10 Things I liked this week #168-169

Oui, j’ai zappé la semaine dernière. Je ne sais pas encore combien de temps je vais maintenir mon récapitulatif du dimanche soir sous cette forme, car elle me paraît de plus en plus artificielle, surtout les semaines où il ne se passe pas grand-chose dans ma vie…  Allez, je vous présente quand même un petit condensé des quinze derniers jours.

  • J’ai pris mon abonnement à l’Opéra de Paris pour la saison 2018-2019. J’ai pas mal galéré, il a fallu demander au compagnon de Leen de payer pour nous parce que ma carte ne passait pas, mais c’est fait ! Depuis, Leen a même reçu nos billets.
  • Déprimée par les 10 jours sans nounou (et donc les 10 jours à ne pas pouvoir bosser), j’ai cédé aux sirènes de C.euh et suis venue la voir (avec les enfants) pour un petit week-end à Toulouse. Au programme : foie gras, vin, boeuf maturé, crêpes, pompiers, saint-honoré et glandouille. En revanche, je ne referai pas tout de suite deux fois 4 heures de TGV seule avec deux gamins dont un d’à peine 4 mois.
  • La nouvelle saison de Top Chef a débuté !
  • Je suis allée chez l’ostéopathe, et ça ne m’a pas fait de mal. Je suis coincée de partout (je le sais depuis longtemps), et on a commencé à travailler en profondeur. En tout cas, ça m’a fait du bien.
  • Il a neigé ! Ouais, je sais, c’était pourri dans les transports et sur les routes, mais n’étant pas (trop) concernée, j’ai pu en profiter et, surtout, profiter de la joie de la Crevette qui était ravie.
  • Sur un coup de tête, j’ai entraîné Monsieur pour un shooting dans la neige en tenue 13è (pendant que les enfants dormaient #parentsindignes). Si j’en crois les réactions sur Facebook, le résultat a plu.
  • J’ai déjeuné avec des amis que je n’avais pas vus depuis longtemps. On a pas mal discuté et j’ai fait la connaissance de leur fils, alias Baby O, né très peu de temps après le Paprika.
  • Deux amis de classe de la Crevette sont venus prendre le goûter avec leur mère, ce qui nous a permis d’avoir une discussion intéressante entre adultes pendant que les enfants s’occupaient.
  • On a rangé le salon : on a dégagé des trucs qui traînaient depuis le passage des désinsectiseurs, trié des papiers en souffrance, accroché diverses choses qui patientaient depuis (trop) longtemps… On avait oublié à quel point le salon était vaste, dites donc.
  • On a passé une partie du week-end à regarder les JO. C’est un des rares moments où la télévision est allumée en journée, mais on profite.
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Saison 2018-2019 à l’Opéra de Paris

Le programme avait fuité il y a une quinzaine de jours, et nous avions commencé à le consulter fébrilement. Puis la soirée de présentation sur Facebook (modernité !) avait permis d’écouter quelques grandes voix qui seront à l’affiche l’an prochain, et d’avoir un aperçu de la vision créatrice de certains chanteurs / musiciens / danseurs / metteurs en scène. Enfin, les réservations ont ouvert mardi. Et hier soir, Leen et moi étions scotchées à mon ordinateur pour programmer notre prochaine saison à l’Opéra.

Non sans mal (3D Secure a refusé à trois reprises de valider mon paiement…), nous avons choisi un abonnement Champ Libre (en gros, on choisit ce qu’on veut, avec un minimum de quatre spectacles). Il nous fallait au moins 6 spectacles pour déclencher la réduction de 10% et, prises de folie, nous en avons choisi 7 (cinq opéras et deux ballets).

