Une semaine… #77

  • Dernier jour de cueillette à Viltain avant avril… on brave la pluie diluvienne pour aller se ravitailler en courges – on en a assez pour tenir jusqu’à fin décembre, je pense. En revanche, il pleut vraiment trop, tant pis pour le fenouil et les tomates qu’il faut aller chercher dans les champs ou les serres.
  • J’ai rarement vu la grêle tenir, le sol est tout blanc ! Ca fond rapidement une fois l’averse terminée, mais c’est impressionnant.
  • Après avoir relancé une éditrice au sujet de contrats qui auraient dû arriver en septembre-octobre et qui poireautent toujours, celle-ci débloque la situation (je pense qu’elle est allée directement les chercher dans le bureau de qui-de-droit).
  • Alors attends, tu veux que je m’enfile 5 heures de podcast parce que t’as pas envie de le faire ? Mais euh… c’est ton boulot, pas le mien.
  • Après un mail pro qui déclenche une angoisse persistante et une prise de tête sur mes prochains revenus, je finis par apaiser mon insomnie en allant acquitter les impôts locaux, les cotisations Ircec, les cours de danse de la Crevette et en mettant à jour notre quotient familial. Je suis pauvre, mais je ne dois plus rien.
  • Soirée en taverne comme quand on avait 25 ans. On fait les comptes : qui fait quoi, qui est parti où, qui a eu des enfants… C’est à la fois étrange et enthousiasmant d’être là, même si, comme dit l’Anglais, à partir de 22h30, on était tous en mode “Nan, j’ai pas sommeil” alors que, bon, c’était pas facile.
  • Je pense que la Carité de Guingamor a voulu nous assassiner tout de suite en entamant la session de danse avec le plus long bransle d’Ecosse de ma vie.
  • Ma mère devait garder les enfants pendant qu’on batifolait à Compiègne, mais elle a un empêchement professionnel. Du coup, on embarque les gnomes avec nous et on boucle le marché en un temps record. J’ai essayé la toile de mon corset 1860, promis d’envoyer un mail au tailleur pour mes chausses, fait du repérage de laine teintée pour une copine , et on a fait des provisions de nourriture et d’alcool pour les longs mois d’hiver.
  • Goûter d’anniversaire chez les cousins, avec un napolitain géant (les défis de ma cousine à sa mère sont toujours impressionnants), plein d’enfants et un Paprika en mode commando pour attraper les cookies (qu’il finit par me refiler parce qu’en fait il préfère les chouquettes). Et une fin de journée au square dans le noir qui amuse beaucoup les enfants.
  • J’ai rarement autant entendu de “Ah mais je lis tout ce que tu postes” que cette semaine. Bonne lecture !
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Une semaine… #76

  • Il faut traverser une bonne partie de Paris pour emmener le Paprika chez l’ORL pour un audiogramme. Motif : à deux ans passés, Junior ne parle toujours pas.
    Verdict : il entend parfaitement, il n’a juste pas envie de parler. Le sagouin.
  • Mon prof de natation cette année est pompier et a décidé de nous apprendre les gestes de base du sauvetage. Excellente idée.
  • Après avoir retourné mes placards, je dois me rendre à l’évidence : il faut faire une expédition à la cave pour récupérer mes petits sacs à main de quand j’avais une vague vie sociale. Pour la peine, je remonte aussi l’ornithorynque.
  • J’ai sorti ma panoplie de Versaillaise des grandes occasions. A tel point que je demande quand même à Monsieur si “ça fait pas trop travelo”.
  • L’église est chauffée. C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup (je vous rassure, j’ai quand même chopé la crève).
  • De temps en temps, l’Anglais aime bien me coller des défis culinaires. Cette semaine, les cèpes – première fois de ma vie que j’en faisais et (surtout) que je les nettoyais.
  • François Alu à la télé deux fois en une quinzaine de jours, est-ce que ça ne sentirait pas la promotion d’Etoile ? On a le droit de rêver, hein.
  • “Vous venez au cours de danse demain ?” “Ah bon c’était pas la semaine prochaine ?”
    Oups.
  • Pour occuper ce dimanche après-midi, nous partons en famille à la patinoire. Mademoiselle a gagné en compétences mais pas trop trop en assurance, et Junior alterne entre dérapages incontrôlés, refus d’obtempérer et avancée poussive quand on le tient.
  • Au milieu du premier tour de patinoire, je me cogne assez violemment le doigt dans un montant métallique. La douleur ne passe pas et je retire mon gant pour voir : c’est ouvert et ça saigne.
  • Après vérification auprès du 15, je m’en vais passer la soirée aux urgences, où je passe 4 heures devant Arte et dans les courants d’air. Tout ça pour conclure que je n’ai rien (mais valait mieux vérifier quand même).
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Une, deux semaines… #75

