Une semaine… #50

  • “L’art de la joie version Maison & Objet, c’est pas mon délire.” Ou comment résumer que la méthode KonMari n’est pas pour moi.
  • Et là, comme ça, je décide de faire des beignets de Carnaval alors que j’aime pas la friture et que je déteste en faire. Le pire c’est que ça marche et que c’est bon.
  • Journée culturelle avec Mademoiselle : le musée du Louvre et le resto japonais.
  • D’ailleurs ça fait un moment que j’avais pas mis les pieds au Louvre : ils ont refait toute la muséographie, c’est beaucoup plus lisible et aéré, on a plaisir à y faire un tour. Et on n’a même pas vu la Joconde.
  • J’ai reçu le programme de la nouvelle saison à l’ONP ! Je vais être très pauvre dans très peu de temps.
  • J’ai testé ma première recette de Yotam Ottolenghi, je risque de rejoindre la tribu des fans.
  • Lundi, le Paprika se prend un coup d’objectif d’appareil photo, puis une rambarde d’escalier. Mercredi, il se fait cogner la tête sur la tablette de la salle de bain. Samedi, il tombe la tête la première sur le trottoir en voulant se relever. Allô la DDASS ?
  • J’ai emmené la Crevette à la piscine pour mesurer les progrès annoncés. Ils sont encore plus importants que prévu, je suis bluffée.
  • En revanche, je me serais bien passée du jet d’eau dans l’oreille et de la douleur lancinante qui s’en est suivie.
  • La vendeuse s’est plantée à la prise de commande, et nous nous retrouvons avec un saint-honoré normal et non au chocolat (ça existe). En soi ça ne me dérange pas, j’adore les deux, mais la principale intéressée n’est pas ravie.

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Feminibooks Challenge 2019 – Janvier

Souvenez-vous, pour le premier mois du Feminibooks Challenge, il fallait lire une autrice pour la première fois. Pour m’a part, il s’agit de… Françoise Chandernagor.

Aussi étonnant que cela puisse paraître lorsqu’on connaît mon amour du roman historique et que l’on sait à quel point le téléfilm L’Allée du Roi a changé ma vie d’adolescente, je n’avais jamais ouvert un de ses ouvrages (je pense que l’épaisseur me rebutait un peu). Et encore plus étonnant, ce n’est pas vers ce titre que je me suis tournée, mais vers les deux premiers tomes de sa série La Reine oubliée : Les enfants d’Alexandrie et Les dames de Rome.
Ces romans suivent le personnage de Cléopâtre-Séléné, fille de Cléopâtre VII (la plus connue, celle des films) et de Marc-Antoine, sœur jumelle d’Alexandre-Hélios (si), d’abord lors de son enfance à Alexandrie, au milieu des ors des pharaons, puis à Rome quand, prisonnière de guerre après la défaite d’Actium, elle est éduquée au sein de la maisonnée d’Octavie, la sœur de l’empereur Auguste.

La romancière s’est énormément documentée, aussi bien sur la vie privée, les mœurs, que sur la politique, les croyances et l’art de la guerre. Le récit est extrêmement vivant, bien que pendant tout le premier tome j’ai eu l’impression de lire une version plus fouillée de l’épisode de Confessions d’Histoire consacré à Cléopâtre et Marc-Antoine.
En outre, son style est magnifique, et on se laisse volontiers porter par le souffle qui se dégage du texte. L’autrice excelle à narrer un événement, à transmettre un sentiment précis, qu’il soit positif ou négatif (j’avoue que l’introduction de chaque roman fut difficile à encaisser).

Ce fut une véritable découverte, qui m’a permis de débuter mon année littéraire du bon pied. J’ai très envie de lire le troisième et dernier tome de la série, mais j’ignore quand il sortira, ou même s’il sortira un jour… En attendant, il y a fort à parier que je lirai bientôt L’Allée du Roi !



