Vacance

Non, je n’ai pas fait de faute d’orthographe. Après l’espèce de surcharge mentale de ces derniers mois, qui s’est notamment concrétisée par l’arrêt de mon roman, j’éprouve le besoin, la nécessité de faire le vide dans ma tête. Prendre des vacances de moi-même. Voilà qui ne sera pas aisé.

J’ai une vie intérieure très – trop ? – riche. Il se passe toujours quelque chose, il y a toujours un bruit de fond (de la musique, des pensées plus ou moins parasites, voire une sorte de voix off qui raconte ce que je suis en train de vivre). Il est d’ailleurs fréquent que je me raconte des histoires pour m’endormir (c’est souvent ainsi que naissent les scènes de mes romans).
Mais parfois, je pense à un milliard de choses en même temps. Je fais ma liste de courses tout en traduisant un texte tandis que mon cerveau me chante un truc plus ou moins débile et qu’une scène impromptue apparaît dans un autre coin de ma tête. Franchement, c’est épuisant. Et à force de vivre dans cet état de surchauffe quasi permanent depuis des mois, je suis arrivée à la conclusion qu’il fallait que ça s’arrête.

Je pars demain pour une grosse huitaine au Canada. Je vais voir mon père, retourner aux chutes du Niagara, assister à un match de baseball… et surtout, surtout, je ne vais pas prendre mon ordinateur. Je garde mon téléphone, bien entendu, ne serait-ce que pour bombarder l’Anglais de messages, mais je doute d’avoir le temps (ou l’énergie) de faire autre chose.
Qui sait, ce lavage de cerveau me permettra peut-être de repartir du bon pied ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

10 Things I liked this week #97

Ce fut une semaine chargée, entre deadline à tenir, sorties et préparatifs en vue du départ pour le Canada. J’avoue que cette suractivité m’a complètement achevée, ce qui explique en partie mon silence ici et sur Instagram (même si sur ce dernier l’obligation de se reconnecter avec son mot de passe joue aussi – je suis infichue de m’en souvenir). Mais c’était tout de même une bonne semaine. La preuve par 10.

IMG_4250

  • Lundi, c’est férié, on est rentrés à Paris après un super mariage et un dimanche glandouille, il va falloir occuper mademoiselle. Direction la ferme de Viltain pour cueillir des fleurs. Une bonne heure de balade sous un ciel un peu couvert, on a pris l’air et on a plein de bouquets dans la maison.
  • Mercredi, je rends ma traduction dans les temps, et plutôt contente du résultat. J’ai comme d’habitude dû traquer les répétitions telles que “regard” et “quand”, mais j’ai le sentiment de faire de mieux en mieux mon travail (bon, je dis ça, si ça s’trouve, mon éditrice va trouver ça nul).
  • Jeudi, je déjeune avec ma sœur. Le repas très sympa, et Roxy me remet un petit caftan cousu par notre belle-mère pour la Crevette (adorable, dans un tissu japonisant noir à motifs de prunier).
  • Nous déambulons dans le quartier et découvrons un cabinet de curiosité un peu creepy où il faut nous retenir de ne pas tout acheter. Je repars avec un sublime carnet fait main (le prix aussi est sublime…), des savons et une bougie (offerte par Roxy), ma sœur avec un sablier contenant de la limaille de fer qui crée des motifs quasi cristallins, et nous repérons le (probable) cadeau d’anniversaire de notre mère. Excellente adresse pour de futurs cadeaux, je pense.
  • Le soir, A., mon ancienne éditrice, vient dîner à la maison : chahut avec la Crevette (qui a un coup de foudre immédiat), repas japonais et discussion intéressantes sont au programme.
  • Vendredi, je déjeune avec mon éditeur (oui, mes semaines se ressemblent un peu). On parle enfants, édition, perspectives d’avenir et kouign-amann (si, si).
  • Samedi, à l’initiative de Ioionette et SonMari, nous allons faire de l’accrobranche. Ou plutôt : je rejoins les aventuriers après la sieste de la Crevette, tandis que l’Anglais prend des photos sans pouvoir convaincre Mademoiselle de monter sur un poney. J’ai atrocement mal aux bras, mais je m’amuse comme une folle.
  • On embraye sur une soirée barbecue et chants. La Crevette se gave de chips et de saucisse, on va dire que je n’ai rien vu.
  • Dimanche, je Skype avec mon père pour préparer mon séjour au Canada. Surprise : non seulement il m’a pris des billets pour aller au stade de base-ball, mais il a en plus décidé de m’accompagner (pour vous donner une idée de ma surprise, je suis beaucoup plus sportive que mon père…).
  • Les cartes postales continuent d’arriver à la maison, alors que j’ai snobé consciencieusement tout le monde pendant l’été (mais j’ai envoyé plein de messages de Crète).

