Cuisine, marxisme et autres fantaisies

C’est le récit du chef de cuisine du Maxim’s de Pékin, entre 1984 et 1987. Durant ces années, cuisine capitaliste et idéologie marxiste se sont télescopées en un duel jubilatoire, hilarant et baroque.
À un tournant de l’histoire de la Chine moderne, l’ouvrage relate les bouleversements politiques d’alors, à l’échelle d’un restaurant, de sa cuisine, de sa carte. Mais d’autres mystères seront aussi dévoilés aux camarades gastronomes, comme les charmes insupportables de Mme Ko du stock, les puissances du ronflement chinois, l’énigme des boules de suif de Big Bouddha, la rage des tortues cannibales ! Disséminées dans le livre, 19 recettes typiques de cette époque et qui étaient à la carte du célèbre restaurant.


J’ai acheté ce livre pour deux raisons : l’auteur, Stéphan Lagorce, est un des journalistes qui ont contribué à fonder la revue 180°C dont je vous ai parlé en long, en large et en travers. Et puis j’adore les Editions de l’Epure, dont les ouvrages, toujours soignés, sont une invitation à la gourmandise et à l’évasion. Dans la même série, j’avais adoré Aujourd’hui caviar, demain sardines, de Carmen et Gervasio Posadas, qui narrait leur vie avec leurs parents, ambassadeurs du Venezuela dans les années 60-70 et mêlait aussi des extraits de journaux de leur mère (je recommande, c’est à la fois drôle, divertissant et intéressant).

Bref. L’ouvrage de Stéphan Lagorce raconte son expérience de chef de cuisine au Maxim’s de Pékin, lancé l’année précédente par Pierre Cardin, à une époque où nul n’envisageait de faire commerce avec la Chine populaire, et encore moins y “vendre” l’Occident dans toute sa décadence capitaliste. C’est pourtant la mission du narrateur, qui s’en acquitte de son mieux, en faisant au mieux avec les contingences matérielles et administratives locales.
La découverte de cette dictature communiste (et le bref passage par l’aéroport de Moscou) est à la fois drôle et poignant. Stéphan Lagorce demeure, à mon sens, respectueux de cette culture dont on sent qu’il est tombé amoureux (chose importante à souligner : il a fait l’effort, dès le départ, d’apprendre le chinois).

On rit beaucoup (j’ai eu les larmes aux yeux en découvrant l’histoire du réveillon 1985), on s’émerveille un peu, on frissonne parfois… Et on salive aussi ! La description des mets, occidentaux comme chinois, et les recettes qui l’accompagnent sont une ode à la gourmandise. J’ai bien envie de tenter quelques réalisations.
C’est un livre bref, moins de 200 pages, mais qui se lit tout seul et avec beaucoup de plaisir. Si l’on peut éventuellement faire un reproche au texte, c’est un style parfois un peu trop recherché, mais je pense que cela dépend de la sensibilité de chacun.

Cuisine, marxisme et autres fantaisies – Pékin 1984, Stéphan Lagorce, éditions de l’épure

2017 Reading challenge : a book that’s published in 2017

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10 Things I liked this week #144

C’était une belle semaine. Déjà parce que j’étais arrêtée et que j’ai pu glandouiller sans (trop) culpabiliser, ensuite parce qu’elle fut l’occasion de quelques beaux moments, malgré des désagréments (mon corps se comporte un peu comme un sale con ces temps-ci – rien de grave, mais des trucs un peu pénibles). Bref, voici le résumé qui va bien.