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Une semaine… #49

  • L’Anglais est partie en Italie, ce traître, du coup sa mère vient en renfort. Au moins j’ai une acolyte pour récurer la maison.
  • Quatre jours à alterner ménage et boulot. J’ai dû bazarder plusieurs mètres cubes de bordel, et j’ai mal absolument partout. En revanche, j’ai l’impression d’habiter dans un appartement témoin.
  • Un délicieux goûter japonais avec L., à discuter enfants et projets pour les prochains mois.
  • Épuisée, j’annule un dîner avec Shermane et Malena. Me voilà bien punie : je découvre des bestioles dans un des placards de la cuisine et passe une partie de la soirée à tout nettoyer.
  • Je retrouve Emily et Angéla pour notre habituel déjeuner de filles. On est toutes crevées, toutes noyées sous le boulot, et on n’a même pas bu. Tout fout le camp.
  • La Crevette a triomphé de son stage de natation ! Alors qu’en début de semaine c’était un peu laborieux, vendredi elle nous annonce avec fierté qu’elle met la tête sous l’eau et qu’elle a fait du toboggan (impensable dimanche dernier). Ca m’a coûté cher, mais je ne regrette absolument pas.
  • En plus, on a droit au spectacle de cirque (c’était un stage multi-activité), et la demoiselle est capable de monter sur la grosse boule, de faire un tour sur elle-même et de jouer avec des foulards (assurée par la prof, bien sûr).
  • Ce livre musical Osborne sur le cirque reçu ce soir est légèrement défaillant : il se déclenche dès qu’on l’effleure, ça va être rigolo.
  • Deux jours de week-end seule avec les enfants, qui ont bouffé des Chiantos. C’était long.
  • Alors que j’ai détourné la tête environ 2 secondes, je retrouve le Paprika assis sur la table d’appoint réservée aux enfants. Où est le bouton off ?
  • Je suis en retard pour le Creative Winter Challenge d’Isa, mais en même temps, comment vider mon sac avec deux affreux autour de moi ?





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Feminibooks Challenge

Lassée des challenges lecture proposés par Popsugar – catégories redondantes au sein d’une même liste, répétitives d’une année sur l’autre, très orientés “Amérique du Nord” (et pour cause), etc. – j’ai découvert sur Instagram ce nouveau défi proposé par Opalyne. Bon, j’avoue, c’est une autre personne qui en a parlé, je ne connaissais pas du tout cette blogueuse.

Le but est simple : réussir à lire un livre par mois orienté autour d’une thématique féministe. Si on y arrive, on peut ajouter les catégories bonus.

Je suis hyper enthousiaste, et j’ai déjà coché janvier et février, ainsi que deux catégories bonus (en choisissant des autrices différentes à chaque fois). Du coup, je me proposais de faire une note sur chaque “livre du mois”, est-ce que ça vous dirait ?

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Une semaine… #48

  • C’est officiel, on peut rouvrir les 40 caisses de bouquins qui pourrissent à la cave depuis deux ans ! Euh… si on rangeait avant ?
  • Monsieur rentre de l’escrime en traînant la patte et en s’exclamant “J’suis trop vieux pour ces conneries”. Les vacances ne feront pas de mal.
  • Je regarde enfin le concert de Rammstein filmé par Jonas Akerlund mis à disposition sur le site d’Arte. Et je ressens toujours le même frisson que le jour J en entendant “Frühling in Paris”.
  • Comme j’ai l’esprit d’escalier, le rapport sur lequel je traduis me rappelle le générique des Mondes engloutis. Tout ça parce que je fais des associations d’idées foireuses.
  • Et la cruchasse qui a commandé le bouquin de l’année dernière (qu’elle a déjà lu), c’est…?
  • La Crevette a perdu une dent ! Bon, ça faisait quelques semaines que ça bougeait, mais quand même, ça fait quelque chose.
  • La petite souris a reçu une commande de pièce en chocolat en échange de la dent de lait. Pour éviter tout drame à base de chocolat fondu et de taie d’oreiller, la petite souris a eu le bon goût de laisser un mot sous l’oreiller et une pièce sur la table.
  • Le goûter chez Malena était très sympa. Les enfants se sont à peu près bien entendus malgré la différence d’âge, et le Paprika a joué la star en grimpant sur la table basse et le canapé (on va le vendre à un cirque, si ça continue).
  • En plus, Malena m’a offert une réédition de Pamela de Samuel Richardson, alors que je me disais qu’il faudrait que je le lise un jour.
  • Des discussions avec plusieurs instagrammeuses lecture me poussent à envisager d’acheter des livres anciens, en particulier des ouvrages qui ne sont plus édités. Mais c’est pas comme si je ne croulais pas déjà sous les livres !
  • J’avais prévu d’emmener la Crevette seule à son test d’évaluation en vue du stage de piscine. Mais c’était sans compter sur Monsieur qui travaillait, si bien qu’il a fallu aussi embarquer le Paprika. Qui s’est mis à pleurer dès qu’on est entrés dans les vestiaires, qui a détesté les brassards, mais a essayé de se jeter (sans rien) dans le grand bassin à plusieurs reprises. On n’est restés qu’une heure mais j’ai fini lessivée.





