Jour J, tome 17 – Napoléon Washington

1799 : le fils adoptif du père de la nation américaine part à la recherche de l’Eldorado.

JourJ17

Jour J est une série de BD dont le concept repose sur l’uchronie : on raconte l’histoire telle qu’elle aurait pu se passer si… un événement ne s’était pas déroulé comme prévu, un personnage avait disparu trop tôt ou pris d’autres décisions… Le choix est large, et les possibilités infinies.
Je suis cette série depuis ses débuts et sa fracassante couverture “Les Russes sur la Lune!” qui reprenait le célèbre cliché d’Armstrong posant le pied sur notre satellite. Depuis, les albums s’enchaînent à un rythme assez effréné, grâce à un système assez intelligent : les scénaristes, Duval et Pécaud, gèrent toutes les histoires, tandis que l’illustration de celle-ci est confiée à différents dessinateurs – à l’exception de la couverture. L’avantage, c’est que les publications sont régulières et fréquentes, bien plus que pour une série classique. L’inconvénient, c’est que le rendu est parfois inégal.

Sur cette histoire en particulier, j’ai beaucoup aimé le parti pris : le père de Napoléon fuit la Corse, s’engage aux côtés des Américains et, en mourant, fait promettre à George Washington de veiller sur son fils. Le jeune Napoléon Washington Bonaparte, devenu officier dans l’armée américaine, fait preuve d’un génie militaire sans pareil, mais son bellicisme et sa soif de conquête lui valent de se brouiller avec son père adoptif, puis avec le Congrès. Il n’en décide pas moins de libérer tous les peuples opprimés d’Amérique, et enchaîne les campagnes…
Tout cela s’annonce fort bien : l’idéal du jeune Napoléon (qui, bien que noble, prit fait et cause pour la Révolution) est bien transplanté, de même que son sens tactique légendaire et, plus loin, sa boulimie guerrière. Toutefois, l’histoire s’enlise, au propre comme au figuré, dans une quête de l’Eldorado plus ou moins sous acide. D’un truc tout à fait vraisemblable, on se retrouve à nager dans une extrapolation pas très bien maîtrisée, à mon avis.

C’est malheureusement le reproche que j’aurais tendance à faire à la série tout entière : si certaines histoires sont assez plausibles, intéressantes et bien faites, d’autres sont à la limite du n’importe quoi (le pire étant le tome 16 qui a fait une incursion assez invraisemblable et ratée dans la SF). J’ai l’impression que l’accélération du rythme de parution a un peu nuit à la partie “recherche pour le scénario”.

Du point de vue du dessin, je connaissais déjà l’illustrateur de cet album car il a travaillé sur le tome 6 de cette même série, “L’imagination au pouvoir” (ou à quoi ressemblerait la France si mai 68 était allé jusqu’au bout), un de mes préférés. Le trait est fin et la représentation de Napoléon réaliste (même s’il a parfois une expression un peu trop “habitée” à mon goût). Les pages déclinent parfois une seule couleur, mais l’image n’est pas brouillée pour autant.

Au final, j’ai un sentiment très mitigé de cet album : je regrette que l’histoire, qui tenait debout, ait bifurqué de façon aussi étrange, mais j’ai apprécié la façon dont le personnage de Napoléon était traité.

Entre chien et poulpe

octopuppyEdgar veut dresser son nouveau chien. Assis. Couché. Va chercher. Plutôt simple, non ? Sauf que… son chien est un poulpe. Un poulpe vraiment très très intelligent.
Voici Jarvis. Il va changer à jamais la vie d’Edgar…


Avant tout chose, je tiens à préciser que je connais des gens chez l’éditeur. Toutefois, ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai tenu à vous parler de ce livre.

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’un roman cette fois-ci, mais d’un ouvrage pour enfant. Nous suivons l’histoire d’Edgar, qui aurait voulu un chien mais se retrouve avec un poulpe sur les bras, Jarvis. Il a beau tout essayer, rien n’y fait ! Jarvis en fait toujours trop dans le seul but d’exaucer les souhaits de son maître. Mais le jour où il comprend qu’il n’est pas à la hauteur des attentes du petit garçon, le poule décide de s’en aller… et Edgar comprend qu’il a perdu un ami. Il fera alors tout pour le retrouver.

