Bohemian Rhapsody

Freddie Mercury, sa vie, son oeuvre. L’homme, le mythe, la légende.

Cela fait plusieurs années qu’on attendait un biopic sur le chanteur de Queen, notamment avec Sacha Baron Cohen – qui a fini par claquer la porte, exaspéré de l’interventionnisme des autres membres du groupe – puis plus récemment avec Rami Malek dans le rôle principal, et Bryan Singer à la réalisation.
L’Anglais et moi sommes de grands fans de Queen – c’est d’ailleurs à coup de citations du groupe qu’on a commencé à se dragouiller sur MSN (ouais, on est vieux), on a ouvert le bal de notre mariage sur Queen (si), et une de leurs chansons sert à “illustrer” le début de notre vie commune – et nous attendions ce film avec enthousiasme (2h de Queen sur grand écran !) et appréhension (comment condenser en 2h une vie aussi riche ?). Bon, c’était pas terrible.

Tout d’abord, le scénario prend pas mal (même beaucoup) de libertés avec ce que l’on sait de l’histoire du Queen. Freddie Mercury semble débarquer du jour au lendemain dans la vie (et le groupe) de Brian May et Roger Taylor, alors qu’ils se connaissaient depuis quelques années; ils ont mis plus d’un an à recruter John Deacon comme bassiste; jamais le nom de famille de Mary Austin n’est mentionné; la tournée au Japon n’est qu’à peine évoquée alors que celle aux USA est présentée comme un succès triomphal; le groupe ne s’est pas séparé en 1982… Enfin, j’ai beaucoup regretté que soient passées sous silence les six dernières années du groupe, qui ont quand même permis de sortir quatre albums, et non des moindres. Les ellipses narratives sont peut-être nécessaires pour ne pas alourdir le film, mais là on a un peu l’impression que le scénariste n’a retenu que ce qu’il voulait bien et tout cousu ensemble.
Le traitement de l’homosexualité de Freddie est assez bizarre : d’abord par allusions pas du tout subtiles, puis de façon totalement flamboyante et excessive, alors qu’il faut rappeler qu’il n’a jamais “admis” officiellement son orientation sexuelle. De même, la découverte de sa séropositivité est nimbée de musique et de lumière si bien qu’on a l’impression que ce n’est qu’un détail (dans les années 1980, c’était quand même une sentence de mort à plus ou moins brève échéance).

En outre, j’ai trouvé la réalisation paresseuse. Qu’on ne se trompe pas : c’est bien ficelé, efficace, sans temps mort. Mais on a plus l’impression de visionner un long clip à la gloire de Queen et de Freddie qu’une biographie introspective. Chaque propos est l’occasion de ressortir un tube du groupe, fût-ce en porte-à-faux (mention spéciale à l’annonce de sa séropositivité aux autres membres…), histoire de faire larmoyer dans les chaumières ou taper du pied. Et la private joke de Mike Myers était-elle nécessaire ?

Toutefois, il faut féliciter les décorateurs, costumiers, maquilleurs, prothésistes… qui ont à la fois permis de donner à Rami Malek la “tête” de Freddie Mercury, mais plus globalement de retranscrire l’atmosphère de deux époques : d’abord les 70s et la période glam-rock du groupe, puis les 80s et les fautes de goût hallucinantes. A ce titre, la reconstitution du Live Aid, sommet du film comme de la carrière de Queen, est stupéfiante (l’Anglais est allé jusqu’à me confirmer les mouvements de caméra et les détails sonores).
Certaines séquences m’ont touchée, notamment celle de l’enregistrement de l’album A night at the opera, où l’on voit les exigences de Freddie, la fatigue, l’agacement, l’ambiance… J’avoue avoir beaucoup ri quand John Deacon et Brian May chambrent à n’en plus finir Roger Taylor sur sa chanson “I’m in love with my car”.