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En ce moment… (Février 2019)

Source

Je lis. La grande traversée, de Miura Shion. J’ai déniché ce roman un peu par hasard chez mon libraire il y a une dizaine de jours, pour découvrir peu après qu’Armalite puis Shermane avaient elles aussi cédé à ses sirènes.
J’ai abandonné le Reading Challenge de Popsugar qui devient chaque année plus répétitif, mais j’ai toujours une page Goodreads, où vous pouvez jeter un œil à mes lectures passées ou du moment.

J’écoute. Un mélange improbable de Rammstein et de génériques de dessins animés des années 80-90. Je crois que je file un coton (n)ostalgique.

Je mange. Une religieuse au chocolat à 11h, des conneries asiatiques surgelées à 15h… Si un diététicien passe par là, qu’il ne m’envoie pas de message !

Je travaille. Je lève un peu le pied après une fin janvier-début février trépidante, mais je ne vais pas me reposer longtemps sur mes lauriers.

J’espère. Que l’état de G. va s’améliorer.

Je rêve. De partir au Japon. Longtemps.

Je décide. Un ou deux abonnements à l’Opéra l’an prochain ? Ma carte bleue survivra-t-elle ?

Je me sens. Fatiguée. J’ai l’impression que dès que je commence à récupérer, l’un ou l’autre des enfants (enfin surtout l’un…) prend un malin plaisir à foutre en l’air mes cycles de sommeil. C’est normal d’être tout le temps crevée à mon âge ?

Je me demande. Ce que va donner le Brexit. C’est vraiment n’importe quoi, cette histoire.

Je me souviens. Qu’il y a un an, je rêvais du moment où le Paprika cesserait de se réveiller la nuit… Naïve j’étais.

Je pense. A marquer tous les vêtements de la Crevette pour la semaine prochaine, sans quoi on va perdre des tee-shirts.

J’ai du mal. A ne pas ruminer dès que je suis contrariée. C’est épuisant mais c’est un schéma dans lequel je retombe systématiquement.

J’essaie. De lâcher prise, encore et toujours. Mais c’est vraiment compliqué surtout dans certaines situations très anxiogènes pour moi.

Je porte. Mes nouvelles baskets Veja de bobo-écolo-bien-pensante. Je les aime d’amour, elles sont bleu ciel irisé. Ma mère a commenté d’un “C’est le retour des années 80”.

Je devrais. M’organiser différemment dans mon travail (genre, arrêter de cravacher comme une malade pour tenir les délais puis rester le nez en l’air pendant des jours pour me remettre).

J’aime. Voler du temps pour moi : un moment de lecture, préparer un repas un peu élaboré (oui, mon estomac est un grand pourvoyeur de bonheur), aller à l’opéra…

Je veux. Ranger la maison, remonter les caisses de livres (40 caisses, rappelez-vous), trier et tout ranger. Et fermer définitivement la parenthèse “punaises de lit”.

