The Circus Orchestra

Au temps de l’amour courtois, les troubadours n’allaient jamais sans leurs cousins bateleurs et jongleurs… David Greilsammer et la Geneva Camerata saisissent ce prétexte pour nous proposer une folle collaboration avec la compagnie des Objets Volants et cinq de ses épatants circassiens.

Dimanche dernier, j’ai emmené la Crevette assister à ce spectacle en me disait que ça ferait une chouette sortie – et en priant pour que Mademoiselle soit un peu plus attentive qu’à la fin de Casse-Noisette, où clairement elle ne pensait plus qu’aux cadeaux de Noël.
Le spectacle mêle de grands classiques de la musique baroque (interprété par des cordes et un clavecin) avec des numéros de jonglage. Alors que ce n’est pas évident au premier abord, on se rend compte que les jongleurs font tourner leurs accessoires en rythme. Balles, massues, anneaux de tailles diverses, mais aussi balles géantes et même un violon sont prétextes à des numéros qui donnent à montrer la musique. C’est une excellente façon d’illustrer un art qui peut sembler difficile d’accès à des petits.

Deux coups de cœur sont ressortis, un pour les parents, un pour les enfants. Ces derniers ont adoré la séance de mime, où l’un des jongleurs “joue” avec la première violoniste. La salle riait aux éclats, et il faut reconnaître que c’était drôle et bien pensé.
Quant aux grands, ils ont admiré la prouesse consistant, pour les jongleurs, à interpréter “Le premier prélude pour clavier bien tempéré” de Bach en se passant en rythme des tubes de plastique colorés creux qui rendaient chacun une note.
Nous avons passé un excellent moment et, hormis le dernier quart d’heure où la Crevette m’a demandé si c’était bientôt fini, le temps a filé.

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Une semaine… #42

  • Cette nouvelle traduction dans le domaine du M/M (romance gay, généralement écrite par des femmes) promet d’être… dépaysante.
  • On a réservé les vacances en Irlande !
  • Du coup, j’ai rêvé de saumon fumé la nuit suivante, logique.
  • Le mystère des cartes de vœux : j’en ai posté 6, une est arrivée moins de 24h plus tard, une en Belgique au bout de trois jours, deux en province au bout de quatre… et deux sont portées disparues (Isa, si tu me lis…). Au prix de l’affranchissement, ça donne pas envie.
  • L’Anglais est enthousiasmé par le retour du défi Cuisinons nos livres, et a investi dans deux tomes de Gastronogeek.
  • Le mystère des cartes de vœux, suite : j’ai reçu celle de Malena en un temps record (qui n’a pas reçu la mienne), mais celle de Gasparde postée il y a trois semaines erre dans l’espace infini (mais elle a reçu la mienne).
  • Une visite à Necker pour rencontrer une petite puce et ses parents.
  • C’est vendredi, c’est Carl Marletti !
  • “Ca se dit “mouiller” dans un contexte érotique ?” “De la bite ou du cul?” Amis de la poésie, vous allez être servis dans les semaines qui viennent.
  • C’est pas “Paprika” que j’aurais dû le surnommer mais “Champignon radioactif” vu la vitesse à laquelle il grandit.
  • Ma voisine du dessus : “Vous seriez pas apparentée à R.?”
    “Pensez-vous, c’est ma sœur.”
    “Oh, on était dans la même promo en école d’ingé !”
  • L’Anglais a passé pas loin de 12h à photographier la manif des gilets jaunes. J’avoue que je ne suis pas mécontente de le voir rentrer.
  • Concert au Théâtre des Champs-Elysées avec la Crevette le matin, concert à la Philharmonie de Paris avec Cha l’après-midi. Ca, c’était une journée musicale.
  • Soit j’abats les corvées ménagères, soit je m’écroule avant le retour de Monsieur et des enfants. Bah voilà, la cuisine est à peu près rangée.





