Les Troyens

Cet opéra de Berlioz, emblématique du “grand opéra à la française” en cinq actes, traite d’un sujet mythologique connu : la chute de Troie, puis la fuite des survivants guidés par Énée, d’abord à Carthage, puis en Italie.
En vrai, ça devrait plutôt s’appeler “Cassandre et Didon”, tant ces deux personnages féminins sont moteurs de l’intrigue. L’opéra peut se diviser en deux parties : la chute de Troie (actes I et II), où Cassandre tente désespérément de prévenir les siens de la catastrophe imminente ; et l’arrivée des Troyens à Carthage, où ils sont accueillis par Didon, qui tombe amoureuse de leur chef Énée, mais dont l’histoire d’amour se finit bien entendu très mal.

La première partie est portée par Stéphanie d’Oustrac, littéralement habitée par le rôle de Cassandre. Elle se joue de toutes les difficultés de la partition sans avoir l’air un instant de peiner, et malgré un costume jaune moutarde pour le moins déroutant. Son duo avec Stéphane Degout (Chorèbe) m’a beaucoup touchée.
En revanche, j’ai trouvé Paata Burchuladze en Priam assez peu compréhensible (ce qui est logique, mais quand même). Quant au reste de la distribution, et notamment Véronique Gens en Hécube, on s’interroge : pourquoi recourir à une grande voix si ce n’est que pour l’entendre noyée dans la masse le temps d’un air ?

La première partie sépare la scène en deux : d’un côté la ville de Troie en ruines (réminiscence de Beyrouth, semble-t-il), de l’autre l’élégant salon où se presse la famille royale de Troie. Cette dichotomie entre misère et opulence, fatigues de la guerre et querelles intestines est plutôt intéressante. Toutefois, les passages dansés ont été remplacés par des scènes plus “graves”, notamment un simulacre d’hymne national (la “Marche des Troyens”), qui oblige les chanteurs et le chœur à demeurer statiques un long moment. Du coup, on sent le temps passer.
Tcherniakov a eu une idée plutôt intéressante : utiliser une partie de la scène comme un écran façon Times Square pour diffuser des dépêches “en temps réel”.
Toutefois, le problème principal de Tcherniakov tient surtout à sa manie de réécrire les histoires qu’il raconte (cf. l’horreur pondue pour Casse-Noisette il y a quelques années). Du coup, on découvre, par courts films diffusés sur l’écran géant, que Priam a abusé de sa fille Cassandre, puis qu’Enée est un traître qui livre Troie aux Grecs. Hum. J’avoue ne pas percevoir l’intérêt.

La seconde partie dérape totalement. On se trouve à “Carthage”, un centre de soin psycho-traumatique pour victimes de guerre. Parmi elles, Didon (Ekaterina Semenchuk), probablement plus cognée que les autres, se prend pour la reine des lieux, et est doucement accompagnée dans son délire par Anna (Aude Extremo, remarquable) et Narbal (Christian Van Horn), sortes de thérapeutes/bénévoles en gilets rouges (vous aussi, vous pensez aux grèves SNCF ?). Énée débarque là avec les siens, notamment son fils Ascagne (Michèle Losier, impeccable), et il est visiblement perdu et en proie à des hallucinations qui lui intiment de gagner l’Italie.
Le problème de ce choix, outre qu’il piétine allègrement les nombreuses indications laissées par Berlioz, c’est que l’œil ne sait plus où regarder. On est sans cesse distrait par tel ou tel élément du décor ou de la narration qui détourne du propos principal. En outre, la tension dramatique qui pourrait naître de certaines scènes est carrément balayée au profit de jeux de rôle où chacun brandit des pancartes pour se mettre en condition.
Tcherniakov réussit le prodige de faire jouer au ping-pong deux solistes qui chantent (j’admire, c’était pas gagné), mais qui du coup perdent une bonne partie de leur projection. De même, le déchirant duo “Nuit d’ivresse et d’extase infinie” entre Didon et Énée tombe complètement à plat, puisque les protagonistes ne se touchent pas et sont assis chacun à une table, n’échangeant parfois pas un regard.

