Week-end à New York : Aladdin, la comédie musicale

aladdinSamedi soir, donc, après notre folle balade dans Brooklyn, nous nous sommes rendus au New Amsterdam Theatre pour assister à une comédie musicale. Difficile de partir à New York – surtout en étant logé à côté de Times Square – et de ne pas en voir une ! Nous avions commencé par envisager “The book of Mormon”, une comédie satirique par les auteurs de South Park sur les mormons dont on dit le plus grand bien… Las, à 170$ la place la moins chère (soit au fond de la troisième mezzanine), il n’en était pas question. En outre, à cause de la grève, je n’avais pas voulu réserver de places à l’avance (et j’ai bien fait, car j’aurais réservé pour jeudi, et nous serions arrivés trop tard), aussi avons-nous dû quand même payer le prix fort (mais pour des places sacrément meilleures).

Plusieurs personnes m’avaient conseillé “Aladdin”, adapté du dessin animé de Disney et récompensé par un Tony Award en juin dernier. Le spectacle n’a débuté qu’en mars, c’est donc avec le cast original que nous aurons l’occasion de le voir.

Arabian nights
Arabian nights

L’histoire est calquée presque intégralement sur le dessin animé, avec toutefois quelques modifications : c’est le génie qui chante “Arabian nights” en guise d’introduction, Aladdin s’est vu adjoindre trois comparses plutôt drôles, de même que Jasmine (mais pour le coup, ses dames d’honneur n’ont strictement aucun intérêt), Abou a disparu et Iago est désormais un humain qui répète tout ce que dit Jaffar.
Quant aux chansons, outre celles du film que nous connaissons tous (du moins les gens de ma génération), certaines ont été ajoutées pour les besoins de la narration ou pour étoffer les personnages. Ainsi, Aladdin chante “Proud of your boy” en l’honneur de sa mère disparue peu auparavant (c’est très Disney, bien orchestré, bien chanté, mais sans plus), Jasmine et ses suivantes ont une chanson, ainsi que les amis d’Aladdin (“High adventure”, à mon avis le meilleur ajout, très vivante, qui se veut une parodie de la chanson/musique de western, et qui nous a fait beaucoup rire).

Friend like me
Friend like me

La mise en scène est enlevé, tous les artistes sont excellents (en même temps, on est à Broadway, c’est un peu un pré-requis). Mention spéciale à James Monroe Iglehart qui interprète le génie avec brio, et sans doute avec un peu d’improvisation, ce qui n’aurait sans doute pas déplu à Robin Williams…
Les effets spéciaux sont excellents : outre le décor mouvant pour symboliser le pied des bâtiments puis leurs toits, la caverne aux merveilles est extrêmement bien rendue, libérant ses surprises au fur et à mesure, quelques images vidéo sont intelligemment insérées pour rendre la séquence de divination. J’ai eu un gros coup de coeur pour la scène du tapis volant avec le duo Jasmine / Aladdin : je n’ai absolument pas compris comment cet engin se soulevait du sol ! Très certainement pas des câbles, mais ni moi ni l’Anglais ne sommes parvenus à les discerner.

A whole new world
A whole new world

Pour conclure, je ne dirai qu’une chose : si vous avez la chance de vous rendre à New York (ou à Londres dans quelques mois, je ne serai pas surprise que le spectacle y soit monté), courez-y. Ce sont deux heures de bonne humeur, de rire, de retour en enfance (et de boissons hors de prix, mais ceci est une autre histoire). J’espère sincèrement qu’une adaptation française (ou même un passage du cast original en France) est envisagée, à l’instar de “La belle et la bête”, car je suis sûre qu’elle ravira tout le monde, enfants comme adultes.

[youtube]http://youtu.be/5rbgOZinbTI[/youtube]

Week-end à New York, jour 3 : balade à Brooklyn

Ce matin, nous avons rendez-vous avec une collègue de l’Anglais qui habite Brooklyn. Après avoir arraché de haute lutte des places pour notre comédie musicale de ce soir (avec la grève d’Air France et les possibilités d’annulation, je ne voulais courir le risque d’en acheter à l’avance), nous prenons le métro pour quitter Manhattan, direction le sud-est.