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Cuisinons nos livres #16

Grâce à Sunalee, le challenge cuisine est ressuscité ! Après une année 2017 anémique et une année blanche en 2018, j’espère pouvoir m’investir davantage. En plus, dans quelques semaines, on remonte les caisses de livres et je vais récupérer tous mes bouquins de cuisine enfermés depuis deux ans. J’ai hâte !

On a commencé tranquillement cette semaine avec un irish stew (ragoût irlandais à l’agneau et aux légumes). Ce n’est pas vraiment une nouveauté, j’en fais fréquemment. La recette est tirée du livre God save the cook, qui propose un aperçu de la cuisine d’Outre-Manche.

Dimanche, les saint-jacques étaient en promotion au marché, et lundi soir j’ai préparé une soupe de chou-fleur accompagnée de coquilles poêlées, d’après une idée trouvée dans The Scandinavian cookbook. Fait amusant : je prépare la soupe de chou-fleur depuis quelques années d’après une autre recette, mais les deux étaient quasiment identiques. L’association chou-fleur / coquille saint-jacques était bonne, sans être transcendante.


Enfin, l’Anglais, émoustillé par la reprise du challenge, a acheté deux nouveaux livres de cuisine : Gastronogeek séries culte et Geek & Pastry, deux ouvrages de Thibaud Villanova, qui n’en finit plus de décliner son concept.

Après pas mal d’hésitations, et parce que j’avais envie de faire de la pâtisserie, j’ai choisi les jammie dodgers de Doctor Who, soit des biscuits sandwich à la confiture de fraise. Je pense que la recette est erronée : tout allait très bien jusqu’à ce que j’ajoute le lait, mais la pâte est ensuite devenue impossible à travailler. Au bout d’une heure de réfrigération (on est censé pouvoir l’abaisser tout de suite), elle était encore liquide… En désespoir de cause, j’ai tout transféré dans un moule à manqué. Le résultat n’est pas désagréable : un gâteau biscuité au goût d’amande et de beurre qui évoque fortement le financier, mais sans être franchement intéressant. Il faudra réessayer sans le lait, à l’occasion.

Cette première semaine est donc en demi-teinte. Je n’ai pas encore d’idées pour la semaine à venir, tout dépendra de mon énergie et des courses du week-end !

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Peau d’Ane

La confection du cake d’amour par Catherine Deneuve dans le film réalisé par Jacques Demy est une scène délicieuse. Dans le gâteau destiné au prince, Peau d’âne glisse sa bague, indice qui la libérera de sa triste peau.
Peau d’âne fut le plus grand succès public de la carrière de Jacques Demy. Sorti en décembre 1970, le film séduisit le public par le raffinement de la mise en scène, la féerie des décors et des costumes, l’époustouflant casting (Catherine Deneuve, Jean Marais, Jacques Perrin, Delphine Seyrig, Micheline Presle) et les mélodies de Michel Legrand.
Aujourd’hui, le film est adapté pour la scène au Théâtre Marigny.


Si je dois une chose à la deuxième ex-épouse de mon père, c’est mon amour pour deux films emblématiques : La Belle et la Bête, de Jean Cocteau, et le célèbre Peau d’Âne de Jacques Demy. J’ai découvert ces deux films vers 7-8 ans, et ils m’ont depuis toujours accompagnée. Aussi, lorsque ma sœur et moi avons appris l’existence de cette adaptation, nous avons décidé d’y aller ensemble pour revivre notre enfance.
Est-ce que ça valait le coup ? Oui, oui et oui !

La pièce reprend très fidèlement le film, coupant une ou deux répliques ça et là, mais tout juste. La mise en scène est inventive, les acteurs du chœur déplaçant les éléments mouvants du décor avec fluidité. J’ai également beaucoup apprécié le rideau en chaînettes qui ajoute par moments une dimension onirique, ainsi que la feuillée (ornée ou non de lilas) qui descend pour représenter la forêt.
L’intelligence du spectacle est de conserver les anachronismes du film, en les adaptant à notre époque : le fée des Lilas décroche le téléphone et fait du patin à roulettes, l’équipage qui doit emmener Peau d’Âne dans le royaume rouge est en réalité une trottinette… une belle inventivité qui reste dans l’esprit de l’oeuvre originelle.
La chanson “Rêves secrets d’un prince et d’une princesse” se démarque, mais de façon positive : le rêve est symbolisé d’une manière différente (qui n’est pas sans rappeler la scène du balcon dans le Cyrano de Bergerac de Denis Podalydès…).