  • La météo s’est beaucoup calmée et est redevenue plus clémente. Résultat, j’ai eu beaucoup moins le sentiment de cuire.
  • Pendant le week-end prolongé, alors que je m’attendais à des réveils en fanfare, la Crevette nous a laissés dormir (et dimanche jusqu’à 9h30, un exploit). On devrait la laisser se coucher tard plus souvent #mauvaisemère
  • Mercredi, après être allée me faire charcuter le pied pour des analyses, je me suis offert un petit-déjeuner/lecture au Prêt-à-Manger de Madeleine. Une heure à siroter un thé glacé en lisant un livre réjouissant, c’était une jolie façon de compenser ce début de journée en fanfare.
  • J’ai passé une partie de la journée avec Shermane pour son anniversaire. Au programme : de la bouffe, forcément ! J’ai découvert le Kodawari Ramen (il faut que j’emmène l’Anglais… et sans doute aussi la Crevette, qui adore manger avec ses petites baguetes), et on a pris un dessert assez conséquent chez Colorova.
  • Jeudi, j’ai emmené Mademoiselle à l’atelier d’arts plastiques, pour couper/coller/peindre un poisson multicolore. J’avoue être fière de constater à quel point elle est devenue autonome, depuis 18 mois que nous y allons de temps à autre : elle fait désormais presque tout toute seule, je n’interviens que pour les passages délicats (les ciseaux, c’est pas encore ça).
  • Le même atelier a lancé une campagne de financement participatif pour s’agrandir. J’ai participé volontiers (la perspective de voir s’ouvrir un coin café/thé pour patienter lors des séances d’arts plastiques de la Crevette m’a beaucoup motivée ^^), et le financement a été bouclé dans le week-end. Encore un projet que j’ai soutenu et qui va se concrétiser, c’est très valorisant.
  • Pour le 14 juillet, on a fait très culturel : une balade au Bon Marché. L’idée était de chercher 2-3 trucs pour la maison, on est repartis avec des bouquins (fatalement) et des vêtements pour Monsieur. Mais en guise de récompense, on s’est offert un déjeuner dans le très bon (et authentique) resto italien du deuxième étage. Je garde un souvenir ému de la glace gianduja que Mademoiselle n’a pas finie (ça n’a pas été perdu pour tout le monde…).
  • Toute la semaine, je me suis lancée dans diverses réalisations culinaires, y compris des trucs que je n’avais jamais faits, afin d’écluser les restes de nos cueillettes de dimanche dernier. Pour un peu, ça mériterait un article “Cuisinons nos livres”…
  • Dimanche, alors que l’Anglais et moi comations devant le Tour de France (tradition familiale à laquelle j’ai converti Monsieur), la Crevette s’ennuyait très clairement et nous n’avions aucune envie de sortir. J’ai fini par lui proposer de peindre les figures en pâte à sel réalisées… il y a deux bons mois. Ca a marché, elle s’est bien amusée et on s’est évité un tour au square par 28°.
  • J’ai coché une ligne supplémentaire du défi PAL de vacances !
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KL Pâtisserie

Jeudi dernier, après un rendez-vous un peu frustrant chez le médecin, et avec une météo un peu moche, j’ai décidé de m’offrir une pause pour me remonter le moral. J’avais déjà repéré à plusieurs reprises KL Pâtisserie, sans jamais oser franchir le pas. Or l’endroit ouvre tôt le matin car il propose une formule pour le petit déjeuner. Du coup, j’avais un prétexte tout trouvé !

La pâtisserie-salon de thé est assez grande, décorée dans des teintes de bois et de gris. Le comptoir est tout petit, avec un faible nombre de gâteaux qui sont, si j’ai bien compris, confectionnés au fur et à mesure de la journée. Dans le fond, derrière une paroi à moitié vitrée, le laboratoire rutilant de propreté.
Je me suis installée sur une des banquettes, ai commandé un petit déjeuner classique composé d’un jus de pamplemousse, d’un chocolat chaud et d’un roulé à la cannelle, et j’ai sorti mon livre. Pendant près d’une heure, j’ai profité d’une quasi solitude et d’un silence à peine troublé par la musique de fond et les discrètes allées et venues de la vendeuse qui assortissait la vitrine. Le jus était bon, le chocolat à tomber (mousseux sans être trop épais) et le roulé à la cannelle délicieux. A aucun moment on n’est venu m’embêter, me suggérer de partir ni rien.

