Défi liste : les petits plaisirs du printemps

Suite à l’invitation de Zenopia sur son blog, à mon tour de réaliser une liste de ce que j’aime au printemps. Cela me semble presque trop facile, mais je vais essayer de ne pas enfiler trop de lieux communs.

  • C’est la saison de mon anniversaire, ça ne peut être que génial.
  • Après un long hiver plein de patates, de poireaux et de carottes, place aux légumes (et fruits) printaniers, qui vont mettre un peu de couleur et de changement dans l’assiette.
  • Il y a plein de ponts, surtout au mois de mai (enfin ça, c’était surtout mon opinion avant d’avoir la Crevette, aujourd’hui je me demande plutôt comment je vais l’occuper et rattraper tous ces jours de boulot en retard).
  • La ferme de Viltain rouvre, à nous les cueillettes.
  • Il y a du soleil et ça me met de bonne humeur.
  • Il fait encore jour quand je rentre de chez la nounou avec la Crevette. On pourrait même s’attarder un peu.
  • Pâques arrive bientôt, et avec lui la possibilité de manger des tonnes de chocolat.
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Trompe-la-Mort

Alors qu’il est sur le point de se jeter dans la Charente pour mettre fin à ses jours, Lucien de Rubempré est interrompu par l’abbé Herrera, qui se présente comme un prêtre espagnol. Ce dernier lui jure que, moyennant une obéissance aveugle, il effacera ses dettes et le fera marquis en trois ans. Lucien accepte, sans comprendre qu’il vient de signer un pacte avec Trompe-la-Mort…

J’attendais beaucoup de cette création mondiale qui puisait son inspiration dans l’oeuvre de Balzac – que j’apprécie énormément même si je suis moins fan que Zola – et augurait d’une belle réflexion sur l’ambition et la manipulation. Mais quand, une dizaine de jours avant la première, j’ai reçu un mail m’annonçant que l’interprète du rôle-titre se retirait de la production, j’avoue que j’ai un peu eu la trouille.

En fait, j’aurais dû avoir la trouille pour autre chose. La musique est extrêmement contemporaine et, même si la chef Susanna Mälkki est parfaite, dirigeant toujours avec justesse et rigueur, force est de constater que ce n’est pas ma tasse de thé. Dès les premières notes, j’ai compris que ce serait une soirée exigeante qui allait demander beaucoup de concentration. A ce stade (et même si les puristes vont me lancer des pierres), je préférerais presque parler d’habillage sonore que de musique, c’est dire.
Toutefois, il ne faut pas s’arrêter à cela. Le livret est magnifique et très bien porté par des interprètes qui surmontent les difficultés de diction imposées par le texte. La mise en scène, d’une grande inventivité, offre plusieurs degrés de lecture, illustrées par des images de différents endroits du Palais Garnier, chacun renvoyant à un niveau : les dessous pour les machinations, les ors et les marbres pour la bonne société…
En outre, la narration parvient, très bien soutenue par la mise en scène et les lumières, à s’offrir le luxe de plusieurs flashbacks qui interviennent à des moments-clés du récit : le voyage de Lucien et don Herrera d’Angoulême à Paris revient comme un leitmotiv et une explications aux différentes actions des protagonistes (je conseille toutefois fortement de lire l’argument avant le début du spectacle, sans quoi je pense qu’on se perd vite).

Quant aux interprètes, il y a à boire et à manger. Nous avons été malheureusement très déçues par Philippe Talbot en Rastignac, qui nous avait pourtant éblouies dans rôle-titre de Platée. Sans doute à cause des sonorités particulières, peut-être aussi en raison de ce registre très contemporain, sa voix était souvent couverte par l’orchestre, et l’on avait du mal à l’entendre, même quand celui-ci jouait en sourdine. Cyrille Dubois en Rubempré a eu à quelques reprises le même souci. Néanmoins, j’estime que c’est excusable, car la partition réserve des pièges incroyables aux chanteurs.
En revanche, j’ai eu un gros coup de cœur pour Marc Labonnette en Nuncingen, qui s’offre même le luxe de chanter avec un faux accent allemand et pour Julie Fuchs, qui s’est tirée de toutes les embûches semées sur son chemin. Point d’orgue et cœur du spectacle, Laurent Naouri en Herrera/Trompe-la-Mort/Vautrin est juste sublime, glaçant et inquiétant, un vrai méchant qui fait peur. Son timbre s’est prêté sans frémir à toutes les variations imposées, d’autant qu’il devait chanter avec un faux accent espagnol les trois quarts du temps.

Alors, que faut-il en penser ? C’est une très belle oeuvre, mais vraiment difficile d’accès. Les deux heures de spectacle sont tendues comme la situation exposée sur scène, et ne laissent aucun répit au public. La musique de Luca Francesconi peut dérouter (c’est le moins que l’on puisse dire !) mais, si vous vous sentez capable de passer outre, allez voir cet opéra, il en vaut la peine.

Trompe-la-Mort, Opéra national de Paris, jusqu’au 5 avril 2017

 

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10 Things I liked this week #126 #127

Oui, je sais. Encore deux semaines de silence. Mais quand je suis un peu sous l’eau niveau boulot, et quand j’ai le temps de me poser pour écrire, ça ne vient pas. Non que je manque de matière, juste d’inspiration. Ca reviendra sans doute d’ici quelques jours ou semaines, en attendant, cela reste épisodique. Pour patienter, voici le récit de ces deux dernières semaines.