Les costumes sont époustouflants, sans être une simple copie de ceux du film. Les codes (bleu pour le royaume de Peau d’Âne, rouge pour celui du Prince et violet pour la fée des Lilas) sont respectés et réinventés. J’avoue être seulement dubitative pour la robe couleur du temps (qui était impossible à recréer vu que, pour le film, l’équipe a projeté des images de ciel sur la tenue de Catherine Deneuve), mais c’est peut-être juste une question de goût.

Quant aux acteurs-chanteurs, ils sont excellents. Marie Oppert, dans le rôle-titre, est incroyable. Elle apporte une enthousiasme, une justesse, une fraîcheur au personnage de Peau d’Ane, en faisant une jeune fille moins sage qu’on ne pourrait croire. Ce fut un vrai coup de coeur.
A mentionner également, Emma Kate Nelson en fée des Lilas qui, avec son accent anglais, apporte une touche de fantaisie supplémentaire (et qui chante remarquablement bien), et souligne davantage le côté “peste” de la fée.
En revanche, j’avoue que recruter Claire Chazal en narratrice/Rose était une mauvaise idée : je n’avais jamais remarqué qu’elle avait un tel cheveu sur la langue et qu’elle mangeait autant ses mots. C’est dommage, une véritable actrice aurait sans doute été plus indiquée. Par ailleurs, même si j’ai apprécié de voir Marie-Agnès Gillot, je pense que le petit pas de danse en plein dialogue avec son fils était parfaitement inutile.

Vous l’aurez compris, malgré ces petits bémols, j’ai été enchantée. Nous avons passé un moment génial qui nous a ramenées près de trente ans en arrière, quand nous étions deux petites filles rêvant d’être des princesses (je pense d’ailleurs que le spectacle est accessible à partir de 6-7 ans).
En plus, la représentation s’achève en karaoké géant sur la recette du cake d’amour. Il n’y a plus qu’à trouver la bague !

Peau d’Âne, féerie musicale, Théâtre Marigny, jusqu’au 17 février 2019.

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Astérix – Le secret de la potion magique

À la suite d’une chute lors de la cueillette du gui, le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique…


Lorsque j’ai appris qu’un nouveau film d’animation d’Astérix, piloté par Alexandre Astier, était en préparation, j’ai sauté de joie. J’avais adoré Le domaine des dieux, qui est à mon sens un des meilleurs de ceux réalisés sur le guerrier gaulois (je ne parle bien évidemment pas des films live).

Cette fois-ci, le scénario ne s’appuie pas sur un album en particulier – même s’il reprend des éléments de différentes histoires – mais a été écrit par Alexandre Astier. Toutefois, les codes sont toujours là : les Romains sur lesquels on tape, les prénoms à jeu de mots, les engueulades, les sangliers. On s’intéresse volontiers à cette quête initiatique teintée de rivalité, qui vire à l’odyssée loufoque.

Toutefois, peut-être à cause de ce scénario “original” ou parce que les réalisateurs ont tout donné pour Le Domaine des dieux, je me suis moins amusée. C’était drôle, oui, mais pas irrésistible. Déjà Roger Carel, le doubleur historique d’Astérix, a pris sa retraite pour être remplacé par Christian Clavier. Même si le choix peut paraître logique au regard de la carrière de ce dernier, c’est quand même une perte. Ensuite, les légionnaires doublés par Astier et Elie Semoun, qui constituaient un gros ressort comique du précédent opus, sont réduits à portion congrue, sans forcément trouver d’équivalent dans les nouveaux compagnons.
J’ai eu l’impression que les réalisateurs cherchaient à faire rire à tout prix, enfilant les gags au maximum. La dernière partie du film, une fois le remplaçant recruté, est plus enlevée et renoue même avec le grain de folie de la série, mais c’est un petit peu tard.