Il est évident que le metteur en scène a plusieurs problèmes : il ne s’est jamais remis de la chute de l’URSS (en témoignent ces uniformes portés par Priam et Chorèbe dans la première partie), et il a un (gros) problème avec les femmes, qu’il semble ne considérer que comme des hystériques finies. Ca crie, ça balance des tables, ça se roule par terre… mais ça n’est jamais subtil, alors qu’il y avait pourtant matière.

Alors, faut-il jeter Les Troyens avec l’eau du bain ? Si j’ai apprécié de découvrir cette oeuvre que je ne connaissais pas, j’ai toutefois été franchement déçue par cette mise en scène qui a plombé la première partie et complètement achevé la deuxième. Les deux grandes voix, Stéphanie d’Oustrac (Cassandre) et Ekaterina Semenchuk (Didon), étaient à la hauteur, et très bien secondées, notamment dans la deuxième partie. Les chœurs (affreusement attifés, les pauvres) donnent de la puissance au propos, mais ne peuvent pas non plus réussir de miracle.
Honnêtement, la prochaine fois qu’un spectacle m’attire, si le nom de Tcherniakov apparaît à la mise en scène, je passerai mon chemin.

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Une semaine… #45-46

  • Lundi matin, j’ai mal à la gorge et je pars en week-end dans trois jours. Ca sent la blague…
  • Après un passage chez le généraliste le week-end dernier, il faut ramener la Crevette chez le pédiatre – j’avais raison, elle a une toux asthmatiforme. C’est quand, la fin de saison des microbes ?
  • C’est donc malade comme un chien que je me lève aux aurores pour attraper mon TGV. J’ai de la chance dans mon malheur : deux heures plus tard, une panne à Montparnasse immobilise tous les trains pour la journée.
  • Pour la première fois depuis 18 mois, je vais chez le coiffeur. 3 heures et 20 centimètres en moins plus tard, je me sens plus légère (et épuisée par mon rhume).
  • Résumé du week-end : de la bouffe, de la bouffe, de la bouffe, avec un peu de musique baroque et beaucoup de discussions entre adultes.
  • D’ailleurs, j’ai fait des courses au marché, ma valise est pleine.
  • Et pas un réveil en trois nuits. Le pied absolu.
  • “Mais reprends donc du canard, que tu sois pas venue de Paris pour rien.”
  • Encore une fois, notre planning “visites et salons de thé” a échoué lamentablement. On s’est contentées du salon de thé.
  • J’avoue, recevoir un truc à relire en urgence n’est jamais marrant. Mais si ça me permet d’échapper à la réunion Skype…
  • Après-midi à Necker pour Mademoiselle : vu comme elle s’amuse à l’aire de jeux, je ne suis pas très inquiète. A raison : le bilan est bon, rendez-vous dans un an.
  • Un colis du Canada pour enfants (avec du sirop d’érable en prime).
  • Samedi soir opéra, dimanche après-midi au théâtre pour un spectacle musical pour enfants. Ou l’art de faire le grand écart.
  • Isa va lancer un challenge photo sur Instagram. J’ai hâte !
  • Merci à celles qui se sont inquiétées de mon état parce que je n’ai rien posté la semaine dernière : tout va bien, mais je suis crevée et sous l’eau (pour changer).





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Il Primo Omicidio

Le premier homicide, c’est le meurtre d’Abel par Caïn. Après qu’Adam et Eve ont été chassés du Paradis pour avoir goûté au fruit de la connaissance, ils ont eu deux fils, Caïn et Abel. Souhaitant apaiser la colère divine par des sacrifices, les frères proposent chacun le fruit de son travail, mais seul le sacrifice d’Abel est accepté. Jaloux, Caïn le tue, avant d’être condamné à l’errance éternelle.


