits à la confiture) du livre Tea at Fortnum offert par Lou² l’an dernier. En grosse snob, je suis très fan de Fortnum et de leurs biscuits, mais c’est le genre de truc qui m’effraie toujours un peu.

J’ai choisi cette recette parce que j’avais tous les ingrédients et tous les ustensiles (croyez-moi ou pas, je n’ai pas de rouleau à pâtisserie, c’est une honte). Tout s’est bien passé, et le résultat s’annonçait délicieux, sauf que… le temps de cuisson indiqué est une limite haute, à mon avis ! J’aurais mieux fait de ne laisser mes biscuits qu’une vingtaine de minutes au four au lieu des 30 indiquées, car ils nettement trop cuits. Pas mauvais mais pas transcendants non plus (alors que je les ai aromatisés à la gelée de pétales de rose !). Comme moi, Monsieur estime qu’ils seraient meilleurs s’ils étaient moins grillés. A retenter, donc.

...et après
…et après

En tout cas, j’adore ce challenge ! Vivement la semaine prochaine pour voir ce que j’aurai concocté.

Deadpool

Deadpool1Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.


Si Monsieur et moi sommes fans de films de super-héros, nous ne sommes pas de grands lecteurs de comics (en ce qui me concerne, à part quelques tomes de The Authority et de Miss Marvel, ma culture est proche du zéro absolu). Aussi, lorsque nous sommes allés voir celui-ci hier, j’appréhendais un peu : tout le monde en disait du bien, mais pas mal de mises en garde avaient été émises à l’égard du public “familial” et on parlait aussi du caractère particulier du héros.

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Pourtant, nous avons eu raison de tenter le coup. Dès le générique de début, le ton est donné : on ne va pas se prendre au sérieux. Le personnage de Deadpool/Wade Wilson a un humour très particulier, assez pourri et orienté pipi-caca (mais pas que) et… ça fonctionne. En total décalage avec son apparence de super-héros (dont il récuse l’étiquette), il mène une vendetta personnelle en balançant insultes, jeux de mots foireux et blagues tendancieuses. Le film est truffé de références à la pop culture, la bande-son déchire (j’ai beaucoup aimé retrouver “X gon’ give it to ya” que je n’avais pas entendue depuis des années* et que j’adore – cherchez pas), et Deadpool n’hésite pas à briser le quatrième mur en s’adressant directement au spectateur (ce qui est fidèle à l’histoire, vu que Deadpool est le seul super-héros conscient d’être dans un comic).
Bref, ce fut un moment de franche rigolade, et je pense qu’il faudra le revoir pour relever tous les clins d’œil et les références disséminés dans le film, même si nous en avons noté beaucoup. Du coup, je ne peux que vous recommander ce film-défouloir qui est sans doute un des meilleurs Marvel de ces dernières années.

*”X gon’ give it to ya”, DMX, composée pour le film “Cradle to the grave” (non je ne l’ai pas vu).

Tartuffe ou (le syndrome de) l’imposteur

Source
Source

Je ne sais pas si c’est le temps assez moche, mes circonstances personnelles (cela fait deux mois que je n’ai pas de boulot ; je suis en attente d’une trad qui ne veut pas tomber, c’est usant et angoissant), la fatigue, l’angine ou tout cela combiné, mais ces derniers jours j’ai l’impression que mon syndrome de l’imposteur revient au galop. Je pense que beaucoup de personnes verront de quoi je parle : cette conviction intime, profondément enracinée, que tout vous arrive par hasard ou par chance et que, un jour ou l’autre, on finira bien par vous démasquer.

Je suis traductrice ? Un coup de bol, on m’a recommandée et depuis mes éditeurs ont pitié de moi. J’ai écrit des romans ? Oui, mais ils sont vraiment perfectibles / ce n’est “que” de la romance (ouais et en plus j’écrabouille mes propres principes au passage) / j’ai la chance de connaître du monde dans le milieu de l’édition.
J’ai une fille adorable et facile à vivre ? Oui, mais je suis une mauvaise mère et un jour on finira bien par s’en rendre compte…
Je ne poursuis pas, je pense que vous avez saisi l’idée générale.