Qu’on ne s’y trompe pas : j’ai aimé ce film, j’ai passé un bon moment, j’ai rigolé. Mais sans doute parce que Le Domaine des dieux était une réussite à tous points de vue, j’aurais aimé être aussi transportée que la première fois.

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Une semaine… #41

  • Nous rentrons à la maison sans les enfants : on est libres pour 5 jours ! Et si on fêtait ça en faisant la sieste ?
  • “On sort plus chez les copains, je trouve.” “En même temps, on n’est plus trop invités, avec les enfants.”
  • Les pâtes de la fin du monde et le cidre de glace annuels. Il y a des rituels plus goûtus que d’autres.
  • Après le gala pour les 350 ans de l’Opéra de Paris et les adieux de Karl Paquette hier soir, le concert du nouvel an ce matin. L’Anglais est héroïque.
  • “Bon, qui accouche en 2019? Et qui nous annonce sa grossesse?” A bon entendeur…
  • Miracle, on est allés au cinéma.
  • Comment les enfants font-ils pour avoir autant de fringues ? Je ne trouve même plus la place de tout stocker.
  • Deux bronchiolites et une traction, c’était la semaine des copines qui ont des enfants à l’hôpital (je vous rassure, ça se termine bien).
  • En l’honneur de Ioionette et SonMari, je refais les tagliatelles de la fin du monde. C’est pas tout le monde qui peut se vanter d’avoir ce privilège.
  • Patinoire, gaufres, manège. Encore un samedi ordinaire.
  • “Et si on allait faire un tour à la librairie, juste pour voir ?” 5 bouquins plus tard, je n’ai plus aucune foi dans notre capacité à nous abstenir.
  • C’est moi ou le Paprika est hyper collant ?
  • Peau d’Ane, ou le retour en enfance garanti.
  • J’ai repris le challenge Cuisinons nos livres, c’est toujours aussi agréable.





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Espèces en voie d’illumination

Depuis la mi-novembre, je voyais passer des images particulièrement belles de cette installation lumineuse dans les jardins du Muséum d’Histoire Naturelle et la Ménagerie. Voilà une idée de sortie amusante, et qui devrait intéresser les deux enfants. Après avoir pas mal tergiversé, voire envisagé d’y aller seule avec la Crevette et le Paprika, j’ai fini par réserver des billets et nous y sommes allés juste après Noël.

L’idée est de présenter des espèces éteintes (dinosaures), des espèces qui ont disparu à cause de l’homme (mammouth, thylacine…), des animaux menacés de disparition (ours polaire, papillon monarque, requin blanc), puis de montrer la diversité animale actuelle (lion, tigre, flamant rose, paon, cerf…).

La promenade est belle et a quelque chose de féerique. Toutes ces couleurs qui explosent sur le fond du jardin plongé dans l’obscurité, c’était marquant et agréable. La Crevette a adoré, d’autant qu’elle a étudié le Pôle Nord à l’école et était ravie de découvrir un ours polaire, puis de s’amuser à reconnaître les différentes espèces représentées. Le Paprika a regardé dans tous les sens, mais n’a pas été en mesure de me communiquer son sentiment.
Tout est photogénique – d’ailleurs tout le monde s’arrête partout pour faire des photos, c’est un poil pénible – certaines lanternes bougent, on peut passer dans le grand requin blanc, des fleurs colorées émaillent le parcours… c’est vraiment une réussite, et ça nous a beaucoup plu.

