Liebster Award 2

Me revoilà avec un tag tout neuf, signé Captain Rawr, dont j’ai découvert le blog grâce au Everyday Life Challenge d’Armalite. Vu que je raconte ma vie ici depuis un moment, je vais essayer de trouver 11 choses “inédites” sur ma personne, mais je ne garantis rien…

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11 choses sur moi

  • Je suis hystérique à tendance pseudo-paranoïaque. Si, si, si, ça existe. Non, c’est pas ultra fun mais voyons le bon côté de choses : je ne suis pas vraiment paranoïaque.
  • J’ai un (gros) faible pour la presse people, ça me vide le cerveau.
  • Je suis allergique aux moisissures.
  • L’endroit du monde que je préfère, c’est le Kiyomizu-dera, à Kyôto. Malgré le monde, je m’y sens chez moi et j’éprouve toujours une sensation de sérénité.
  • Je déteste les films d’horreur. Pas pour le gore, mais pour le suspense : je n’en dors plus pendant des jours (mais ça ne m’empêche pas d’aller lire le résumé du film sur Wikipédia).
  • L’Anglais – mon cher et tendre époux – n’est pas anglais du tout.
  • J’ai pas l’air comme ça, mais j’ai un long passé d’otaku à l’époque où ce n’était pas du tout la mode. Je suis capable de chanter (très faux) tout un tas de génériques de DAN des années 80-90, en français et/ou en japonais.
  • J’ai appris l’allemand parce que mon père habitait à Zug, en Suisse alémanique. Mon idée de l’enfer.
  • Mes origines familiales puisent en France mais aussi en Pologne, Allemagne, Roumanie, Italie et éventuellement Russie (on n’est pas bien sûrs).
  • Je chante comme une casserole et je tape maladroitement sur un piano, mais bizarrement, j’estime avoir l’oreille musicale.
  • Je sais lire à l’envers.
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11 questions (posées par Captain Rawr)

1. Est-ce que tu aimerais être une tortue?
Ben j’aime pas trop la salade en fait… et puis dans ma famille, c’est mon oncle qui imite le mieux la tortue, alors je pense que c’est pas trop pour moi

2. Tu fais quoi dans la vie ?
Ouh, la question qui tue ! Je suis traductrice et romancière. Et puis, des fois, je corrige des rapports d’expertise sur les conditions de travail en entreprise et j’ai envie de tuer mes consultants (coucou Roxy :D)

3. Un rêve ultime?
L’Académie Française, en toute modestie. Visons haut.

4. Quelle serait ta société idéale?
Quand j’étais ado, je me suis prise d’une passion pour les utopies (Thomas More, Tomasso Campanella…). Aujourd’hui, je suis beaucoup plus dubitative. J’ai bien conscience que notre société est loin d’être parfaite, mais j’estime, à l’instar de Churchill que “la démocratie n’est pas le meilleur des régimes, mais le moins pire”.

5. Ton jeu préféré?
Le Trivial Pursuit. Mais l’ancienne version, la nouvelle est trop facile (je suis une mamie intello, j’assume).

6. Prend le premier bouquin près de toi, ouvre le à la page 11, quel est le 11e mot? Et ça t’inspire quoi?
“Ensorcelés” (in “Préface” de Les Caractères de La Bruyère, folio classique). C’est drôle, pris hors contexte, c’est exactement à l’opposé de l’oeuvre de La Bruyère qui se veut rationnelle.

7. Tes proches sont-ils au courant de ton blog? Oui, non , pourquoi? Comment ils ont réagi si oui?
Mes proches (y compris mes parents) connaissent l’existence de ce blog, et n’ont pas particulièrement réagi en l’apprenant. En revanche, seuls mes amis et contacts Facebook savent que je l’ai repris après une longue parenthèse de 3 ans et demi. J’aime bien savoir que j’ai un public, et je me suis aperçu que je racontais des choses (en particulier sur la maternité mais pas que) qui trouvaient un écho chez d’autres personnes.