Voilà l’argument résumé en quelques lignes pour ceux de mes lecteurs qui auraient raté le catéchisme. Cette histoire fut mise en musique par Scarlatti pour un oratorio – une pièce religieuse chantée destinée aux églises et bâtiments religieux (dans le même genre, on avait Jephta de Handel l’an dernier).

La musique baroque, c’est mon dada. La direction de René Jacobs est vigoureuse, mais – bien qu’il ait apparemment doublé le nombre de musiciens – le Palais Garnier est à mon sens trop vaste, malgré son excellente acoustique, pour qu’on puisse apprécier toutes les subtilités de la partition.
L’oeuvre est portée par les voix de Kristina Hammarström (Caïn) et Olivia Vermeulen (Abel), toutes deux impeccables dans ce duo ennemi. Mention spéciale également à Robert Gleadow, beau timbre de baryton qui incarne la Voix de Lucifer. Toutefois, j’avoue avoir trouvé l’Eve de Birgitte Christensen assez faible.


En revanche, la mise en scène…
L’oeuvre est divisée en deux parties : avant et après le sacrifice à Dieu (spoiler : le meurtre, c’est après l’entracte). La première partie se déroule sur une scène totalement dépouillée, devant un écran éclairé de lumières aux couleurs changeant en fonction de certaines expressions employées par les personnages (ainsi le “glaive de feu” est une ligne rouge…). Castellucci fait le pari de la symbolisation à l’extrême : l’agneau sacrifié est devenu une poche de sang, le retable renversé figure l’autel (mais pas tout le temps), le sacrifice est représenté par une machine à fumée que l’interprète de la Voix de Dieu éteint ou non selon l’acceptation ou le rejet… Disons qu’on a déjà vu plus subtil.

Un sandwich et une coupette plus tard, le rideau se lève sur un magnifique décor de campagne sous un ciel étoilé. Rien que ça, on en prend plein les yeux, et le début nous donne raison : le face à face entre Caïn et Abel se déroule dans cette nuit que l’on devine paisible et semblable à toutes celles qui ont précédé.
Et là, c’est le drame. Littéralement. Au moment où Caïn tue Abel, les chanteurs se retrouvent affublés de doublures incarnées par des enfants. Les interprètes sont relégués dans la fosse pendant que leurs doubles font du play back sur la scène (encore plus immense vu leur gabarit), et surjouent les sentiments. On peut tout de même porter à leur crédit leur excellente articulation, pour un peu on s’y croirait.
Comme si cela ne suffisait pas, Castellucci en rajoute une couche avec les symboles lourds et pompeux : Caïn est couronné roi et se construit un mur de pierres derrière lequel il se cache, honteux, tandis qu’Abel est exhumé de sa fosse et lavé dans la plus pure tradition des descentes de croix (je vous raconte pas la gênance d’assister à une scène de ce genre avec un gamin de 10 ans, mais je dois être vieux jeu). Eve se couvre la tête d’un voile bleu (symbole de la Vierge, des fois que vous n’auriez pas suivi).
Le tout s’achève dans une immense bâche en plastique dont émergent les deux doubles enfantins d’Adam et Eve, incarnations de la descendance promise par Dieu, et dont sera issu le Messie.

Soyons francs, j’ai trouvé ça parfaitement inepte. Limite, j’ai eu l’impression qu’on se foutait de ma gueule. Je vais à l’opéra pour voir des chanteurs, pas des enfants qui font du play back, ni pour me démancher le cou à essayer d’apercevoir les solistes dans la fosse d’orchestre.
L’oratorio est, à l’origine, un genre musical qui n’est pas conçu pour l’adaptation scénique, mais pour l’interprétation religieuse. Si Jephta s’était plutôt bien sorti de ces écueils, malgré un symbolisme également marqué, Il Primo Omicidio confirme qu’il y a des choses qu’il ne faudrait pas changer : je pense qu’on aurait gagné à écouter cette oeuvre dans la chapelle du château de Versailles, par exemple.