Prospect Heights
Prospect Heights

Nous faisons une petite pause chez Christine (qui parle un français remarquable mais avec laquelle nous communiquerons essentiellement en anglais), avec bagel au saumon fumé et smoothie banane-pastèque, avant de partir pour une promenade… qui va durer trois bonnes heures. Premier arrêt aux puces de Brooklyn, où je déniche une carte postale des années 40 produite par l’office du tourisme japonais et qui montre Miyajima (un plan en noir et blanc).

Non loin du marché aux puces
Non loin du marché aux puces
J'aime bien photographier les lieux à la déco originale
J’aime bien photographier les lieux à la déco originale
Downton Brooklyn (je crois)
Downton Brooklyn (je crois)

Nous nous rendons jusqu’à Brooklyn Heights, d’où nous pouvons admirer Manhattan, ainsi que le travail de réhabilitation des anciens docks, peu à peu transformés en espaces verts, terrains de sport et pistes cyclables. Nous faisons une jolie promenade dans le Brooklyn Bridge Park, où l’on peut admirer Jane’s Carousel, un manège des années 20 très apprécié des locaux, petits et grands, et découvrir que l’endroit est très en vogue pour les photos de mariage (au moins trois noces différentes dans le parc et les rues adjacentes).

Manhattan depuis Brooklyn Heights
Manhattan depuis Brooklyn Heights
Brooklyn Bridge
Brooklyn Bridge
Jane's Carousel
Jane’s Carousel

Puis une petite escale à Dumbo (Down Under the Manhattan Bridge Overpass – oui, c’est long) pour un déjeuner mexicain tardif et un arrêt à Powerhouse Books, une jolie librairie dans un grand espace, mais avec un choix un peu trop réduit à mon goût, et quand même pas mal orientée touristes : des cartes postales “rétro”, des objets dérivés avec plans du métro ou citations sur la ville.

Manhattan Bridge
Manhattan Bridge

Retour à l’hôtel pour une douche bien méritée (j’ai eu l’excellente idée de porter des ballerines aujourd’hui, je me suis fait une ampoule juste à la naissance des orteils, c’est moche). Un changement de tenue (c’est l’heure de revêtir nos habits de lumière), direction le New Amsterdam Theatre (teasing de fou).

Week-end à New York, jour 2 : de Manhattan au Yankee Stadium

Réveil à 4h30 du matin, sans doute à cause du décalage horaire. Comme quoi, même quand je suis crevée, je suis incapable de dormir après midi. A 6h30, l’Anglais émerge à son tour (le truc qui n’arrive jamais en temps normal) et, peu avant 8h, nous voilà partis, l’estomac lesté d’un copieux petit déjeuner.

Times Square, le jour
Times Square, le jour
Carnegie Hall
Carnegie Hall

Voilà plusieurs semaines que je tanne monsieur pour aller visiter le Metropolitan Museum, et nous décidons de nous y rendre à pied depuis notre hôtel, en passant par Central Park. L’air est frais mais il fait grand soleil, je m’arrête toutes les deux minutes pour prendre des photos de bâtiments (j’adore l’architecture new-yorkaise), non sans pousser un petit soupir de dépit devant le Carnegie Hall, dont le concert inaugural de la saison 2014-2015 est programmé pour lundi prochain.
Dans le parc, nous flânons un peu, passant sous des ponts, débusquant des statues, observant avec curiosité les promeneurs de chiens professionnels. Je sens l’Anglais un peu déçu qu’il soit trop tôt pour que le moindre joueur d’échec soit présent, mais nous goûtons le calme et la faible affluence à cette heure matinale.

Central Park
Central Park
La statue d'Alice au pays des merveilles, que je trouve franchement flippante
La statue d’Alice au pays des merveilles, que je trouve franchement flippante

Du coup, nous sommes arrivés trop tôt pour l’ouverture du Met. Qu’à cela ne tienne, nous nous replions à la Neue Galerie, le centre culturel germanique, non pour admirer les collections (pas encore ouvertes), mais pour squatter leur café viennois. Au menu : chocolat chaud, café à la crème et crêpes à la confiture d’abricots (quoi, on a mangé il y a à peine deux heures ? Oui, mais marcher, ça creuse).
C’est officiel, le Metropolitan Museum est mon nouveau musée préféré du monde (juste derrière le V&A à Londres) : des oeuvres d’art de tous les styles et toutes les époques, une muséographie inventive, des pièces remarquables… J’y reviendrai dans un autre article, mais c’était une vraie balade hors du temps. Alors que je m’attendais à dépenser une fortune à la boutique, je suis finalement restée très sage (je crois que les prix en dollars m’ont un peu douchée car même si ce n’est pas le cas, je fais très souvent la conversion 1$ = 1€).