Alors, d’où ça vient ? Tout d’abord, je pense qu’à l’origine, mon souci dans la vie est de ne pas être un garçon : attention, je suis très contente d’être une fille mais à certaines étapes de ma vie on m’a fait (involontairement) sentir que l’inverse aurait été mieux. Du coup, dans un coin de ma tête, prendre le pouvoir / passer à l’acte / réussir n’est pas possible, puisque je ne suis pas un garçon (gardez vos leçons de féminisme, il est question de mon inconscient, pas de ce que je pense, nuance).
En plus, comme je suis un peu maligne et que je déteste échouer, j’ai toujours fait en sorte de ne pas me trouver en situation d’échec en fournissant le minimum d’efforts. Mauvaise en sport ? Hop, je clame que je n’aime pas ça et qu’on ne vienne pas m’embêter avec des discours sur l’effort et les progrès.
D’une manière générale, je sais que je ne fournis pas l’effort nécessaire pour atteindre le palier supérieur alors qu’a priori je dois en avoir les capacités : poursuivre une réflexion, achever convenablement quelque chose… Je sens que c’est à ma portée, qu’on y est presque, mais impossible de faire le dernier pas.
Quant à recevoir des compliments… avec un haussement d’épaules ou un sourire gêné, oui, pourquoi pas. (Mais notez que si je recevais le Nobel de littérature j’estimerais toujours que c’est une gigantesque erreur.)

Si je parle de tout ça, c’est parce que ce sentiment est vraiment extrêmement prononcé ces jours-ci mais que, paradoxalement, j’ai rêvé cette nuit que je parvenais à hypnotiser un serpent pour m’en emparer. Faut-il y voir une volonté de prendre le pouvoir à pleines mains ?

Blanc-manger (recette médiévale)

cuisine medievaleLa semaine dernière, j’ai mis à profit un blanc de poulet et ma maladie pour enfin tester une recette qui me faisait de l’œil depuis très longtemps : le blanc-manger. Mais attention, pas la version sucrée/fruitée qu’on peut proposer aujourd’hui, mais la recette médiévale originelle, destinée aux malades.
Pourquoi aux malades ? Au Moyen-Age, la cuisine est inséparable de la médecine : on estime que certains plats sont propres à corriger les “humeurs” du corps et à en rétablir l’équilibre. De plus, si le sucre est connu et utilisé, il est rare et fort cher, et considéré comme une épice, que l’on utilise dans certains cas précis.
La recette du blanc-manger se retrouve dans de multiples réceptaires tout au long de l’époque médiévale : le Viandier de Taillevent, le Ménagier de Paris, le Liber de coquina… La base est toujours la même : un hachis blanc (la couleur a aussi son importance), avec du poulet, des amandes et du sucre.

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Bref, après cette longue introduction, voyons de quoi il retourne.

Ingrédients (pour deux personnes)
1 gros blanc de poulet (300-350g)
35g de poudre d’amandes
2 cas de crème de riz (je n’en avais pas, j’ai mélangé 1 cas de farine de riz et 1 d’eau)
du mascarpone (j’ai remplacé par de la crème)
2 cas de sucre en poudre
des pépins de grenade (facultatif)

Pocher le poulet dans de l’eau (je pense qu’on peut aussi utiliser un mélange d’eau et de vin blanc, assez classique à l’époque).
Quand le poulet est bien cuit, l’égoutter et l’effilocher. Hacher la chair au mixer avec la poudre d’amandes et la crème de riz.
Remettre le hachis dans une casserole pour faire épaissir avec la crème. Dresser en forme de dôme (faites des petits dessins si ça vous amuse), saupoudre chaque assiette d’une cuillère de sucre. Décorer éventuellement avec des pépins de grenade, et servir aussitôt.

Alors, le sucré-salé version médiévale, ça vous tente ?

Le roi est mort

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Vive le roi !
Bon, d’accord, elle était facile. Vendredi matin, à la faveur de Facebook et d’un coup de tête, j’ai retrouvé Lucy un peu par hasard pour aller visiter l’exposition “Le roi est mort” au château de Versailles. J’avais très envie de m’y rendre mais le manque de temps m’avait poussée à croire que je n’y arriverais pas (l’expo se clôture ce dimanche).