  • Alors que le précédent stage de piscine de la Crevette n’avait pas super bien démarré, celle-ci est fière de m’annoncer : “Aujourd’hui je n’ai pas pleuré !” Quelque part, ça m’arrange.
  • Incendie dans le quartier mercredi. Coupure d’Internet jeudi. Impossible de savoir quand ça va revenir.
  • Fin de stage hyper concluante : Mademoiselle se déplace 5-6 mètres en autonomie, emprunte le toboggan tête en bas et plonge pour récupérer des anneaux au fond du bassin.
  • Soirée au Palais Garnier avec Marion et Lou² pour le nouveau ballet chorégraphié par Crystal Pite. Mouais, bon (mais tout le monde a adoré, alors ne vous fiez pas à mon opinion).
  • A mon retour, l’Anglais est toujours avec ses amis pour une soirée dégustation de whisky. De fil en aiguille, ils boivent, je reste discuter, et on finit par se coucher vers 3h du matin.
  • Du coup, quand le Paprika, qui n’avait pas reçu le mémo pour le changement d’heure, se réveille à 5h et refuse de se rendormir, ça pique très fort.
  • “Et sinon, tu connais des auteurs qui n’ont publié qu’en autoédition et qui en vivent ?” Hum, à part E.L. James (qui écrit en anglais et a été récupérée par une maison d’édition), je ne vois pas.
  • Soirée raclette avec fromage fumé / au foin / à la truffe / à l’ail des ours / aux cinq baies. Il manquait au vin et à la viande des Grisons.
  • Sur demande insistante de Mademoiselle, toujours habillée en licorne, j’accepte une petite tournée d’Halloween dans les magasins du centre-ville. Ca ne vaut pas le Canada, mais elle est contente.
  • Ma mère a pris les enfants pour 24h. On fête ça avec un resto, un arrêt à la Fnac et une flânerie en brocante.
  • Internet est revenu au bout de 8 jours de coupure ! Joie, bonheur et ex-voto. En revanche on est les seuls abonnés Free de l’immeuble à être raccordés.
  • Je traîne Monsieur au Dôme de Paris pour “Le Presbytère” du Béjart Ballet Lausanne. Hmmm, ça a quand même vieilli.
  • Visite de L. et ses enfants. Avec les nôtres, ils mettent le souk dans l’appartement, mais au moins ils sont crevés.
  • C’est quoi cette météo de merde ? Un coup le déluge, un coup du ciel bleu, on s’organise comment ?
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Une semaine… #74