Opéra

  • Les Huguenots, de Giacomo Meyerbeer. Nouvelle production, casting à un millier d’étoiles (Diana Damrau, Bryan Hymel, Ermonela Jaho, Karine Deshayes, Florent Sempey, Paul Gay…). C’est une oeuvre assez rarement montée, et que je voulais voir depuis longtemps.
  • Simon Boccanegra, de Giuseppe Verdi. Cela fait quelques temps que nous n’avons pas entendu du Verdi, et celui-ci s’annonce prometteur, avec Ludovic Tézier dans le rôle-titre (fangirl un jour, fangirl toujours).
  • Il primo omicidio, Alessandro Scarlatti. Musique baroque dirigée par René Jacobs, opéra rare, entrée au répertoire… Si le résultat est aussi génial que pour Eliogabalo, on va en prendre plein les yeux et les oreilles.
  • Les Troyens, Hector Berlioz. Là encore, un casting de fou, un metteur en scène qui peut être génial (La Fille de neige) ou moyennement inspiré (Iolanta/Casse-Noisette), et Berlioz, dont je n’ai jamais vu une seule oeuvre.
  • Don Giovanni, Wolfgang Amadeus Mozart. Un immense classique que je n’ai jamais vu, dans une nouvelle production. Là encore, de grandes voix et une direction musicale qui promet de beaux moments.

Ballet

  • Martha Graham Dance Company. J’avoue, c’est mon moment snob. Je suis une bille en danse contemporaine, mais Aurélie Dupont (#lapatronne) a été invitée à se produire sur scène avec eux, ça vaudra le coup d’œil.
  • Cendrillon, chorégraphié par Noureev. Un ballet classique en tutus multicolores pour la fin de l’année, ce sera parfait.

Il y aura peut-être (sans doute ?) d’autres spectacles au programme, d’autant qu’une partie de la saison 2019-2020 a déjà été dévoilée. J’envisage tout particulièrement d’emmener la Crevette voir Le Lac des cygnes au printemps prochain. Si j’avais pu choisir un ballet classique moins tragique je l’aurais fait, mais elle risque d’être encore un poil trop jeune pour Cendrillon. A voir.

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Cold winter challenge : le bilan

Début décembre, je m’étais lancée avec plaisir dans ce défi que j’avais vu passer sur les réseaux sociaux, à la fois parce que j’aimais l’idée d’assortir mes lectures à la saison, mais aussi parce que j’espérais secrètement pouvoir faire baisser ma PAL. Presque deux mois plus tard, voici mon bilan.

Il y avait quatre catégories : livre en lien avec Noël, livre de nature writing ou littérature de voyage, livre de fantasy et un polar/thriller se déroulant en hiver. Si j’avais de quoi remplir les trois premières, la dernière catégorie m’apparaissait dès le départ comme inabordable, vu que je ne lis quasiment pas de polars ou de thrillers.

J’avais retenu deux types de livres : ceux qui correspondaient exactement à une catégorie (6 livres), et ceux qui avaient un rapport, de près ou de loin, à l’hiver, au froid et/ou à Noël (3 livres).
Si j’ai débuté sur les chapeaux de roues, abattant trois livres en deux semaines, la suite a été plus chaotique : les vacances de Noël et leur bon vieux syndrome grippal ont mis un net coup d’arrêt à ma progression, tandis que les diverses absences pour maladie de la nounou et la reprise du travail ont sérieusement écorné le temps dont je disposais.

Au final, j’ai lu quatre livres de la première sélection, un de la seconde sélection, et une nouvelle qui pourrait rentrer dans la catégorie “Magie de Noël”. Petit résumé et impressions.

Magie de Noël – J’avais prévu de relire Christmas Eve at Friday Harbor pendant les vacances de Noël. Vacances que j’ai essentiellement passées sous la couette, à souffrir plus ou moins en silence de ma pseudo-grippe. Autant dire que c’est raté.
En revanche, j’ai lu une nouvelle, Lighting the flames, de Sarah Wendell. Il s’agit d’une romance de Hanouka, qui se déroule dans l’état de New York : il y a donc beaucoup de neige et une ambiance relativement festive. Bon, en revanche, je dois avouer que mis à part l’aspect un peu “exotique”, je me suis un peu ennuyée.