En revanche, l’organisation de l’événement est un réel point noir.
Sur les billets achetés à l’avance, il est bien précisé que malgré les préventes, il faut compter jusqu’à une heure d’attente si l’on arrive avant 20h (comprendre : si on a des enfants en bas âge, on va en chier). Eh bien même cet avertissement ne m’avait pas préparée à l’épreuve.
Nous sommes arrivés à 18h pile, heure d’ouverture du jardin. Je ne sais pas quand sont arrivées les personnes qui attendaient déjà, mais vu la foule, ça devait bien faire une heure pour certaines. Il y a plusieurs queues, certaines réservées aux personnes munies de billets, d’autres aux personnes qui n’en ont pas. Mais c’est la seule indication. Il n’y a pas de serre-file, pas de barrières pour délimiter la queue, sauf dans les cinq derniers mètres, on ne sait pas où on va, le personnel est débordé (quand l’Anglais a demandé à un employé comment c’était organisé, ce dernier a répondu : “On ne gère pas”).
Résultat des courses : on a grillé par inadvertance une grosse partie de l’attente, pensant faire la queue au bon endroit, alors que pas du tout. Les gens qu’on a grillés étaient compréhensifs : il leur était arrivé la même chose 15 mètres plus haut !
En outre, le problème de sécurité est réel : on est obligé de marcher sur la chaussée, les bus et les voitures continuent de circuler… A l’issue du parcours, il faut remonter le trottoir sur environ 300 mètres. Sauf que celui-ci est encombré de personnes qui patientent pour entrer ! Du coup il a fallu passer sur les talus qui entourent les arbres (glissants, forcément) tout en se cramponnant à la Crevette pour ne pas la perdre.

Du coup, je ne recommanderai qu’aux personnes qui ont la possibilité de visiter les lieux après 20h-20h30. L’installation est ouverte jusqu’à 23h, et il faut compter une bonne heure pour tout voir, plus si on veut s’arrêter prendre des photos.
Est-ce qu’on retentera l’an prochain ? Pas sûr. D’autant qu’à trois (les enfants de moins de 3 ans ne paient pas), on en a quand même eu pour 39€. Et à ce prix-là, j’estime que j’ai droit à un service digne de ce nom.

Espèces en voie d’illumination, Jardin des Plantes, jusqu’au 15 janvier 2019

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Bilan de lectures 2018

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2018 fut une année riche en lectures, davantage que ce que j’espérais. Avec l’arrivée du Paprika et le tournant de notre vie familiale, le rythme fut parfois chaotique, mais renvoyer Junior dans sa chambre avec sa sœur m’a au moins permis de lire avant de dormir, fût-ce quelques pages.
A la suggestion de Karine, je vais reprendre ici les livres qui m’ont le plus marquée.

La nuit la neige, Claude Pujade-Renaud
2018 fut l’année de la (re)découverte de Claude Pujade-Renaud. Après Dans l’ombre de la lumière, lu il y a quatre ans, j’ai été tout aussi émerveillée, secouée, transportée, poussée à la réflexion par les écrits de cette autrice, à laquelle j’ai même écrit une sorte de déclaration d’amour sur le blog Lectures Gourmandes.

L’autre moitié du soleil, de Chimamanda Ngozi Adichie
Une claque. Je pense qu’il n’y a pas d’autre mot pour définir ce roman qui m’a complètement happée. C’était dur, lumineux, écrasant, léger… une lecture incroyable, qui m’a beaucoup marquée.

Eugenia, de Lionel Duroy
Encore un roman difficile, sur un sujet pas du tout joyeux, mais qui me touchait de près : la persécution des Juifs en Roumanie, des années 30 à la fin de la seconde guerre mondiale, au prisme de l’amour entre l’écrivain Mihail Sebastian et son étudiante, Eugenia. J’ai été retournée, tant par l’histoire que par la plume de l’auteur.

Le foyer des mères heureuses, Amulya Malladi
Le sujet du livre, les mères porteuses rémunérées en Inde, est très actuel et m’a immédiatement parlé. L’autrice a eu l’intelligence d’aborder les deux aspects du sujet, celui de la mère d’intention, et celui de la mère porteuse, donnant à voir une situation sans juger.