  • J’ai reçu mon badge pour Livre Paris et l’invitation pour l’inauguration : à moi les chips et les coupettes gratuites sur le stand de mon éditeur, ainsi que la folle heure de dédicace (en vrai, je vais surtout aller voir les copines et mes contacts pros).
  • J’ai retrouvé Charlotte pour un thé chez George Cannon. Discussions, projets et scones à la compote de groseilles.
  • Notre nouveau tapis est arrivé ! Il est toujours roulé et dans le placard, mais le vieux machin troué qui orne notre salon vit ses dernières heures.
  • J’ai fini ma traduction (enfin, la première des quatre à mon planning d’ici fin mai). Pour l’instant, je tiens mon planning mais il va falloir rester concentrée.
  • Pour me récompenser, j’ai investi dans des pâtisseries de chez
  • Nous avons fêté l’anniversaire de la Crevette en famille. Mademoiselle a été pourrie gâtée et mon frère nous a même fait la grâce de sa présence.
  • La trottinette a été immédiatement inaugurée, par une grande balade sous un beau soleil.
  • Quant à moi, j’ai reçu des jonquilles qui illuminent mon salon !
  • Un second goûter d’anniversaire pour Mademoiselle, avec encore des cadeaux et des macarons. Cette enfant a hérité de mon gène du chocolat.
  • Un Skype rapide avec mon père pour clôturer la semaine en beauté

  • J’ai réussi à envoyer tous les colis en souffrance depuis plusieurs semaines mois, et tous ont été réceptionnés.
  • De mon côté, j’ai reçu le livre de la nouvelle ronde des poches organisée par Armalite : La bibliothèque des cœurs cabossés.
  • Nous avons emmené la Crevette à Disney pour une journée et, grâce à Ook, la journée fut vraiment inoubliable.
  • Sur un coup de tête, je me suis octroyée une pause glandouille au Paradis du Fruit. Je me suis forcée à ne rien faire et à juste profiter de l’instant, ce qui m’est généralement difficile.
  • L’Anglais a fait découvrir le headbanging à sa fille sur des chansons des Dropkick Murphys. Je ne dirai pas que j’ai des vidéos dossiers mais il est possible qu’un ficher traîne dans mon téléphone…
  • Florine et V. sont venus dîner. La soirée fut bonne, arrosée et riche en discussions.
  • Encore une soirée à l’opéra avec Leen, cette fois-ci pour Trompe-la-Mort, une création commandée par l’Opéra de Paris.
  • L & L sont venues prendre un goûter et passer le début de la soirée à la maison, sous prétexte d’anniversaire, mais surtout pour manger du gâteau et papoter.
  • Le vidage des sacs poubelles avance : j’ai réussi à remettre la main sur toute ma tenue et mes accessoires pour le bal Second Empire qui arrive à grands pas.
  • Un cours de danse très agréable, surtout constitué de révisions mais agréable et qui nous a permis de bien tout nous remettre en tête.

Voilà pour ces deux dernières semaines. Promis, j’essaie de mettre à jour plus souvent dans les jours qui viennent.

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10 Things I liked this week #125

J’ai été tout aussi épuisée cette semaine que la précédente, m’écroulant même un soir à 22 heures. Néanmoins, grâce à quelques sorties programmées à l’avance, j’ai réussi à être un peu plus active.

  • J’ai surmonté une scène à traduire horrible, notamment grâce à l’écoute en boucle d’Aqua (don’t judge me). Plus qu’une vraiment compliquée (et une demi-douzaine de scènes de cul), et j’en verrai le bout.
  • J’ai enfin réuni toutes les pièces pour mon colis de swap – je n’ai jamais été si en retard, une honte. J’emballe le tout et j’envoie demain.
  • Sur une proposition d’Armalite, je me suis inscrite à sa nouvelle ronde des poches. J’espère que la destinataire de mon envoi n’a rien contre les romans historiques…
  • Vendredi, j’ai déjeuné avec Angéla Morelli et Emily Blaine. Comme à chaque fois, on a fait des blagues, rigolé comme des baleines, mangé comme des goinfres et dit du mal (ou du bien) des gens. Une grande bouffée d’oxygène.
  • En cherchant à acquérir des poupées de hina-matsuri, j’ai poussé la porte d’une boutique du quartier de l’Opéra où je ne mets jamais les pieds. Et j’ai rencontré un type avec qui j’étais à l’Inalco il y a 15 ans, qui m’a reconnue tout de suite. Du coup, on a passé un bon quart d’heure à se raconter nos vies.
  • Je me suis rendue chez Jugestudô et je me suis fait offrir un (délicieux) mini-chirashi pour célébrer… le hina-matsuri. Le karma, je ne vois que ça.
  • Samedi soir, je suis retournée à l’opéra royal de Versailles, assister à une représentation d’Orfeo de Rossi. Plus de détails très vite.
  • Ségo m’a envoyé la photo d’une enluminure de punaises, datant du 15ème siècle. J’aime qu’on pense à moi 🙂
  • J’ai été contactée par une jeune mère de famille dont la petite fille est atteinte du même problème de hanche que la Crevette. Même si je n’ai pu apporter que des réponses portant sur la réalité de la vie quotidienne et des traitements, je suis contente d’avoir pu l’aider à dédramatiser un peu la situation.
  • Mes finances se portent beaucoup mieux que je ne le redoutais après le paiement des impôts, et fini de payer pour les punaises !
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Cuisinons nos livres #15

Cette semaine fut plutôt fructueuse en cuisine, même si cela est plutôt dû à une inspiration soudaine qu’à une préparation en amont (en général, je prévois mes repas quand je fais mes courses, mais là c’était un peu du freestyle). Curieusement, la semaine a été placée, malgré elle, sous le signe du Japon.