Flocons magiques – Un seul titre, mais qui cochait à la fois la case “fantasy” et celle “hiver”, The Winter King, de C. L. Wilson. C’est une romance qui se déroule dans un univers med-fan, et qui a réussi à me réconcilier avec la fantasy. L’intrigue est dense, l’univers très cohérent, les personnages attachants et profonds, et l’histoire d’amour est parfaitement crédible. Je recommande aux amatrices du genre.

Marcher dans la neige – C’est la catégorie que j’ai le plus remplie, avec trois titres.
J’ai donc lu Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson. Si l’ambiance “solitaire dans une cabane” m’a beaucoup plu, j’ai un peu regretté le style parfois ampoulé de Tesson, qui plonge un peu trop dans l’introspection intellectualiste. Mais globalement, ce livre m’a laissé une bonne impression, et je lirai sans doute d’autres ouvrages de cet auteur.
Puis je me suis attaquée à La mer des Cosmonautes, de Cédric Gras (un copain de Tesson), qui a accompagné une expédition polaire russe. Le récit est court, intéressant, en particulier lorsqu’il retrace l’histoire de la conquête du pôle sud et celle des poliarniks. Néanmoins, la plume de Cédric Gras est moins agréable que celle de Tesson et, surtout, on sent la déception qui a résulté de ce voyage.
Enfin, j’ai lu avec beaucoup de plaisir Berezina.

Stalactites ensanglantées – Comme prévu, et sans surprise, aucune lecture dans cette catégorie. J’aurais bien fait une tentative avec un Agatha Christie, mais grippe, vacances de Noël, tout ça.

Hors catégorie – La nuit la neige, de Claude Pujade-Renaud. Je ne reviendrai pas dessus parce que je me suis largement étendue sur le sujet dans un article. En tout cas il y avait de la neige (plein), et du froid (plein aussi).

En conclusion, ce challenge a été un vrai plaisir. J’avais du mal à lire depuis cet été (étrangement…), et cela m’a remis le pied à l’étrier. Je me suis rendu compte que j’arrivais de nouveau à me perdre dans un livre, à m’absorber dans un univers, à me passionner pour un style. Et puis, lire en fonction de la saison n’est pas désagréable, si bien que je me demande si on ne pourrait pas faire de même autour du printemps (et de Pâques), de l’été et de l’automne (avec la rentrée des classes).

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Jephta

Alors que les Hébreux se sont détournés du Dieu unique, Jephta, né d’une prostituée et chassé par ses frères, et rappelé par l’un d’entre eux afin de prendre la tête des armées et affronter les Ammonites. Celui-ci accepte, en échange du pouvoir. La veille de la bataille, il fait le voeu de sacrifier à Yahvé le premier être qui viendra à sa rencontre à son retour s’il l’emporte. Après la victoire, Jephta est accueilli par sa fille, Iphis…

Vous l’aurez compris, l’argument de cet oratorio – une oeuvre lyrique qui n’est normalement pas conçue pour la mise en scène –  composé par Haendel, est à la fois biblique et pas très marrant. L’Opéra de Paris a néanmoins choisi d’en présenter une version mise en scène (c’est plus vendeur, l’oeuvre dure quand même 3 heures) par Claus Guth et dirigée par William Christie * insérer ici un cri de fan hystérique *

On y allait avant tout pour écouter de la musique baroque interprétée par Les Arts Florissants et, aussi, un peu, pour les solistes. De ce point de vue, c’était parfaitement à la hauteur : la direction musicale était parfaite, la composition magnifique, les chœurs, les airs et les récitatifs parfaitement interprétés. J’avoue avoir eu une petite interrogation sur Ian Bostridge, interprète du rôle principal, car il a semblé hésiter au début. Difficulté de la partition ? Voix encore trop froide ? Mystère, mais il s’est bien rattrapé.
Nous avons été soufflées par Tim Mead, contre-ténor, dans le rôle de Hamor, fiancé d’Iphis. Une interprétation sublime, portée à la fois par une grande voix et un jeu extrêmement touchant. De même, Katherine Watson, en Iphis, était impressionnante, et ce d’autant plus qu’elle était enceinte : je suis admirative de l’énergie qu’elle a mise dans ce rôle ô combien difficile et de la facilité avec laquelle elle a paru se glisser dans la peau de son personnage. Bon, ça a donné lieu à quelques moments WTF, quand on insistait sur la pureté et la chasteté de la jeune fille (Immaculée Conception, bonjour !).