Voilà pour cette semaine ! Je pars sans mon ordinateur (donc sans mon mot de passe WordPress – oui, c’est la honte), donc je risque de ne pas donner beaucoup de nouvelles. Rendez-vous début septembre.

Rendez-vous sur Hellocoton !

10 Things I liked this week #96

Je suis très silencieuse ces temps-ci, j’espère que vous ne m’en voulez pas trop. En cause, encore, le travail, et sans doute aussi une espèce d’essoufflement consécutif à l’arrêt de mon roman. Pourtant la semaine fut belle et j’ai des choses à vous raconter.

IMG_4249

  • Toute la semaine, Monsieur et moi échangeons une tonne de SMS pour commenter les résultats sportifs (l’escrime est un sport familial chez l’Anglais, il s’est rongé les ongles presque tous les jours).
  • Mercredi, L. passe à la maison pour me prêter un porte-bébé en vue des vacances au Canada. Les filles en profitent pour jouer / dessiner ensemble, et nous pour papoter.
  • Jeudi, je déjeune avec mon éditrice, pour discuter de mes blocages et de mon avenir. Rien de concluant pour l’instant, c’est encore trop frais – mais ça m’a fait du bien d’en parler.
  • Dans la foulée, j’en profite pour récupérer plein de bouquins et me plonge immédiatement dans un Mary Jo Putney.
  • Le soir, je retrouve Ioionette pour une combo dîner et cinéma. On dîne en vitesse mais, devant les bornes d’achat de billets, nous finissons par changer notre fusil d’épaule : plus de 11€ la place pour celle qui n’a pas de carte UGC, ça ne donne pas franchement envie… On marche dans Paris avant de s’installer dans un pub sympathique à la programmation musicale intéressante, et on s’enfile des cocktails en discutant.
  • Vendredi, je termine ma trad avec de l’avance sur ce que j’avais prévu (enfin, disons que je suis très en retard mais que j’ai réussi à me rattraper…). Je me sens littéralement libérée : plus que la relecture et je pourrai tout renvoyer la semaine prochaine.
  • Début de week-end à Orléans, dans le canapé de mes beaux-parents, à regarder l’escrime en sirotant un délicieux Pessac-Léognan blanc laissé à notre intention par beau-papa.
  • Samedi, c’est jour de mariage ! Nous assistons à une très jolie cérémonie dans deux lieux magnifiques : Lys-Saint-Georges et le château d’Argy, le tout dans les environs de Châteauroux. Les mariés sont très amoureux et émouvants.
  • Il y a une invitée japonaise au mariage ! Je passe une bonne partie du vin d’honneur à essayer de retrouver mes constructions grammaticales et mon vocabulaire, mais quel bonheur de réutiliser la langue de Mishima.
  • En plus, et même si on doit partir pendant le banquet parce que Mademoiselle est épuisée, on a pu danser un peu, en couple et à trois : une polka irlandaise, un cercle circassien, un petit bout de scottish, un branle des chevaux… C’est agréable de constater que la danse médiévale, c’est comme le vélo, ça s’oublie pas, mais, surtout, que nos cours de ces dernières années ont porté leurs fruits et que nous sommes à présent capables de nous en tirer sur un parquet.
  • Bonus : une énorme sieste dimanche après-midi pour récupérer de toutes ces émotions !
Rendez-vous sur Hellocoton !