Lundi soir, alors que j’avais des maquereaux achetés sur un coup de tête, je me suis rappelé qu’il existait une recette traditionnelle japonaise de maquereaux au miso. Après avoir un peu fouillé dans mes livres, j’ai interrogé l’Internet mondial, et ai découvert cette recette de saba no miso-ni, elle-même tiré du livre Japon d’Endo Kaori. C’était relativement simple à faire (avec du miso rouge pour moi), même si je pense qu’il y avait trop de sauce et, surtout, c’était très bon ! A refaire, peut-être à l’automne ou pendant l’hiver.

Mardi-Gras oblige, j’ai décidé de faire des crêpes. La recette que j’utilise habituellement est dans un livre rangé dans une caisse quelque part à la cave, aussi ai-je utilisé celle des Carnets de 180° reçue courant février. C’était bon mais j’ai mal mélangé et la pâte était grumeleuse… Ca m’apprendra à vouloir aller trop vite !
La Crevette n’a pas été plus emballée que ça (en même temps, il n’y avait pas de chocolat…), mais nous nous sommes régalés, et j’ai terminé les crêpes dans la semaine.

Enfin, jeudi soir, alors que Monsieur avait un dîner mondain, j’ai retenté ma chance avec l’oyakodon : c’est un plat que j’aime beaucoup (blanc de poulet et œuf battu sur lit de riz), mais que je ne réussis pas très bien. La recette est tiré de La cuisine japonaise d’Emi Kazuko, et est franchement simple. En revanche, là encore, j’ai trouvé le résultat un peu fade, à moins de mettre tout le jus de cuisson (un délice), auquel cas on noie un peu le riz. J’ai fini par manger à la cuillère mais, du coup, c’était beaucoup plus goûteux.

A ces découvertes/tentatives, se sont ajoutées deux recettes désormais classiques de la maison : la soussoupe de radis noir de Guillaume Long et les spaghettis à l’ail et au piment, parfaits quand je n’ai pas envie de me casser la tête.

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La Cenerentola

La Cenerentola, c’est en fait Cendrillon, dont nous connaissons tous l’histoire. Angelina, dite Cenerentola, est martyrisée par ses demi-soeurs, Clorinde et Tisbé, et son beau-père, et passe ses journées à faire toutes les corvées pendant que les trois autres vivent au-dessus de leurs moyens. Un jour, on annonce une réception chez le prince, qui choisira une épouse parmi les invitées. Cenerentola rêve d’y assister, non pour le prince, mais pour le beau valet de ce dernier, dont elle est tombée amoureuse…

Vous vous en doutez, les apparences sont trompeuses et le prince n’est pas forcément celui qu’on croit…
J’ai eu la chance de voir ce spectacle à l’Opéra royal de Versailles, avec Cecilia Bartoli dans le rôle-titre, après moultes péripéties. En réalité, j’étais l’heureuse détentrice d’un billet pour son récital autour du baroque russe, en mai dernier, lorsque celui-ci a été annulé. Et si j’en ai été frustrée quelques heures, j’ai en réalité eu énormément de chance, vu que le soir de la représentation, plus aucun train de circulait sur ma ligne à cause d’un glissement de terrain ! La direction des spectacles du château m’a donc proposé d’assister à cet opéra, et je suis ravie de mon choix.

La musique de Gioacchino Rossini est légère et entraînante, avec des accents très mozartiens. J’ai adoré la façon dont, plus d’une fois, toutes les voix se mêlent, chacun chantant sa partie pour former un ensemble (cela a sans doute un nom, mais c’est là qu’on voit que j’ai arrêté le solfège en troisième année…).
Cecilia Bartoli est fidèle à sa réputation, et tout simplement incroyable. Elle a une énergie, une facilité, une aisance sur scène proprement stupéfiantes : elle est Cenerentola, dont elle parvient à faire une héroïne pas si naïve et un peu espiègle, ajoutant une touche d’humour et d’autodérision. Sa voix est à couper le souffle, tant elle enchaîne les variations sans même faire mine de pousser ou d’accomplir un effort, alors que certains passages sont extrêmement difficiles.