Côté mise en scène, les photos qui avaient fuité sur les réseaux sociaux m’incitaient un peu beaucoup à la retenue : je craignais fort une atmosphère  lourde, voire étouffante, et une ambiance à se tirer une balle. Et puis bon, Claus Guth n’est pas le dernier à faire polémique, avec notamment une version de La Bohême dans l’espace qui a fait couler beaucoup d’encre.
Pourtant, j’avoue avoir été agréablement surprise. Reprenant la première phrase du livret, “It must be so”, le metteur en scène déroule l’implacabilité du destin et faisant régulièrement apparaître ces mots en mouvement dans le théâtre. Au-delà de la présence physique qui aide à ancrer l’idée d’inéluctabilité, il y avait d’excellentes trouvailles : le dédoublement d’Iphis, incarnée à la fois par la chanteuse et par une danseuse, l’une interprétant le personnage “réel”, l’autre telle que sa mère la distingue dans ses visions. Les “flashs”, sortes de scènes courtes et muettes présentées au début des actes I et II, permettent de revenir sur les événements passés (les origines de Jephta, la bataille contre les Ammonites) sans surcharger la mise en scène. En outre, le recours à des danseurs pour interpréter les soldats donne lieu à des chorégraphies intéressantes.
Je suis un peu plus dubitative sur le recours au sang de façon systématique pour annoncer le malheur à venir : une fois, oui ; deux fois, pourquoi pas ; au-delà, ça devient redondant. De même, j’ai eu un mini fou rire lors d’une scène qui avait de sacrés relents de Walking Dead ! Néanmoins, j’ai trouvé le tout globalement inspiré, et cela n’a pas gâché mon plaisir, bien au contraire.

Jeptha, Georg Friedrich Haendel, Palais Garnier, jusqu’au 30 janvier

 

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10 Things I liked this week #167

Ce fut une semaine… rageante, dirons-nous. J’avais prévu de me lancer à fond dans la traduction après m’être laissée vivre début janvier, mais l’univers en a décidé autrement. Lundi, la Crevette était claquée et malade et je l’ai gardée à la maison, jeudi, j’ai fait une visite d’urgence chez le pédiatre pour un soupçon de gastro chez le Paprika (fausse alerte), et vendredi, la nounou m’a achevée en m’annonçant qu’elle était arrêtée jusqu’au 5 février. Adieu veau, vache, cochon et semaines de boulot. Néanmoins, je vais essayer de me concentrer sur le positif.