10 Things I liked this week #94 et #95

J’ai été assez silencieuse cette semaine, alors même que j’ai plein de choses à raconter, et je pense que cela va se prolonger encore un peu. Plein de raisons à cela :  de la fatigue, une deadline de boulot alors que j’ai de plus en plus de retard, l’arrêt de l’écriture, divers pépins pénibles…
Mais il ne faut pas se laisser abattre et tenter de voir le bon côté de choses. Du coup, un petit résumé pour les deux dernières semaines.

IMG_4205

  • Une très belle balade en Cévennes avec l’Anglais, où nous avons pris le temps de découvrir de jolis sites hors de sentiers battus.
  • Me rendre compte, à cette occasion, que j’ai plus de souffle qu’avant. Je n’ai pas transpiré à la piscine pendant un an pour rien !
  • Coacher Monsieur sur les techniques des différentes nages et constater les effets à vue d’œil (Monsieur est un nageur naturel de papillon). Réussir quand même à le battre en brasse. Je n’ai pas transpiré à la piscine pendant un an pour rien (bis).
  • Passer toute une après-midi avec Isa, à discuter, se promener et manger des glaces.
  • Sortir au resto à deux reprises avec la Crevette et passer une bonne soirée. Mademoiselle est restée vivable et a mangé sans barguigner (et moi j’ai fini son délicieux sorbet à l’abricot, c’est tout bénef).
  • Des marques de maillot alors que je me suis consciencieusement tartinée de crème tous les jours (en même temps, à raison de deux sorties quotidiennes à la piscine, c’est plus facile).
  • Un retour sans trop de souci malgré les 9h de voiture : Crevette un peu pénible, mais pas de grosse crise, et on a bien géré les pauses.
  • Un ciné en amoureux mercredi : Suicide Squad (j’y reviendrai).
  • Une avalanche de messages adorables (merci à toutes !) après l’annonce de l’arrêt de mon prochain roman.
  • Jeudi, alors que je pense avoir une invasion de punaises de lit, une amie d’ami qui travaille à la détection de ces saloperies prend le temps de m’écouter et de répondre à mes questions pendant près d’une demi-heure.
  • J’ai enfin réservé mes billets pour aller voir mon père au Canada. Départ dans une quinzaine, j’ai la trouille.
  • Vendredi, je déjeune avec mon ancienne éditrice, qui me fait la lecture de ses écrits, lesquels me font beaucoup rire.
  • Le soir, nous assistons à notre première veillée contée chez Ioionette et SonMari, et on passe une très bonne soirée (qui s’arrête vers 22h, Crevette oblige).
  • Samedi, je reçois une adorable carte de Shermane, qui me souhaite de bonnes vacances.
  • Le soir, petite crémaillère chez L&P, en transit le temps que les travaux soient finis chez eux.
  • A la demande de Mademoiselle, grande fan de Ioionette au sein des Conteuses de pas, ça se transforme un peu en soirée chant, et on s’amuse beaucoup.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Le mois de la romance – Read a romance month

Comme l’univers est joueur et que le destin aime bien me balancer des vannes, il se trouve que, deux jours après vous avoir annoncé avec perte et fracas que je n’arrivais plus à écrire, ma contribution au “Mois de la Romance” vient d’être publiée.

lemoisdelaromance
Le Mois de la Romance, qu’est-ce que c’est ? C’est l’adaptation française d’une tradition estivale américaine, le Read a Romance Month, créée par la blogueuse et chroniqueuse Bobbi Dumas aux Etats-Unis. Depuis 2013, chaque mois d’août, des auteurs de romance sont invitées à s’exprimer sur leur rapport au genre, ce qu’elles y aiment, mais aussi à répondre à une courte interview. En France, c’est le site Les Romantiques, déjà organisateur du Festival du roman féminin, qui a pris le relais.
Donc, si vous voulez découvrir mon blabla, enrichi de photos pas piquées des vers, c’est ici !