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Une semaine… #47

Source

  • J’ai fini ma trad ! Me voilà débarrassée des scènes de cul M/M pour quelques mois (rassurez-vous, mon été sera chaud).
  • Après “Gloria in excelsis Deo”, voilà qu’elle se met à chanter “Il est né le divin enfant” dans son bain.
  • Après une suggestion à Isa, je me suis jointe à son défi Instagram “Creative winter challenge”. Il n’est pas trop tard pour rejoindre le mouvement !
  • Mon selfie en bleu me vaut beaucoup de commentaires positifs, ce qui est toujours bon à prendre, et une adorable proposition d’Armalite.
  • En revanche, mon selfie en bonnet de bain aurait plutôt tendance à inquiéter les gens (oui, j’ai mauvaise mine sous l’éclairage artificiel, sans maquillage, sans cheveux et avec la marque des lunettes ^^).
  • Après des mois sans se voir, je retrouve Elise pour un déjeuner et une après-midi entre filles.
  • D’ailleurs j’en profite pour faire un tour à la librairie ancienne Le Pont Traversé, près de l’Assemblée Nationale. Cet endroit est une mine, je dois me retenir de ne pas dépenser des mille et des cent en éditions reliées cuir du 17ème siècle.
  • La Crevette a une vie sociale plus dense que la mienne : après le goûter-jeux avec une copine, Mademoiselle part en week-end chez sa grand-mère.
  • C’est moi ou j’ai la carte bleue qui chauffe un peu trop ces temps-ci ?
  • La nouvelle version du replay Top Chef, ou comment intégrer une coupure pub toutes les 20 minutes (alors que tu pries pour que la vidéo ne saute pas).
  • Ce temps printanier est incroyable, et je serais de mauvaise foi si je disais que j’en suis mécontente, après des mois de décembre et janvier particulièrement gris.





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Les Troyens

Cet opéra de Berlioz, emblématique du “grand opéra à la française” en cinq actes, traite d’un sujet mythologique connu : la chute de Troie, puis la fuite des survivants guidés par Énée, d’abord à Carthage, puis en Italie.
En vrai, ça devrait plutôt s’appeler “Cassandre et Didon”, tant ces deux personnages féminins sont moteurs de l’intrigue. L’opéra peut se diviser en deux parties : la chute de Troie (actes I et II), où Cassandre tente désespérément de prévenir les siens de la catastrophe imminente ; et l’arrivée des Troyens à Carthage, où ils sont accueillis par Didon, qui tombe amoureuse de leur chef Énée, mais dont l’histoire d’amour se finit bien entendu très mal.

La première partie est portée par Stéphanie d’Oustrac, littéralement habitée par le rôle de Cassandre. Elle se joue de toutes les difficultés de la partition sans avoir l’air un instant de peiner, et malgré un costume jaune moutarde pour le moins déroutant. Son duo avec Stéphane Degout (Chorèbe) m’a beaucoup touchée.
En revanche, j’ai trouvé Paata Burchuladze en Priam assez peu compréhensible (ce qui est logique, mais quand même). Quant au reste de la distribution, et notamment Véronique Gens en Hécube, on s’interroge : pourquoi recourir à une grande voix si ce n’est que pour l’entendre noyée dans la masse le temps d’un air ?

La première partie sépare la scène en deux : d’un côté la ville de Troie en ruines (réminiscence de Beyrouth, semble-t-il), de l’autre l’élégant salon où se presse la famille royale de Troie. Cette dichotomie entre misère et opulence, fatigues de la guerre et querelles intestines est plutôt intéressante. Toutefois, les passages dansés ont été remplacés par des scènes plus “graves”, notamment un simulacre d’hymne national (la “Marche des Troyens”), qui oblige les chanteurs et le chœur à demeurer statiques un long moment. Du coup, on sent le temps passer.
Tcherniakov a eu une idée plutôt intéressante : utiliser une partie de la scène comme un écran façon Times Square pour diffuser des dépêches “en temps réel”.
Toutefois, le problème principal de Tcherniakov tient surtout à sa manie de réécrire les histoires qu’il raconte (cf. l’horreur pondue pour Casse-Noisette il y a quelques années). Du coup, on découvre, par courts films diffusés sur l’écran géant, que Priam a abusé de sa fille Cassandre, puis qu’Enée est un traître qui livre Troie aux Grecs. Hum. J’avoue ne pas percevoir l’intérêt.