Afin de prolonger le plaisir, j’ai décidé de nous offrir quelques gâteaux que nous avons testés le soir même (ou le lendemain). Chaque gâteau était emballé dans une boîte individuelle, ce qui a considérablement aidé à leur stockage à la maison. Deux créations aux fruits, le framboise piper (framboises fraîches, biscuit moelleux amandes-framboises, crème à la pistache et au poivre, pistaches caramélisées) et la fraise indigène (tarte aux fraises, crème légère, compotée de fraises aux baies de Tasmanie). Les deux gâteaux étaient délicieux, rafraîchissants, même si j’ai trouvé la framboise plus intéressante gustativement (l’Anglais pensait l’inverse).
J’ai également goûté l’éclair au chocolat grand cru du Pérou le lendemain. Franchement, il était à tomber à la renverse, alors même que son goût a dû s’étioler un peu après 24h dans mon frigo. Un chocolat riche, puissant, une pâte à chou fondante et craquante… J’en salive encore.

La pâtisserie propose également des gâteaux de voyages – j’ai testé les madeleines, mais la fleur d’oranger était un peu trop présente à mon goût, mais j’ai sagement renoncé au marbré chocolat/vanille. Quoi qu’il en soit, il reste des choses à découvrir dans cette pâtisserie, et j’y retournerai volontiers lorsqu’il fera moins chaud ! En plus, la maison propose des thés Jugetsudô et George Cannon.

KL Pâtisserie, 78 avenue de Villiers, 75017 Paris (M° Wagram)

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10 Things I liked this week #143

Ce fut une semaine marqué à la fois par le retour de la chaleur (beuh…) et par quelques sorties agréables. Mais globalement, il faut avouer que lorsque le thermomètre dépasse les 27°, il me faut une sacrée motivation pour me forcer à sortir de chez moi et supporter les trains de banlieue non climatisés, ce qui fait que j’ai un peu le sentiment de tourner en rond ces jours-ci.
Bref, sur ces considérations philosophiques, que fallait-il retenir cette semaine ?

  • J’ai décidé de participer au défi PAL de vacances initié par Miss Sunalee. De toute façon, il faut que j’écluse tous ces bouquins, ce sera l’occasion (j’ai d’ailleurs déjà fini un ouvrage).
  • Les photos prises par l’Anglais le week-end dernier sont magnifiques, et remportent un franc succès.
  • Nous avons commencé à regarder l’excellent documentaire “OJ, made in America”, sur l’affaire OJ Simpson et ses liens avec la question raciale aux Etats-Unis.
  • Mercredi, j’ai emmené la Crevette au bureau pour la journée des enfants. Mademoiselle a plutôt bien encaissé la demi-journée, malgré une crise de larmes parce que “le monsieur de la chasse au trésor parlait trop fort” (mes collègues ont organisé un jeu de piste et celui qui donnait les instructions a la voix qui porte, chose qui fait toujours peur à la petite).
  • En plus j’ai reçu plein de compliments parce qu’elle était sage et me laissait travailler (ben en même temps, elle était prévenue). Immense moment de fierté maternelle.
  • Jeudi, après un rendez-vous chez le médecin un peu frustrant (tout va bien, hein, juste que je n’ai pas réussi à exprimer ce que je voulais), je trouve refuge dans une délicieuse pâtisserie qui me fait de l’œil depuis un moment. Article et photos à venir.
  • Vendredi, je fais un petit tour chez un de mes libraires préférés et dégote “Le melon, dix façons de le préparer” des Editions de l’Épure à -50%. Hop, c’est la saison.
  • Samedi matin, nous partons faire une cueillette en famille. Après deux heures sous le soleil, nous rentrons avec (entre autres) plus d’un kilo de framboises et quatre kilos et demi de tomates anciennes. Oh, et des coups de soleil malgré l’écran total.
  • On retrouve L & L pour un goûter dans le jardin. Les filles pataugent dans la piscine gonflable pendant qu’on se prélasse dans les transats.
  • Dimanche, c’est autour de C & E de venir goûter à la maison avec leurs fils. Il fait lourd et humide, si bien que les enfants doivent dire adieu à leur balade au parc, mais on se console avec des madeleines et des guimauves artisanales.
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Le Guépard