Le Met, dehors
Le Met, dehors
Le Met, dedans
Le Met, dedans

Pour déjeuner, l’Anglais tient à manger dans une cantine sud-américaine et nous empruntons le métro pour rejoindre l’East Village, un quartier assez bobo. Après cette petite pause, nous nous promenons dans les rues adjacentes, dans l’espoir de faire un peu de shopping, mais sans trop de succès : certaines boutiques ont fermé, d’autres sont décevantes… Chez une chapelière, je déniche un magnifique chapeau cloche en feutre de style ’20s, mais à 250$, je dois malheureusement le laisser sur le présentoir.
Puis direction Greenwich Village, pour une balade et, on l’espère, quelques librairies. L’une d’entre elles est spécialisée dans les livres de cuisine, je dois absolument y faire un tour… Bien entendu, leur jour de fermeture est le vendredi. Nous nous rattrapons in extremis chez Three lives and company, une jolie petite librairie indépendante avec parquet sombre et murs tapissés de livres, avant de faire un arrêt chez Greenwich Letterpress, un imprimeur indépendant apparemment très couru des futures mariées, mais qui offre aussi une belle sélection de cartes de voeux (pas données) ou d’articles de papeterie. Je me retiens de tout embarquer, mais de justesse, et je fais quelques emplettes pour le swap en cours.

Le resto sud-américain
Le resto sud-américain

Il faut désormais filer à l’hôtel, se changer pour une tenue plus adaptée à la soirée fraîche qui s’annonce et… direction le Yankee Stadium. Comme j’ai déjà dû le mentionner à quelques reprises, l’Anglais est un grand fan de baseball, qu’il a lui-même pratiqué (jusqu’à se casser le bras, mais ceci est une autre histoire). Du coup, hors de question de partir aux USA sans assister au moins à un match (je vous rassure, en échange je négocie un truc ou deux : cette fois-ci, la comédie musicale).

Take me out to the ball game...
Take me out to the ball game…

Mais le bon côté de notre expédition du jour est que… nous retrouvons une de mes amies américaines rencontrée au Japon (oui, c’est compliqué). Angela et Chris, son petit ami, sont fans des Yankees et nous ont dégoté d’excellentes places au niveau de la première base. L’équipe locale joue ce soir contre Toronto (dite “la plus belle ville du monde”, un jour je vous expliquerai pourquoi). La partie est animée, avec une ouverture du score dès la première manche, et se conclut par la victoire des Yankees et des hurlements de la foule en délire au son de “New York, New York” de Sinatra (je n’invente rien).
Un dernier verre dans un bar et retour à l’hôtel, complètement vidés.

Week-end à New York, jour 1 : Air France mon amour

Donc nous sommes enfin partis jeudi. Enfin, partis… Nous devions décoller à 10h30, nous sommes reportés sur le vol de 14h, qui finira avec près d’une heure de retard. Autant dire que l’après-midi libre qui nous était promise sur place s’est transformée en soirée (on a posé les valises à 19h, heure locale), et pas trop folle qui plus est, compte tenu de la fatigue et du décalage horaire…
Le seul point positif, dans tout ça, c’est qu’on a pu garder la Crevette une nuit de plus (ma mère est venue la chercher à 8h du matin) et qu’on n’était pas obligés de se lever au milieu de la nuit (parce qu’être à Roissy à 7h30 du matin quand on habite au sud de Paris, c’est franchement difficile).

L'A380 a quand même de la gueule
L’A380 a quand même de la gueule

Il faut reconnaître une chose : le service de divertissement en vol, quand tu es jeune parent, c’est le truc qui permet de rattraper ton retard au cinéma. J’ai donc vu “Captain America, the winter soldier” (et je me suis un peu emmerdée, en fait) et revu “Chicago” pour la première fois depuis sa sortie au cinéma (ah, Richard Gere, quel homme).