8. Tu connais d’autres langues? (et si oui, c’est quoi ta préférée?)
Je parle anglais (c’est mon boulot), allemand (sous la torture) et japonais (de préférence avec un coup de saké dans le nez, je suis plus fluide). Ma préférée, mais aussi celle avec laquelle j’entretiens le rapport le plus complexe, c’est bel et bien le japonais.

9. Ton plus vieux souvenir c’est quoi?
La porte de l’ascenseur qui s’ouvre sur le palier de notre étage. Nous avons quitté cet immeuble quand j’avais 13 mois, donc j’avais environ un an.

10. Ton moment préféré dans la journée?
Deux pour le prix d’un : quand je bois mon thé le matin en parcourant les articles de blog publiés dans la soirée/nuit, et quand je me mets au lit le soir avec un bouquin.

11. Quelle est la plus grande chose que tu aies faite?
Un bébé de 3 kg. Ouais, elle était facile.

 11 questions
1. Quel parfum pour les glaces ?
2. Quelle serait ta destination rêvée ?
3. S’il ne fallait sauver qu’un seul objet chez toi, ce serait quoi ?
4. Chien ou chat ?
5. Un artiste que tu vénères, et pourquoi ?
6. Quel est ton moyen de procrastination préféré ? (J’invente des concepts si je veux)
7. Ta nourriture préférée ?
8. Quelle est la matière qui, à l’école, t’ennuyait profondément et qui t’intéresse aujourd’hui?
9. Sucré ou salé ?
10. Les enfants : pour, contre, NSPP ?
11. Si tu te retrouvais à la tête de l’Etat, quelle serait ta première mesure ?

Et reprend le tag qui veut, je ne force personne !

Grandes eaux musicales à Versailles

Dimanche, après plusieurs semaines de lobbying – mais si, je t’assure mon chéri, c’est bien – et grâce au beau temps, nous sommes allés au château de Versailles dans l’espoir d’assister aux grandes eaux musicales.
Je me permets un petit aparté : j’adore Versailles, qu’il s’agisse du château, des Trianon, du hameau, du parc ou des jardins (oui, il y a une différence). J’ai été figurante aux fêtes de nuit, gardienne de salle en été (c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Ioionette) et j’y ai traîné mes guêtres un certain nombre de week-ends lorsque j’étais au lycée (l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans). Du coup, même si cela faisait longtemps que je n’y avais pas mis les pieds, je me suis de nouveau sentie comme chez moi.

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La façade sur le parc

Bon, niveau organisation, c’était pas trop ça : la mise en eau des bassins se fait de 11h à 12h puis de 15h30 à 17h30. Nous avions donc l’intention d’arriver à 11h, nous balader, déjeuner et faire manger la Crevette, et repartir lorsque cette dernière en aurait marre. Bien évidemment, on est partis un peu plus tard que prévu, on a tourné 20mn pour trouver une place, marché 10mn pour atteindre le château, brinquebalé la poussette sur les pavés de la cour d’honneur et fait la queue un bon quart d’heure sous le soleil pour acheter nos places… Du coup, nous sommes entrés dans les jardins à 11h50. Arg.

Le bassin de Latone
Le bassin de Latone

Nous avons tout de même eu le temps de contempler la façade sur le parc, le parterre d’eau et le bassin de Latone avec leurs jets d’eau, le tout rythmé par les morceaux baroques les plus célèbres. Personnellement, c’est un spectacle dont je ne me lasse jamais, surtout sous le soleil, car alors les fontaines scintillent de mille feux.

Le parterre d'eau
Le parterre d’eau

Nous avons ensuite descendu la grande perspective – qui est malheureusement bouchée par une installation d’art contemporain représentant semble-t-il une corne d’abondance – en faisant un détour par le bassin du dauphin, jusqu’au bassin d’Apollon. Derrière s’étend le grand canal, et commence le “parc”, la partie des jardins dont l’accès est gratuit.