Au final, c’est un karaoké géant de deux heures sur les plus grands titres de Queen à voir en famille (n’oubliez pas de rester jusqu’à la fin du générique, vous aurez droit à deux chansons supplémentaires), mais pas franchement une biographie inspirée. Rami Malek se paiera peut-être le luxe de l’Oscar, mais je n’ai pas été particulièrement touchée par ce film, j’ai juste eu envie de réécouter A night at the opera en rentrant.
Le meilleur moment du film, pour nous, fut à la fin de la séance la petite discussion avec un couple d’un certain âge, qui avait vu Queen en live à l’hippodrome de Vincennes, et d’échanger sur nos ressentis, ainsi que sur leur expérience du groupe.

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Une semaine… #33

  • Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai une centaine de pages à traduire d’ici la fin de la semaine, on n’est pas sortis des ronces.
  • Lundi soir, je dis à Monsieur qu’on va sans doute bientôt recevoir le mail réclamant les listes de Noël et qu’il va falloir s’y mettre. Moins de 24 heures plus tard, ma mère m’envoie un mail sobrement intitulé “Noël”.
  • Et… le Paprika marche ! C’est merveilleux, on est fiers, tout ça. Maintenant, ça va être encore plus galère de lui interdire de mettre les doigts partout (disons que j’ai bon espoir qu’il lâche les prises électriques pour attaquer les DVD…).
  • C’est la journée des accomplissements : un cliché de l’Anglais est publié (et crédité) dans l’Equipe. Champa… ah, non, pinard.
  • “Rédige un panégyrique et tresse-moi des couronnes, j’ai fini ma trad.” “Mazel-tov.”
  • Angéla publie une story où il est question de Jupiter rétrograde en sagittaire et de perturbations professionnelles. Le soir même, je reçois un message assez déstabilisant sur mon avenir pro (pas celui-là, l’autre). Je suis à deux doigts de hurler au complot.
  • Oh, j’ai reçu le colis du concours Glory Book Box remporté sur Instagram. Avec du washi tape Card Captor Sakura.
  • “Ah mais j’me souviens de vous : vous êtes la dame que j’ai fait pleurer quand je lui ai annoncé qu’elle avait des puces.” Le fait est. Et vous, votre non immunisation à la toxoplasmose, ça donne quoi ?
  • “Ils sont magnifiques, vos enfants” (La véto). “Quand même, ils sont beaux, vos enfants” (Ma voisine, une demi-heure plus tard). Continuez à flatter mon ego maternel qui n’a pas besoin de ça, tiens.
  • Mais qu’est-ce qui m’a pris d’aller traîner les enfants, seule, au fin fond du 11ème arrondissement une fin d’après-midi pluvieuse pour assister à un spectacle ? L’angoisse de voir mon salon saccagé, certainement.
  • Oui, j’ai fait un roulé à la framboise. Mais c’est pas ma faute, le Paprika refusait de dormir et j’avais besoin de me calmer.
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Opéra Atelier Toronto : Actéon / Pygmalion

Actéon de Charpentier et Pygmalion de Rameau. Ces fameux mythes grecs, extraits des Métamorphoses d’Ovide, se transforment en chefs-d’œuvre lyriques fascinants entre les mains de deux des plus grands compositeurs de l’histoire de la musique française.


J’adore l’opéra – je tiens ce goût de mon père – et j’ai une tendresse particulière pour l’opéra baroque. Or il se trouve qu’une compagnie d’opéra baroque réputée, l’Opera Atelier, est sise à Toronto, qu’elle donne deux spectacles par an, dont un pendant notre séjour, et que l’anniversaire de mon père tombe à peu près à cette période. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, c’était un cadeau tout trouvé.

Le pari de cette production est de présenter deux opéras en un acte, l’un de Charpentier, l’autre de Rameau, tous deux d’inspiration mythologique.
Dans Actéon, le héros éponyme est un roi chasseur qui, surprenant Diane au bain, est changé par cette dernière en cerf, et dévoré par ses propres chiens. La mise en scène est élégante, avec de très beaux décors et costumes, totalement dans le ton du 17ème siècle. L’immense point fort de la compagnie est qu’elle est composée à la fois de chanteurs et de danseurs, et ces derniers animent comme il se doit les spectacles par leurs chorégraphies.