Rendez-vous sur Hellocoton !

La fin

C’est une décision que je n’ai pas prise de gaîté de cœur. Même si je l’avais évoquée à quelques reprises avec Monsieur et Isa, il n’en demeurait pas moins que c’était un énorme tabou et, par-dessus le marché, une chose à laquelle je répugnais.
Pourtant, lundi, j’ai fini par m’y résoudre. J’ai envoyé un mail à mon éditrice pour lui annoncer que je jetais l’éponge. J’ai arrêté d’écrire mon prochain roman – sans doute de façon définitive.

Cela fait plusieurs mois que quelque chose ne tourne pas rond dans mon rapport à l’écriture. Cela n’a jamais été facile, j’ai toujours eu l’impression que je devais m’arracher les mots mais, ces derniers temps, cela s’apparentait carrément à une crise de foi. Je ne sais plus pourquoi j’écris.
Je pense que je me suis mis une pression de plus en plus forte, avec peut-être (certainement !) l’idée d’écrire un best-seller, voire la meilleure romance de tous les temps (soyons modeste). Plus sérieusement, j’éprouve un mélange très bizarre de “Je n’ai rien à faire là” et de “Oui mais bon, quand on voit ce qui a du succès…”, le tout fortement teinté de découragement.

Je devrais me sentir soulagée, mais tout ce que j’éprouve pour l’instant, c’est un immense sentiment de gâchis, un fond de culpabilité, et une profonde angoisse pour l’avenir. Me serais-je fourvoyée dans l’écriture ? Pour l’instant, je n’ai malheureusement pas la réponse.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Fleurs de courgette farcies à la gardoise

J’adore les fleurs de courgette. D’une manière générale, j’adore les fleurs en cuisine (rose, violette, souci…), mais il n’est pas toujours facile de les accommoder en salé. En outre, trouver des fleurs de courgette en région parisienne, c’est parfois toute une histoire. Alors quand j’en ai découvert par hasard chez le primeur de notre lieu de vacances (dans le Gard, donc), j’ai décidé de les préparer avec des produits locaux.

IMG_4099

Pour 6 fleurs de courgette (oui, il y en a 7 sur la photo)
Un pélardon (fromage de chèvre local) frais
Des tomates séchées (entières – ça fait plus de boulot – ou en purée)
Herbes de Provence
Huile d’olive
Sel, poivre

Dans un bol, préparer une farce à base de tomates séchées écrasées/coupées en petits morceaux et de pélardon. Assaisonner selon votre goût avec des herbes de Provence, du sel et du poivre.
Oter le pistil du bout des doigts (attention, c’est un peu délicat).
Farcir les fleurs avec une petite cuillère, ou du bout des doigts, en veillant à ne pas les déchirer.
Faire chauffer de l’huile dans une grande poêle, puis faire dorer les fleurs 2-3 minutes de chaque côté.
Égoutter sur du papier absorbant et servir immédiatement.

Rendez-vous sur Hellocoton !

10 Things I liked this week #93

Ce fut une semaine riche, marquée par le début de nos vacances. Entre les sorties, les visites et les après-midi farniente, nous avons été très occupés. Sans plus attendre, voici un petit récapitulatif des meilleurs moments.