Un bout de l'Allée Royale
Un bout de l’Allée Royale

Puis nous sommes revenus sur nos pas en déambulant dans les allées bordées d’ifs touffus qui procurent une fraîcheur bienvenue et dissimulent les visiteurs les uns aux autres. Guidés par la musique, nous avons bientôt débouché dans une espèce de grand amphithéâtre de verdure ordonnancé à la française, mais avec des éléments évoquant déjà le faux naturel du jardin anglais : bosquets fleuris, arbres plantés à des intervalles irréguliers… De l’autre côté de la pelouse, se trouve le bassin du miroir qui, en dépit de l’heure, offrait un spectacle superbe de jeux d’eau sur fond de musique baroque.

Je vous assure que c'est moins rectiligne que le reste !
Je vous assure que c’est moins rectiligne que le reste !
Des jeux d'eau...
Des jeux d’eau…
...et encore...
…et encore…
Je ne m'en lasse pas (mais vous si, peut-être)
Je ne m’en lasse pas (mais vous si, peut-être)

Enfin, nous avons voulu faire un détour par la salle de bal. Pourquoi cela ? Parce que c’est de ce fichu bosquet qu’il est question dans le film Les jardins du roi. Même si les fontaines étaient au repos, les bassins étaient remplis d’eau qui parfois dégouttait d’une vasque à l’autre. J’aurais adoré l’admirer en eau, malheureusement la Crevette montrait des signes d’épuisement, et nous avons jugé plus sage de repartir.

La salle de bal...
La salle de bal…
...dite aussi "bosquet des rocailles" à cause des éléments de décor en meulière et coquillages
…dite aussi “bosquet des rocailles” à cause des éléments de décor en meulière et coquillages

Au final, je pense que nous reviendrons avant la fin de l’été. Même l’Anglais, pourtant très anti-Louis XIV (forcément, quand on a des racines protestantes en Cévennes…) a reconnu que c’était très beau et que la balade valait le détour. En outre, j’ai plusieurs amies de lycée qui vivent toujours dans les parages, et nous allons certainement nous organiser pour nous retrouver.
L’entrée des grandes eaux est payante mais, à 9€ par adulte pour se promener toute la journée et profiter du spectacle, je trouve que ça se rentabilise facilement (bon, s’il pleut, dommage pour vous…). Les enfants de moins de 4 ans ne paient pas.

En ce moment j’ai envie de…

Source
Source
  • Lire autre chose que des romans : BD, reportages, ouvrages historiques… L’avantage, c’est que c’est exactement ce genre de livres que j’ai reçu pour mon anniversaire, donc ça me fait une petite réserve.
  • Porter des jupes ou robes sans collant. Parce que bon, 6° le matin, c’est un peu frais pour mes mollets.
  • Passer une journée à ne rien faire : traîner au lit jusqu’à pas d’heure, bouquiner dans le canapé, ne rien avoir à gérer…
  • Ecrire. Et donc finir ce f***u synopsis qui n’attend qu’un coup de pied aux fesses pour être terminé.
  • Assister à un nouveau bal. OK, je triche un peu, c’est prévu pour fin juin, mais quand même.
  • Trier, ranger, vider. Pour la première fois depuis au moins trois ans, je suis en train d’écluser les livres qui encombrent notre intérieur (surtout les miens, en fait). J’envisage de m’attaquer ensuite aux DVD et aux vêtements.
  • Refaire la déco du salon. J’en parle depuis janvier, je fantasme dessus depuis bien plus longtemps, mais il faudrait vraiment qu’on passe à l’action (et qu’on vire ce canapé rouge).
  • Partir en vacances. Comme tout le monde, je suppose.