La seconde partie dérape totalement. On se trouve à “Carthage”, un centre de soin psycho-traumatique pour victimes de guerre. Parmi elles, Didon (Ekaterina Semenchuk), probablement plus cognée que les autres, se prend pour la reine des lieux, et est doucement accompagnée dans son délire par Anna (Aude Extremo, remarquable) et Narbal (Christian Van Horn), sortes de thérapeutes/bénévoles en gilets rouges (vous aussi, vous pensez aux grèves SNCF ?). Énée débarque là avec les siens, notamment son fils Ascagne (Michèle Losier, impeccable), et il est visiblement perdu et en proie à des hallucinations qui lui intiment de gagner l’Italie.
Le problème de ce choix, outre qu’il piétine allègrement les nombreuses indications laissées par Berlioz, c’est que l’œil ne sait plus où regarder. On est sans cesse distrait par tel ou tel élément du décor ou de la narration qui détourne du propos principal. En outre, la tension dramatique qui pourrait naître de certaines scènes est carrément balayée au profit de jeux de rôle où chacun brandit des pancartes pour se mettre en condition.
Tcherniakov réussit le prodige de faire jouer au ping-pong deux solistes qui chantent (j’admire, c’était pas gagné), mais qui du coup perdent une bonne partie de leur projection. De même, le déchirant duo “Nuit d’ivresse et d’extase infinie” entre Didon et Énée tombe complètement à plat, puisque les protagonistes ne se touchent pas et sont assis chacun à une table, n’échangeant parfois pas un regard.

Il est évident que le metteur en scène a plusieurs problèmes : il ne s’est jamais remis de la chute de l’URSS (en témoignent ces uniformes portés par Priam et Chorèbe dans la première partie), et il a un (gros) problème avec les femmes, qu’il semble ne considérer que comme des hystériques finies. Ca crie, ça balance des tables, ça se roule par terre… mais ça n’est jamais subtil, alors qu’il y avait pourtant matière.

Alors, faut-il jeter Les Troyens avec l’eau du bain ? Si j’ai apprécié de découvrir cette oeuvre que je ne connaissais pas, j’ai toutefois été franchement déçue par cette mise en scène qui a plombé la première partie et complètement achevé la deuxième. Les deux grandes voix, Stéphanie d’Oustrac (Cassandre) et Ekaterina Semenchuk (Didon), étaient à la hauteur, et très bien secondées, notamment dans la deuxième partie. Les chœurs (affreusement attifés, les pauvres) donnent de la puissance au propos, mais ne peuvent pas non plus réussir de miracle.
Honnêtement, la prochaine fois qu’un spectacle m’attire, si le nom de Tcherniakov apparaît à la mise en scène, je passerai mon chemin.

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Une semaine… #45-46

  • Lundi matin, j’ai mal à la gorge et je pars en week-end dans trois jours. Ca sent la blague…
  • Après un passage chez le généraliste le week-end dernier, il faut ramener la Crevette chez le pédiatre – j’avais raison, elle a une toux asthmatiforme. C’est quand, la fin de saison des microbes ?
  • C’est donc malade comme un chien que je me lève aux aurores pour attraper mon TGV. J’ai de la chance dans mon malheur : deux heures plus tard, une panne à Montparnasse immobilise tous les trains pour la journée.
  • Pour la première fois depuis 18 mois, je vais chez le coiffeur. 3 heures et 20 centimètres en moins plus tard, je me sens plus légère (et épuisée par mon rhume).
  • Résumé du week-end : de la bouffe, de la bouffe, de la bouffe, avec un peu de musique baroque et beaucoup de discussions entre adultes.
  • D’ailleurs, j’ai fait des courses au marché, ma valise est pleine.
  • Et pas un réveil en trois nuits. Le pied absolu.
  • “Mais reprends donc du canard, que tu sois pas venue de Paris pour rien.”
  • Encore une fois, notre planning “visites et salons de thé” a échoué lamentablement. On s’est contentées du salon de thé.
  • J’avoue, recevoir un truc à relire en urgence n’est jamais marrant. Mais si ça me permet d’échapper à la réunion Skype…
  • Après-midi à Necker pour Mademoiselle : vu comme elle s’amuse à l’aire de jeux, je ne suis pas très inquiète. A raison : le bilan est bon, rendez-vous dans un an.
  • Un colis du Canada pour enfants (avec du sirop d’érable en prime).
  • Samedi soir opéra, dimanche après-midi au théâtre pour un spectacle musical pour enfants. Ou l’art de faire le grand écart.
  • Isa va lancer un challenge photo sur Instagram. J’ai hâte !
  • Merci à celles qui se sont inquiétées de mon état parce que je n’ai rien posté la semaine dernière : tout va bien, mais je suis crevée et sous l’eau (pour changer).