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Une semaine… #44

  • Pour bien débuter la semaine, je retrouve C, C & C pour un déjeuner entre filles (non, je ne plaisante pas).
  • Il neige ! Malheureusement, la piscine reste ouverte, mon prétexte pour sécher la natation tombe à l’eau (ah, ah).
  • Et au détour d’une conversation avec Monsieur, entendre ce dernier s’exclamer avec vigueur : “Ah mais je regrette, chez les protestants aussi on a des tubes, et pas des trucs en latin !” (Ceci est une longue histoire)
  • Leen passe à la maison pour un apéro avant notre soirée à l’opéra demain.
  • Ma sœur m’a offert le stylo magique de Sailor Venus (qui ne fait stylo mais déco de bureau). Ode à mon adolescence lointaine.
  • J’ai peu lâché la baby-sitter (sans expérience) dans la fosse aux lions avec les enfants : le Paprika a balancé ses doudous dans le bain de sa sœur, et la Crevette a fait du charme (et des mensonges…) pour manger du chocolat.
  • Faut-il persister à mettre en scène les oratorios ? Vous avez 4 heures.
  • Le chat de ma sœur est décédé, à presque 20 ans. Ca fait quelque chose (et c’est le troisième “vieux chat” de notre entourage à être euthanasié depuis cet été).
  • Vendredi, 17h, la Crevette a 39° de fièvre et la pédiatre est surbookée. Bon début de week-end !
  • Et alors qu’on envisageait d’aller à la galette des rois de l’école, celle-ci est annulée pour cause d’incendie à proximité. Quand ça veut pas…
  • Avec la disparition de Michel Legrand, je suis encore plus contente d’avoir vu la Peau d’Âne au théâtre Marigny il y a trois semaines.
  • “Pour la Comédie-Française, vous préférez mercredi, vendredi ou samedi ?” “Plutôt samedi.” “Je vous ai pris des places pour le mardi, il restait que ça.” Ah euh, bon, d’accord, merci, on va s’organiser.
  • J’ai fait du tri dans ma vie virtuelle. Peut mieux faire.
  • Bah voilà, à force de traduire des scènes de cul gay (et pas super bien écrites), je me retrouve avec des pubs Instagram pour des figurines “Out collector figures”. Je veux une prime de risque.





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Cuisinons nos livres #17

Ce ne fut pas une mince affaire que de reprendre – la preuve, la semaine dernière était chiche, et celle-ci guère plus avancée. Je m’aperçois qu’avec deux enfants en bas âge, un stock de recettes issues pour certaines des précédents challenges, et des livres de cuisine encore confinés pour quelques semaines, ce n’est pas facile de se renouveler. J’ai toutefois pu tester deux recettes – dont une sur un blog.

Pour commencer, toujours poursuivie par mes envies de pâtisserie, j’ai concocté une torta caprese, d’après une recette italienne dénichée sur le génial site de Sandra K. Avital. Nous n’avons pas été déçus : c’était bon, très fort en chocolat, et nourrissant. Mais surtout bon. Agrémenté de sucre glace, et même si ça aurait mérité une boule de glace vanille, c’était encore meilleur.

Pour rester dans l’inspiration italienne, et parce que j’ai plein de coquilles saint-jacques dans mon congélateur – les poissonniers soldent après les fêtes – j’ai choisi une recette de saint-jacques gratinées au four. Comme d’habitude, j’ai raté la béchamel, mais avec l’accompagnement jambon/champignon (qui sentait bon la pizza), c’était très bon. Alors que je m’attendais à une recette un peu étouffante à la façon des années 70, j’ai eu la bonne surprise de découvrir une nouvelle façon d’accommoder les saint-jacques. La recette est tirée de ma bible, Le meilleur de la cuisine italienne, édité chez Marabout.