  • Les cartes de voeux ont continué à arriver à la maison. Je pense d’ailleurs pouvoir m’excuser publiquement ici même : cette année, les cartes de voeux risquent de ne pas passer par moi.
  • J’ai pu Skyper avec mon père, malgré un écran strié de vert et de violet du plus bel effet.
  • Mercredi, une belle soirée à l’opéra avec Leen ! Promis, je vous en reparle la semaine prochaine.
  • Après pas mal d’échanges avec le service concerné (dont un particulièrement ubuesque…), la mairie a révisé notre quotient familial en prenant en compte la naissance du Paprika. Une fois les déductions faites sur octobre, novembre et décembre, nous avons gagné… un peu moins de 5€, youpi.
  • Suite à des annonces dans le milieu de l’édition, Isa a pris quelques minutes pour prendre de mes nouvelles. Un jour, on arrivera à se caler un vrai coup de fil.
  • Samedi, nous étions invités à la fête de la galette à l’école de la Crevette : chaque classe recevait les parents pour une dégustation et un mini-spectacle de chansons (auquel Mademoiselle a catégoriquement refusé de participer, y’avait trop de monde). C’était très sympa et ça nous a aussi permis de rencontrer d’autres parents.
  • L’après-midi, P & L sont venus à la maison pour le goûter. Les filles ont couru partout en hurlant de rire, pendant que les garçons se sont observés. L’avantage, c’est que je n’ai eu aucun souci à coucher tout le monde le soir.
  • Pour faire plaisir à la Crevette, on est allés chercher un McDo pour le dîner de ce soir. C’est pas à refaire toutes les semaines, mais comme dirait Mademoiselle : “On mange en famille” (ce qui arrive très rarement le soir).
  • Après la soirée de samedi dernier, Malena nous a carrément envoyé des petites cartes de remerciement hyper mignonnes, assorties au thème de la fête. La classe.
  • J’ai participé à une nouvelle campagne de financement participatif, cette fois-ci pour la marque Le mouton à soie, qui propose des vêtements équitables en laine et soie. Ca peut surprendre, mais pour moi qui ai toujours froid, c’est extrêmement tentant (et regardez-moi ce bleu !).
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Berezina

“Il y a deux siècles, des mecs rêvaient d’autre chose que du haut-débit. Ils étaient prêts à mourir pour voir scintiller les bulbes de Moscou”. Tout commence en 2012 : Sylvain Tesson décide de commémorer à sa façon le bicentenaire de la retraite de Russie. Refaire avec ses amis le périple de la Grande Armée, en side-car ! De Moscou aux Invalides, plus de quatre mille kilomètres d’aventures attendent ces grognards contemporains.


J’ai découvert Sylvain Tesson en lisant Dans les forêts de Sibérie à l’occasion du Cold Winter Challenge (j’y reviendrai bientôt). Si son introspection m’avait parfois agacée, j’en ai eu une suffisamment bonne impression pour lire ce deuxième ouvrage, consacré à un projet un peu fou en lien avec les commémorations napoléoniennes. En réalité, j’avais offert Berezina dans l’édition avec les photos de Thomas Goisque à l’Anglais l’an dernier, et je me suis dit que c’était l’occasion.

Sylvain Tesson a un talent essentiel pour un auteur de livres de voyages : il sait écrire et captiver son lecteur. Son style est généralement inspiré, souvent drôle, que ce soit par ses réflexions ou par son autodérision. Et dans cette aventure, il fallait sans doute avoir le sens de l’humour solidement accroché, tant on sent le froid mordre les motards, la boue, la neige et le vent se déchaîner contre eux, la mécanique lâcher sournoisement… L’auteur sait nous faire rire de ses petits malheurs, mais partage également ses réflexions sur la retraite de Russie, ajoutant au passage quelques précisions historiques bienvenues. Vous apprendrez notamment que dire “C’est la Berezina” pour dire “C’est l’Apocalypse” est très surfait (je plaide coupable, j’aime beaucoup cette expression même si elle est galvaudée).
Les voyageurs ont eu le mérite de se plonger dans les mémoires de l’époque sur cet épisode si peu glorieux de la Grande Armée, et le livre est parsemé de références. Ajoutez à cela de très belles photos des paysages traversés, et vous aurez un ouvrage qui aura le don de vous transporter sans bouger de chez vous. J’ai beaucoup apprécié ma lecture, davantage que Dans les forêts de Sibérie, probablement parce que, l’auteur étant en mouvement, il se livre moins à l’introspection. Une lecture divertissante et dépaysante.

Berezina, Sylvain Tesson et Thomas Goisque, Gallimard

2018 Reading Challenge : A book with two authors

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10 Things I liked this week #166

La semaine a été très chargée, j’ai beaucoup bougé, mais avec comme bonus d’avoir explosé le nombre de kilomètres parcourus (plus de 10 la seule journée de vendredi). Ce fut également la semaine de réelle reprise du travail, et je l’ai senti passer ! Ajoutez à cela des journées à rallonge avec les enfants, et je clôture ce dimanche sur les rotules.