Je vous passe les détails sur les formalités d’accueil aux USA, la joie de voyager en groupe et de devoir attendre que les 28 personnes aient franchi la douane, la guide qui parlait extrêmement bien français mais qui avait 2 de tension (encore que… si, j’en reparlerai sans doute, en fait) et le fait que les voyages en car m’ont toujours filé la nausée.
Je préfère m’attarder sur notre première courte balade à Times Square (à côté de notre hôtel), la dizaine de rues que nous avons remontée pour arriver au super resto coréen et la lutte pour le wifi qui s’est achevée au Starbucks vers 22h.
Promis, vendredi, on s’est rattrapés.

Times Square la nuit (c'est plus joli que le jour)
Times Square la nuit (c’est plus joli que le jour)
Dîner coréen
Dîner coréen

La fille qui aimait un peu trop les challenges

Source
Source

Quand j’ai eu mon bac, je suis entrée en classe préparatoire. Vous savez, le truc dont on n’est pas censé relever la tête pendant deux ans. J’ai sans doute estimé que je n’en avais pas fait assez car, du moment où j’en suis sortie, je n’ai eu de cesse de me poser des défis tous plus saugrenus les uns que les autres.

En 2002, j’ai attaqué ma licence (actuel L3) d’histoire et ma première année de japonais.

En 2004, je suis partie étudier au Japon pour mon DEA (équivalent du M2) tout en passant les examens de licence de japonais en contrôle terminal (et en suivant des cours de japonais à la fac, à Tokyo).

En 2007, j’ai quitté le monde merveilleux de la vie estudiantine et fauchée (j’ai un peu traînassé, je le reconnais) avec un grand coup de pied au derrière de la part de mes parents. Bon gré, mal gré, j’ai trouvé un job dans lequel je me suis vite ennuyée mais qui me permettait d’être indépendante (pas beaucoup, surtout quand on habite à Paris, mais c’était toujours ça de pris).

En 2010, je me suis lancée dans la traduction, à la fois parce que j’avais besoin d’une stimulation intellectuelle et parce que je souhaitais me reconvertir. En plus de ma semaine de travail normal, je traduisais le soir et le week-end (à l’exception du jeudi) et ma vie sociale en a pris un méchant coup.

En 2012, j’ai enfin trouvé le courage de passer à temps partiel, histoire de ne pas finir complètement dingue sous la masse de travail. Accessoirement, quitter (au moins en partie) mon boulot d’origine m’a ôté un grand poids.
A peine quelques mois plus tard, après une conversation avec mon éditeur, je me suis lancée dans la grande aventure de l’écriture. Le soir et le week-end, bien entendu.

En 2014, la Crevette est née, et je commence tout juste à revoir la lumière du jour après un long tunnel de six mois. Je suis en retard pour à peu près tout (quand ce n’est pas ultra en retard), mais qu’à cela ne tienne.
Vous vous souvenez que je disais que la naissance de mademoiselle avait fait bouger les choses ? Eh bien voilà : j’ai décidé de reprendre mes études. Les cours commencent le 22 septembre, à des horaires parfaitement incompatibles avec la nounou, bien évidemment. J’ai toujours une trad à rendre, un bouquin à écrire, un job à temps partiel, et un bébé. Même pas peur.

A ce rythme-là, je vous avoue que je suis un peu inquiète pour 2016, quand même…

Start spreading the news…

Source
Source

Si tout va bien, vous verrez ce message alors que je serai en train de passer le contrôle des passeports à Roissy, car l’Anglais et moi partons à New York pour quatre jours ! Ce voyage, c’est un peu notre fantasme et notre réconfort depuis plusieurs mois, le truc qui nous regonfle quand, vraiment on n’en peut plus. Bon, on a failli ne pas partir mais en fin de compte ça s’annonce pas trop mal…
Du coup, pour fêter ça, je vous ai concocté une mini playlist.

[youtube]http://youtu.be/9KJQNMqVIug[/youtube]

[youtube]http://youtu.be/d27gTrPPAyk[/youtube]

[youtube]http://youtu.be/vg-dM_kRS9g[/youtube]

[youtube]http://youtu.be/ol0dPJdzm1M[/youtube]

Où l’univers essaie de me contrarier

Depuis le début de la semaine, mon côté parano sent une légère conspiration de l’univers pour m’empêcher de partir en week-end. Je m’explique : peu après la naissance de la Crevette, l’Anglais et moi avons réservé un séjour de 4 jours à New York en septembre, à la fois en guise de cadeau d’anniversaires / d’anniversaire de mariage / de naissance et parce que nous avions besoin d’une grosse carotte pour tenir le coup. Départ prévu demain matin.