IMG_4091

  • Lundi, nous sommes partis pour 650km de voiture à trois. Grâce à une logistique certaine, nous parvenons à effectuer la distance, malgré une Crevette qui n’aime pas ce mode de transport et un Anglais qui déteste s’arrêter. Arrivée à destination en fin d’après-midi sans drame, vive nous.
  • Mardi, Isa, son chéri et ses enfants nous rejoignent pour la journée. On profite de la terrasse ombragée et du panorama sur la campagne, de la piscine et du vin local. Une excellente journée en excellente compagnie.
  • Mercredi, nous renouons avec les traditions : à nous le marché d’Uzès, les fraises à tomber du petit producteur (il faut arriver tôt), le filet-mignon fumé et le pélardon à la lavande.
  • Jeudi, en route pour les Cévennes ! Nous choisissons de faire découvrir à la Crevette le petit train à vapeur qui relie Anduze à Saint-Jean-du-Gard. Le trajet est agréable et le paysage superbe, je vous en reparle bientôt.
  • Vendredi, il a plu toute la nuit et l’orage continue de gronder une bonne partie de la matinée. Après une tentative avortée de faire quelques courses, nous nous replions à la maison pour manger des glaces.
  • L’après-midi, le temps se dégage et nous permet de faire une longue balade (4km, quand même) pour acheter du pain, traîner au toboggan et cueillir des fleurs.
  • Dimanche, alors que mes beaux-parents nous ont annoncé qu’ils auront 24h de retard, nous organisons un déjeuner à l’improviste chez Isa.
  • En plus, j’ai reçu mon cadeau d’anniversaire !
  • Après pas mal d’atermoiements, Mademoiselle ose enfin décramponner un peu dans la piscine pour apprendre à flotter et à faire le “petit train”.
  • Toute la semaine, le ciel a été magnifique, nous offrant des couleurs incroyables et des panoramas à perte de vue.

Et vous, cette semaine ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Jeudi dernier, nous avions prévu de zoner dans le canapé en regardant d’un oeil morne les programmes du 14 juillet (en mode “parents qui n’ont pas d’enfant à gérer et qui en profitent à fond). C’était sans compter Free et sa gigantesque panne sur le sud-ouest parisien qui nous a privés d’internet et de télé pendant… 17 heures. Autant dire qu’on risquait fort de mourir d’ennui à petit feu.
Or, Monsieur s’est souvenu qu’il voulait visiter l’exposition dédiée à Lore Kruger (“Une photographe en exil”) qui se tenait au musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Après une rapide vérification (heureusement, il restait la 3G), nous voilà partis.

IMG_3984

Le musée est installé dans l’ancien hôtel Saint-Aignan, au cœur du Marais, dans un bâtiment absolument somptueux. Celui-ci, bâti au 17ème siècle, fut “découpé” à la fin du 20ème siècle et accueillit de nombreuses familles juives réfugiées d’Europe de l’Est pendant l’entre-deux-guerres. La restauration est superbe, tout est impeccable (et le grand ciel bleu ne gâchait rien).

Les collections permanentes présentent, au premier étage, le peuplement juif en France et en Europe du moyen-âge au 20ème siècle. C’est sans doute l’endroit que j’ai préféré : grâce à quelques vestiges d’une grande rareté (dont une menorah du 14ème siècle), on peut avoir un aperçu de la vie des Juifs, à la fois au ban de la société et au cœur de la cité. Les panneaux expliquent de façon succincte et claire les différents mouvements migratoires liés aux expulsions et aux persécutions (où l’on apprend entre autres que la France fut le seul pays à se soumettre au décret pontifical appelant à expulser les Juifs – merci Saint Louis).
A mesure qu’on avance dans le temps, des œuvres plus “tangibles” (livres imprimés, bijoux, gravures…) viennent illustrer la vie juive et la réflexion que celle-ci suscite au sein même de la communauté tout au long de l’époque moderne.

Fragments de stèles funéraires juives (où l'on découvre que l'assimilation est un concept ancien, vu que certain-e-s portaient des noms très français, comme Belle)

Fragments de stèles funéraires juives (où l’on découvre que l’assimilation est un concept ancien, vu que certain-e-s portaient des noms très français, comme Belle)

Le second étage, consacré aux traditions juives, m’a moins intéressée. C’est très fouillé, mais je commençais à en avoir plein les pieds et le folklore au sens large n’a jamais trop été ma tasse de thé. Néanmoins, les pièces présentées sont superbes – j’ai notamment beaucoup apprécié les costumes traditionnels du 19ème siècle et la série de photographies d’une famille de notables parisiens.