En 1860, une aristocratie décadente et appauvrie, sourde aux bouleversements du monde, règne encore sur la Sicile. Mais le débarquement des troupes de Garibaldi amorce le renversement d’un ordre social séculaire. Conscient de la menace qui pèse sur les siens, le prince de Salina se résigne à accepter l’union de son neveu Tancrède avec la belle Angélique, fille d’un parvenu. Ultime concession qui signe la défaite du Guépard, le blason des Salina…


Ce roman est extrêmement connu, pas forcément en tant que tel, mais parce qu’il a fait l’objet d’une flamboyante adaptation cinématographique quelques années après sa publication, qui lui a valu une Palme d’Or à Cannes. J’ai mis des années à voir ce film, mais j’ai enfin pu rattraper ce retard l’hiver dernier, à l’occasion d’une rediffusion sur Arte, et je suis tombée sous le charme.
Aussi, lorsque j’ai aperçu le roman chez mon libraire, je me suis jetée dessus en me disant que ce devrait être au moins aussi bien que le film. C’est encore mieux que ça.

L’écriture de Tomasi di Lampedusa est belle, poétique, fouillée. Tout au long de ma lecture, je me suis dit que l’auteur avait quand même fait de sacrées recherches sur l’aristocratie sicilienne car on s’y serait cru – et à mi-parcours, j’ai découvert qu’il était lui-même prince sicilien, ceci expliquant cela. Contrairement à ce que j’avais cru à l’origine, on ne s’attaque pas à tant à Tancredi et à son histoire avec Angelica qu’au prince de Salina, dont le guépard est l’emblème. Ce sont les réflexions et les états d’âme de ce personnage qui guident le lecteur, alors même que le récit est le fait d’un narrateur omniscient.


L’histoire nous plonge dans ce tournant de la vie italienne, lorsque Garibaldi a tenté d’imposer la démocratie (et s’est est tiré avec l’unification du pays sous la bannière d’une monarchie), et alors que la vieille aristocratie se trouve forcée de composer avec la bourgeoisie montante, sous peine de disparaître, enterrée par les bouleversements sociaux et politiques. Cela est particulièrement souligné par le personnage de Tancredi qui s’exclame : “Il faut que tout change pour que rien ne change”.

Au final, ce roman relativement court (à peine 300 pages) est une magnifique fresque évocatrice. On sent le vent qui charrie les parfums siciliens, on déambule dans les palais, on est écrasé de chaleur… Mais ce qui tire en outre le récit vers le haut est cette perpétuelle interrogation du héros sur la condition humaine et sur la transmission. Je recommande chaleureusement.

Le Guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Points, 7,70€

Challenge PAL de vacances : le titre contient un mot désignant un animal

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Challenge PAL de vacances

A l’initiative de Miss Sunalee, et suite à une réflexion personnelle, je me lance dans ce défi estival qui consiste à essayer d’écluser un peu sa PAL. Sunalee nous propose en outre huit catégories à cocher pour choisir ses lectures, mais aussi de publier nos lectures sur Instagram avec le hashtag #palvacances2017. J’ignore si j’y arriverai (et je pense que je cumulerai aussi avec les catégories du Reading challenge 2017), mais cela me motive !

En revanche, Sunalee recommande d’utiliser des livres qui sont dans la PAL ce jour. C’est tout à fait possible, sauf que j’en ai actuellement un en cours que je devrais finir dans la semaine et, du coup, je me demande s’il entrera dans le décompte.