Depuis lundi, la Crevette est patraque. Après avoir mis ça sur le compte d’une nouvelle poussée dentaire, il s’avère qu’elle a plutôt une petite gastro (ou un virus, on sait pas trop), mais juste ce qu’il faut pour vous faire peur. Depuis lundi toujours, les pilotes d’Air France sont en grève, et il est impossible de savoir si notre vol sera maintenu…

Greg, tous droits réservés
Greg, tous droits réservés

Ce matin, pendant que je cours dans tous les sens pour ranger la maison / faire une dernière machine / préparer les valises, je vérifie pour la cinquantième fois l’état du trafic aérien : notre vol est annulé. Comme nous n’avons aucune information de l’agence de voyage pour le moment, je fais comme si de rien n’était, choisissant des vêtements pour tout le monde et me demandant quel temps il peut bien faire à New York et quels films en retard on pourrait voir à Paris ce week-end si on est bloqués.
Une heure plus tard, j’ai l’excellente surprise de découvrir que le congélateur a passé la nuit ouvert. Selon toute vraisemblance, quelqu’un que je ne nommerai pas (mais dont je partage la vie) a mal refermé la porte hier soir après avoir pris son magnum. Me voilà donc en train de mettre à la poubelle à tour de bras, d’éponger et de cuisiner ce qui est sauvable. A moins de 24h du départ, j’adore. En même temps, j’avais mentionné hier que je voulais le dégivrer, il faut toujours prendre garde à ce que l’on souhaite…
Cela ne fait même pas une heure que je suis en train de limiter la casse quand la nounou m’appelle pour m’annoncer que la Crevette est en très petite forme, n’a plus de voix, une éruption cutanée du plus bel effet et refuse de manger (nous avons déjà dû courir en urgence chez le pédiatre hier soir). Me voilà donc, plantant là ma cuisine et mon congélo, partie récupérer ma postérité grincheuse. Effectivement, c’est pas joli-joli, mais je ne peux pas appeler le cabinet médical avant 14h30. En attendant, biberon et sieste.

Je suis donc au milieu de la cuisine, les pieds dans l’eau, et mon week-end avec (ou presque), quand soudain tout s’éclaire. Le pédiatre me confirme par téléphone qu’il s’agit bien d’un virus et non d’une varicelle, nous prenons le vol de fin de matinée/début d’après-midi pour New York et le congélateur… Eh bien, disons que je l’ai dégivré à fond et que j’ai fait un nettoyage par le vide.

Rose soie

Rose soieParis, 1884. Rose de Saulnay est une jeune femme en avance sur son temps et a un goût immodéré pour la mode, ce que ne manque pas de lui reprocher son mari violent. C’est grâce à sa rencontre avec Alexander Wright, le couturier le plus en vue de la capitale, que Rose trouve le courage de réaliser son rêve : elle ouvreune boutique de confection. C’est le début d’une période à la fois difficile et grisante. Mais la passion qui lie Rose et Alexander se transforme peu à peu en un amour qui ne peut pas s’exposer au grand jour…


L’avantage d’être auteur, c’est qu’on aller piller régulièrement de temps à autre la réserve de son éditeur et repartir les poches pleines. L’inconvénient, c’est que si on conseille quelque chose de la production maison, on peut toujours être accusé(e) de favoritisme. Alors disons-le tout de suite : on ne me demande pas de produire des critiques positives sur les romans publiés par mon employeur. Voilà, voilà.

Parce qu’il faut bien le dire, j’ai adoré ce roman. Je ne sais même pas par où commencer, et je sens que je vais faire un inventaire à la Prévert. C’est très bien écrit : l’auteur se réclame d’Emile Zola et, dans une certaine mesure, on retrouve son influence (étant moi-même une très grande fan du maître, je suis difficile). L’écriture est fine, élégante, détaillée sans jamais être pompeuse ou ennuyeuse.
Point que j’affectionne tout particulièrement : on est au plus proche de la réalité historique, qu’il s’agisse des mœurs, de la politique ou de la mode, on sent vraiment que le sujet a été étudié en profondeur. Le héros est clairement inspiré par Charles Frederick Worth, couturieur de l’impératrice Eugénie (entre autres), et tous les détails concernant la mode sont soigneusement pensés et réfléchis.
Enfin, les personnages, qu’il s’agisse des héros ou des personnages secondaires, ont de l’épaisseur et aucun ne fait de la figuration. J’ai apprécié le fait que l’auteur choisisse de mettre en scène une héroïne très timide et presque dévote, un mari violent, un héros taciturne, mais aussi des amies plus ou moins bien intentionnées… Il faut reconnaître l’effort d’aborder des sujets pas toujours simples comme la violence conjugale ou la condition féminine à la fin du 19ème siècle.