Colin Ainsworth en Actéon est bien, même s’il a démarré le premier air visiblement à froid et que j’ai eu un peu d’inquiétude. Mais il s’est ensuite “lâché” pour culminer dans l’agonie du héros – à ce propos, j’ai beaucoup aimé l’idée de représenter sa métamorphose par une danse plutôt que par un costume chargé. J’ai retrouvé avec plaisir Allyson McHardy, entendue il y a quelques années dans le rôle d’Arcabonne dans Amadis de Gaule, à Versailles. En revanche, Mireille Asselin en Vénus (puis dans le rôle de l’Amour dans le second opéra) était franchement un cran en-dessous. Hasard de la soirée ou réelle faiblesse ?
Les solistes comme les chœurs ont généralement une bonne diction (je dis “généralement” car j’ai assez peu compris l’un des solistes), si bien que nous avons pu suivre le livret sans avoir recours au surtitrage, ou presque.

Après un interlude pour violon et danseur assez peu utile à mon sens (bon, d’accord, la musique était belle), soi-disant pour créer un pendant au rôle d’Amour, le seconde opéra débute.
Pour Pygmalion, si Colin Ainsworth endosse de nouveau le rôle-titre, les solistes féminines se répartissent différemment : Mireille Asselin (toujours faible…) devient Amour, Allyson McHardy ne dispose malheureusement que de quelques secondes en Céphise, et Meghan Lindsay incarne la statue. Cette dernière est d’ailleurs bien plus à l’aise vocalement, et c’est un vrai plaisir de l’entendre. On peut ajouter à cela le tour de force consistant à rester parfaitement immobile pendant les dix premières minutes de l’oeuvre (j’avais des crampes aux bras pour elle).

Musicalement, c’est un peu bancal : Pygmalion chante une grosse moitié du livret, entrecoupé de longs intermèdes musicaux propices aux danses. Je n’ai rien à redire sur l’interprétation : Colin Ainsworth était dans son élément et a livré une très belle performance, tandis que les danseurs étaient à la fois drôles et légers.
Niveau décors et mise en scène, les créateurs se sont laissés aller à plus de fantaisie, notamment dans le tableau final (je n’en dis pas plus, ce serait dommage). La perspective et le fond de ciel donnent une impression de fantasme ou de rêve éveillé, les numéros dansés sont l’occasion de rire un peu.

Au final, c’était charmant. J’ai passé une excellente soirée, écouté et vu avec plaisir de l’opéra et de la danse baroques, et je recommencerai volontiers l’expérience avec cette troupe.
Alors, certes, c’est à Toronto, mais si j’en parle, c’est aussi parce qu’ils seront en représentation à l’opéra royal de Versailles fin novembre-début décembre. Et quelque chose me dit que, dans ce décor et avec cette acoustique, le résultat n’en sera que plus beau.