(Dé)goût et des couleurs

Comme beaucoup de gens, j’ai un rapport assez complexe à la nourriture et à l’alimentation. Ca a commencé très tôt : bébé, ma mère devait se battre pour me faire avaler autre chose que du lait ; petite, mon régime alimentaire fut pendant un temps composé exclusivement de jambon blanc, de concombre, de kiri et de Galak (parmi ces nourritures, il y en a deux aujourd’hui que je ne peux plus avaler, saurez-vous déterminer lesquelles ?).
Même si j’ai un peu diversifié mon assiette, me faire manger demeurait une gageure, d’autant que j’étais très rétive à la nouveauté. Il existait des blocages purement physiques (je n’aimais pas l’odeur du poisson donc je n’en mangeais pas), d’autres plus inconscients (longtemps je n’ai pas consommé de fromage parce que mon père n’aimait pas ça)…

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A l’adolescence, certains chocs assez durs à encaisser ont accentué ma tendance naturelle au comfort eating (manger pour se réconforter) et je suis devenue ce que les Anglo-Saxons appellent une “mangeuse émotionnelle” : je mange en fonction de mes émotions. J’ai tendance à plonger dans le sucré et/ou le gras si je n’ai pas le moral, si je m’ennuie… La liste peut être longue.
Mais cela, je l’ai beaucoup travaillé en analyse, et on peut dire aujourd’hui que, sans être résolu, c’est sous contrôle. Mon souci principal, ce sont mes dégoûts alimentaires qui ont longtemps été nombreux. Poisson, fromage, foie gras, salade… j’en passe, et des meilleures. Et puis un jour, le déclic.

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Udon (nouilles de blé) au boeuf

Ma sœur était à l’époque en école, se préparant à devenir ingénieur en sciences et techniques de l’alimentation (J’ai bon ?). Au cours d’une discussion à trois avec ma mère, elle s’est mise à nous expliquer qu’aucun goût n’était inné, et que tout était une question d’acquis, de culture, de mode, de représentations… Mine de rien, cette petite phrase a fait un sacré chemin dans ma tête.
Quelques mois (années ?) plus tard, au cours d’un séjour au Japon, je prévois de retrouver une de mes plus anciennes amies pour dîner à Tokyo. Je lui laisse toute latitude pour le choix du resto, j’adore la cuisine japonaise, c’est toujours bon. Tout en cheminant, nous discutons et je finis par lui demander ce qu’on va manger ; elle me sort un mot japonais, accompagné d’un geste qui me fait un peu froid dans le dos. A force de tâtonnements, je comprends que nous allons manger du ragoût de tripes de mouton à la mode de Kyûshû (donc épicé). Grosse sueur froide.
Mais je ne pouvais pas me dérober : le resto était réservé, je n’avais pas pensé un seul instant à lui communiquer des interdits quelconques, et je me suis dit qu’on verrait bien ce qu’on verrait… Au final, ça s’est bien passé – sans doute aussi parce qu’il y avait plus de nouilles et de légumes que de viande dans le bouillon – mais on ne s’est pas arrêtées en si bon chemin ! Enthousiaste, Shige-chan a également commandé des sushis de viande de cheval (cuite) et du tartare de foie de bœuf à la coréenne. Non seulement j’ai survécu, mais j’ai plutôt aimé, surtout l’assaisonnement du tartare.
Et je suis sortie de là en ayant perdu un gros paquet d’a priori sur la nourriture…

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Depuis, j’ai beaucoup élargi la palette des saveurs et des produits que je consomme. Certes, il y aura toujours des blocages (le café, même pas en rêve) ou des dégoûts (les fromages au lait cru, les agrumes cuisinés…), mais comparé à la petite fille que j’ai été, quel progrès ! Je crois que ma mère n’en revient toujours pas.
Aujourd’hui, je pars du principe que je suis adaptable et que rien n’est gravé dans le marbre. C’est aussi ce que j’essaie de me répéter quand la Crevette repousse d’un geste décidé sa cuillère à la troisième bouchée… mais ceci est une autre histoire !