Voici donc les huit catégories :

  1. le titre contient un nom de lieu géographique (pays, ville, région, fleuve…)
  2. le titre doit être un vrai jackpot au Scrabble. En reprenant l’idée de Lire sous la contrainte, il s’agit d’additionner les points de chaque lettre du titre et de l’auteur selon les règles du Scrabble: A,E,I,L,N,O,R,S,T,U : 1 point; D,G,M : 2 points; B,C,P : 3 points; F,H,V : 4 points; J,Q : 8 points; K,W,X,Y,Z : 10 points (l’exemple est ici)
  3. le titre contient soit “chant/chanson”, soit “musique” ou est le titre d’une chanson, ou s’en inspire très fort, ou contient le nom d’un musicien/chanteur
  4. le titre contient un prénom ou un nom de personne
  5. le titre est composé d’un seul mot
  6. le titre ne contient pas d’article
  7. le titre contient un mot lié à la nourriture ou à une boisson, A boire et à manger avec Sonia Ezgulian, Guillaume Long
  8. le titre contient un mot désignant un animal, Le Guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa

Pour la peine, j’ai mis à jour la page consacrée à ma PAL, plus du tout d’actualité puisque la quasi-totalité des bouquins listés dessus est à la cave, en attendant des jours meilleurs.

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10 Things I liked this week #142

Ce fut une semaine très fatigante (oui, je sais, je dis ça toutes les semaines en ce moment…). Mais heureusement, les températures sont redevenues décentes, si bien que je n’ai plus eu l’impression de me liquéfier, juste de me traîner de mon bureau à mon canapé. Allez, petit récapitulatif des sept derniers jours.

  • Lundi, je retrouve Artus et Pamp’ pour un déjeuner à la crêperie. On ne s’était pas vus depuis des lustres, on en profite pour rattraper (vite fait, j’ai un rendez-vous derrière) le temps perdu avant leur déménagement.
  • Mardi, on se fait une soirée sushis en amoureux, à la fois par flemme et pour fêter la fin d’année scolaire.
  • J’ai reçu la commande passée chez Prior Attire, une costumière anglaise : une tournure et un jupon pour aller avec. Bon, il ne me manque que la robe à mettre par-dessus, mais ce n’est qu’une question de temps !
  • Mon père a reçu la tea postcard (en retard) que je lui avais envoyée pour la fête des pères, et a beaucoup apprécié.
  • Vendredi, je réussis à mettre la main sur un exemplaire du dernier numéro d’America, la revue littéraire dont j’ai déjà parlé ici.
  • Samedi, nous partons assister à un joli mariage sur les rives de la Gironde. Le décor est beau et les mariés heureux.
  • En plus, l’Anglais et moi avons réussi à surmonter un enchaînement d’incidents sans nous arracher mutuellement la tête. Vive nous.
  • En repartant de Bordeaux, je fais un arrêt à la boutique Baillardran pour investir dans une douzaine de cannelés traditionnels (j’adore les cannelés mais c’est pas facile d’en trouver des bons à Paris).
  • Nous fêtons nos noces de chypre, déjà ! J’ai l’impression que c’était hier, et pourtant (en même temps, il s’est passé énormément de choses depuis).
  • J’attends confirmation du médecin, mais a priori mes analyses de sang sont correctes, ce qui est toujours une bonne nouvelle.
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Tamia & Julia, sœurs de thé

Contrairement à beaucoup de mes amies théinomanes, je n’ai jamais été abonnée à la Thé Box. Plusieurs raisons à cela : j’ai toujours eu beaucoup trop de thé à la maison (encore aujourd’hui), je surveillais mon budget à sa création, et après quelques tests, je me suis rendu compte que le système d’abonnement mensuel ne me convenait qu’un temps (j’ai été assez fidèle à la Gambettes Box, mais en deux fois…).