Edouard Moyse (1827-1908)

Edouard Moyse (1827-1908)

Enfin, les expositions temporaires (deux pour le prix d’une !). D’abord celle sur Edouard Moyse (jusqu’au 15 août), peintre de la seconde moitié du vingtième siècle, présenté comme un “peintre israélite” (ainsi qu’on les décrivait à l’époque). Grâce à quelques oeuvres majeures et à des esquisses, croquis, pastels… on entre dans l’univers de cet artiste qui a eu à coeur de représenter la vie religieuse et privée de ses coreligionnaires. Par ailleurs, le peintre exploite la veine orientaliste, très en vogue à l’époque, d’une façon toute personnelle, en représentant des Juifs d’Afrique du Nord, par exemple avec une scène dans la yeshiva ou dans des synagogues locales.
C’est aussi un artiste engagé qui voulait mettre en lumière l’histoire de son peuple en France, comme en témoigne son tableau sur la convocation du Sanhédrin par Napoléon, que l’on peut assimiler à de la peinture d’histoire, mais aussi dénoncer les persécutions, en déplaçant la critique sur une autre époque (en particulier le moyen-âge).

Lore Krüger par son professeur, Florence Henri

Lore Krüger par son professeur, Florence Henri

Seconde exposition, dédiée à Lore Krüger, traductrice allemande de romans anglo-saxons, mais aussi photographe pendant une dizaine d’années, de son arrivée à Paris, chassée par l’arrivée d’Hitler au pouvoir, à son retour à Berlin-Est après la guerre (son mari et elle étaient communistes, la destination était choisie).
Peu de tirages demeurent de son oeuvre, redécouverte à la fin de sa vie par deux étudiantes allemandes. Pourtant, l’artiste a vécu tous les soubresauts de la seconde guerre mondiale, d’abord en France, où elle fut internée plusieurs mois, puis à Majorque, où vivaient ses parents et où elle assista au massacre de résistants par les forces franquistes, et enfin aux Etats-Unis où elle contribua par ses portraits à la revue The German American, qui visait à montrer un autre visage de l’Allemagne aux Américains.
Son oeuvre, malheureusement brève, est intéressante à la fois comme témoignage de choses vues (elle a réalisé quelques reportages photographiques) mais aussi comme engagement politique, visant à dénoncer le nazisme et le franquisme. Certains clichés ont beaucoup résonné en moi, tandis que ses explorations artistiques, notamment avec les photogrammes, m’ont laissée un peu plus froide.

Quoi qu’il en soit, ce fut une visite très enrichissante, et je pense que nous retournerons volontiers au mahJ à l’occasion d’autres expositions ou pour approfondir la partie historique.

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, 71 rue du Temple, 75003 Paris (fermé le samedi)

Rendez-vous sur Hellocoton !

La musique en costumes – Ré

Allez, je profite de la route du sud pour vous poster un nouvel article de la Musique en costume – c’est rapide et ça ne nécessite pas trop d’explications. Après Don Giovanni, j’ai donc décidé de vous présenter un personnage de mon opéra préféré : la Reine de la Nuit, soit la grande méchante ultime de La flûte enchantée (Die Zauberflöte). C’est un personnage absolument noir, qui s’exprime peu mais dont l’ombre plane sur toute l’histoire.
C’est également un personnage extrêmement connu car ses deux arias sont parmi les plus dures du répertoire, montant si haut dans les aigus que très peu de chanteuses peuvent l’interpréter et, surtout, que certaines notes ne paraissent plus humaines. Moi, ça me donne toujours des frissons…

scène

Avoir l’air digne quand on prend la pose à 2 mètres du parking…

 

"Si tu ne tues pas ton père, plus jamais je ne te considérerai comme ma fille" Sympa.

“Si tu ne tues pas ton père, plus jamais je ne te considérerai comme ma fille” Sympa.

Alors, vous en pensez quoi ? L’avantage de faire de la reconstitution, c’est que j’ai pu mélanger une robe saxonne et une dague 15ème et hop, ça fait une tenue un peu fantasmagorique.
Je vous laisse avec l’extrait qui va bien.

Rendez-vous sur Hellocoton !