Ma sœur

Source
Source
  • Ne pas du tout avoir les mêmes goûts mais toujours repérer ce qui pourra plaire à l’autre, du vêtement au street art en passant par les événements culturels.
  • Chanter à tue-tête et très mal sur SingStar (et me faire battre presque systématiquement).
  • Connaître par cœur le répertoire d’Abba. Et celui des Spice Girls.
  • Aller voir ensemble les comédies musicales adaptées de ces deux groupes.
  • Prendre le temps de déjeuner de temps à autre.
  • Parler boulot, beaucoup. Famille, pas mal. Amour(s), un peu.
  • Comploter par mail, téléphone et SMS dès lors qu’il y a un anniversaire ou Noël à l’horizon.
  • Finir par systématiquement m’en remettre à elle pour les cadeaux de ma mère.
  • L’appeler d’une voix tremblotante dès que mon ordi / iPhone / appareil électronique fait un truc bizarre.
  • Supporter mutuellement depuis près de 30 ans de partager nos anniversaires.

Joyeux anniversaire !

Allô, tonton Sigmund ?

Au début du mois, cela a fait dix ans que j’ai débuté mon analyse. Vous lisez bien : cela fait dix ans que, deux fois par semaine, je m’allonge sur un divan et que je paie quelqu’un pour m’écouter déblatérer sur tout et sur rien. Je préfère ne même pas essayer de calculer la somme que j’ai engloutie là-dedans, sinon je vais commencer à avoir le tournis. D’un autre côté, comme je n’ai jamais eu l’ambition d’être propriétaire, ce n’est pas si grave.

Mes copines savent toujours quoi me rapporter comme souvenir de vacances...
Mes copines savent toujours quoi me rapporter comme souvenir de vacances…

Il y a dix ans, donc, je rentrais du Japon, dans un état plus que moyen : après une parenthèse de huit mois – absolument pas rose mais sacrément dépaysante – je me prenais en pleine figure tous les problèmes que j’avais mis de côté en partant. Et bizarrement, ni le temps ni l’éloignement n’avait aidé à les résoudre. Lorsque je me suis aperçu que je n’avais aucune envie de fêter mon anniversaire et que j’envisageais plus ou moins sérieusement de me jeter dans la Seine, j’ai pris les choses en mains.
Il faut savoir que j’avais déjà consulté une psychologue à 15 ans et que, même si cette rencontre avait été bénéfique sur le coup, elle n’avait pas traité la cause, seulement quelques symptômes. Par ailleurs, la psychanalyse m’avait toujours fascinée : c’est d’ailleurs le seul cours de mon année de philo en terminale que je me souviens avoir compris d’un bout à l’autre…
On pourrait donc dire que le terrain était préparé.

Concrètement, comment ça se passe ? J’arrive et je dis ce qui me passe par la tête. Parfois, ça sort. Souvent, ça bloque. Comme ma psy est lacanienne mais trop (je ne vais pas entrer dans les détails, pour moi ce sont un peu des querelles de clocher), elle essaie de me poser des questions, souvent les mêmes : est-ce que j’ai fait des rêves, est-ce que j’ai quelque chose à dire, comment s’est déroulé tel événement que j’ai abordé la fois précédente… Tout peut paraître décousu, voire carrément incohérent, mais l’association d’idées est la base du travail psychanalytique : la question est de savoir pourquoi vous établissez tel lien entre deux idées a priori indépendantes.

Sigmund_Freud_LIFELa personne qui vous accompagne n’est pas là pour vous juger mais pour vous pousser à la réflexion, dans et hors de son cabinet. Celle-ci peut en effet se prolonger par des lectures, des rêves…

Mais alors, est-ce efficace ? Il est très difficile de répondre à cette question parce que, dans mon cas, j’estime que c’est (très) efficace. Toutefois, l’analyse ne propose pas de solution concrète (se focaliser sur le positif, faire des exercices…) et est donc difficilement quantifiable. Je me souviens qu’au début, chaque fois qu’on posait la question et qu’on me demandait un exemple lorsque je répondais par la positive, j’étais incapable de trouver une réponse. Aujourd’hui encore, je peux dire que certaines choses sont résolues et que d’autres sont en cours, mais sans entrer dans les détails (à la fois parce que cela relève de l’intime et parce que cela demeure flou).
Pourquoi est-ce aussi long ? Dix ans, ce n’est pas rien… Au moment où j’ai débuté, je pensais en avoir pour environ 7 ans (au moins, je savais que je ne m’engageais pas pour 6 mois). Aujourd’hui… je préfère ne pas faire de pronostic ! En ce qui me concerne, cela prend du temps parce que, paradoxalement, je suis très réfractaire à ce travail ; il n’est pas rare que je sois incapable de dire quoi que ce soit, ou que mon cerveau me mette de la musique abrutissante en fond sonore pour m’empêcher d’accéder à ce qui fait problème. Du coup, je perds beaucoup de temps.