  • Tous les matins de la semaine, je motive la Crevette au réveil d’un : “Courage, vendredi c’est les vacances”. Je ne sais pas qui j’encourage le plus, en fait.
  • Tiens, ce soir c’est mon ancien maître nageur qui assure le cours de natation. Ouille, j’ai mal aux épaules.
  • Je retrouve Sunalee pour un déjeuner un peu improvisé. Nanashi est toujours aussi bon (même si ce n’est pas la même adresse), mais le donburi de bœuf est toujours aussi compliqué à manger (pourquoi ne pas couper la viande en morceaux moins gros, bon sang ?).
  • Poussées par l’envie de découvrir la nouvelle expo Murakami Takashi, nous nous rendons à la galerie Perrotin. Malheureusement, ça n’ouvre qu’à 16h et je dois rentrer bosser (et Sunalee a un train à prendre). Du coup, il faudra que je revienne. Mais je suis contente car cela fait des années que je n’osais pas y aller.
  • Pour une fois que je pense à prendre un truc pour occuper le Paprika pendant le cours de danse de sa soeur (un pinceau magique), celui-ci n’en a strictement rien à faire et préfère escalader les distributeurs de boissons. Les vacances vont me faire beauuuucoup de bien.
  • Malgré le temps menaçant, on ouvre le week-end par une cueillette à Viltain, et on passe entre les gouttes. Notre récolte : tomates cerises, tomates anciennes, aubergines, framboises, maïs doux, pommes, carottes, courgettes, chou romanesco, toutes sortes de courges (potimarron, patisson, sucrine du Berry, potiron bleu, pâtidou).
  • C’est pas tout ça, mais avec une telle abondance de légumes et de fruits, va falloir cuisiner. J’ai préparé une soupe de maïs, fait rôtir les tomates cerises, sauter la moitié des courgettes et bouillir un quart du romanesco, on commence à y voir plus clair.
  • Je dispose amoureusement toutes mes tomates anciennes sur un torchon avec des pommes pour achever leur mûrissement et… Junior en attrape une pour mordre dedans. Cet enfant n’est clairement pas assez nourri.
  • Après la cueillette et l’énorme sieste, allons faire un tour au square. Manque de bol, ça ferme à 18h à partir d’octobre, et l’ASVP débarque à 17h50 pour foutre tout le monde dehors. Et comme c’est un arrêté préfectoral, on ne peut rien faire, c’est rageant. Du coup, on est obligés d’aller à la librairie et, euh… bah comme d’hab.
  • Pluie, vacances scolaires et rugby : il n’y a pas un chat au marché.
  • On retrouve une copine de la Crevette pour une balade en forêt. Paprika est déchaîné et galope pendant plus d’un kilomètre. Il décide aussi d’imiter les filles et de patauger dans les flaques : à notre retour il est à tordre tellement il a pris l’eau.
  • En fait, la promenade m’a fait beaucoup de bien, on devrait faire ça plus souvent.
  • Il n’y a plus de pain à la maison, ni de truc chocolaté d’ailleurs. Qui a l’idée merveilleuse de préparer un pain ET un gâteau en même temps? Je ne sais pas par quel miracle je ne me suis pas ratée.
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Richard Cœur de Lion

Un Roi emprisonné, ses chevaliers qui veulent le délivrer et lui chantent leur fidélité, un air fameux “Ô Richard Ô mon Roi” entonné dans l’Opéra Royal par les Gardes du Corps de Louis XVI lors de leur banquet du 1er octobre 1789, pour saluer Marie-Antoinette et le Roi, déchaînant la vindicte et amenant la foule à Versailles, qui force la famille royale à quitter le château le 6 octobre pour ne jamais y revenir… C’est la fin de Versailles et de son Opéra Royal.
(Argument et photos trouvés sur le site du château)

Pour mon anniversaire en retard, mon père m’a offert une place pour cet opéra qui me faisait de l’oeil, notamment parce qu’il en avait entendu parler dans… le Toronto Star. En effet, le metteur en scène et la chorégraphe sont à la tête de l’Opera Atelier Toronto, que nous étions allés voir l’an dernier.
Cette oeuvre courte (à peine 1h30), porte sur la fuite imaginaire de Richard Coeur de Lion, emprisonné au secret à Linz, en Autriche (en vrai, il a été libéré après deux années de captivité, une fois que sa mère a rassemblé une énorme rançon). Elle met surtout en scène le ménestrel Blondel, venu sur la foi d’informations délivrer son roi.

La partition est très agréable, sans le moindre temps mort. On prend plaisir à découvrir cette musique dans ce qui fut son cadre initial. Comme il s’agit d’une oeuvre à mi-chemin entre opéra et théâtre – il y a pas mal de dialogues – la quasi totalité de la distribution est francophone, sauf Richard, interprété par Renoud van Mechelen, qui est flamand. Le rôle principal est en réalité celui de Blondel, tenu avec brio par Rémy Mathieu. Les deux chanteuses principales, Melody Louledjian (Laurette) et Marie Perbost (Antonio/La comtesse), ne sont pas en reste et montrent la belle étendue de leur talent, aussi bien théâtral que musical.
La direction d’Hervé Niquet est à la hauteur de l’oeuvre, toute en vivacité et en virtuosité. Cette énergie se retrouve jusqu’aux saluts finaux, lorsqu’il entraîne toute la troupe d’un “hop là !” retentissant.