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C’est une belle histoire qui porte un message de tolérance : on a beau essayer de changer les gens, ils sont toujours eux-mêmes, et c’est pour eux-mêmes qu’on doit les aimer. Mais rien n’est dit sur un ton moralisateur. On suit les pensées des deux héros et le cheminement du petit garçon pour corriger son erreur de jugement.
Tout cela est servi par de très beaux dessins, avec notamment des couvertures intérieures représentant Jarvis dans certains de ses déguisements… c’est un plaisir pour les parents d’essayer de tous les identifier.
A titre personnel, la Crevette étant encore trop petite pour ce genre d’histoire, je n’ai pas testé le livre “en conditions réelles”. Mais je le recommande chaudement.

Entre chien et poulpe, Martin McKenna, éditions Père Fouettard, à partir de 3 ans, 13€ (sortie aujourd’hui)

Famille (dé)composée

Comme beaucoup d’enfants de ma génération – je suis née dans les années 80 – je suis une “fille de divorcés”. Quand ma sœur et moi étions petites, nos parents se sont séparés, mon père partant vivre en Suisse tandis que ma mère rejoignait – avec nous – celui qui allait devenir mon beau-père dans le sud de la France. Sauf qu’ils ne se sont pas arrêtés là. Et que leurs ex et nouveaux conjoints ont aussi refait leurs vies. Je vous laisse juger du bordel…

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Aujourd’hui, je suis donc l’aînée d’environ quatre enfants. Non, je n’ai pas de meilleure explication.

  • J’ai une sœur “entière”, de trois ans ma cadette.
  • Nous avons un demi-frère, né du second mariage de mon père.
  • Le second mari de ma mère avait déjà deux filles de son premier mariage et, même si nous n’avons jamais eu de lien de parenté, nous avons été en partie élevées ensemble, partageant week-ends pluvieux et vacances ensoleillées. D’un commun accord, nous nous désignons comme “belles-soeurs”, voire “ex-belles-soeurs”. C’est limite plus simple que de dire “les filles du premier lit de mon ex-beau-père” (en plus, cette expression de “premier lit”, beurk).
  • La deuxième ex-épouse de mon père a eu un autre enfant après leur séparation. J’ai donc un demi-frère de demi-frère (un quart, disons).
  • Avec sa troisième (et actuelle) épouse, mon père a eu une fille il y a un peu plus d’un an. J’ai donc une demi-soeur qui a quasiment l’age de ma propre fille.

Tout cela fait un gros foutoir, me direz-vous. Et vous aurez raison. L’idée n’est pas de me plaindre – honnêtement, à force, ça devient un sujet de blague – mais juste de relater une expérience. Cette situation de famille peut parfois donner lieu à des situations totalement ubuesques : j’ai ainsi raté le mariage de ma belle-soeur parce que mon père se re(re)mariait le même jour.

Je ne vais pas vous mentir, ça n’a pas été toujours rose. Le divorce de mes parents m’a touchée de plein fouet, d’autant, je pense, que je n’ai rien vu venir. Je me suis très bien entendue avec mon beau-père, qui a fini par disparaître de nos vies quand ma mère l’a quitté. A l’inverse, je ne me suis jamais bien entendue avec la deuxième épouse de mon père (c’est un euphémisme), et j’ai quasiment sauté de joie quand ils nous ont annoncé leur séparation. L’actuelle situation de mon père (marié à une jeune femme de trois ans mon aînée…) me fournit ample matière à mes rendez-vous chez le psy.
De tout temps, mon angoisse a été de reproduire le schéma parental. Au point qu’au début de notre relation, alors que nous parlions déjà enfants et mariage, l’Anglais a dû me convaincre à plusieurs reprises que nous formions une famille et qu’il n’allait pas se barrer du jour au lendemain (je dis ça, mais ce sont toujours les femmes qui partent, chez nous).