Opera Atelier Toronto à Versailles, du 30 novembre au 5 décembre 2018

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Une, deux semaines… #32

  • 8h à se refiler le Paprika telle une patate chaude (et remuante, très remuante), c’est long. Mais au moins on ne s’est pas fait détester.
  • Les chutes du Niagara, on ne s’en lasse pas tellement c’est beau. La ville, en revanche, on s’en lasse très bien (c’est moche et bétonné).
  • Les arbres arborent des couleurs sublimes, de vert à rouge vif en passant par toute la gamme des jaunes et des orange. Ca me rappelle beaucoup le Japon, en fait.
  • Toronto est toujours aussi piéton-unfriendly (ah purée, ces trams!).
  • J’ai dévalisé Soma Chocolate Maker et David’s Tea. Oh, et la boutique vintage de Distillery.
  • On a marché 9 kilomètres en une journée, et Mademoiselle ne s’est pas plainte une seule fois. Elle a même refusé de prendre le tram au motif qu’elle préférait marcher.
  • Il faut que j’écrive mon article sur le dernier spectacle de l’Opéra Atelier avant la fin du mois de novembre, vu qu’ils seront à Versailles.
  • Après onze ans de vie commune, on se retrouve à 2 +2 dans un pub à dîner en écoutant la musique de notre jeunesse.
  • Les Red Sox ont gagné les World Series !
  • En revanche, les Toronto Maple Leafs ne jouent pas très bien…
  • Premier jack-o-lantern familial, qui rend pas mal, même bouffé par les écureuils.
  • Trick or treat ?
  • La légalisation du cannabis, même si elle est sacrément encadrée, fait flotter une odeur caractéristique un peu partout en ville (dommage pour moi, cette odeur me colle la migraine direct).
  • En quelques jours, on a testé deux types d’aires de jeux d’intérieur différents : la version bobo-écolo-chic avec jouets en bois, wifi gratuit, boissons chaudes à discrétion pour les parents et distributeur de snacks sains (si), et la version plastique-jeux vidéo-cafétéria-mini golf.
  • Un jour beau temps, un jour pluie-crachin, un jour pluie-neige fondue-vent, un jour gris-mais-pas-trop-froid, un jour pluie diluvienne… C’est bien, on n’a pas le temps de se lasser.
  • Et la fille qui a réussi à rentrer en France avec ses cartes postales écrites et timbrées dans son sac à main, c’est…?
  • La prochaine fois, on fait un combo avec le Québec ou les Rocheuses.
  • En tout cas, le prochain voyage en famille sera moins loin (et moins coûteux !).
  • Trouvés dans ma boîte aux lettres : la Glory Book Box jumelée avec le Renard Doré, la BD de Yatuu financée en juin, et… l’appel à cotisation de l’Ircec. Arg.
  • J’ai gagné un lot surprise au concours de la Glory Book Box !
  • Le décalage horaire, c’est pour les faibles. Et pour les parents.
  • Début novembre, on récolte pas loin d’un kilo de framboises à la ferme.
  • Le Paprika ne marche toujours pas. En revanche, il sait désormais descendre deux marches en se tenant à une rampe.
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En demi-teinte

Alors, avais-je vu juste ?

  • Le Paprika ne dort pas du vol, s’exprime bruyamment, et nous vaut la haine éternelle des autres passagers / Le Paprika est sympa pendant le vol, et fait des sourires au personnel navigant.
    Le Paprika a dormi 45mn sur un vol de 8 heures, c’est long. Il était survolté, comme d’habitude, et j’ai dû le courser à deux reprises dans l’allée. En revanche, il a bel et bien fait du charme à tout le personnel navigant.
  • On perd les bagages quelque part.
    C’est ma hantise depuis des années, mais encore une fois nous avons été épargnés.
  • Au bout de 48h de fatigue et de remarques plus ou moins agaçantes, je finis par sauter à la gorge de mon père.
    Même pas ! Comme quoi, je progresse.
  • Impossible de trouver des billets pour le match, c’est plein.
    On en a décroché (les conditions d’achat des billets de hockey à la Scotia Bank Arena sont à la limite du gérable), et on a passé une super soirée (en revanche, j’ai dû perdre en audition).
  • Les enfants retombent malades, et il faut trouver un médecin en catastrophe / Blindés de médicaments depuis dix jours, les enfants se portent comme des charmes.
    Ils ont toussé, mouché, éternué pendant quasiment tout le séjour, mais il n’y a pas eu de gros pépin (et notamment pas de retour de la bronchiolite que je redoutais).
  • L’Anglais et moi en profitons pour nous engueuler.
    Ca n’a pas raté, ça a pété, et fort. Mais ça n’a pas duré, tant mieux.
  • Il pleut à Niagara Falls, il fait globalement froid et brumeux à Toronto.
    Il n’a pas plu à Niagara Falls, mais on n’a pas échappé à quelques jours de pluie diluvienne / crachin enneigé / baisse des températures. Et Toronto sous la pluie, ça perd quand même un peu de son charme, surtout avec des enfants.
  • L’appartement AirBnB nous réserve une sale surprise (chauffage qui marche pas/mal, wifi anémique, punaises…).
    Pas de punaises de lit (ouf), mais un wifi quasi inexistant et un proprio qui, selon moi, n’habite même pas au Canada. Après ce n’était pas mal sans être dément.
  • Encore plus génial, on nous attribue quatre places au centre.
    Nous étions au centre, mais l’Anglais avait un voisin un peu envahissant (et le vol était plein). Au retour, nous avions trois places et c’était en fait plus facile à gérer car le Paprika se balade partout, et qu’il était bloqué par une paroi.
  • Malgré la fatigue, et grâce à la solidarité de Monsieur, tout se passe bien avec mon père et ma belle-mère.
    J’ai été à deux doigts de craquer mais j’ai pu me retenir. En revanche l’Anglais en a pris pour son grade.
  • La soirée à l’opéra est géniale.
    Sans surprise, j’avais raison ! Je vais même me fendre d’un article, attention.
  • On arrive à se ménager quelques moments en amoureux.
    Un seul moment, au final, car on a profité des siestes des enfants pour récupérer nous aussi.
  • Grâce du wifi et du temps libre, je tiens ce blog à jour.
    Le wifi du AirBnB : un poème, une blague, mais certainement pas une preuve d’efficacité.