La mise en scène est très agréable, avec de magnifiques décors peints, des scènes de village, des combats… les solistes ont même l’occasion de s’avancer sur le proscenium et, vu que j’étais au premier rang, je me suis retrouvée à moins d’un mètre d’eux (bon, c’était un peu fort par moments, du coup). J’ai aussi pu admirer les costumes, de très belle facture, en particulier pour les femmes dont les robes étaient vraiment baleinées et pas juste lacées dans le dos. Un journaliste a souligné que les coloris évoquaient ceux de la salle de l’opéra royal, dans les tons bleu et or, ce qui est assez vrai.
Les danses étaient intéressantes, montrant notamment une valse, dont la mode était balbutiante à la création de l’opéra, ainsi qu’un quadrille et des danses populaires.

Dans l’ensemble, c’était un très joli spectacle, se voulant, non pas une restauration intégrale de l’opéra de 1784, mais plutôt une interprétation avec les moyens actuels dans le décor incroyable de Versailles. J’ai eu un petit regret : le soliste chargé d’entonner l’air “Et zic et zic et zoc” manquait clairement de projection, ce qui fait que, même au premier rang, j’ai eu du mal à l’entendre.

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Une semaine… #73

  • Déjà le deuxième opéra de la saison ! Artistes excellents, mise en scène… assez vide, dirons-nous. Mais c’était une belle soirée.
  • Les représentants du chauffagiste viennent pour évaluer les réparations à faire sur notre installation. J’ai l’impression d’accueillir Laurel & Hardy qui feraient des “dad jokes” toutes les 30 secondes. Au moins on ne s’ennuie pas.
  • L’avantage de vider des caisses de bouquins, c’est qu’on peut les prêter aux copains qui déménagent… et passer une heure à papoter ce faisant.
  • J’ai le moral un peu entamé… et puis je vois passer un “moonscope” relayé par une copine qui me parle directement. Je suis à deux d’envoyer un message à celle qui a composé ça pour lui dire merci.
  • La première raclette de l’année, à la grande joie de Mademoiselle qui nous tanne depuis… août.
  • Il faut vraiment qu’on emmène le Paprika chez le coiffeur, il commence à avoir le look de BoJo.
  • Mon père est en France ! Je ne verrai pas sa femme, trop crevée pour enchaîner un dej avec sa belle-fille et un thé avec l’autre, mais j’ai vu ma demi-soeur, la Crevette est ravie (vous suivez ?).
  • On continue avec le ballet des anniversaires : cela s’arrêtera-t-il un jour ?
  • L’Anglais renoue avec une grande tradition : demander pour Noël / son anniversaire exactement le truc que j’avais prévu de lui offrir. Grmf.
  • Comme un lundi matin… beuh.
  • Déjeuner avec mon père (deux fois en trois jours, damned), excellent resto.
  • Le maraîcher a des fleurs de courgette ! Et m’annonce qu’il me met du cime di rappa de côté pour dimanche (du coup, j’en ai récupéré un kilo, va falloir congeler).
  • La poisse des transports et l’opéra-sprint, un vrai mythe : pour aller à Versailles, le Transilien qui passe à côté de chez moi souffre de retard et annulations pour cause de voyageur malade / personnes sur le voies. J’envisage de me replier sur le RER C, mais celui-ci est carrément interrompu pour cause de… bagage oublié. C’est un complot.
    Je réussi à arriver par miracle dans les temps en prenant deux trains indiqués comme “supprimés”. Les voies de la SNCF sont impénétrables (ou presque, vu qu’il y a toujours des marioles pour se promener dessus).
  • Dîner avec ma mère et ma sœur, dans un excellent bar à vin. A refaire!
  • Piscine avec trois enfants de 5 ans. J’ai survécu, j’ai perdu personne, noyé personne, et égaré zéro chaussette. Fière de moi, je suis.
  • Ce fut une semaine de cuisine “zéro déchet” : soupe de fanes de carotte, tomates confites, bocal de poivrons et… gâteau banane-chocolat débuté dimanche à 21h30. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour éviter de regarder le foot. (Et qu’est-ce que c’est chronophage, aussi)





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Les Indes galantes

Dépitée de voir que la jeunesse d’Europe préfère la guerre à l’amour, la déesse Hébé convoque les messagers d’Amour pour qu’ils se dispersent aux Indes (entendre par là : dans les colonies françaises).