Après, je reste persuadée que la séparation de mes parents nous a épargné de vivre dans une famille à l’union de façade, qui aurait donné lieu à un autre type d’angoisse. La famille parfaite n’existe malheureusement pas, mais je reste convaincue qu’il doit exister une demi-mesure, une façon de préserver au maximum les enfants des désaccords (voire des conflits) des adultes qui les entourent.

Le musée Gustave Moreau

Samedi matin, je suis allée avec Ioionette et Miss CoCo (re)visiter le musée Gustave Moreau. Si je précise “re”, c’est parce que, si mes calculs sont exacts, je m’y suis déjà rendue une fois… il y a un peu plus de 22 ans. Oui.
Pourquoi ça ? Parce que cette année-là, j’étais scolarisée dans une école du 9ème arrondissement, dont dépend le musée, et que j’ai eu droit à une visite avec ma classe. Si je n’ai aucun souvenir des explications, je gardais l’image très nette d’un tableau – Promethée enchaîné se faisant dévorer le foie par un aigle – et rétrospectivement, je me demande si c’était une bonne idée de faire faire une visite pareille à des gamins d’à peine 10 ans..

Prométhée
Prométhée

A la fin de sa vie, Gustave Moreau, qui n’avait pas d’héritiers, a organisé son hôtel particulier en atelier-musée, choisissant l’accrochage et les oeuvres exposées. Je n’en suis pas certaine, mais je pense que rien n’a bougé depuis plus d’un siècle.

La façade de l'hôtel
La façade de l’hôtel

Vu que le rez-de-chaussée est dévolu à l’accueil (et certainement à l’administration), on démarre la visite au premier étage, qui servait d’appartement au peintre. Ce dernier a hérité la maison de ses parents (son père était architecte) et a changé en partie la disposition des pièces. Le niveau sert de “musée sentimental personnel”, où l’on retrouve les copies d’œuvres célèbres exécutées dans sa jeunes, les dessins dédicacés par des amis, mais aussi des photos de famille, des antiques et un boudoir consacré à la mémoire de son “amie et confidente”. Soyons francs, cet étage n’a pas particulièrement d’intérêt, sauf à vouloir s’immerger dans la psyché du peintre et à y passer un peu de temps (ce qui est compliqué car les lieux sont très étroits).

La chambre à coucher
La chambre à coucher

Le deuxième étage est… spectaculaire. Moreau l’a fait modifier pour le transformer en atelier, et le résultat est impressionnant : de grandes baies vitrées, un espace sans le moindre obstacle et… un superbe escalier qui mène au troisième étage et que je transplanterais bien dans mon appartement (comment ça, “y’a pas la place” ?).

Le fameux escalier
Le fameux escalier

Quant aux oeuvres, elles valent le détour. Elles sont de natures variées : des dessins d’une précision surprenante, des statuettes de cire, et beaucoup de toiles à des degrés d’achèvement divers. Moreau avait apparemment pour habitude de réaliser ses toiles avec ses sujets avant d’ajouter une foule de détails au moyen d’un fin pinceau. Quand l’oeuvre est achevée (parce que nous sommes dans un atelier d’artiste sur la fin de sa vie, donc c’est rarement le cas), le résultat est saisissant. Il faut avoir le nez presque collé à la toile pour les observer, mais c’est superbe.

Les prétendants
Les prétendants

Les sujets sont très divers : mythologie antique, féerie médiévale, scènes bibliques, Orient fantasmé… En revanche, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu des scènes de la vie quotidienne ou des natures mortes. Quelques paysages, mais assez peu.
Plusieurs choses ressortent de ce que j’ai pu lire des cartels (peu développés, malheureusement) : apparemment, le peintre avait un faible pour les éphèbes et les hommes bien bâtis (souvenez-vous, il avait une “amie et confidente” – jamais on ne parle de maîtresse…). En outre, je pense qu’il a été touché, de près ou de loin, par la vague de religiosité qui a gagné la France dans la seconde moitié du 19ème siècle – et illustrée par Zola dans sa trilogie des villes et, dans une moindre mesure, dans “La conquête de Plassans”.