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Les infrastructures du château ont évolué mais ce n’est pas encore ça : la réservation en ligne est un peu complexe (surtout quand il s’agit de télécharger son billet parce qu’on n’arrive pas à l’imprimer…), l’exposition n’est pas indiquée tant qu’on n’a pas rejoint les grands appartements (indices : il faut suivre les indications “Grands appartements – Galerie des Glaces), mais nous sommes tout de même parvenues à destination.

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Nous sommes accueillies au pied d’un escalier tendu de noir par deux colonnes pyramidales ornées de crânes. Cela peut paraître surprenant mais, sous l’Ancien Régime, le macabre est intimement lié aux cérémonies de deuil. Au son d’une marche funèbre, nous atteignons la première salle et sa spectaculaire reproduction de la chapelle ardente érigée pour Louis XIV : immense dais noir surmonté d’une couronne, multiples cierges, squelettes grimaçants tenant des faux ou des sabliers… le tout baigné dans une profonde obscurité.

En dix salles, sont présentés la vie et l’agonie de Louis XIV, la préparation et l’organisation des différentes étapes du deuil (convoi, pompe funèbre, inhumation…), le rapport à la mort à l’époque moderne, avant de conclure sur l’évolution des funérailles monarchiques aux funérailles d’Etat.

Allégorie de la révocation de l'édit de Nantes
Allégorie de la révocation de l’édit de Nantes

Si les œuvres exposées sont pertinentes et, pour certaines, très célèbres (le masque de cire de Louis XIV réalisé sur son lit de mort, plusieurs tableaux, le trésor de Saint-Denis…), elles ne surchargent toutefois pas l’œil. Elles sont clairement là pour illustrer le propos, donner à voir la réalité de ce qui est décrit, et c’est une façon intelligente de procéder. Les cartels sont bien faits sans être trop lourds – en revanche, ils sont exclusivement en français ! Les touristes étrangers avaient-ils au moins droit à un commentaire sur leurs audioguides ?

Priant de Louis XIV
Priant de Louis XIV

J’ai également beaucoup apprécié le lien fait avec les funérailles nationales montrant, si besoin était, la filiation étroite entre les cérémonies de l’Ancien Régime et celles de la République. La pompe funèbre est clairement une expression du pouvoir en représentation !

Je n’aurai donc qu’un mot : si vous en avez l’occasion, ruez-vous sur cette expo, elle en vaut la peine.

Le roi est mort, château de Versailles, jusqu’au 21 février, 15€ (avec l’entrée pour les Grands Appartements)

10 Things I liked this week #70

Ce fut une semaine compliquée : l’absence de l’Anglais conjuguée à une énorme crève pour moi et une bronchite très insistante pour la Crevette m’a complètement vidée, et c’est avec soulagement que j’ai vu Monsieur rentrer ce matin. Pourtant, ce n’était pas une mauvaise semaine en soi, juste une succession de choses frustrantes / agaçantes / épuisantes. Du coup, il reste des trucs à retenir.

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  • Lundi, je retrouve une copine pour déjeuner, à l’occasion de son anniversaire. J’en profite pour lui offrir Fangirl de Rainbow Rowell, en guise d’énorme clin d’oeil (elle est fan de Harry Potter et écrit des fanfics).
  • Mardi, je retrouve une autre amie pour déjeuner (oui, ma vie sociale tourne en grande partie autour des déjeuners compte tenu des horaires de la nounou). Pendant que je déguste mes pâtes du jour, une averse de grêle invraisemblable transforme la rue en cascade (et Monsieur m’envoie des photos de grand soleil, pfff).
  • L’après-midi, je découvre avec une surprise ravie que je fais partie de la sélection culture de HelloCoton pour mon article sur Les délices de Tokyo.
  • Sur IG, c’est un peu Noël après l’heure : Shermane donne certains de ses thés, et je me porte volontaire.
  • Jeudi, je passe pas loin d’une heure au téléphone avec Isa, qui essuie elle aussi la tempête sur les côtes bretonnes. On parle de tout et de rien et on rigole bien.
  • Au moment où je raccroche, je reçois un mail de l’éditrice : c’est officiel, ma nouvelle série est lancée ! Maintenant, il faut juste vaincre cette angoisse de la page blanche.
  • Vendredi matin, par une espèce de coïncidence invraisemblable, je me retrouve embringuée (volontairement, hein) avec Lucy pour l’exposition “Le roi est mort” à Versailles.
  • Le soir, ma sœur vient me rejoindre pour dîner, armée d’une bouteille de champagne rosé, vive elle.
  • Dimanche, l’Anglais ne rentre pas les mains vides : dattes, grenades et truffes du désert seront à nos menus la semaine prochaine. (J’en profite pour passer une annonce : si vous avez une recette pour utiliser lesdites truffes, je suis preneuse.)
  • Toute la semaine, j’ai réussi à cuisiner diverses choses plus ou moins originales, ce dont je suis ravie.