En fait c’était un séjour globalement agréable, et nous a en outre permis de faire des trucs “typiques” (Halloween, le hockey, les – nombreuses – aires de jeux, les pubs…), mais il est demeuré des points d’accroche incompressibles et des sources d’agacement, sur lesquels je ne préfère pas revenir ici.

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Les Huguenots

A la veille de la Saint-Barthélémy, Raoul de Nangis, protestant, et Valentine de Saint-Bris, catholique, tombent amoureux. Au-delà de leur tragédie personnelle, Meyerbeer met en musique les tractations politiques et les vengeances qui mènent au massacre de 1572.

Je ne connaissais cet opéra que de nom, mais il avait tout pour me plaire. Les cinq heures de spectacle annoncées ne me faisaient même pas peur (j’ai vu Les maîtres chanteurs de Nuremberg, moi, madame) et, pour couronner le tout, Clara nous a appris peu après notre réservation qu’elle ferait partie de chœurs.

En guise de prologue, un “extrait de journal” d’un soldat daté de… mars 2063. Pourquoi ? Comment ? Bonne question, à laquelle nous n’aurons jamais de réponse. S’agissait-il de justifier les décors blancs inspiration Ikea et les costumes d’inspiration historique mais très épurés ? Probablement.
La mise en scène est agréable et les actes s’enchaînent sans temps mort. J’en viens presque à regretter la vingtaine de minutes supprimée de la partition pour les besoins de ce spectacle !  Soyons francs, en écoutant Meyerbeer, j’ai eu l’impression de découvrir l’enfant caché de Verdi et Wagner : c’est peu de dire que ça envoie.

Les solistes se donnent à fond, en dépit de deux changements très tardifs dans le cast : Yosep Kang a repris le rôle de Raoul abandonné par Bryan Himel 15 jours avant la première et Lisette Oropesa a remplacé Diana Damrau dans celui de Marguerite de Valois. Alors, ça donne quoi ? Yosep Kang, s’il connaît le rôle et a des circonstances atténuantes, est en difficulté dans les aigus : dès qu’il faut pousser, il souffre, et il a craqué à deux reprises.
En revanche, Lisette Oropesa est SUBLIME. Vraiment. Jamais je n’ai entendu quelqu’un autant ovationné à Bastille (et pourtant j’ai assisté aux adieux de Natalie Dessay au rôle de La Fille du régiment). Cette fille a une voix d’une pureté incroyable, je pense qu’elle pourrait tirer des larmes à une pierre. Ses solos étaient des moments de grâce qui à eux seuls justifiaient tout le spectacle.
Je ne suis pas très fan d’Ermonela Jaho et de son vibrato très accentué, mais il faut lui reconnaître un grand talent dramatique : elle vit son rôle et le communique au public. Karine Deshayes, que j’aime beaucoup, se balade littéralement dans le rôle du page. C’est tellement dommage qu’on lui ait supprimé un air ! Je serais prête à écouter ça tout le temps. Quoi qu’il en soit, c’était beau.
Du côté des hommes, Florian Sempey campe un Nevers à la fois comique et tragique à mesure que le personnage évolue. Mention spéciale à Nicolas Testé dans le rôle de Marcel, serviteur intransigeant de Raoul, vieux soldat aguerri qui se dévoue jusqu’au bout. Et puis, bon, les voix graves, c’est mon truc, alors c’est encore mieux.