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Une semaine… #43

  • Faire une pré-admission sur le site de l’AP-HP est plus compliqué que de le faire le jour même à l’accueil. Bonjour la simplification administrative.
  • Ca y est, les héros ont décidé de conclure. Je suis pas sortie des ronces (et des scènes de cul).
  • Non, j’ai pas bossé, j’ai passé l’après-midi et la soirée à regarder la super série documentaire “Graines d’étoiles” sur le replay d’Arte. Je suis faible.
  • Comment ça Bryan Hymel renonce encore une fois à assurer le rôle principal ? Heureusement que son remplaçant a l’air tout à fait à la hauteur et que je ne suis pas particulièrement fan d’Hymel à l’origine, mais j’espère qu’il sera beaucoup moins programmé les prochaines fois.
  • Je prends mon rôle de Parisienne au sérieux en faisant découvrir Carl Marletti à des amis venus de Brive. On peut donc faire une comparaison avec les gâteaux de Cyril Lignac (et c’est Carl qui l’emporte).
  • Miracle, ma carte de vœux pour Isa est arrivée (10 jours d’attente quand même). J’ai également reçu celle de Giu.
  • Et si pour se détendre après cette semaine compliquée, j’étrennais ma sublime bougie “La flûte enchantée” (parfum rose et cèdre rouge) ?
  • Et j’ai reçu les très belles aquarelles de Milie, qui vont me permettre d’envoyer les dernières cartes (on y croit).
  • Une cousinade géante pour rencontrer le fils de mon cousin – et des merveilleux à tomber





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The Circus Orchestra

Au temps de l’amour courtois, les troubadours n’allaient jamais sans leurs cousins bateleurs et jongleurs… David Greilsammer et la Geneva Camerata saisissent ce prétexte pour nous proposer une folle collaboration avec la compagnie des Objets Volants et cinq de ses épatants circassiens.

Dimanche dernier, j’ai emmené la Crevette assister à ce spectacle en me disait que ça ferait une chouette sortie – et en priant pour que Mademoiselle soit un peu plus attentive qu’à la fin de Casse-Noisette, où clairement elle ne pensait plus qu’aux cadeaux de Noël.
Le spectacle mêle de grands classiques de la musique baroque (interprété par des cordes et un clavecin) avec des numéros de jonglage. Alors que ce n’est pas évident au premier abord, on se rend compte que les jongleurs font tourner leurs accessoires en rythme. Balles, massues, anneaux de tailles diverses, mais aussi balles géantes et même un violon sont prétextes à des numéros qui donnent à montrer la musique. C’est une excellente façon d’illustrer un art qui peut sembler difficile d’accès à des petits.

Deux coups de cœur sont ressortis, un pour les parents, un pour les enfants. Ces derniers ont adoré la séance de mime, où l’un des jongleurs “joue” avec la première violoniste. La salle riait aux éclats, et il faut reconnaître que c’était drôle et bien pensé.
Quant aux grands, ils ont admiré la prouesse consistant, pour les jongleurs, à interpréter “Le premier prélude pour clavier bien tempéré” de Bach en se passant en rythme des tubes de plastique colorés creux qui rendaient chacun une note.
Nous avons passé un excellent moment et, hormis le dernier quart d’heure où la Crevette m’a demandé si c’était bientôt fini, le temps a filé.