Eva Luna, Isabel Allende
Ce n’est pas le perdreau de l’année, mais je n’avais jamais lu Isabel Allende jusqu’à ce qu’on m’offre ce roman. Et quel roman ! Une histoire incroyable, qui semble partir dans tous les sens mais qui “retombe sur ses pattes”, une écriture foisonnante, un souffle presque épique… J’ai adoré.

La nuit des béguines, Aline Kliner
Aline Kliner s’est emparée d’un sujet assez peu connu, celui des béguinages d’Europe du Nord au milieu du Moyen-âge, pour en tirer un récit vif et coloré sur la condition féminine face à la religion. C’était une très belle lecture, avec une évocation parfaite de la période – quand on sait à quel point je peux être chiante sur le sujet, ce n’est pas peu dire – et une écriture très fluide.

Un monde à portée de main, Maylis de Kérangal
J’adore Maylis de Kérangal depuis Réparer les vivants, mais je ne savais pas si le sujet me toucherait autant cette fois-ci. Mais oui. Cette histoire de trompe-l’oeil et de quête d’authenticité, de soi, m’a conquise. Il y a aussi, surtout, l’écriture de l’autrice, cette façon d’entraîner le lecteur dès la première phrase, de ne plus le lâcher – une forme de lecture “en apnée” dont on émerge un peu sonné mais fasciné.

Petit pays, de Gaël Faye
Je suis arrivée après la bataille, soit une fois que tout le monde a lu et s’est extasié sur ce livre. Mais que c’est justifié ! Cette évocation douce-amère de la fin de l’enfance, qui s’achève dans le bain de sang du nettoyage ethnique au Rwanda (même si le narrateur vit au Burundi) est à la fois saisissante et attendrissante. Un roman relativement court, mais très marquant.


Comme il n’y a pas que la littérature sérieuse dans la vie, j’ai quand même lu pas mal de romance – vous constaterez d’ailleurs que c’est devenu l’un des seuls genres que je lis en VO, car je lis désormais avec un oeil de traductrice, ce qui est assez crevant. 2018 fut l’année de belles découvertes, mais aussi de “romances-cacahuètes” (des bouquins qu’on enchaîne jusqu’à se sentir un peu nauséeux). J’en ai probablement moins lus que les années précédentes, mais j’ai découvert quelques belles séries.

Série Attitude, Marion Olharan
Marion Olharan est une copine depuis… longtemps, on va dire. Ce qui n’enlève absolument rien à son talent. Sa plume est vive, ses histoires drôles et attendrissantes, tout en étant ancrées dans la réalité, ses héroïnes ne s’en laissent pas conter…
Mon préféré de la série – qu’elle a malheureusement décidé d’abandonner après trois tomes – demeure Joaquin.

Série Colorado High Country, Pamela Clare (Tempting Fate)
J’adore les romances historiques de Pamela Clare, j’aime beaucoup la personne en tant que telle (j’ai eu la chance de la rencontrer), mais je n’avais jamais testé ses séries contemporaines. Grave erreur, c’est génial. Haletant, sexy, drôle, (très) bien écrit et documenté – l’autrice fut journaliste et ça se sent.
Ma préférence est allée à Tempting Fate, avec le ténébreux Chaska et la rescapée Naomi. J’ai beaucoup aimé l’incursion dans l’histoire des Lakotas, et la résilience de l’héroïne. Malgré cette couverture ratée.

Série The Hartigans, Avery Flynn
J’ai beaucoup entendu parler d’Avery Flynn sur les réseaux sociaux. The Hartigans n’est pas sa première série, mais elle est novatrice en ce qu’elle met en scène des héroïnes proches de la réalité : l’une est laide (vraiment), l’autre est grosse (pas une taille 44, mais plutôt 54), etc. Chacune trouve l’amour en affrontant ses démons mais sans pour autant se laisser écraser par le mâle alpha devant elle. Et les personnages ont de l’humour.
Seuls les deux premiers tomes, Butterface et Muffin Top, sont sortis. J’ai hâte de lire la suite, et si une maison d’édition veut me confier la série, ce sera avec joie.