Du coup, lorsqu’en mai dernier au Bon Marché, j’ai découvert la marque Tamia & Julia, créée par les fondatrices de la Thé Box, c’était une véritable nouveauté pour moi. Cinq mélanges seulement sont proposés : Igloo (dont j’avais entendu parler sur différents blogs), Detox, Ruben, Bloom et L’Envol. Mon choix s’est porté sur ces deux derniers.

L’Envol est un beau mélange de thé vert et de fruits (fraise de bois, rhubarbe, mangue), ce qui aurait pu me rebuter car c’est généralement une association que je redoute. Néanmoins, le parfum était très agréable, léger sans être évanescent, et je me suis laissée tenter. Bien m’en a pris : c’est effectivement un thé vert rafraîchissant et pas du tout écoeurant (ce que je redoute toujours lorsqu’il est question de thé vert aux fruits), et ferait, je pense, un excellent thé glacé.


Mais mon coup de cœur fut pour l’infusion Bloom, composée, entre autres, de tilleul, de basilic, de carthame, de souci, de rose… La liste est longue, mais… il n’y a pas l’ombre d’un morceau d’hibiscus dedans ! J’aime bien l’hibiscus, mais on en trouve partout ces derniers temps dans les infusions, sans doute à cause de la très belle couleur rose fuchsia qu’il donne aux boissons. Du coup, j’étais ravie de pouvoir tester quelque chose qui aurait un goût fleuri/aromatique sans basculer dans le fruit / le dessert. Je suis extrêmement fan, j’en bois très souvent, d’autant que j’ai découvert que l’infusion passait aussi bien chaude que froide. Et comme elle est dépourvue de théine, on peut en boire avant de se coucher sans risque de se retourner pendant une heure.

Du coup, il me tarde de pouvoir goûter les autres mélanges, même s’ils ne correspondent pas forcément à mes goûts, car le dosage est subtil, et je pense qu’ils seraient à même de me séduire, ou d’autres membres de la famille (la Crevette a le droit de siroter un fond de thé le week-end et a bu pas mal d’infusion glacée quand il a fait très chaud). En attendant, j’ai déjà commandé deux nouvelles boites de Bloom, histoire d’être parée pour l’été !

Vous pouvez commander sur le site Internet de Tamia & Julia

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10 Things I liked this week #141

Je ne reviendrai pas (trop) sur la vague de chaleur, je pense qu’elle nous a tous terrassés. J’ai même fini par m’acheter un ventilateur en catastrophe tellement j’étouffais malgré les volets baissés et les cinq douches par jour… Néanmoins, la semaine fut agréable et nous a offert de jolis moments.

  • Lundi, en ouvrant Instagram, j’ai eu l’agréable surprise de découvrir une photo de mon premier roman traduit en brésilien. Ca fait toujours plaisir.
  • Alors que je me disais que je devrais bientôt recevoir le nouveau roman de Julia Quinn, celui-ci s’est matérialisé dans ma boîte aux lettres. Quel timing.
  • C’était le dernier cours de natation de l’année. Pour fêter ça, nous avons organisé un dîner/apéro à la piscine. Le beau temps nous a même poussés à nous déplacer en extérieur, plutôt que de rester dans la salle prévue à cet effet.
  • Qui dit dernier cours, dit relais. J’ai reçu les félicitations de ma prof pour mes capacités en brasse puisque, partie quasi dernière, j’ai remonté les 25 mètres pour arriver en tête (bon, après, j’avais plus de souffle, mais quand même).
  • Le jour de la fête de la musique, malgré la canicule et la scène installée quasiment sous nos fenêtres, j’ai fait un petit tour dans notre rue piétonnisée avec la Crevette. Du coup, celle-ci a pu participer à un atelier d’arts plastiques et se confectionner une magnifique couronne sur le thème du jour, agrémentée de paillettes.
  • Jeudi, la couturière, son cher et tendre et leur fils sont venus dîner. Pour l’occasion, j’ai préparé un gaspacho traditionnel (comprendre : qui infusait depuis 24 heures dans mon frigo), dont la fraîcheur fut la bienvenue.
  • Grâce à C.euh, j’ai trouvé une alternative délicieuse et peu calorique aux glaces : le yaourt grec mixé avec des fruits congelés. La version avec des myrtilles est à tomber, celle avec des mirabelles beaucoup moins convaincante. Prochain essai : les brisures de framboise.
  • J’ai enfin rangé ma paperasse en souffrance. Bon, je n’ai toujours pas retrouvé nos carnets de santé, mais j’ai trié et classé près de 6 mois de papiers dans de belles chemises colorées, ça progresse.
  • Nous avons passé le week-end à Orléans, chez mes beaux-parents. Quelques sorties, des repas sur la terrasse, et le bonheur de mettre les pieds sous la table.
  • Samedi, en accompagnant la Crevette au parc, je me suis fait squatter les genoux par un gros chat roux pas farouche avec une coquetterie dans l’œil.
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Misty Copeland, Une vie en mouvement