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Une semaine… #42

  • Cette nouvelle traduction dans le domaine du M/M (romance gay, généralement écrite par des femmes) promet d’être… dépaysante.
  • On a réservé les vacances en Irlande !
  • Du coup, j’ai rêvé de saumon fumé la nuit suivante, logique.
  • Le mystère des cartes de vœux : j’en ai posté 6, une est arrivée moins de 24h plus tard, une en Belgique au bout de trois jours, deux en province au bout de quatre… et deux sont portées disparues (Isa, si tu me lis…). Au prix de l’affranchissement, ça donne pas envie.
  • L’Anglais est enthousiasmé par le retour du défi Cuisinons nos livres, et a investi dans deux tomes de Gastronogeek.
  • Le mystère des cartes de vœux, suite : j’ai reçu celle de Malena en un temps record (qui n’a pas reçu la mienne), mais celle de Gasparde postée il y a trois semaines erre dans l’espace infini (mais elle a reçu la mienne).
  • Une visite à Necker pour rencontrer une petite puce et ses parents.
  • C’est vendredi, c’est Carl Marletti !
  • “Ca se dit “mouiller” dans un contexte érotique ?” “De la bite ou du cul?” Amis de la poésie, vous allez être servis dans les semaines qui viennent.
  • C’est pas “Paprika” que j’aurais dû le surnommer mais “Champignon radioactif” vu la vitesse à laquelle il grandit.
  • Ma voisine du dessus : “Vous seriez pas apparentée à R.?”
    “Pensez-vous, c’est ma sœur.”
    “Oh, on était dans la même promo en école d’ingé !”
  • L’Anglais a passé pas loin de 12h à photographier la manif des gilets jaunes. J’avoue que je ne suis pas mécontente de le voir rentrer.
  • Concert au Théâtre des Champs-Elysées avec la Crevette le matin, concert à la Philharmonie de Paris avec Cha l’après-midi. Ca, c’était une journée musicale.
  • Soit j’abats les corvées ménagères, soit je m’écroule avant le retour de Monsieur et des enfants. Bah voilà, la cuisine est à peu près rangée.





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Cuisinons nos livres #16

Grâce à Sunalee, le challenge cuisine est ressuscité ! Après une année 2017 anémique et une année blanche en 2018, j’espère pouvoir m’investir davantage. En plus, dans quelques semaines, on remonte les caisses de livres et je vais récupérer tous mes bouquins de cuisine enfermés depuis deux ans. J’ai hâte !

On a commencé tranquillement cette semaine avec un irish stew (ragoût irlandais à l’agneau et aux légumes). Ce n’est pas vraiment une nouveauté, j’en fais fréquemment. La recette est tirée du livre God save the cook, qui propose un aperçu de la cuisine d’Outre-Manche.

Dimanche, les saint-jacques étaient en promotion au marché, et lundi soir j’ai préparé une soupe de chou-fleur accompagnée de coquilles poêlées, d’après une idée trouvée dans The Scandinavian cookbook. Fait amusant : je prépare la soupe de chou-fleur depuis quelques années d’après une autre recette, mais les deux étaient quasiment identiques. L’association chou-fleur / coquille saint-jacques était bonne, sans être transcendante.


Enfin, l’Anglais, émoustillé par la reprise du challenge, a acheté deux nouveaux livres de cuisine : Gastronogeek séries culte et Geek & Pastry, deux ouvrages de Thibaud Villanova, qui n’en finit plus de décliner son concept.

Après pas mal d’hésitations, et parce que j’avais envie de faire de la pâtisserie, j’ai choisi les jammie dodgers de Doctor Who, soit des biscuits sandwich à la confiture de fraise. Je pense que la recette est erronée : tout allait très bien jusqu’à ce que j’ajoute le lait, mais la pâte est ensuite devenue impossible à travailler. Au bout d’une heure de réfrigération (on est censé pouvoir l’abaisser tout de suite), elle était encore liquide… En désespoir de cause, j’ai tout transféré dans un moule à manqué. Le résultat n’est pas désagréable : un gâteau biscuité au goût d’amande et de beurre qui évoque fortement le financier, mais sans être franchement intéressant. Il faudra réessayer sans le lait, à l’occasion.

Cette première semaine est donc en demi-teinte. Je n’ai pas encore d’idées pour la semaine à venir, tout dépendra de mon énergie et des courses du week-end !