Voilà, c’était quand même une semaine bien remplie, même si j’aurais aimé être en meilleure forme pour en profiter davantage. Premier objectif demain : prendre rendez-vous chez le médecin !

Winter cookbook challenge #9

Étonnamment cette semaine, alors que je ne pensais pas être d’humeur à cuisiner (pour moi toute seule, c’est parfois dur de se motiver) et que j’étais malade, j’ai pas mal fait la cuisine et, surtout, j’ai testé des recettes nouvelles. Qu’il s’agisse de finir ce qui traînait dans mon frigo ou de nourrir ma soeur, j’ai puisé dans tout un tas d’ouvrages pour arriver à mes fins.

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Dimanche, la Crevette et moi sommes entre nous, et j’ai décidé de faire des crêpes. J’ai ressorti la recette éprouvée du livre Les petites recettes modèles (inspirées par l’oeuvre de la Comtesse de Ségur). Si la pâte en elle-même était bien, la réalisation fut compliquée : gérer un bout de chou et une poêle chaude n’est pas de tout repos, et ma poêle n’est plus en très bon état – pas assez en tout cas pour ce genre d’exercice. Résultat mitigé : j’ai mangé des crêpes pendant trois jours, mais mademoiselle m’a lancé un “c’est pas bon !” péremptoire. Faites des enfants.

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 Lundi soir, alors que je cherchais la liste d’ingrédients pour une autre recette, j’ai découvert par hasard la recette de “La soupe au pain de maman” de Christine Ferber dans un vieux numéro de Régal. Celle-ci, toute simple, propose de faire griller du pain dans une casserole avec de l’ail, puis d’ajouter du fond de veau / de volaille et de la crème. Je l’ai réalisée deux fois, la première avec du bouillon de volaille et une cuillère de fond de veau, la seconde avec uniquement du fond de veau et, si la seconde version était plus riche et onctueuse, j’ai préféré la première dont le goût m’a semblé plus subtil. Quoi qu’il en soit, c’est une façon hyper simple et délicieuse de finir le pain rassis.

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Mercredi, toujours terrassée par la crève, et sachant qu’il me restait un beau blanc de poulet dans le frigo, j’ai préparé un blanc-manger (la version originelle, donc, pas celle qu’on peut servir aujourd’hui sous forme de flanc), d’après la recette du Liber de coquina, un réceptaire du 14ème siècle, proposée dans le hors-série du magazine Histoire et images médiévales, sur le thème de la cuisine. Il s’agit d’un hachis de poulet et d’amandes, agrémenté de sucre (article à venir). C’était délicieux même si le goût peut légèrement surprendre.

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Enfin, hier soir, pour fêter la venue de ma sœur, j’ai préparé des petites crèmes au chocolat aromatisées à la vanille. C’est une recette de Régal, déjà réalisée à deux ou trois reprises, mais que je parfume d’habitude à la cannelle (ma sœur déteste la cannelle). C’était parfait comme dessert, après une assiette de mon désormais célèbre katsuo no tekone-zushi (dont j’ai déjà parlé ici).

Des découvertes, des réinterprétations, des surprises… C’était une semaine intéressante au plan culinaire, à voir si la suivante sera aussi productive !