Enfin, les chœurs sont impressionnants de puissance (et je ne dis pas ça parce que C. était dedans, hein), parvenant à couvrir l’orchestre qui joue à pleins tubes. Ils sont extrêmement sollicités, interprétant des soldats, des membres des deux partis, des nobles, des gens du peuple, des religieux… c’est un vrai marathon.

Pour conclure, le spectacle en vaut la peine, malgré ses quelques défauts. Oui, c’est long – mais il y a deux entractes – oui Yosep Kang n’est pas toujours à la hauteur, oui la mise en scène aurait pu être plus inventive… mais tout cela est largement contrebalancé par les interprètes, on en prend plein les yeux et les oreilles et, à titre personnel, c’est ce que j’aime à l’opéra.

 

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A moitié vide / A moitié plein

A moitié vide

  • Le Paprika ne dort pas du vol, s’exprime bruyamment, et nous vaut la haine éternelle des autres passagers.
  • On perd les bagages quelque part.
  • Au bout de 48h de fatigue et de remarques plus ou moins agaçantes, je finis par sauter à la gorge de mon père.
  • Impossible de trouver des billets pour le match, c’est plein.
  • Les enfants retombent malades, et il faut trouver un médecin en catastrophe.
  • L’Anglais et moi en profitons pour nous engueuler.
  • Il pleut à Niagara Falls, il fait globalement froid et brumeux à Toronto.
  • L’appartement AirBnB nous réserve une sale surprise (chauffage qui marche pas/mal, wifi anémique, punaises…).

A moitié plein

  • Le Paprika est sympa pendant le vol, et fait des sourires au personnel navigant.
  • Encore plus génial, on nous attribue quatre places au centre.
  • Malgré la fatigue, et grâce à la solidarité de Monsieur, tout se passe bien avec mon père et ma belle-mère.
  • La soirée à l’opéra est géniale.
  • En dépit du temps frais et parfois humide, on profite des sorties.
  • Blindés de médicaments depuis dix jours, les enfants se portent comme des charmes.
  • On arrive à se ménager quelques moments en amoureux.
  • Grâce du wifi et du temps libre, je tiens ce blog à jour.
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Une semaine… #31

  • Comment faire mieux qu’un début de semaine avec un enfant malade ? Avec deux enfants malades, bien entendu !
  • Coca Light et nouilles instantanées, le petit déjeuner des champions.
  • Et au milieu de la deuxième heure d’insomnie, avoir une idée géniale de futur best-seller (que même France Télévisions en fera une adaptation).
  • Et deux heures de réunion en prime. Dont une bonne heure inutile. Moi qui fondais de grands espoirs depuis la précédente réunion, modèle d’efficacité et de ponctualité.
  • Violetta et Alfredo, c’est toujours aussi mignon et agréable. Il faut vraiment que j’écrive un article à leur sujet.
  • Voilà deux ans que je veux tester le bobun du jeudi midi au bistro au bas de chez moi. J’aurais dû le faire plus tôt, il est délicieux.
  • C’est pas tout ça, mais j’ai toujours pas commencé à réfléchir aux bagages (moi, pratiquer la stratégie de l’évitement ? allons donc).
  • Séance shopping avec Angéla, qui se révèle extrêmement précieuse : outre qu’elle me force à tout essayer, elle est hyper enthousiaste à chaque nouvelle tenue “réussie”. Le bilan est plus que positif, ma garde-robe est bien renouvelée et je n’ai quasiment pas déprimé.
  • Il y a une collection Morris & Co. chez H&M ! En revanche la sublime jupe noire dénichée dans un coin de l’étage et qui crie mon nom n’est plus disponible dans ma taille, et introuvable sur le site, le monde est trop injuste.
  • En sus un déjeuner avec Emily, à raconter plein de bêtises et à me faire gentiment engueuler parce que je stresse trop.
  • Ordonnance du Dr Momo : bain, tisane et dodo. Comme je suis une fille obéissante, j’ajoute un produit de bain japonais rose au cerisier et une lecture distrayante.
  • Journée à thème Réforme : bénédiction nuptiale au temple, puis représentation des “Huguenots” (avec Clara dedans) à Bastille.
  • Un rapide coup à boire à cinq tassés à une table à côté de l’opéra. Comme toujours c’est trop court, mais il est tard, et certains ont école demain.
  • On est enregistrés, les bagages sont presque faits, y’a plus qu’à. Allez, je vous ai préparé un peu de lecture pour les prochains jours.
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Il faudrait que…