N’y a-t-il pas une forme de dépendance ? C’est possible. Il n’est pas rare que je me dise “Il faudra que j’en parle à ma psy” en pensant à quelque chose. Mais à mon avis, c’est plutôt une sorte de “servitude volontaire” et non une manipulation quelconque ; je sais que je suis libre de partir, mais je reviens quand même. Comme je le répète souvent, le jour où j’arrêterai, je ne saurai pas quoi faire de tout ce temps ni de tout cet argent.
Alors tout est rose ? Certainement pas ! Il m’arrive très souvent de douter, de m’interroger. Certaines pistes lancées par ma psy ou vérités que je découvre moi-même sont parfois très difficiles à avaler (quand on se rend compte qu’on est moins tolérant qu’on ne le voudrait, quand le “diagnostic” d’hystérie m’a été annoncé) ; le pire c’est que, plus je les nie violemment, plus cela veut dire qu’elles font mouche. J’ai parfois envie de tout laisser tomber et de partir en claquant la porte. Pourtant, après mûre réflexion, j’ai décidé que, même si ce n’était pas idéal, je me portais mieux en consultant qu’en étant livrée à moi-même pour gérer les problèmes.

Au final, c’est un choix coûteux (en temps, en argent, mais aussi d’un point de vue émotionnel) mais que j’ai fini par assumer. Je ne pense pas que c’est une solution qui convienne à tout le monde, pour plein de raisons, mais elle a nettement ma préférence. Et depuis quelques temps, j’ai aussi appris à chercher ailleurs, en parallèle, les indices qui me permettront d’avancer.

Comment ruiner ses collants

En cette fin d’hiver ce début de printemps, j’ai du mal à retenir un frisson d’angoisse quand il s’agit de trouver un collant adapté à la température et aux aléas climatiques du jour. Car ma réserve diminue à vue d’oeil, victime des accidents ou incidents les plus idiots ou insolites, que je vous propose de passer en revue (je précise que ces scènes ont été réalisées sans trucage).

Source
Source
  • Le grand classique reste quand, au moment d’enfiler la bête, votre montre / bague / bracelet se prend dans les mailles. – 1 paire.
  • Vous avez un chat, que vous adorez et qui vous le rend bien (surtout à l’heure des croquettes). L’aimable animal vient poser son séant sur vos genoux pour réclamer des caresses et, grisé de tant d’attentions, se fait les joyeusement les griffes sur vos cuisses. Outre que le collant protège moins bien qu’un jean, il est aussi moins résistant. – 2 paires (et des griffures en prime).
  • Vous avez assorti vos collants à de jolies chaussures à talons. Bon, les talons sont un peu vieux et ont le bord un peu écrasé et coupant. Croisant négligemment les jambes, votre talon accroche le collant… et c’est fini. – 3 paires.
  • Par un hasard aussi moche qu’improbable, vous possédez un accessoire avec des scratchs (dans mon cas, le sac à langer). Dans un moment d’inattention, l’un d’entre eux se colle amoureusement à votre mollet. Vous vivez de longues secondes de désarroi, à vous demander s’il faut tirer délicatement, arracher d’un coup sec ou si, éventuellement, vous pourriez lancer une nouvelle mode. Ne cherchez pas, aucune de ces solutions n’est la bonne. – 4 paires.
  • Dans la Gambettes Box, un magnifique collant 20 deniers vous tendait les bras. Certes, les tailles sont un peu fluctuantes et vous n’êtes pas certaine d’être à l’aise mais, quand même, après tous ces collants opaques, un peu de légèreté sera la bienvenue. C’est bon, ça passe, jusqu’au moment où vous avez l’idée saugrenue de faire quelque chose : au premier geste un peu énergique, votre fesse traverse le vêtement, terminé. – 5 paires.
  • Bonus : vous avez un enfant plâtré qui adore faire des câlins sur vos genoux. C’est dommage, vos collants apprécient beaucoup moins que vous cette soudaine et affectueuse promiscuité. – 6 paires (bave et petits doigts poisseux dans les cheveux en option).