Vous l’avez compris, je vous recommande chaleureusement ce roman. Je ne regrette qu’une seule chose : qu’il soit si court ! J’attendais quelques rebondissements qui ne sont finalement pas venus, mais qu’à cela ne tienne, c’était très bien quand même.

Rose soie, de Camille Adler, est publié chez Milady Romance et sortira le 19 septembre

D.I.U.

Pour Dispositif Intra-Utérin, et pas “do it urself” mal orthographié (désolée, j’avais envie de la faire depuis que je réfléchis à cet article).

Avertissement : cet article parle de contraception féminine (mais si tu es un mec, ça te concerne aussi), de sang, de cycle menstruel et de vie sexuelle. Si tu n’as pas envie de le lire, personne ne t’y oblige, et tu peux toujours aller regarder des vidéos de chatons mignons (, par exemple – ne me remercie pas).


 Comme beaucoup de femmes de mon âge (la trentaine), je fais partie de la génération pilule : c’était le mode de contraception le plus simple / le moins coûteux / le plus adapté / le plus connu, celui pour lequel nos mères s’étaient battues, le symbole d’un combat et d’une avancée pour le droit des femmes. Quand j’ai estimé qu’il était temps d’adopter un mode de contraception, je n’ai pas réfléchi une seconde, je suis allée voir un gynéco, il m’a prescrit une prise de sang et, partant, la pilule. Terminé.
Rétrospectivement, je n’ai même pas le souvenir d’avoir eu droit à un speech sur les points positifs et négatifs de telle ou telle contraception, mais j’étais assez informée à l’époque (du moins le croyais-je). Et donc, bon an, mal an, j’ai avalé mon comprimé trois semaines sur quatre pendant dix ans et quelques mois. Ouais, quand même.

Quand nous avons décidé d’avoir la Crevette, j’ai donc arrêté ma contraception et j’ai découvert un truc : la libido. Je ne dis pas qu’avant il n’y avait rien (faut pas exagérer !), mais pour le coup, l’envie se manifestait très clairement à certaines périodes. On me dira qu’il y avait un facteur encourageant (vouloir faire un bébé, ça donne clairement envie de s’envoyer en l’air), mais moi je trouvais qu’il y avait baleine sous gravier (ou anguille sous roche, comme vous préférez).

Au fur et à mesure d’articles lus, de discussions avec les copines, avec l’Anglais (qui est un peu concerné, mine de rien) et avec ma gynécologue, il est apparu que la pilule avait un effet sacrément lénifiant sur ma libido. J’envisageais de changer de contraception mais, ainsi que me l’a fait valoir le médecin, le problème se poserait avec n’importe quel dispositif hormonal, ce qui me laissait en gros le stérilet (je n’ai pas envie de tenter la méthode naturelle, les spermicides ou le préservatif).

Pénélope Bagieu pour le site Choisir sa contraception
Pénélope Bagieu pour le site Choisir sa contraception

Dire que j’avais des a priori négatifs sur le sujet est un euphémisme : rien que la perspective de trimbaler un corps étranger avec moi me donnait des sueurs froides, et puis j’avais un peu beaucoup la trouille d’avoir mal. En plus, ma mère a eu une mauvaise expérience avec le stérilet après ma naissance, et ça m’a sans doute rendue encore plus méfiante.
Mais bon. A force d’en parler et d’y réfléchir, j’ai fini par me laisser convaincre. Au pire, je pouvais toujours me le faire retirer. Je précise au passage que j’ai sans doute un profil franchement compatible avec la bête : cycles très réguliers, règles peu abondantes, pas d’antécédents médicaux, etc.