  • Lundi, devant la montagne à gravir (= ma nouvelle trad), je décide immédiatement de… ranger la table basse du salon. Et de nettoyer le lavabo. Et de passer l’aspirateur. Dans la bataille, je réussis à perdre mon Ajax Vitres (retrouvé 5 jours plus tard). J’ai pas traduit une ligne, mais la maison est un poil plus propre.
  • J’ai réussi à déjeuner avec ma soeur pour la dernière fois avant son départ de chez notre employeur. Ca me fait bizarre, parce qu’on était collègues depuis 7 ans, mine de rien. Mais je suis contente pour elle.
  • Dans un contexte un peu particulier, j’ai repris contact avec un ami perdu de vue depuis un long moment, et je crois pouvoir dire que nous allons pouvoir retisser les liens.
  • Mercredi, je teste cette recette de Tasty Japan. Tellement approuvée qu’on la refait samedi midi.
  • Vendredi, je parviens à déjeuner entre deux portes avec l’Anglais – on a même trouvé le temps de faire des mini-soldes pour les enfants.
  • Plus tard dans la journée, je retrouve Shermane et Elanor pour un (rapide) teatime chez TeaThéTcha. C’est trop court, mais c’était bien !
  • Samedi, ma mère emmène la Crevette pour un bout de week-end. Même si nous avons toujours le Paprika avec nous, le rythme est beaucoup plus “calme”, et nous faisons la sieste par roulement.
  • Le soir, nous retrouvons Shermane, son compagnon et Elanor à la soirée d’anniversaire de Malena. On ne reste pas tard à cause de l’emploi du temps démentiel du dimanche, mais on trouve le moyen de discuter et de fêter dignement l’événement.
  • Je me suis inscrite sur GoodReads. A cause de l’effet d’entraînement, j’ai fini trois bouquins dans la semaine.
  • J’ai reçu mes dessins commandés auprès de Guillaume Long et Diglee, provoquant force jalousie sur Instagram : le “A” du calendrier de l’Avent et deux sérigraphies inspirées par des poétesses. Chaque envoi est accompagné d’un petit mot gentil de l’auteur.
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Le quizz des autres possibles

A mon tour de reprendre à mon compte ce questionnaire d’Armalite. Intéressant à plein de titres, car je me demande si j’aurais vraiment orienté ma vie de cette façon. Vous pouvez également retrouver les participations de Shermane, titite et Isabelle.