Léda
Léda

Dans un autre ordre d’idée, il m’a semblé que Moreau établissait un pont avec le mouvement préraphaélite, quoique sans l’aspect “déclinons l’art sous toutes ses formes pour le rendre accessible au plus grand nombre” (au contraire, il faut pouvoir saisir la multitude de références dans chacune de ses œuvres). Le choix de ses sujets, la façon dont il les a traités… tout cela n’est pas rappeler le travail de Burne-Jones, notamment.
En outre, le peintre est “affilié” au mouvement symboliste, et je dois reconnaître que, si je n’y connais rien en peinture, cela m’a parlé au niveau littéraire. Devant certaines de ses œuvres, l’envie de citer un poème de Leconte de Lisle ou d’évoquer le souvenir d’une nouvelle de Villiers de l’Isle-Adam est assez prégnante. D’ailleurs, il est souvent fait référence à Joris-Karl Huysmans et à son principal roman, A rebours.

La vie de l'Humanité
La vie de l’Humanité

Au final, la visite est assez rapide. En prenant notre temps pour lire les cartels et scruter les œuvres, nous avons passé à peine plus d’une heure sur place. L’endroit vaut la peine d’être vu, au moins pour son magnifique atelier, mais les tableaux méritent un large détour. Enfin, c’est une visite peu onéreuse, ce qui est à souligner dans Paris : 5€ l’entrée en tarif plein, et votre billet peut être utilisé pendant huit jours dans un autre musée (liste disponible sur le site du musée).

Musée Gustave Moreau – 14, rue de La Rochefoucauld 75009 Paris. Ouvert du mercredi au lundi.

Premier week-end d’automne

Vendredi : je bosse autant que possible dans le temps imparti (9h-17h30, grosso modo), mais consacre tout de même une heure à une pause déjeuner et préparation du gâteau pour la soirée d’anniversaire de l’Anglais. Heureusement qu’on a fait les courses hier, j’aurais jamais pu m’en sortir toute seule, mais je dois quand même renvoyer monsieur en mission “assiettes et verres en plastique). 2kg de dragibus dans un saladier, ça fait beaucoup quand même – d’ailleurs, j’en connais un qui s’est vanté : il en reste. Recevoir du monde chez soi quand on est parent, c’est passer pour la pénible de service en demandant régulièrement à ses invités de baisser d’un ton. Couchée à 1h du mat’ bien tassé, me suis laissée emporter par mon enthousiasme, j’ai trop bu.

Dragibus

Samedi : tiens, j’ai dormi seule – oh mon Dieu, et si j’avais enfermé l’Anglais sur le balcon hier soir ? Ah bah non, il roupille dans le salon. De toute la maisonnée, seule la Crevette a les yeux en face des trous, ce matin. Je rejoins Ioionette au pied de la butte Montmartre pour visiter le musée Gustave Moreau – le quartier est magnifique et méconnu, d’un calme stupéfiant en plein Paris. Retour ventre à terre pour passage de témoin : cette après-midi, c’est à monsieur de sortir et à moi de garder la petite. Je farfouille la belle boutique de déco du centre-ville pour trouver le cadeau d’anniversaire de ma mère. Je ferais bien un détour par la librairie mais il faut savoir raison garder. Soirée tranquille dans le canapé en regardant DALS sous prétexte que j’ai pas besoin de faire attention et que je peux en profiter pour écrire.

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Dimanche : il va falloir réveiller tout le monde si on veut être à l’heure… La température a drôlement chuté, j’aurais peut-être dû mettre un vrai manteau. Courses au marché depuis… ouh là, quatre semaines, au moins. Départ – dans la nouvelle voiture ! – pour un déjeuner pantagruélique composé de foie gras, charcuterie italienne, saumon fumé, salade de pommes de terre, macarons et… tomates cerises (pour la bonne conscience). Je n’aurais peut-être pas dû prendre deux verres de champagne en plus du vin, je n’ai qu’une envie  : roupiller. La Crevette s’endort sur son biberon et, une fois que je l’ai redressée pour lui faire faire son rot, je pique du nez à mon tour. Je pense qu’on aurait pu nous coucher ensemble. L’avantage du déjeuner, c’est que – chose exceptionnelle chez moi – je n’ai pas faim ce soir.