Cette année a été riche en découvertes heureuses ! Je fais peut-être davantage confiance à mon instinct ? Car il y a eu aussi quelques flops. Pas de lecture insupportable, mais plutôt des livres dont j’attendais beaucoup et qui m’ont déçue.
Plus encore qu’à mon habitude, mes goûts m’ont portée vers l’histoire des Juifs (et de leurs persécution) et la condition féminine. Des pistes pour 2019?

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Bilan culturel – Quatrième trimestre 2018

Ce dernier trimestre en forme de longue ligne droite ne fut pas des plus calmes. Si j’ai rendu ma dernière traduction de l’année courant novembre et me suis depuis autorisée à relâcher la pression, j’ai néanmoins accusé le contrecoup de la fatigue. L’absence de l’Anglais début décembre a aussi, étrangement, coïncidé avec une panne sèche de lecture, qui a duré pas loin de quinze jours (il faut que j’arrête les récits de femmes enlevées avec leurs enfants, ça ne me réussit pas).

Livres

  • Le Crocodile, Fédor Dostoïevski
  • La librairie de tous les possibles, Yoshitake Shinsuke
  • Et tu n’es pas revenu, Marceline Loridan-Ivens
  • Ariel, Sylvia Plath
  • Ash Princess, Laura Sebastian
  • The wedding from hell, parts 1&2, J.R. Ward
  • Revenir du silence, Michèle Sarde
  • Be not afraid, Alyssa Cole
  • The cottage on Pumpkin and Vine, Kate Angell, Jennifer Dawson, Shaila Lovelace
  • Butterface, Avery Flynn
  • Muffin Top, Avery Flynn
  • Le cœur converti, Stefan Hertmans
  • Nagori, Ryoko Sekiguchi
  • Citizen of the Galaxy, Robert A. Heinlein
  • Petit pays, Gaël Faye
  • Printemps parfumé, Hong Jong-U (traduction fin 19ème d’un conte traditionnel coréen)
  • Poèmes, Nakahara Chûya
  • Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin
  • Kosaburo, 1945, Nicole Roland
  • Mary Poppins, La maison d’à côté, Pamela Travers

Il y avait à boire et à manger dans cette sélection ! J’ai finalement beaucoup lu, à la fois parce que j’avais plus de temps, mais aussi parce que la fin du Reading Challenge Goodreads m’a poussée à accélérer dans les derniers jours de décembre. A noter : pas un seul livre de Claude Pujade-Renaud ce trimestre. Non que je me lasse, mais j’avais une PAL monstrueuse, et je commence à redouter le jour où j’aurai lu toute son oeuvre.

Films / Séries

Clairement le parent pauvre de ce récapitulatif, comme tous les ans. Notre vie de famille a eu raison des sorties au cinéma. Ajoutez à cela les déplacements de Monsieur et notre séjour au Canada, et le résultat est déprimant. Après, je reconnais que nous ne sommes pas très “séries” et que nous préférons nous faire un resto quand nous avons un peu de temps à deux. En outre, nous avons laissé les enfants à leurs grands-parents pour le nouvel an, et non pour Noël.

Spectacles

Le dernier trimestre de l’année est toujours propice aux sorties “culturelles”: l’agenda des théâtres est plein et intéressant, et mon abonnement à l’Opéra prend généralement tout son sens à ce moment-là. A noter le spectacle vu à Toronto avec mon père, et le premier ballet de la Crevette. Un dernier spectacle aurait dû s’ajouter à la liste, mais les manifestations de décembre ont conduit à un report le week-end prochain. Ce sera mon premier spectacle de 2019.