Le prénom que vous auriez voulu porter: Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’adore mon prénom, et n’en ai jamais désiré d’autre. Ce n’est pas forcément mon prénom préféré (qui est certainement celui que j’ai donné à ma fille), mais on s’en rapproche.
L’époque à laquelle vous auriez aimé naître: Là, comme ça, je pourrais en citer plein : l’Antiquité romaine, le 13ème siècle, la Renaissance, le Second Empire… mais au sein d’une classe de la société assez aisée pour ne pas mourir de faim / froid au premier coup de vent. Sauf que c’est de la théorie : en tant que femme, issue d’un mariage mixte, je n’aurais que peu de poids dans la société. Et puis vivre à une époque où on peut mourir d’un rhume mal soigné, sans antibiotiques ni vaccins, très peu pour moi. Oui, parce que, j’ai calculé, j’aurais pu perdre mes enfants au moins une fois chacun s’ils étaient nés ailleurs et/ou à une autre époque.
L’endroit où vous auriez aimé vivre: Kyôto ou Sotckholm.
Le métier que vous vouliez faire quand vous étiez petit(e): Horticultrice (ne me demandez pas, moi-même j’essaie de comprendre), archéologue, hôtesse de l’air. Et romancière, lol.
Le métier que vous aimeriez faire si vous aviez une deuxième vie d’adulte: Médecin, probablement spécialisée dans les maladies infectieuses et tropicales. Ce qui est mal barré vu que je suis d’une nullité crasse en sciences.
Le talent artistique que vous auriez aimé posséder: Savoir composer de la musique ou écrire de la poésie. Ce sont deux formes d’expression qui me fascinent mais que je suis incapable de concevoir.
Le sport dans lequel vous auriez aimé exceller: L’équitation. J’ai un peu pratiqué, mais pas assez longtemps pour avoir un niveau satisfaisant. Aujourd’hui, je dois savoir préparer et seller un cheval, et monter sans me faire mal, mais c’est le bout du monde.
La qualité que vous regrettez de ne pas avoir: Le bon esprit. Non seulement j’ai un côté langue de vipère qui s’assume plus ou moins, mais en plus je me vexe facilement. Y’a des jours où je me fatigue.
Le défaut dont vous vous débarrasseriez volontiers d’un claquement de doigts: Mon impatience. J’aimerais que tout soit fait pour hier, en trois exemplaires par la voie hiérarchique, et les chaussettes dans le tiroir de gauche, merci, bisous.
Ce que vous changeriez le plus volontiers dans votre physique: Bonne question… Je dirais bien mes cuisses, que je trouve trop replètes et mollassonnes, mais j’ai globalement fait la paix avec mon corps (j’entends l’Anglais qui se marre). Bien sûr, je pourrais toujours être plus ceci ou moins cela, mais je pense que j’ai cessé de me focaliser dessus.
Le super-pouvoir que vous rêveriez de vous découvrir: Quand on me pose cette question, je repense invariablement à cette note de Boulet, sur les inconvénients des super-pouvoirs, et que je trouve extrêmement pertinente. En vrai, je n’en ai aucune idée, ça me passe au-dessus.

Le truc auquel vous avez renoncé à regret: Retourner vivre au Japon à une époque de ma vie. Je ne dis pas que la porte est totalement fermée, mais ce n’est clairement plus la priorité, pour plein de raisons différentes.

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10 Things I liked this week #165

Ce fut une semaine de liberté – la Crevette a repris l’école et le Paprika fait désormais des journées complètes chez la nounou – mais aussi de course contre la montre – allez gérer un rendez-vous chez le psy (avec les contraintes de train), une sortie d’école, un cours au centre socio-culturel, la sortie de la nounou pour être de retour à la maison à 18h10… J’en sors crevée mais ravie, parce que j’ai commencé à me retrouver avec moi-même et que ça me manquait. Voici les meilleurs moments.

  • Mardi, reprise de la natation après six mois d’interruption et un accouchement. Je n’ai pas coulé à pic au fond du bassin, j’ai serré les dents et tenu le coup pendant toute l’heure, mais j’ai eu le souffle court en permanence et j’ai mal partout dans les bras et les épaules.
  • J’ai appris que ma prochaine traduction s’annonçait moins chiante et moins gore que ce que je redoutais, et que c’était même un coup de coeur pour les fans de la série. Joie.
  • Jeudi, je me suis autorisé une sortie au cinéma, pour aller voir L’échange des princesses. J’ai passé un bon moment toute seule et, surtout, j’en ai pris plein les yeux.
  • J’ai ensuite retrouvé Shermane pour une rapide pause dessert chez Toraya. L’occasion de goûter leur délicieuse galette des rois : brioche farine de blé/farine de maïs, fourrage aux haricots rouges, c’était parfait. Et puis je suis repartie avec des wagashi car je suis faible.
  • Vendredi, nous avons dîné avec des amis autour d’un repas un peu improvisé. On a bu du champagne pour célébrer les naissances récentes, et discuté de plein de choses, c’était très agréable. Et comme on a raté le dernier train, j’ai comptabilisé près de 10 kilomètres de marche à pied dans la journée.
  • Samedi, nous étions invités chez des copains d’école de la Crevette pour une galette (frangipane au chocolat, ça tue). On a passé un super moment, fait connaissance avec la maman, pendant que Mademoiselle jouait avec les jumeaux, et pris trois kilos en deux heures.
  • Juste après, H & C, que nous n’avions pas pu voir la veille, sont venus prendre l’apéro pour rencontrer le Paprika. Au passage, tout le monde a eu droit à un petit cadeau de naissance, et on s’est (encore) empiffrés.
  • Pendant la semaine, de nouvelles cartes de voeux sont venues s’ajouter à celles reçues en début de mois. Je vous réponds dès que je peux, merci <3
  • Ce matin, par un miracle que je ne m’explique pas, les haut-parleurs de mon ordinateur portable tout neuf, que je pensais grillés après un incident à base de thé renversé il y a deux mois, se sont remis en route sans crier gare. Mon ordinateur se régénère, ça fout la trouille (ou alors, comme le suggère Armalite, il a séché, mais c’est moins drôle).
  • J’ai reçu ma commande Lindy Bop et je suis déjà amoureuse de ma nouvelle jupe.
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La nuit la neige