J’aurais mieux fait de tenir ma langue…

Source
Source

Vous vous souvenez que je vous annonçais en grande pompe, il y a quinze jours, que je reprenais mes études ? Ben ça m’apprendra à claironner les choses, tiens. Parce que la fac, j’y ai toujours pas mis les pieds, et c’est pas pour tout de suite, m’est avis.

Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, ne pouvait assister à la réunion d’information obligatoire, j’ai envoyé un mail à ce sujet au secrétariat pédagogique et au professeur chargé des Master pour les informer de la situation et leur demander que faire. A ce jour, j’attends toujours qu’ils me répondent…
J’avais résolu d’assister au cours en sortant de l’avion la semaine dernière, nonobstant le jet-lag et la fatigue, sauf que… Avec la grève d’Air France, nous sommes restés bloqués 24h supplémentaires à l’aéroport, et le mardi était jour d’hôpital pour la Crevette (que je n’ai pas pu accompagner parce qu’on était encore à la douane – merci maman pour l’aide), et je n’avais pas eu le temps de m’organiser pour la faire garder les jours suivants.
Enfin, le soir de notre arrivée à New York, j’ai reçu une proposition de traduction au sein d’une maison d’édition que je veux intégrer depuis plusieurs années. J’aime autant vous dire que j’ai sauté sur l’occasion. Bon, d’accord, le texte est à rendre pour le 21 novembre (la bonne blague) et je vais en chier autant que si j’étais allée à la fac, mais là ça devenait ingérable, et j’ai une nounou et des impôts à payer.

Est-ce que je regrette ? Oui, quand même. D’un autre côté, cela faisait quinze jours que je n’en dormais plus et que je faisais des crises d’angoisse en pensant à la rentrée. Outre la peur du décalage par rapport à la population estudiantine, j’étais terrorisée par le temps perdu dans les transports, la masse de travail qu’il me faudrait abattre et la perspective de ne plus voir la Crevette deux à quatre soirs par semaine (ce dernier point en particulier me fendait le cœur).
Du coup, je pense que c’est partie remise, reste à savoir pour quand. Mais je pense que cette fois-ci, je vous l’annoncerai une fois mon diplôme en poche.

Le barbier de Séville

Il y a trois semaines, Leen et moi nous sommes assises dans mon canapé avec un ordinateur sur les genoux et, en désespoir de cause, nous sommes offert un abonnement à l’opéra pour la nouvelle saison. Cela faisait plusieurs mois que la chose traînait, nous n’avons donc pas pu obtenir tout ce que nous voulions (éternels regrets pour “L’enlèvement au sérail” – si une bonne âme me lit…) mais notre sélection tient quand même la route et, hier soir, c’était notre première sortie.

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“Le barbier de Séville” de Gioacchino Rossini est très fidèlement adapté de la pièce de Beaumarchais, que je me souviens avoir adorée quand je l’ai étudiée au lycée (oui, c’était au siècle dernier, mais j’ai bonne mémoire). Le comte Almaviva est amoureux de Rosine, jalousement gardée enfermée par son tuteur, Bartolo, qui souhaite l’épouser lui-même. Afin d’être aimé pour lui-même et non pour son titre, le comte se fait passer pour un étudiant du nom de Lindoro, mais ses tentatives pour attirer l’attention de la belle sont rendues difficiles par la méfiance du barbon. C’est alors que survient Figaro, ancien valet d’Almaviva devenu barbier, qui mettra sa ruse et sa roublardise au service des amants.

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Ce contexte est prétexte à une musique légère et entraînante – quoi que jamais facile, il n’y a qu’à écouter la partition de Figaro – et à une ambiance proche de la comédie de boulevard : les portes claquent, les personnages crient, s’abreuvent d’injures et se glissent des mots doux, les bons mots fusent… Pas un moment l’on ne s’ennuie, alors que le premier acte dure quand même 1h30.