Mais ce n’est pas tout d’avoir une grande diva, encore faut-il que le reste du cast suive, et c’est le cas. Qu’il s’agisse des autres solistes – mention spéciale à Carlos Chausson, interprète de Don Magnifico, le beau-père, et à Ugo Guagliardo, le tuteur du prince – de l’orchestre, dirigé par Gianluca Capuano, ou du chœur d’hommes de l’opéra de Monte-Carlo, tous sont à la hauteur de l’enjeu et livrent une prestation parfaite.
Cette version de l’opéra n’était à proprement parler mise en scène mais “mise en espace” : si l’orchestre et le chœur étaient sur scène, les solistes avaient assez de place pour évoluer et jouer, et étaient en costumes. J’ai particulièrement aimé la façon dont Cecilia Bartoli interagissait avec chacun, frottant les chaussures de la première violon, montrant son voile orné de sequins aux membres du chœur ou distribuant des macarons au chef d’orchestre. Par ailleurs, l’Opéra royal de Versailles est un tout petit théâtre, bien loin des scènes comme Garnier ou Bastille, et offre une intimité assez extraordinaire avec le public : on a l’impression de pouvoir toucher du doigt les artistes. La salle était d’ailleurs chauffée à blanc, et c’est la première fois que j’assiste à une ovation debout – parfaitement méritée – à Versailles. Si le nom de Cecilia Bartoli n’y est bien entendu pas étranger, la prestation tout entière en valait la peine.

Je suis ressortie de là requinquée, de bonne humeur et la tête pleine de musique. Je ne sais pas si j’aurai de nouveau le plaisir et la chance d’entendre cette grande chanteuse, mais l’expérience fut à la hauteur de mes attentes, voire au-delà.

La Cenerentola, Gioacchino Rossini, Opéra royal de Versailles
Les illustrations ont été trouvées sur le site Château de Versailles spectacles.

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10 Things I liked this week #124

Cette semaine fut globalement agréable – à l’exception d’une Crevette systématiquement grognon quand je viens la chercher le soir – mais je suis tellement fatiguée que je ne suis bonne qu’à glander dans le canapé en regardant la télé d’un œil torve. Ou à lire des romances parce que les bouquins sérieux me filent mal au crâne. C’est sans doute le contrecoup des punaises et des mois de boulot intense, sans compter les changement de temps, mais si ça pouvait s’améliorer, je ne serais pas mécontente.
Tout ça pour dire que cette semaine, ça ne va pas être simple de trouver dix choses sympas à relater.

  • L’Anglais a reçu une bonne nouvelle concernant ses projets de reconversion professionnelle. Ca se précise, lentement mais sûrement…
  • Vendredi, terrassée de fatigue (et de mauvaises nuits), j’ai dû renoncer à la soirée de Paulette avant son départ pour le Canada (le retour de la malédiction). Pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, on s’est commandé des sushis qu’on a dégustés devant un bon film.
  • J’ai encore craqué chez Carl Marletti : religieuse à la rose, saint-honoré à la violette, sublime Ghana. Des valeurs sûres, quoi.
  • Samedi, Monsieur a emmené la Crevette au golf pour me laisser le temps de souffler. J’ai donc naturellement fait du ménage, mais ils se sont bien amusés et Mademoiselle a même mis la balle dans le trou.
  • Toute la semaine, j’ai rangé des livres et des vêtements. Ca n’a l’air de rien dit comme ça, mais je n’aurais jamais cru que cela m’apporterait autant de satisfaction après 6 mois passés dans les sacs poubelle !
  • J’ai pu avoir Isa au téléphone pour la première fois depuis un bon moment. On a été très sages, on n’a (presque) pas dépassé la durée qu’on s’était fixée !
  • Une nouvelle boutique tendance épicerie fine a ouvert juste en face de ma librairie. C’est important d’encourager le commerce de proximité.
  • Dimanche après-midi, j’ai passé un moment merveilleux à l’opéra royal de Versailles, à écouter du Rossini interprété (entre autres) par Cecilia Bartoli. Je vous en reparle très vite.
  • J’ai eu les honneurs du blog de Romy, dans le cadre de sa série sur “Le costume de mes rêves”. D’ailleurs, je veux bien votre avis sur mon choix !
  • J’ai reçu la première partie de ma (grosse) commande Rummo : on a des pâtes pour un an.
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Cuisinons nos livres #14 – Résumé des épisodes précédents

Incroyable, un nouvel article sur la nourriture. Entre la guerre des punaises, l’avalanche de boulot et l’énorme coup de fatigue de ces dernières semaines (je crois que mon corps me fait payer 6 mois de tensions et de stress), j’ai quand même réussi à retrouver mon enthousiasme et à me remettre aux fourneaux pour faire des essais. Bon, le souci, maintenant, c’est que la quasi-totalité de mes livres de cuisine se trouve dans des caisses scellées à la cave pour deux ans, et que je fais avec ce que j’ai pu sauver (pas grand-chose). Ne vous étonnez donc pas si j’ai l’air de tirer mon inspiration des mêmes ouvrages en permanence…

En cuisine japonaise, j’ai refait ce que je considère comme des classiques… jamais goûtés par Monsieur. Donc de très, très vieux classiques. Dans le 「基本の和食」(les bases de la cuisine japonaise), j’ai retrouvé ma recette de niku-jaga, une espèce de pot-au-feu japonais à base de pommes de terre que j’aime beaucoup. Je ne prenais pas beaucoup de risque avec ce plat, et ce fut un succès.


Dans La cuisine japonaise d’Emi Kazuko, j’ai réalisé la recette de tofu mariné et poêlé que j’utilise d’ordinaire avec… du poulet. En effet, la Crevette aime beaucoup manger avec des baguettes et me réclamait de les utiliser. N’ayant que du tofu sous la main, je me suis attelée à la tâche, avec succès. C’est pas photogénique, mais c’est bon.