Sorties

  • Chutes du Niagara
  • Hockey Hall of Fame
  • Toronto Maple Leafs / Calgary Flames
  • Espèces en voie d’illumination

Mon grand projet pour le dernier trimestre était d’aller au musée et visiter toutes les expositions en retard. Un ratage, donc. J’espère au moins pouvoir aller à Guimet en début d’année, même si j’ai comme un doute.
Le voyage au Canada aura tout de même été l’occasion de se cultiver, et de découvrir ce grand pan de culture locale qu’est le hockey sur glace. Même si le bruit dans la patinoire était à la limite du supportable, le silence religieux qui s’abat dès que le palet est en jeu rend la chose impressionnante, et c’est un sport facile à suivre même pour des néophytes comme moi. Et puis l’ambiance était chaleureuse et bon enfant, comme souvent lors de ce genre d’événements outre-Atlantique.

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The final countdown

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Difficile de dresser un bilan à la va-vite. J’ai pas mal pensé à ce billet, et puis finalement je n’ai pas trop eu le temps de le mettre en forme, si bien qu’il sort un peu “brut de décoffrage”. En relisant ce que j’avais écrit sur le sujet à la même époque, je me rends compte que je suis peu ou prou dans le même état.

Cette année fut, comme je le redoutais, marquée du sceau de la fatigue et de la suractivité. En cumulant deux emplois (la traduction et la correction), en ayant deux enfants en bas âge et un Anglais contraint de beaucoup se déplacer, y compris les soirs et week-ends pour assurer sa reconversion, je n’ai clairement pas eu le temps de m’ennuyer. Après les bronchiolites de fin 2017, nous avons été globalement épargnés par les virus en 2018, même si je me serais bien passée des 10 jours d’arrêt maladie de la nounou (grippe) et des deux semaines de confinement des enfants (varicelle). Mes échéances professionnelles se sont entassées les unes sur les autres – je ne me plains pas, mais c’est toujours difficile à gérer, surtout quand les deux périodes les plus difficiles ont coïncidé avec de longs déplacements de Monsieur.

Toutefois, je garde de 2018 le sentiment d’avoir repris de l’élan. Si je n’ai toujours pas repris l’écriture, j’ai quand même lancé deux projets. Rien de concrétisé pour l’instant, mais je m’en donne les moyens, et à chaque jour suffit sa peine. Pour le résultat, on verra, je préfère ne rien dire…

Notre couple a connu quelques engueulades monumentales, notamment en janvier et en octobre, mais, bon an mal an, nous avons tenu le coup, ce qui n’était pas simple. Bien que ce soit difficile pour moi, j’apprends à laisser l’Anglais partir pour travailler quand je préférerais qu’il ait un job de bureau de 9h à 18h du lundi au vendredi. Pour le reste, c’est une question d’ajustements, qui se font au fil de l’eau.

Après un net recul dû à la naissance du Paprika et à la surcharge de travail, j’ai pu retrouver une vie sociale à partir du printemps. Ce ne sera jamais au point où ça en était avant l’arrivée des enfants, mais ça fait partie de la vie. J’avoue que je me sentirai quand même plus libre quand n°2 entrera à l’école !
Dans le même ordre d’idée, je suis sacrément contente d’avoir pu reprendre la lecture à un rythme soutenu. Il y a eu des périodes de vide total – quinze jours en décembre, notamment – mais j’ai retrouvé le plaisir du texte, et surtout des textes exigeants.

Enfin, nous avons voyagé. Pas toujours comme je l’aurais voulu, pas toujours dans les conditions les plus idéales, mais c’était un début. J’ai embarqué les enfants au Portugal avec mes beaux-parents (même si, vu ma charge de travail, je n’ai même pas pu poser un orteil à Lisbonne en dehors de l’aéroport…), et nous avons traversé l’Atlantique pour aller voir mon père. Plusieurs projets sont dans les tuyaux pour 2019, on en reparlera sans doute très vite.

2018 ne fut pas reposante, et je m’en doutais, mais si j’avais su à quel point elle serait épuisante, j’aurais certainement essayé de recharger les batteries plus tôt ! Toutefois, j’en garde un souvenir globalement positif : j’ai pu aller au-delà de certaines angoisses et me rendre compte que, non, je n’allais pas mourir à chaque obstacle rencontré.
Je me (et vous) souhaite néanmoins une année 2019 plus zen !

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