Les interprètes étaient tous excellents. Outre Dalibor Jenis, considéré – à juste titre – comme un des meilleurs interprètes de Figaro à l’heure actuelle, et Karine Deshayes qui jouait Rosine, je tiens à tirer mon chapeau à René Barbera, le Comte, qui nous a fait prévenir au début du spectacle qu’il était souffrant mais a tenu à se produire (et heureusement pour nous: c’était remarquable). Tous sont d’excellents chanteurs, mais également des acteurs consommés.

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Je ne peux pas finir cette petite présentation sans m’attarder sur les décors et les lumières, car ceux-ci font partie intégrante du spectacle et servent l’histoire à merveille. L’opéra tout entier se déroule dans la “maison” de Bartolo – devenue un immeuble HLM dans une banlieue quelconque. Alors qu’au début, on n’en voit que la façade, où se meuvent les membres du chœur comme les personnages principaux, on découvre vite qu’un (gros) morceau du bâtiment se détache et tourne sur lui-même, révélant des cages d’escalier, une loge, l’appartement du tuteur… Et les chanteurs évoluent dans ce décor sans cesse en mouvement, passant d’un niveau à l’autre, tandis qu’au-dessus d’eux, dans les quartiers de Berta, la suivante de Rosine, ou dehors devant l’immeuble, on assiste à des scènes de la vie quotidienne : Figaro qui vient la coiffer, Berta qui fait sa gym devant la télé (et se fait mal au dos), les gens qui viennent boire à la terrasse du café, le vieux qui fait sa sieste dans son pliant…
L’éclairage quant à lui sert de repère temporel – il évolue tout au long de la pièce, pour reproduire l’avancée de la journée – et souligne également les moments forts de l’histoire. La clôture du premier acte, où toutes les lampes se mettent à clignoter dans un apparent désordre pendant que tous les interprètes racontent qu’ils sont en train de devenir fous est tout simplement géniale.

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Pour conclure, je dirai qu’il faut absolument y aller, ou du moins essayer de voir le spectacle dans cette mise en scène. Je n’avais pas autant ri depuis “L’Italienne à Alger” du même Rossini en 2004 et, plus récemment, “La fille du régiment” de Donizetti en 2012. La preuve qu’on n’est pas forcé de s’emmerder ni de pleurer à l’opéra.

Toutes les photos de cet article viennent de cette page.

Le Metropolitan Museum of Art

Comme ce doit être l’endroit que j’ai préféré pendant notre séjour, je ne résiste pas à l’envie de vous parler de ce musée plus en détail. Construit à la fin du 19ème siècle en bordure de Central Park, le Met est un “musée-bordel” (copyright Claireuh) ou un “musée-fourre-tout”. Né du désir de collectionneurs et amateurs d’art américains, il accueille des oeuvres de toutes les époques et de toutes les zones géographiques, et semble en continuelle expansion. La meilleure comparaison que l’on puisse faire, c’est le Victoria & Albert Museum, à Londres.

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L’entrée plein tarif est à 25$, mais c’est une “suggestion de donation” : comprenez par là que l’entrée est gratuite mais que vous pouvez donner des sous, plus ou moins que le tarif recommandé. N’étant plus des étudiants désargentés, nous avons décidé de payer, parce que la culture, c’est important.
Ces formalités accomplies… tout est possible, ou presque. Armés d’un plan, nous décidons de naviguer vers le Costume Institue  – qui, à mon grand dam, est fermé pour rénovation – puis de rejoindre l’exposition sur l’héritage préraphaélite.

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En chemin, nous allons traverser (enfin, surtout, nous arrêter) des salles consacrées à l’art égyptien, les instruments de musique, l’art américain, les armes et armures, la peinture du 18ème siècle, les collections de mobilier, les impressionnistes, les œuvres d’art du Moyen-age… Chaque tournant offre une surprise : d’une chambre meublée dans le plus pur style français Marie-Antoinette, nous débouchons dans le patio d’un palais espagnol du 15ème siècle, pour ensuite explorer un tombeau égyptien. Tout m’arrache des cris d’admiration et des couinements de joie. J’ai rarement autant mitraillé un musée ! Mention spéciale à l’art américain et à toutes les oeuvres d’art de TIffany, j’ai failli commettre un casse.