Dans Starwars Cantina, nous ne nous sommes pas arrêtés à la joue de bœuf et avons enchaîné avec des “Takodan eggs”, soit des œufs cocotte à la crème de parmesan et charcuterie grillée. C’est facile, délicieux et nous avons (re)pris l’habitude de faire des œufs cocotte beaucoup plus souvent !

Bien entendu, c’est ma chère revue 180°C qui, une fois encore, a apporté le plus d’inspiration. J’avais acheté le numéro automne-hiver dès novembre mais ne me suis autorisée à l’ouvrir que fin janvier-début février. Mais du coup, je me suis rattrapée.

D’abord avec un tarama de haddock – malheureusement trop liquide, sans doute parce qu’on a utilisé du pain de mie plutôt que du “vrai” pain. Facile à faire (mais salissant, avec pas mal de vaisselle), il était très bon en dépit de sa consistance. Monsieur l’a terminé, mais je pense que cela aurait fait une excellente sauce pour du riz ou éventuellement des légumes verts.

Ensuite, nous avons testé l’infusion d’ananas à la citronnelle, mais sans faire les petits beurres qui devaient accompagner. C’est bon, très frais et ça se mange tout seul. Il m’est resté beaucoup de sirop citronnelle-citron vert-gingembre, il est donc possible que j’en refasse à l’occasion, sauf si l’Anglais décide de l’utiliser pour assaisonner un mojito amélioré (on ne lui en voudra pas).

Encore un dessert, cette fois-ci le “biscuit crousti-fondant” au chocolat. Bon, on sent bien que notre four se fait vieux, j’ai dû laisser cuire plus longtemps que prévu mais bon sang, quel régal ! Il y a du chocolat, du sucre et… deux-trois trucs pour faire tenir le tout, mais à peine. Seul inconvénient : ça fait des miettes, ça s’écrase et c’est pas simple à manger. Mais alors c’est ultra-régressif.

Il y a eu deux entrées, dont une a carrément fini en plat : le carpaccio de champignons (sans les pignons grillés, j’en avais plus) – très bon, frais, facile à faire… On y reviendra, c’est sûr.
Et la grosse salade de légumes secs et crus (lentilles vertes, flageolets, cocos roses, chou-rave, pomme…). Là aussi, c’était bon mais un peu plus pénible à préparer – très chronophage et salissant. J’en ai fait pour un régiment, on en a mangé deux fois et même le lendemain la vinaigrette passait très bien.
Un autre plat (toujours pas photographié) : le gratin de navets pas gratiné. C’était bon mais ça nageait dans le bouillon gras, j’aurais pu en mettre moins ! Mais c’est parfait quand il fait froid.

Dans Les cahiers de 180°C, je suis allée repêcher une recette d’il y a deux ans et que j’adore : le coquelet au bouillon parfumé, avec nouilles de riz. C’est bon, consistant sans être lourd et la petite sauce acidulée relève le tout au moment du service. A refaire sans hésitation, peut-être à l’automne ou un jour de printemps pluvieux.

Enfin, de façon un peu surprenante, j’ai testé une recette du magazine Picard, qui proposait un dossier sur les cocottes. Il s’agissait de la soupe de légumes au riz et saucisse et Montbéliard. Alors soyons francs : j’ai oublié d’ajouter le riz la première fois, mais ce n’était pas du tout un problème. La soupe est savoureuse et consistante, idéale pour un dimanche midi pourri. Lorsque j’ai fini les restes le lendemain, j’ai essayé avec le riz (le “trio de riz camarguais sauce vierge” de l’enseigne) et… j’ai trouvé ça nettement moins bon. Pris séparément, les deux sont bons, mais réunis, ils n’ont rien à faire ensemble. Du coup, je vais garder la recette et je finirai le riz un midi !

Je sais que vous avez été plusieurs à poursuivre ce challenge pendant que je passais la maison au lance-flammes, notamment Sunalee, S. et Diba. N’hésitez pas à me dire si je vous ai oublié, je n’ai pas suivi très attentivement. Rendez-vous la semaine prochaine (on espère) pour un nouveau compte-rendu.

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Un déjeuner chez Colorova

Colorova, c’est un beau salon de thé devant lequel je passe parfois quand je traîne entre la rue de Rennes et le Bon Marché (il est un peu planqué, il se mérite), et où j’essaie désespérément de retrouver Shermane depuis plusieurs semaines. Vendredi dernier, ce fut enfin chose faite, en présence également de Malena, pour un déjeuner.

L’endroit est assez grand et comporte une seconde salle, plus petite quoique plus lumineuse, dans le fond. La déco dépareillée est colorée, mais atténuée par les murs blancs et les grandes baies vitrées. Etant arrivée la première, j’ai choisi une table “normale” plutôt que basse, car je sais à quel point ces trucs-là sont traîtres quand il s’agit de se relever.