Cette nouvelle production, mise en scène par Clément Cogitore et chorégraphiée par Bintou Dembélé, était très attendue parce que le but affiché était de “décolonialiser” l’oeuvre. En outre, elle réunit toute la jeune garde des chanteurs lyriques français (Sabine Devielhe, Jodie Devos, Julie Fuchs, Stanislas de Barbeyrac, Edwin Crossley-Mercer, Alexandre Duhamel, Florian Sempey, Mathias Vidal), et des danseurs issus de toutes les “branches” du hip-hop (je n’y connais rien, je précise). Ca promettait de dépoussiérer sévère.

Alors, qu’est-ce que ça donne ? Clément Cogitore transpose franchement l’opéra dans notre monde actuel, fait de béton brut et d’un cratère géant (“le volcan sur lequel danse la jeunesse” – soit), cratère dont une grue extrait des éléments de décor, tel un bout d’épave, ou qui se comble pour former un ring.

L’alliance du hip-hop et de la musique baroque, si elle peut sembler “contre nature” et faire frémir, fonctionne étrangement bien. Les artistes, chanteurs et danseurs, sont à la hauteur de l’oeuvre et prennent visiblement plaisir à être sur scène ensemble. Le grande réussite de cette production consiste à mêler solistes, chœurs et danseurs, offrant quelques moments de grâce : dans l’entrée des Incas du Pérou, Sabine Devieilhe interprète un magnifique “Viens Hymen…” tandis qu’un danseur de voguing occupe l’espace, créant une véritable symbiose. Plus tard, la scène du volcan (car il y a un vrai volcan dans l’histoire), transposée en battle filmée par des portables, est spectaculaire et portée par la voix d’Alexandre Duhamel.

Enfin, le plus grand tube de cet opéra, et “cérémonie du calumet de la paix” dans l’entrée des Sauvages (autant dire que, niveau colonialisme, on partait de loin…) offre un moment absolument réjouissant où les danseurs s’emparent de la scène, réitérant le coup d’éclat de Clément Cogitore en 2017, qui l’avait fait connaître. Il monte alors une énergie incroyable, une tension qui habite la salle entière et qui se déchaîne dans un tonnerre d’applaudissements.

Mais est-ce suffisant pour faire une bonne mise en scène ? Pas à mon sens. Clément Cogitore aligne une foule de références (Le diable s’habille en Prada, Michael Jackson, le joueur de flûte de Hamelin, Mike Tyson… mais pas que) sans mettre de liant. Le prologue, qui débute comme un défilé de mode, est assez rigolo, jusqu’à l’arrivée de l’Amour et de ses messagers, des enfants portant des lampes-torches aveuglantes (le public en fait les frais). Je n’ai pas compris de quoi il retournait.
Si les entrées des Incas du Pérou et des Sauvages fonctionnent assez bien, celle du Turc Généreux, quoique nourrie de bonnes idées (les naufragés sont des migrants “accueillis” par des inspecteurs sanitaires et un berger allemand), est assez brouillonne.
Enfin, l’entrée des Fleurs (censée se dérouler dans un jardin perse) est transposée en plein Red Light District, à Amsterdam, où les danseuses et chanteuses très court vêtues ondulent dans des cages vitrées, et où Tacmas, normalement déguisé en marchande, se retrouve en mère maquerelle (Mathias Vidal est d’ailleurs tout à fait convaincant, ce qui n’était pas gagné…). Moi qui, à l’entracte, m’étais réjouie que, pour une fois, on n’ait vu aucune danseuse ni chanteuse en tenue légère/à poil, ni scène érotique sur scène, j’en ai été pour mes frais. Par ailleurs, était-il nécessaire de transformer Julie Fuchs en une espèce de papillon de nuit géant digne de l’affiche du Silence des Agneaux pour lui faire chanter “Papillon inconstant” ? J’ai comme un doute.