Décembre 1714, à Jadraque (Espagne), Anne-Marie des Ursins, depuis vingt ans au service du roi Philippe V d’Espagne, vient à la rencontre d’Elisabeth Farnèse, duchesse de Parme, dans quelques jours la nouvelle épouse du souverain. Que se passe-t-il durant cette entrevue si brève ? Brutalement, Anne-Marie des Ursins est congédiée par la future reine d’Espagne, et aussitôt conduite sur le chemin de l’exil.
Bien des mois, bien des années plus tard, les deux femmes – qui désormais ne se croiseront plus – continuent de passer au tamis de leur mémoire cette décisive nuit de Jadraque. Et les récits s’entrelacent, tissant peu à peu l’Histoire de près d’un siècle de rivalités des Habsbourg et des Bourbons en terre d’Espagne, à travers les alliances, les enfantements, les combinaisons les plus intimes et les plus “domestiques” de la politique.


J’avais déjà lu un ouvrage de Claude Pujade-Renaud – Dans l’ombre de la lumière, pour celles et ceux qui voudraient lire un roman historique se déroulant pendant l’Antiquité – et j’avais été happée par ce récit. Aussi, lorsque j’ai vu des dizaines d’exemplaires d’autres romans et nouvelles de l’auteure au Salon du Livre, n’ai-je guère hésité, et mon choix s’est porté sur cet ouvrage en raison de la période abordée.

Claude Pujade-Renaud a une plume incroyable. Elle intercale les récits à la première personne de chaque témoin de l’époque, prêtant une voix particulière à chacun des sept ou huit protagonistes qui s’expriment. Elle parvient à trouver un ton juste pour une femme de chambre, un abbé de cour, une petite princesse (la fameuse Marie-Anne Victoire du film L’échange des princesses)…
Pratiquant le retour en arrière avec un art consommé, la romancière nous plonge dans le flux de conscience de ses personnages, qui sautent parfois d’un détail à un autre, qui évoquent un souvenir suscité par un objet, une tâche ou un autre souvenir, qui nous livrent ce qu’ils ont de plus intime. Et en entremêlant toutes ces voix, tous ces témoignages, elle parvient à bâtir une oeuvre qui n’évoque plus seulement l’événement de Jadraque, mais plus largement les femmes et leur rapport au pouvoir et la façon dont elles s’en emparent et peuvent en être punies ou récompensées.

Enfin, ce roman est extrêmement bien documenté et se fonde sur des bases historiques très solides, donnant du corps aux intrigues et aux retournements politiques, apportant les éclaircissements nécessaires à la difficile question de la succession d’Espagne au 17ème siècle.

Vous l’aurez compris, cette lecture a été un coup de coeur de bout en bout, et a confirmé mes soupçons : Claude Pujade-Renaud risque fort de devenir mon auteur contemporain préféré !

La nuit la neige, Claude Pujade-Renaud, Babel

2018 Reading challenge : a book with a weather element in the title

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