La formule déjeuner est un classique entrée+plat ou plat+dessert ou entrée+plat+dessert. Il y a trois options d’entrées, trois “normales” pour le plat, et trois avec supplément. Quant au dessert, il faut le choisir en vitrine, parmi les gâteaux proposés.
Mon choix s’est porté sur un œuf poché aux lentilles vertes et lard grillé. C’était très bon, mais je n’aurais pas dû attendre avant d’attaquer, car le jaune avait commencé à coaguler et j’adore quand il est bien coulant. Mais bon, ce n’est pas la faute du personnel !
Pour le plat, ce fut un kefta de bœuf (grosse boulette) accompagné d’un gratin dauphinois. Le kefta était bon, peut-être un peu gras mais c’est assez logique sur un plat de ce type. Le gratin dauphinois, constitué comme un mille-feuille, était à tomber, légèrement caramélisé au vinaigre balsamique, nous a-t-il semblé. En revanche, j’ai été un peu surprise que la boulette soit posée sur… de la purée de pommes de terre. N’y avait-il aucun autre accompagnement à nous proposer ?

L’œuf poché (caché dans les lentilles)

Le kefta accompagné de sa purée et du gratin dauphinois (sous les tranches de radis)

L’un dans l’autre, c’était bon et plutôt copieux et, quand est arrivé le moment du dessert… je n’ai rien commandé. Outre que je n’avais plus très faim et que cela aurait été de la gourmandise, je me suis rendu compte que les douceurs proposées ne me parlaient pas (je suis assez classique, j’aime le chocolat noir, la vanille, les fruits rouges… or les pâtisseries de Colorova sont beaucoup plus orientées fruits exotiques et saveurs qui sortent de l’ordinaire). Mais cela n’a pas empêché mes amies de se régaler d’une tartelette au caramel et d’un dessert au fruit de la passion (je crois).
Pour parfaire le repas, je l’ai accompagné d’une citronnade maison absolument délicieuse (mais franchement acide, attention).

Est-ce que je reviendrai ? Oui, sans doute. L’expérience était agréable, malgré un niveau sonore qui est allé crescendo, grâce notamment à une jeune femme installée derrière nous. La nourriture était bonne, le service efficace, le cadre agréable. Et qui sait, la prochaine fois je me laisserai peut-être tenter par une pâtisserie, j’ai cru comprendre que la carte évoluait régulièrement.

Colorova, 47 rue de l’Abbé Grégoire, 75006 Paris

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J’ai eu des punaises de lit (et je m’en suis sortie)

Ceux d’entre vous qui suivent un peu ce blog ou qui me connaissent en vrai le savent : nous avons eu une infestation de punaises de lit ces derniers mois. Or la route a été longue et je pense que vous faire partager mon expérience, si pénible soit-elle, pourra aider ceux qui se trouveraient un jour dans le même cas. Car nous sommes officiellement débarrassés de ces saletés, et je vais vous raconter comment nous avons fait…

Non, pas ce genre de punaises-là

En juin dernier, alors que je me mets au travail, je découvre une bestiole en train de crapahuter sur ma manche. Ni une, ni deux, je l’écrase dans un Kleenex et découvre… une grosse trace de sang. Qu’est-ce que c’est que ce machin ? Je prends une photo, l’envoie à Monsieur, et oublie rapidement l’incident : nous sommes rentrés la veille d’un week-end aux médiévales de Provins, à tous les coups, on a rapporté une saleté avec nous ; et puis j’ai du boulot et la Crevette est malade, alors on verra bien.
Début août, je me réveille un matin couverte de piqûres sur les bras et les jambes. Je panique un peu, fais une recherche internet et me dis : “A tous les coups, ce sont des punaises de lit” en me remémorant la bestiole croisée deux mois plus tôt. J’en parle un peu sur Facebook, un ami me donne le contact de sa voisine qui est spécialisée dans la détection des punaises de lit, je passe pas mal de temps au téléphone avec elle… mais je ne trouve rien : pas de trace dans la literie ni sur le sommier. Dans le même temps, notre cuisine est envahie de moucherons piqueurs, à tous les coups c’est de leur faute. Fausse alerte, donc.
Mais dans le doute *Attention, grosse connerie* je vaporise deux bombes insecticides soi-disant tue-punaises dans les chambres, histoire d’écarter le danger. Pourquoi c’est une grosse connerie ? Parce que ça fait fuir les punaises sans les tuer, que ça peut donc les “diffuser” dans l’appartement et qu’elles reviennent au bout de quelques semaines.

Plutôt ce genre-là (moche et sanguinaire). En noir, les traces de déjections, constituées de sang.

Trois semaines plus tard, nous sommes rentrées du Canada depuis quelques jours quand, en faisant le lit, je découvre cinq punaises dans les draps. Là, le doute n’est plus possible, nous sommes envahis. Un rapide cliché, on tue les bestioles, et je recontacte Emilie, de l’entreprise Dogscan, qui avait eu la gentillesse de répondre à mes question quelques jours plus tôt. Elle se démène pour nous caser dans son emploi du temps et arrive en fin de journée avec son chien.
La détection est rapide, et le verdict tombe : nous sommes infestés dans les chambres, les placards, le dressing (grand et encombré de trucs) et la salle à manger. De façon assez miraculeuse, le salon – et donc le canapé – est épargné.
Mais d’où ça vient ? Bonne question, on l’ignore. En comptant la première apparition d’une punaise (juin 2016, donc), on peut estimer que l’infestation remonte à avant Noël 2015, à peu près. L’Anglais et moi nous sommes beaucoup déplacés entre juillet 2015 et l’été 2016, autant dire que n’importe qui a pu rapporter ça (ou alors c’est quelqu’un qui a pu nous contaminer en laissant son manteau sur notre lit lors d’une soirée… mais vu qu’aucune personne de notre entourage n’a ça, il faut croire que c’est la faute à notre goût des voyages).