Bien évidemment, je n’aborde pas le traditionnel trou né au fond d’une chaussure (mes boots percent tous mes collants, je n’ai jamais compris pourquoi), le gadin (de préférence dans l’escalier) ou l’amoureux trop empressé (ah c’est sûr que les collants Chantal Thomass font leur effet… mais pas deux fois).
Et vous, quelles sont vos histoires ?

Jean-Paul Gaultier au Grand Palais

Après deux expositions “sérieuses” sur des thèmes assez classiques, mercredi fut consacré à la découverte de la rétrospective que le Grand Palais consacre à Jean-Paul Gaultier. Grâce aux amies titulaires de la carte culture, nous avons pu griller la file, mais je ne saurais trop vous conseiller de réserver vos places à l’avance.

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Après une rapide chronologie ainsi qu’une explication sur les origines de la vocation de JPG, que l’on pourrait considérer comme “la jeunesse” (assistant chez Pierre Cardin, collaboration chez Dior), on découvre les créations personnelles du couturier (qui a ouvert sa propre maison à 24 ans).

Et là, on en prend plein les yeux, tant dans les tenues présentées que dans la muséographie : outre les traditionnels mannequins revêtus des somptueuses créations que nous avons pu admirer à la télé lors du reportage bisannuel sur “les nouvelles collections”, certains d’entre eux ont été modelés pour prendre les traits de muses, mannequins ou de JPG himself. L’expérience est un peu déroutante, mais pas inintéressante, surtout lorsque le mannequin se met à parler avec la voix de son modèle.
On peut également admirer un défilé sur podium avec un front row dont toutes les places ont été attribuées à des personnalités ayant un lien particulier avec le couturier. J’ai beaucoup apprécié cette partie, notamment les descriptions à haute voix de certaines tenues.

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L’exposition aborde ensuite les collaborations avec des muses, notamment les artistes. Outre Madonna, bien évidemment, on croise Beth Ditto, Kylie Minogue ou Mylène Farmer, qui toutes lui ont commandé des tenues de scènes. On notera au passage la délicatesse des commissaires qui n’ont rien trouvé de mieux que d’enfiler la tenue de Beth Ditto… sur un mannequin masculin. Classe.

En filigrane, on suit un parcours thématique autour des grandes influences du couturier : le tartan, le corset, l’ethnique… Ainsi qu’une rapide rétrospective des costumes créés pour la scène et le cinéma.

Au final, on en voit vraiment beaucoup, c’est impressionnant. Je ne crois pas avoir déjà vu autant de pièces dans une exposition consacrée au costume, mais je n’en ai fait que très peu sur les créateurs contemporains. La présentation est bien faite, plutôt innovante, et on pourrait toucher du doigt certaines tenues (je ne plaisante pas, j’en ai vu le faire).
Quelques regrets : il y a du monde, et je vous conseille fortement d’éviter les périodes de forte affluence ; j’aurais aimé que la partie consacrée au cinéma soit plus développée (on ne voit que quelques esquisses préparatoires pour Le cinquième élément, par exemple) ; et la boutique ne propose pas de carte postale des vêtements, uniquement des portraits ou des logos.

Jean-Paul Gaultier, Grand Palais, jusqu’au 3 août

Les Tudor au Musée du Luxembourg

Lundi après-midi, profitant d’un emploi du temps parfaitement dégagé et de l’absence totale de contrainte horaire (oui, c’est rare), j’ai retrouvé Lou² pour l’exposition sur les Tudor, au musée du Luxembourg.

tudors_09-02-15J’apprécie beaucoup cette période de l’histoire anglaise, poussée bien entendu par les films Elizabeth avec Cate Blanchett, mais aussi par mon amour personnel de la Renaissance. L’exposition est bien faite : si vous choisissez de négliger l’audioguide parce que, par exemple, vous avez un mois et demi de nouvelles à rattraper avec une copine ou parce que vous préférez admirer les œuvres à votre rythme, aucun souci. Il y a des cartels, bien rédigés, clairs et concis. Alléluïa.