Le jour de la pose, je n’en menais pas large. Pour le coup, j’ai vraiment pris une suée ! Tout en préparant le dispositif (l’avantage de la position “gynécologique” c’est qu’on ne voit rien de ce qui se passe et c’est sans doute pas plus mal), mon médecin m’a expliqué comment ça allait se passer. Puis elle m’a annoncé : “J’en suis à la première étape sur trois… à la deuxième… voilà c’est terminé.” Comment ça, terminé ? Mais euh… il s’est à peine écoulé 5 minutes.
Est-ce que ça fait mal ? A titre personnel, j’ai trouvé ça inconfortable, mais pas douloureux. Ca a tiraillé à deux-trois moments comme quand j’étais enceinte, mais c’était franchement pas insurmontable. Le plus désagréable, pour moi (mais sans doute parce que j’ai des problèmes à ce niveau-là), c’était le spéculum qui permettait de laisser l’accès au col de l’utérus.

Bilan : cela fait désormais un peu plus de trois mois que j’ai ce dispositif, et je suis ravie. Outre ma libido qui a cessé de faire la tronche voire de disparaître quand ça lui chante, j’ai l’esprit libre et n’ai plus peur d’oublier ma pilule (quoique dix ans de réflexes font que tous les soirs en me brossant les dents je me dis que je dois la prendre…).
Au début, j’avais la trouille parce qu’on m’avait dit que mes règles seraient plus abondantes et… effectivement, mieux vaut être prévoyante ! Aujourd’hui, mes cycles durent en moyenne 4 à 5 semaines (mais quand j’étais ado, ils faisaient 31 jours tout rond, alors je pense que je suis revenue à la case départ), et les 36 premières heures sont généralement sanglantes. Ca dure plutôt huit jours que cinq, mais en dehors de ça, c’est une affaire qui roule.
J’ai également un syndrome pré-menstruel plus marqué (notamment des douleurs dans les reins et une humeur un peu à fleur de peau) et une jolie poussée d’acné en milieu de cycle mais comme dirait mon psy, dans mon cas c’est pas plus mal que je sente ce qui se passe dans mon corps.

Bien entendu, ce n’est pas un dispositif qui convient à tout le monde, et l’idéal est d’en parler à son professionnel de santé. Vous pouvez également consulter le site choisir sa contraception, édité par l’INPES.

Comment survivre à deux jours de ménage

Je vous aurais bien raconté les découvertes que j’ai faites dans mes placards de cuisine (oh, de la purée de haricots rouges sucrée périmée depuis septembre 2013…), les trucs improbables qui sont ressortis (ainsi donc, la facture de l’iPad était sur le meuble de l’entrée depuis deux ans…), le nombre de machines de linge qu’on a fait tourner (et encore, j’avais nettoyé le canapé il y a 15 jours contrainte et forcée, souvenez-vous), les allers-retours à la cave/la déchetterie/le local poubelle (on a dû évacuer une vingtaine de cartons de vin vides) ou les petites victoires (tiens donc, la table basse n’est pas qu’une légende urbaine, elle existe bel et bien).
Mais comme on dit, un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, alors je vous ai fait un mini diaporama avant/après, comme dans les émissions de télé (mais sans Valérie Damidot, j’suis sympa).

Le salon avant...
Le salon avant…
...le salon après (oui, il y a toujours du linge qui sèche, c'est normal dans une maison avec un bébé)
…le salon après (oui, il y a toujours du linge qui sèche, c’est normal dans une maison avec un bébé)
Mon bureau...
Mon bureau…
...et ce matin (si, si, je vous jure, il y a de l'amélioration : il n'y a plus de poussière)
…et ce matin (si, si, je vous jure, il y a de l’amélioration : il n’y a plus de poussière)
La salle à manger/bureau de l'Anglais
La salle à manger/bureau de l’Anglais
On voit pas forcément bien, mais la bibliothèque est rangée ET dépoussiérée
On voit pas forcément bien, mais la bibliothèque est rangée ET dépoussiérée

Première constatation : incroyable la place dont on dispose dans cette maison. Deuxième constatation : un détour chez Ikea s’impose, nous avons urgemment besoin d’une nouvelle bibliothèque (qui débordera au bout de deux mois).
Soyons francs, je ne m’en serais jamais sortie toute seule et je dois de sacrés remerciements à ma belle-mère. Mais bon, je vous rassure, on a gardé le meilleur pour la fin : demain, on évacue les six mois (au moins !) de paperasse en souffrance.