Est-ce que ça en valait la peine ? Oui. La musique était belle, les interprètes excellents, et le mélange des genres fonctionnait. Est-ce que ça valait les standing ovations des deux premiers soirs ? Non, clairement pas.

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Une semaine… #72

  • Et c’est malade que j’attaque la semaine. J’ai même fini par appeler le médecin tellement c’était pas la joie.
  • Naturellement, je rate la première séance de piscine : pas l’énergie, pas envie de transmettre mes germes à tout le monde.
  • J’ai reçu les sous-vêtements en chanvre commandés en juillet. Hyper confortables, à voir à l’usage.
  • Pour son anniversaire, on a fait retirer les points de suture du Paprika. Je vous rassure, il y a aussi eu un mini macaron au chocolat.
  • Merde alors, Chichi est mort. On avait beau savoir qu’il n’y avait plus personne à la barre depuis un moment et ne plus l’avoir vu en public depuis une éternité, ça me fait quelque chose. Un peu comme si ma jeunesse se dissipait.
    A titre personnel, je l’avais vu à l’ambassade de France à Tokyo lors d’une réception pour la communauté française (il venait défendre la constitution européenne – voir photo issue de mes archives personnelles), et j’avais aimé sa façon de parler du Japon.
  • Heureusement que le cours de danse de Mademoiselle ne dure qu’une heure, sans quoi je pense que son frère aurait fini par escalader la photocopieuse. Déjà qu’il a essayé de faire du charme au monsieur de l’accueil…
  • Incroyable, l’Anglais a accepté de m’accompagner à une représentation du Béjart Ballet Lausanne (j’ai su choisir mes arguments: c’est le spectacle Le Presbytère).
  • Anniversaire jumelé de P. et Monsieur, autour d’une dégustation de vins. On a passé un super moment, et mes beaux-parents ont gardé les enfants.
  • Difficile d’émerger samedi… encore un déjeuner d’anniversaire (on ne nous arrête plus), puis retour à la danse, pour la première fois depuis bientôt deux ans. Si la polka piquée va nécessiter un peu de mise au point, le quadrille français, c’est comme le vélo, ça s’oublie pas.
  • Et un dîner d’anniversaire avec des sushis !
  • L’Anglais et ses parents sont partis chacun de leur côté à 8h du matin, je suis seule avec les enfants et il pleut des cordes. J’ai très envie de me recoucher.
  • Pendant que la Crevette est à un anniversaire (c’est la saison), je profite d’une éclaircie pour traîner le Paprika au vide-grenier. Rien de très intéressant, surtout en fin de journée pluvieuse, mais une bonne balade qui nous a fait prendre l’air.
  • Pour nous récompenser de la douche prise en rentrant de chez la copine de Mademoiselle, un magnifique arc-en-ciel depuis les chambres.

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Une semaine… #71

Oui, c’est un long hiatus. J’ai pas eu Internet, puis j’ai eu la flemme, puis… Bref, nous revoici pour les bilans de la semaine, pourvu que ça dure.