La muséographie n’est pas révolutionnaire : on présente l’histoire de cette dynastie dans l’ordre chronologique, de Henry VII à Elizabeth I, mais c’est bien fait. Les supports sont nombreux et variés : des portraits, bien sûr, mais aussi des livres d’heures, quelques lettres, des traités, des bijoux… A chaque fois, la notion de dynastie, de continuité et/ou de rupture est mise en avant. Plusieurs arbres généalogiques viennent nous aider à nous repérer dans le bazar qu’était cette famille, soulignant les liens entre les différents souverains et leurs équivalents européens. On aborde (rapidement) les querelles religieuses ainsi que les relations de ces rois et reines avec la France.

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Enfin, une partie de l’exposition est consacrée à la légende des Tudor et à la façon dont celle-ci fut (et est encore) exploitée par les artistes. Depuis Shakespeare, inséparable de l’époque élisabéthaine, aux séries actuelles, on passe en revue tous les arts qui ont exploité cette matière : opéra, gravure (d’après Walter Scott, par exemple), théâtre, cinéma… Il y en a pour tous les goûts.

Au final, j’ai beaucoup apprécié cette visite, à la fois parce que le panorama est complet et bien fait, mais aussi parce que j’ai pu découvrir quelques petites choses que j’ignorais encore. En bonus, la boutique est bien faite et propose des ouvrages historiques de référence au même titre que les traditionnelles babioles et cartes postales.

Les Tudor, Musée du Luxembourg, jusqu’au 19 juillet

Une question d’instinct

Instinct

Quand j’étais ado, je m’étais forgé une espèce de règle : “la première impression est toujours la bonne”. A l’origine, je l’appliquais à mon travail (si je sens bien un contrôle ça devrait aller), sauf que ça ne marchait pas vraiment : que j’aie un bon pressentiment ne changeait rien au fait que j’étais nulle en maths et que je me tapais des sales notes, par exemple.

En revanche, en matière de gens, c’était différent. Bizarrement, j’ai toujours ressenti un petit quelque chose, une sorte d’intuition qui me soufflait que ça se passerait bien (ou mal !) avec telle ou telle personne.
Là où ça devient carrément drôle, c’est pour les histoires de cœur. De façon systématique, mon instinct savait ou pas si la relation que j’envisageais allait se révéler fructueuse. Ainsi, il m’est arrivé de faire machine arrière toute – parfois, sans doute, à la grande surprise du jeune homme qui devait être un peu déboussolé – sans raison apparente, juste parce que quelque chose me semblait clocher. Des mois voire des années plus tard, j’ai eu la confirmation que j’avais eu raison.
A l’inverse, il m’est arrivé de fantasmer sur quelqu’un en sachant très bien que, dans la réalité, une relation avec la personne sur laquelle j’avais jeté mon dévolu se révélerait désastreuse.

Bien entendu, cela ne veut pas dire que j’ai toujours écouté cet instinct. J’ai souvent ignoré cette petite voix discordante – pour me rendre compte, parfois bien après, qu’elle était présente dès le départ. J’ai infligé et me suis infligé de la peine inutile, et j’ai probablement adopté un comportement (en apparence) cruel.
Si j’en parle à présent, c’est que différents événements et discussions qui ont eu lieu ces derniers temps m’ont poussée à me tourner vers cette espèce de “conscience intérieure”, le fameux gut feeling des Anglo-Saxons et, en particulier, à l’écouter. On va dire que c’est une expérience un peu nouvelle pour moi. Parce qu’au bout du compte, l’idée derrière cet instinct, c’est qu’il faut se faire confiance.