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Il Primo Omicidio

Le premier homicide, c’est le meurtre d’Abel par Caïn. Après qu’Adam et Eve ont été chassés du Paradis pour avoir goûté au fruit de la connaissance, ils ont eu deux fils, Caïn et Abel. Souhaitant apaiser la colère divine par des sacrifices, les frères proposent chacun le fruit de son travail, mais seul le sacrifice d’Abel est accepté. Jaloux, Caïn le tue, avant d’être condamné à l’errance éternelle.


Voilà l’argument résumé en quelques lignes pour ceux de mes lecteurs qui auraient raté le catéchisme. Cette histoire fut mise en musique par Scarlatti pour un oratorio – une pièce religieuse chantée destinée aux églises et bâtiments religieux (dans le même genre, on avait Jephta de Handel l’an dernier).

La musique baroque, c’est mon dada. La direction de René Jacobs est vigoureuse, mais – bien qu’il ait apparemment doublé le nombre de musiciens – le Palais Garnier est à mon sens trop vaste, malgré son excellente acoustique, pour qu’on puisse apprécier toutes les subtilités de la partition.
L’oeuvre est portée par les voix de Kristina Hammarström (Caïn) et Olivia Vermeulen (Abel), toutes deux impeccables dans ce duo ennemi. Mention spéciale également à Robert Gleadow, beau timbre de baryton qui incarne la Voix de Lucifer. Toutefois, j’avoue avoir trouvé l’Eve de Birgitte Christensen assez faible.


En revanche, la mise en scène…
L’oeuvre est divisée en deux parties : avant et après le sacrifice à Dieu (spoiler : le meurtre, c’est après l’entracte). La première partie se déroule sur une scène totalement dépouillée, devant un écran éclairé de lumières aux couleurs changeant en fonction de certaines expressions employées par les personnages (ainsi le “glaive de feu” est une ligne rouge…). Castellucci fait le pari de la symbolisation à l’extrême : l’agneau sacrifié est devenu une poche de sang, le retable renversé figure l’autel (mais pas tout le temps), le sacrifice est représenté par une machine à fumée que l’interprète de la Voix de Dieu éteint ou non selon l’acceptation ou le rejet… Disons qu’on a déjà vu plus subtil.

Un sandwich et une coupette plus tard, le rideau se lève sur un magnifique décor de campagne sous un ciel étoilé. Rien que ça, on en prend plein les yeux, et le début nous donne raison : le face à face entre Caïn et Abel se déroule dans cette nuit que l’on devine paisible et semblable à toutes celles qui ont précédé.
Et là, c’est le drame. Littéralement. Au moment où Caïn tue Abel, les chanteurs se retrouvent affublés de doublures incarnées par des enfants. Les interprètes sont relégués dans la fosse pendant que leurs doubles font du play back sur la scène (encore plus immense vu leur gabarit), et surjouent les sentiments. On peut tout de même porter à leur crédit leur excellente articulation, pour un peu on s’y croirait.
Comme si cela ne suffisait pas, Castellucci en rajoute une couche avec les symboles lourds et pompeux : Caïn est couronné roi et se construit un mur de pierres derrière lequel il se cache, honteux, tandis qu’Abel est exhumé de sa fosse et lavé dans la plus pure tradition des descentes de croix (je vous raconte pas la gênance d’assister à une scène de ce genre avec un gamin de 10 ans, mais je dois être vieux jeu). Eve se couvre la tête d’un voile bleu (symbole de la Vierge, des fois que vous n’auriez pas suivi).
Le tout s’achève dans une immense bâche en plastique dont émergent les deux doubles enfantins d’Adam et Eve, incarnations de la descendance promise par Dieu, et dont sera issu le Messie.

Soyons francs, j’ai trouvé ça parfaitement inepte. Limite, j’ai eu l’impression qu’on se foutait de ma gueule. Je vais à l’opéra pour voir des chanteurs, pas des enfants qui font du play back, ni pour me démancher le cou à essayer d’apercevoir les solistes dans la fosse d’orchestre.
L’oratorio est, à l’origine, un genre musical qui n’est pas conçu pour l’adaptation scénique, mais pour l’interprétation religieuse. Si Jephta s’était plutôt bien sorti de ces écueils, malgré un symbolisme également marqué, Il Primo Omicidio confirme qu’il y a des choses qu’il ne faudrait pas changer : je pense qu’on aurait gagné à écouter cette oeuvre dans la chapelle du château de Versailles, par exemple.

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