  • Après avoir assisté à une démonstration de danse sur glace réalisée par deux enfants (8-9 ans à vue de nez), la Crevette a décidé de se mettre au patin. C’est Monsieur qui gère les allers-retours à la patinoire.
  • Sur un coup de tête et parce que j’ai envie de chocolat, je me suis mise à préparer un Pleyel. J’ai eu franchement la trouille de m’être plantée, surtout quand le mélange chocolaté a semblé trancher, mais le résultat est délicieux et se conserve très bien.
  • Banc 1 – 0 Paprika. Et c’est encore Monsieur qui gère l’aller-retour, cette fois aux urgences pédiatriques (un point de suture).
  • J’avais déjà un bon feeling avec la maîtresse de grande section, après la réunion je suis super enthousiaste (je me suis même portée volontaire pour l’intégralité des séances de piscine).
  • J’ai complètement oublié de confirmer le dej avec Elanor, qu’heureusement je peux retrouver deux jours plus tard juste avant son retour en Bretagne.
  • Pas super motivée pour le dîner, surtout après avoir poireauté près d’une heure chez la pédiatre, mais… on a bien rigolé, ça en valait la peine.
  • Depuis que George Cannon a arrêté les déjeuners pour faire uniquement boutique et salon de thé, l’ambiance est quand même moins conviviale, je trouve. Mais ça ne nous empêche pas, Cha et moi, de papoter pour rattraper six mois d’interruption des programmes.
  • Retrouver l’Anglais à la boutique de jouets, c’est un sport à part entière: il sort en retard de son rendez-vous, j’en profite pour faire des courses encombrantes et revenir à la maison tout poser, on fait nos achats, on va déjeuner, on vaque à nos occupations, je reviens au magasin récupérer notre commande et, en arrivant à la gare, je me rends compte qu’on a oublié un truc. Pour Noël, on a intérêt à mieux s’organiser.
  • Monsieur s’est cru jeune, il a passé la nuit en jdr. Et rentre au moment où son fils se réveille dans une quinte de toux.
  • Pour ce soir, j’ai fait une espèce de pot-au-feu. Il fait 28°. Puis on croise des amis au parc qui nous proposent de venir manger une pizza chez eux. Deal.
  • Donc on a couché les enfants super tard, et il y en a un qui est réveillé à 6h30 (le moins autonome des deux, évidemment). Achevez-moi.
  • On a frôlé la catastrophe au moment de souffler la bougie, et doudou a eu chaud aux fesses, mais on a fêté l’anniversaire du Paprika (enfin, pour la première fois cette année, parce que c’est pas fini).





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Les Puritains

En Angleterre, au moment de la révolution, Elvira, fille de lord Walton, républicain puritain et partisan de Cromwell, et Arturo Talbot, fidèle aux Stuarts catholiques, rêvent de se marier. Las, les intrigues politiques et les jalousies risquent de les séparer à tout jamais et les conduire jusqu’à la folie…


Comment ai-je appris l’existence de cet opéra de Bellini ? Grâce a film Young Victoria avec Emily Blunt. Si. Comme la reine mentionne qu’il s’agit de son opéra préféré, j’étais très curieuse. Et force est de constater que c’est très beau.

Le personnage principal de cette histoire est bien entendu Elvira, interprétée par une Elsa Dreisig touchée par la grâce : des notes magnifiques, une présence incroyable, un jeu très juste… Elle parvient notamment à incarner la folie sans surjouer.
Mais elle est servie par une distribution parfaitement à la hauteur : Nicolas Testé (déjà entendu dans Les Huguenots l’an dernier – oui, il y a comme un thème), en Sir Giorgio, insuffle dignité et humanité à ce personnage d’oncle; Francesco Demuro fait un amoureux transi aux accents sincères ; et Igor Golovatenko donne de l’humanité à un “méchant” qui n’est en réalité qu’un amant éconduit, et un patriote.
Encore une fois, les chœurs sont puissants et bien dirigés, c’était u vrai plaisir. En plus, avec la présence d’une amie sur scène, on a pu jouer à “Où est Charlie ?” pendant tout le spectacle.

La mise en scène de Laurent Pelly est très bien conçue. Le décor est constitué d’une “carcasse” de château aux éléments modulables, et qui symbolise la prison, d’abord sociale, puis mentale, dans laquelle se trouve l’héroïne. Si les costumes ne brillent pas par leur magnificence (après tout, on est chez les puritains), ils respectent à peu près l’idée que l’on se fait de cette période (les robes très modestes des femmes, les chapeaux tronqués des hommes), à l’exception évidente d’Elvira, seule tache blanche dans ce camaïeu de gris et de noir, qui ne l’en rend que plus éclatante.

C’était une excellente façon de retrouver le chemin de l’opéra, pour une nouvelle saison qui s’annonce à la fois extraordinaire et décapante. Prochain arrêt : Les Indes galantes, dans la mise en scène de Clément Cogitore.

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