Un prodige. C’est ainsi que la qualifie Cindy, sa professeur de danse, lorsqu’elle voit Misty Copeland s’élancer pour la première fois sur ses pointes. Rien ne semblait pourtant destiner cette jeune fille née dans un foyer instable, fan de Mariah Carey et de hiphop, à intégrer le monde élitiste de la danse classique. A force de persévérance et de sacrifices, elle parvient à gravir les échelons de sa discipline jusqu’à atteindre son rêve : le prestigieux American Ballet Theatre. Mais il lui faut d’abord vaincre le plus insupportable des préjugés : être noire dans l’univers fermé des ballerines immaculées.


J’avais entendu parler de Misty Copeland il y a quelques années, probablement lorsque l’ABT (American Ballet Theatre, sa compagnie) l’a promue première danseuse. J’ai alors lu plusieurs articles sur les très (trop) rares ballerines noires dans le milieu fermé de la danse classique et le racisme ambiant, problème également soulevé par Benjamin Millepied lors de son bref passage à la tête du ballet de l’Opéra de Paris. J’aurais par ailleurs voulu voir danser Misty en septembre dernier, lors du passage de l’ABT à Bastille, mais ce n’est pas tombé le bon soir. Du coup, cette autobiographie m’intéressait à plus d’un titre.

C’est intéressant, bien écrit (en collaboration, bien entendu), avec un style journalistique vif et une narration à la première personne. On suit la vie de Misty un peu comme une aventure ou un film, avec d’autant plus de plaisir que l’on sait que le “bien” triomphera et que les tribulations seront surmontées. Misty Copeland est un peu présentée en héroïne des temps modernes, sans que ce soit trop exagéré.
Après, il faut bien entendu souligner que c’est du storytelling à l’américaine, où le personnage principal apprend toujours de ses erreurs, est toujours humble et remercie toutes les personnes qui ont croisé sa route…

Mais le propos principal du livre, la lutte de Misty Copeland contre le racisme latent de son milieu professionnel et artistique, est très intéressant. On découvre ainsi les rares femmes noires qui l’ont précédée sur scène, ainsi que quelques hommes. On prend conscience du fait que ce racisme se fonde, qu’on le veuille ou non, dans l’imagerie même du ballet (les fameux “ballets blancs”).

Est-ce que ce livre est pour vous ? Si vous aimez la danse, et en particulier la danse classique, si vous cherchez quelque chose de rapide à lire, si la question de la représentativité des personnes noires ou racisées dans notre société vous intéresse mais que vous souhaitez un exemple concret, oui, tout à fait. Je recommande volontiers ce livre. Et j’ai encore plus envie d’essayer de voir danser Misty Copeland un jour !

Misty Copeland, Une vie en mouvement – Une danseuse étoile inattendue, éditions 10/18

2017 Reading challenge : A book about an interesting woman

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