  • Je réponde à ce mail de Myrrdhin qui pourrit dans ma boîte de réception depuis début septembre.
  • Je range mon bureau, on ne retrouve plus rien.
  • On fasse un grand ménage avant notre départ au Canada (j’y crois absolument pas).
  • J’achète une carte pour le mariage. Ca va encore se faire à l’arrache.
  • On déballe les premières caisses de livres…
  • …et qu’on constate l’étendue des dégâts (il y a de l’humidité dans le garage).
  • Je refasse ma garde-robe d’hiver. Il me reste des tee-shirts de grossesse ou des tee-shirts trop petits, au choix.
  • Je profite de mon planning un peu allégé et de mes soirées en solo pour me remettre à écrire.
  • Je rédige tous ces articles en souffrance (le kabuki, le dernier salon de thé visité…).
  • On retourne chez Ikea avant la fin de l’année. Vu qu’il est hors de question d’y aller en décembre et qu’on sera absent une dizaine de jours, je pense que c’est fichu.
  • Je refasse des crinkle cookies, parce que c’est trop bon.
  • Je pense à embarquer mes jumelles de théâtre samedi, sinon je ne retrouverai jamais Clara sur la scène.
  • Je commence à songer sérieusement au contenu des valises…
  • …et que j’arrête de stresser à la perspective des 8 heures de vol avec un Paprika très remuant.

En fait, il faudrait surtout que je lâche prise. C’est pas gagné, je sens.

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Une semaine… #30

  • J’ai rendu ma trad ! J’ai fini ! A moi la glande et le repos pour au moins une semaine ! (Deux jours plus tard, après avoir regardé mon ordinateur dans le blanc des yeux pendant 48h, je me suis remise au boulot…)
  • Sur les quatre semaines de cours jusqu’à la Toussaint, j’aurai raté la moitié des séances de natation.
  • Oh, un reportage sur les punaises de lit. C’est gentil, fallait pas.
  • En apprenant le retour catastrophe du Soyouz en mode balistique, se ruer sur Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne pour relire l’explication technique.
  • Encore une fois, je ne suis pas franchement convaincue par la robe de la mariée… et encore moins par son choix de tenue pour la soirée (mais ce diadème !).
  • Organiser, sur l’impulsion de Claire, une rencontre surprise avec une de mes lectrices qui… fait sa thèse sur mon oeuvre (si) (j’ai les chevilles qui enflent, vous n’imaginez pas) (et j’ai totalement la pression, aussi).
  • Au square, rencontrer un petit garçon répondant au doux prénom de Sun. Se retenir très fort de demander “Comme le sel régénérant?” (je suis héroïque).
  • Un délicieux curry vert de poulet, et une vraie discussion entre adultes. Le bonheur, ça tient parfois à peu de chose.
  • Mince alors, j’ai gagné le concours organisé par Le Monde pour ses abonnés : à moi les deux entrées gratuites pour l’exposition Meiji à Guimet.
  • Entendre le Paprika tousser une partie de la nuit et se mettre immédiatement à envisager une bronchiolite qui se déclencherait pendant le vol. Stressée, moi ? Allons.
  • Pester très fort contre la Poste, qui apparemment égaré la carte envoyée à Isa dans sa nouvelle maison.
  • “Alors comme ça tu likes mes photos un dimanche à 6h du matin ?” “Alors comme ça t’es déjà levé un dimanche à 6h du matin ?”
  • Quand même, ces dernières semaines, la thématique de mes lectures pourrait être “Femmes et identité juive au regard de la Shoah” (vous avez quatre heures).
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