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Peau d’Ane

La confection du cake d’amour par Catherine Deneuve dans le film réalisé par Jacques Demy est une scène délicieuse. Dans le gâteau destiné au prince, Peau d’âne glisse sa bague, indice qui la libérera de sa triste peau.
Peau d’âne fut le plus grand succès public de la carrière de Jacques Demy. Sorti en décembre 1970, le film séduisit le public par le raffinement de la mise en scène, la féerie des décors et des costumes, l’époustouflant casting (Catherine Deneuve, Jean Marais, Jacques Perrin, Delphine Seyrig, Micheline Presle) et les mélodies de Michel Legrand.
Aujourd’hui, le film est adapté pour la scène au Théâtre Marigny.


Si je dois une chose à la deuxième ex-épouse de mon père, c’est mon amour pour deux films emblématiques : La Belle et la Bête, de Jean Cocteau, et le célèbre Peau d’Âne de Jacques Demy. J’ai découvert ces deux films vers 7-8 ans, et ils m’ont depuis toujours accompagnée. Aussi, lorsque ma sœur et moi avons appris l’existence de cette adaptation, nous avons décidé d’y aller ensemble pour revivre notre enfance.
Est-ce que ça valait le coup ? Oui, oui et oui !

La pièce reprend très fidèlement le film, coupant une ou deux répliques ça et là, mais tout juste. La mise en scène est inventive, les acteurs du chœur déplaçant les éléments mouvants du décor avec fluidité. J’ai également beaucoup apprécié le rideau en chaînettes qui ajoute par moments une dimension onirique, ainsi que la feuillée (ornée ou non de lilas) qui descend pour représenter la forêt.
L’intelligence du spectacle est de conserver les anachronismes du film, en les adaptant à notre époque : le fée des Lilas décroche le téléphone et fait du patin à roulettes, l’équipage qui doit emmener Peau d’Âne dans le royaume rouge est en réalité une trottinette… une belle inventivité qui reste dans l’esprit de l’oeuvre originelle.
La chanson “Rêves secrets d’un prince et d’une princesse” se démarque, mais de façon positive : le rêve est symbolisé d’une manière différente (qui n’est pas sans rappeler la scène du balcon dans le Cyrano de Bergerac de Denis Podalydès…).

Les costumes sont époustouflants, sans être une simple copie de ceux du film. Les codes (bleu pour le royaume de Peau d’Âne, rouge pour celui du Prince et violet pour la fée des Lilas) sont respectés et réinventés. J’avoue être seulement dubitative pour la robe couleur du temps (qui était impossible à recréer vu que, pour le film, l’équipe a projeté des images de ciel sur la tenue de Catherine Deneuve), mais c’est peut-être juste une question de goût.

Quant aux acteurs-chanteurs, ils sont excellents. Marie Oppert, dans le rôle-titre, est incroyable. Elle apporte une enthousiasme, une justesse, une fraîcheur au personnage de Peau d’Ane, en faisant une jeune fille moins sage qu’on ne pourrait croire. Ce fut un vrai coup de coeur.
A mentionner également, Emma Kate Nelson en fée des Lilas qui, avec son accent anglais, apporte une touche de fantaisie supplémentaire (et qui chante remarquablement bien), et souligne davantage le côté “peste” de la fée.
En revanche, j’avoue que recruter Claire Chazal en narratrice/Rose était une mauvaise idée : je n’avais jamais remarqué qu’elle avait un tel cheveu sur la langue et qu’elle mangeait autant ses mots. C’est dommage, une véritable actrice aurait sans doute été plus indiquée. Par ailleurs, même si j’ai apprécié de voir Marie-Agnès Gillot, je pense que le petit pas de danse en plein dialogue avec son fils était parfaitement inutile.

Vous l’aurez compris, malgré ces petits bémols, j’ai été enchantée. Nous avons passé un moment génial qui nous a ramenées près de trente ans en arrière, quand nous étions deux petites filles rêvant d’être des princesses (je pense d’ailleurs que le spectacle est accessible à partir de 6-7 ans).
En plus, la représentation s’achève en karaoké géant sur la recette du cake d’amour. Il n’y a plus qu’à trouver la bague !

Peau d’Âne, féerie musicale, Théâtre Marigny, jusqu’au 17 février 2019.

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