Alors que je suis encore en train de digérer la nouvelle, Emilie passe en revue les règles à suivre pour se débarrasser de l’infestation. Et si je croyais avoir touché le fond, la fin de son discours me plonge dans un profond désarroi…
Il faut passer tout le textile en machine à 60° et, idéalement, le sécher au sèche-linge (on n’a pas de sèche-linge, mais on peut faire sécher dans le salon et la salle de bains, tous deux épargnés). Ce qui ne passe pas en machine doit être passé à la vapeur du fer (donc très chaud), au sèche-linge à puissance maximale pendant au moins une demi-heure (si) ou au congélateur dans un sac hermétique pendant trois jours (-18° le congélateur). Une fois “propre”, le linge doit être conservé dans des sacs poubelles hermétiques pour ne pas reprendre l’infestation. Si vous sortez le moindre vêtement du sac, il faut le relaver avant de le re-ranger.
OK, ça va être long, mais on peut s’en sortir. Ah mais c’est pas fini. Il faut passer l’aspirateur tous les jours, le vider tous les jours, jeter le contenu du sac (bien fermé) dans une poubelle extérieure, puis nettoyer l’aspirateur à la Javel (j’ai choisi les lingettes) ou à l’eau bouillante.
Bien, bien, bien. Je sens que ça va être fastidieux. Mais là, Emilie m’assène le coup de grâce : il faut enfermer tous les livres dans des caisses hermétiques pendant… deux ans. Euh, pardon ? Ben oui, les punaises peuvent s’y réfugier et y pondre. Dans une caisse hermétique, elles sont condamnées à mourir de faim, un processus qui peut durer jusqu’à 18 mois. Deux ans, c’est une durée “de sécurité”.

C’est le moment où je rappelle que je travaille dans l’édition, que l’Anglais et moi lisons beaucoup de BD et de trucs en tout genre et que la Crevette a déjà une bibliothèque à faire pâlir d’envie beaucoup d’enfants. Il y a littéralement des livres partout : dans la chambre de mademoiselle (grosse bibliothèque avec les BD et les livres anciens, plus les ouvrages historiographiques), dans notre chambre (papiers importants, livres d’art, programmes de spectacles, trucs divers), dans la salle à manger (tous nos poches et nos guides de voyage), sans compter les sacs et cartons de livres à vendre que je ne peux décemment pas remettre sur le marché tout de suite.

Emilie conclut avec une mise en garde : ne surtout pas jeter le lit ou le sommier tant que le traitement n’est pas fini. Pourquoi ? D’abord parce qu’il y a des chances que quelqu’un récupère vos meubles et soit infesté à son tour. Ensuite parce que vous allez installer un nouveau lit qui sera, à son tour, infesté. Enfin parce que le traitement risque de nous coûter assez cher, et qu’il vaut mieux remettre l’achat d’un nouveau lit à plus tard. Ah bah c’est formidable. Passez-moi une corde, ça ira plus vite.
Quand tout ceci sera fait, on pourra… appeler une société spécialisée dans la désinsectisation, pour qu’ils effectuent deux passages à deux ou trois semaines d’intervalle pour réaliser une nébulisation et lancer un fumigène afin de tuer les punaises restantes. Pourquoi deux passages ? Parce que le produit n’agit que sur les adultes, et qu’il faut revenir pour tuer les punaises qui auraient éclot entre-temps. Charmant.

La petite blague ? Le diagnostic tombe exactement quatre jours avant notre départ pour l’Irlande. Il va falloir “stériliser” toutes les affaires et la valise que nous comptons emporter pour éviter de propager l’infestation.
Soyons francs, j’ai passé les trois premiers jours à faire mon ménage en pleurant. Impossible de me concentrer sur mon travail, j’étais obnubilée par cette présence sournoise et insidieuse. Je lavais le plus possible, pestant contre le temps de séchage du linge (et encore, c’était l’été), commandant en catastrophe les premières caisses sur Amazon et emballant des bouquins, tout en passant la valise à la vapeur du fer et en congelant les livres qu’on comptait emporter.

De retour de vacances – qui nous ont offert une pause bien méritée, parce que j’étais au bord de la crise de nerfs – on s’y met franco. C’est parti pour du nettoyage, du repassage, des allers-retours à la laverie, de l’emballage de livres en caisses scellées au scotch… La première semaine, je suis incapable de faire autre chose. Mais il faut bien se remettre à travailler.