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Street art in New York

Parce qu’il me restait des photos sympas que j’avais envie de vous montrer, j’ai décidé de faire une petite compilation des oeuvres que j’ai croisées en chemin. Quand ma mémoire ne me joue pas des tours, j’ai indiqué dans quel coin je les ai trouvées.

7th Avenue
7th Avenue
Dans le métro
Dans le métro
Downtown Brooklyn
Downtown Brooklyn
Restaurant dans Brooklyn
Restaurant dans Brooklyn
En allant vers Brooklyn Bridge Park
En allant vers Brooklyn Bridge Park

Week-end à New York, jour 4 : en remontant la 5ème Avenue

Dimanche, et déjà le dernier jour. Pas trop long, d’ailleurs : nous devons être de retour à l’hôtel à 15h pour le transfert à l’aéroport. Après quelques hésitations sur le thème de la journée – nous voulions aller à Coney Island mais disposons de trop peu de temps pour en profiter – destination la 5ème Avenue. L’Anglais envisagerait bien un peu de shopping et, pas folle, je négocie une escapade au MoMA pour équilibrer les scores.

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Traverser les rues new-yorkaises un dimanche matin tôt est une expérience assez étrange : de la vapeur comme dans les films, une lumière un peu grise, pas un chat ou presque…
Nous arrivons vers Rockefeller Plaza où les touristes commencent à se réunir : en même temps, c’est un des rares endroits ouverts dès 10h du matin. Après une petite escapade à l’annexe de la boutique du Met, j’admire les bâtiments Art Déco aux façades ornées de bas-reliefs et qui abritent de grandes enseignes du luxe – rien de bien différent comparé aux autres grandes métropoles.

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Nous patientons pour l’ouverture du MoMA dans leur boutique “design”, manquant craquer pour des dizaines de petites choses drôles, utiles, jolies… mais on a déjà fermé la valise et on droit frôler la limite de poids. Et puis, less is more, comme disent les Anglo-saxons.

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Après avoir acquitté les 25$ par personne de droit d’entrée (la culture n’est pas donnée, je vous l’accorde), en route pour le dernier étage. Je sens l’Anglais moyennement convaincu par l’art contemporain, mais qu’à cela ne tienne, nous ne resterons pas trop longtemps. Je lui impose tout de même les deux derniers étages, réservés à la peinture et à la sculpture depuis la fin du 19ème siècle. Nous admirons “Le ciel étoilé” de Van Gogh comme une bonne dizaine de personnes, des tableaux de Mondrian, Chagall, Modigliani… Parmi les oeuvres les plus connues du musée, on trouve “Les nymphéas” de Monet, qui disposent de leur propre salles avec des banquettes (l’atmosphère est très reposante) et “Campbell Soup” d’Andy Warhol. C’est assez marrant de les admirer en vrai après les avoir vues pendant des années dans des livres ou des magazines.

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Alors que mes pieds crient grâce et que je ne demande plus qu’une chose : dépenser mes derniers dollars à la librairie du musée, nous découvrons une petite exposition sur Toulouse-Lautrec au département des estampes. Il n’y a que deux salles, mais la présentation est bien faite, et on expose autre chose en plus des traditionnelles affiches : des caricatures, des livres illustrés (qu’il s’agisse de commandes ou d’œuvres “libres”). On peut entendre des chansons de music-hall ou regarder de vieux films qui montrent des numéros de cabaret… C’est une excellente introduction à l’univers de l’artiste.

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Retour vers l’hôtel. Nous traversons l’Avenue of the Americas noire de monde – c’est la marche pour le climat qui rassemble plus de 100.000 personnes – en nous faufilons entre des groupes d’Amérindiens en costume traditionnel (je n’ai pas osé prendre de photo). Un petit détour par la boutique de la NHL (National Hockey League) et déjeuner dans un pub irlandais, puis écriture des cartes postales à la va-vite sur un coin de table (désolés pour ceux qu’on a oubliés, c’était le grand n’importe quoi).
Le transfert vers l’aéroport est long comme un jour sans pain et nous apprenons en arrivant que notre vol est annulé (quelle surprise), et qu’on repart dans 24h. Youpi, tralala.