Au départ, naïve déterminée, je m’étais fixé comme but d’être débarrassés fin octobre. Puis fin novembre, avant le mariage de C.euh. Puis avant Noël. Pendant les vacances de Noël, nous étions bien évidemment toujours infestés, si bien que l’Anglais et moi avons décidé de nous retrousser les manches. On a emballé les derniers bouquins, vidé ce qu’il restait dans les étagères et, enfin, début janvier, j’ai pu prendre rendez-vous avec la société Easy Services.
Le passage des techniciens est, en soi, une aventure à part entière. D’abord, il faut tout dégager : toutes les caisses en plastique ont été évacuées dans notre garage ou la cave (coup de bol, on n’a pas eu besoin de louer un box), et tous les sacs poubelle amoureusement constitués depuis cinq mois ont été entassés dans la salle de bains pour dégager les accès des pièces contaminées. Ensuite, il est impossible de rester pendant la nébulisation/fumigation : il faut revenir après le départ du technicien pour verrouiller l’appartement (ne pas rouvrir la porte) et ne pas rentrer avant au moins 5 heures. Comme nous avons un enfant en bas âge (moins de 8 ans), il nous était interdit de dormir chez nous, il a donc fallu organiser deux déplacements chez ma mère. De retour à la maison, il faut aérer et continuer à respecter le protocole (lessives, aspirateur…).
Quinze jours après le second passage (samedi dernier, donc), Emilie est revenue avec son chien pour nous confirmer la bonne nouvelle : plus de punaises à la maison ! Il reste à ranger les affaires dans les placards et les livres dans les bibliothèques, mais en procédant avec beaucoup de prudence, car nous avons emballé certaines choses non traitées pour accélérer la procédure. Il faudra les déballer dehors ou dans la baignoire, et les laver/congeler immédiatement. On a encore quelques mois d’amusement en perspective, mais on respire.


Concrètement, qu’est-ce que cela a changé ? D’abord, nos finances !
Car tout cela coûte cher… Premier poste de dépenses pour nous, les caisses en plastique  : nous en avons acheté une quarantaine (si), ce qui nous revient à environ 600€. Dans ces moments-là, j’ai maudit mon goût pour la lecture ! Il faut ajouter à ça le prix de la détection canine (entre 200 et 250€ par passage, sachant que nous en avons demandé deux), ainsi que celui de la désinsectisation (210€ par passage, deux passages) et, accessoirement, des voyages à la laverie. Au final, cette joyeuse expérience nous a coûté pas loin de 1500€, creusant un sacré trou dans le budget familial. Et ne comptez pas sur l’assurance : la punaise de lit n’est pas considérée comme un nuisible (elle n’est porteuse d’aucune maladie connue), donc c’est à vous de vous débrouiller. En plus, seule la moitié de la population réagit aux piqûres, ce qui n’est pas notre cas. Les seules traces que j’ai arborées pendant ces 6 mois étaient celles des moucherons.
J’ai aussi tué trois pulls et deux jeans (à force les porter/laver à 60°) et dû racheter en catastrophe des vêtements chauds car j’étais incapable de retrouver les miens (à l’heure actuelle, certains de mes vêtements sont toujours portés disparus, probablement à la cave).
Et puis, soumis à trop de sollicitations, notre grand étendoir et notre aspirateur ont rendu l’âme, respectivement en octobre et fin janvier. Encore des emmerdes et des frais supplémentaires.

Ensuite, nerveusement : au moins les premières nuits, on dort mal, on est sur les dents, on hésite à éteindre la lumière (les punaises sont très photosensibles – mais sous la couette, il fait noir quand même, alors…). Et puis c’est épuisant : la routine est lourde, il faut tout trier, nettoyer, ranger, classer. Ce n’est pas drôle d’avoir des sacs poubelles dans son entrée en permanence, de devoir expliquer que, non, on n’en a toujours pas fini avec les punaises, d’expliquer à son enfant que ses livres et ses doudous sont rangés, de porter les deux mêmes jeans et les six mêmes t-shirts pendant six mois…

Enfin, socialement : nous avions l’habitude de recevoir pas mal, d’organiser des trucs à la maison, ça a été terminé. Déjà parce qu’on ne se sentait pas forcément d’inviter des gens en sachant qu’on risquait de les infester (dans le genre cadeau empoisonné, ça se pose là). Ensuite parce que certaines personnes de notre entourage nous ont purement et simplement informés qu’ils ne viendraient pas parce qu’ils avaient la trouille. Si je peux le comprendre, je dois avouer que ça a été un peu blessant, car il y avait autant de chances d’être infesté en s’asseyant dans notre canapé qu’en prenant le métro avec nous (soit très faibles à aucune, vu que le canapé était intact et que tous les vêtements qu’on portait étaient lavés à 60°).
Sans compter le stigmate toujours attaché à ce genre de problème, que l’on attribue souvent à un manque d’hygiène alors que c’est faux.

En revanche, avoir des punaises nous a forcés à faire un tri, en particulier dans les vêtements : on a éliminé plein de choses qu’on gardait un peu par sentimentalisme, un peu par “ça pourrait servir un jour”, et on a enfin revu le fond du dressing, porté disparu depuis deux ans. Pareil avec les livres, même si on n’a rien jeté et tout enfermé : en janvier 2019, on saura quoi revendre et quoi conserver.
Autre effet inattendu : le dialogue. Dès qu’on aborde le sujet, on se rend compte que plein de gens autour de nous ont eu le même problème ou connaissent des gens qui ont eu le même problème. Rien que dans ma sphère professionnelle, quatre personnes ont été touchées ces dernières années (courage, Tinou !). En plus, comme j’estimais qu’en parler m’aiderait à m’en remettre, j’ai eu les honneurs du Figaro (avec mes sacs poubelles, mes armoires vides et tout, et tout).

Comme ils nous ont beaucoup aidés et ont été très à l’écoute, je vous mets les coordonnées de nos “fournisseurs”.
Dogscan, détection canine des punaises de lit. Vous pouvez consulter leur page Facebook et leur site Internet.
Easy Services, le service de dératisation/désinsectisation recommandé par Dogscan.

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