Eliogabalo

A Rome, l’empereur Eliogabalo suscite l’indignation par son comportement : il cherche à séduire toutes les femmes, avec ou sans leur consentement, se comporte de façon excentrique et indigne. Tentant d’assouvir ses désirs au mépris des conventions sociales et politiques, l’empereur se met peu à peu la cour et le peuple à dos, tandis que la révolte gronde…

eliogabalo-affiche

Voilà, à très gros traits, la trame de cet opéra, qui met aussi en scène deux couples d’amoureux contrariés, une nourrice retorse, un sous-fifre affreux et une jeune fille innocente, dans la plus pure tradition de l’opéra baroque italien. Cavalli a créé cet opéra pour le carnaval vénitien, mais l’oeuvre ne fut jamais montée de son vivant. Vite tombée dans l’oubli, elle ne fut ressuscitée qu’en… 1999 ! C’est cette année son entrée au répertoire de l’Opéra national de Paris.

Par où commencer ? Peut-être par le plus évident : la musique. Dès les premières notes, exécutées avec brio par l’orchestre Cappella Mediterranea, on retrouve tous ces motifs propres au 17ème siècle, ces envolées que ne peuvent évoquer que les instruments anciens. Tout de suite, j’ai eu l’impression d’entendre la parfaite synthèse entre Monteverdi et Lully, sentiment qui ne s’est pas démenti un seul instant.
Les chanteurs interprètent leurs personnages avec une force et une conviction poignantes. A ma grande surprise, deux rôles masculins d’importance – Eliogabalo et Giuliano – étaient interprétés par des haute-contre. Non que le recours à ce genre de voix soit rare, mais deux dans une seule oeuvre, je ne crois pas en avoir déjà entendu. Je pourrais englober l’intégralité de la distribution dans mes louanges tellement j’ai été transportée dans cet opéra – alors qu’en arrivant, je me suis quand même dit : “3h40, ça va être long”.

eliogabalo-2

Mais au-delà de l’interprétation, il faut souligner l’importance du travail de Thomas Jolly, le metteur en scène, dont c’étaient les premiers pas à l’opéra. En fouillant dans ce qu’il qualifie de “légende noire” du personnage – historique – d’Héliogabale, il nous livre une vision toute en nuances de ce personnage et du propos de l’oeuvre. Car au final, c’est un opéra qui pose beaucoup de questions sur le genre, l’identité, sur ce qui définit un personnage comme “efféminé” ou pas, sur le chaos ou l’ordre…
La mise en scène est d’une grande intelligence et d’une grande modernité, autour d’un élément de décor toujours en mouvement, symbolisant les différents lieux de l’histoire. J’ai adoré également les “effets spéciaux” comme le bain d’or (je n’ai toujours pas compris comment c’était possible) ou le vol de chouettes. Le jeu de lumières, créé par Antoine Travert, suggère d’un simple rayon une salle à colonnes, un emprisonnement mental, un soir de fête… ces lumières, partie intégrante de la pièce, ont été une véritable révélation pour moi.

eliogabalo

Les costumes de Gareth Pugh ne sont pas non plus en reste tant ils soulignent l’extravagance et la décadence du personnage d’Eliogabalo et de ses comparses. A l’inverse, le dépouillement de personnages “droits” comme Alessandro et Gemmira n’exclut par forcément le gore ou la déviance.
Au final, c’est un spectacle entier, une relecture hyper moderne d’une pièce dont le propos, semble-t-il, est plus d’actualité que jamais, et dont la musique et les interprètes m’ont transportée. 3h40, certes, mais qu’on ne voit pas passer et dont on ressort à la fois léger de tant de beauté et grave de toutes ces réflexions.

Eliogabalo, Palais Garnier, jusqu’au 15 octobre

10 Things I liked this week #103

La semaine a été agréablement occupée, mais je continue d’avoir des hauts et des bas. La faute à la fatigue, à la panique face au boulot qui s’entasse, au sentiment que je ne vais pas m’en sortir face aux punaises… Bref, pas la grande forme, on va dire. Néanmoins, il y avait plein de bonnes choses à retenir.

img_5373

  • Lundi, j’arrive à retrouver Isa, de passage à Paris, pour un déjeuner-balade. Alors que la pauvre trimballe son sac, je la traîne dans les boutiques jusqu’à trouver un cadeau d’anniversaire pour Monsieur.
  • Juste après, j’ai rendez-vous pour un électrocardiogramme. J’ai donc l’immense joie de vous annoncer que j’ai un cœur en béton armé.
  • Mardi, alors que je sors de mon cours de natation – on a repris ! j’en chie mais c’est génial – je reçois un mail de ma mère pour m’annoncer qu’elle a réussi à me décrocher des places pour l’opéra royal de Versailles.
  • Mercredi, nous organisons un rapide dîner en l’honneur de l’Anglais – pas le choix, il part demain. Pizzas et gâteau au chocolat, assortis de petits cadeaux.
  • Vendredi, la nounou est en congé. J’en profite pour emmener la Crevette à la Cité des Sciences pour visiter l’exposition sur les bébés animaux. Après 10minutes en compagnie d’une classe de maternelle, nous sommes seules, c’est la fête.
  • En sortant, nous rejoignons ma soeur pour déjeuner non loin du bureau.
  • Le soir, un Skype avec mon père qui dure pas loin d’une heure, et coup de fil avec ma mère de la même durée. C’était une journée placée sous le signe de la famille.
  • Samedi, ma mère garde la Crevette pour deux jours, afin de me permettre de ranger et d’aller à l’opéra. Aussitôt après leur départ, j’en profite pour… faire la sieste. Raté.
  • Le soir, je retrouve Lou² pour un dîner japonais à deux. Par un concours de circonstances invraisemblables, on finit à quatre dont trois qui enchaîneront sur la Nuit Blanche. Moi, je rentre me coucher avec une tisane…
  • Dimanche, après-midi à l’opéra avec Leen. Super moment, j’en reparle très vite !

Et vous, cette semaine ?

1000

1000

Incroyable mais vrai, ceci est mon millième article. Il s’en est passé des choses depuis l’ouverture de ce blog sur un coup de tête – il fallait que j’occupe mes soirées à présent que j’étais de nouveau célibataire. Après une longue pause, j’ai décidé de m’y remettre il y a un peu plus de deux ans, et j’y ai gagné des amies et des visiteurs.

J’avais prévu de fêter l’événement en organisant un concours et toute cette sorte de choses, mais la montagne de trucs à faire en ce moment et l’état de mon appartement (toujours assailli par les punaises) me forcent à repousser l’échéance.
Du coup, je vous propose autre chose : vous avez des questions à me poser sur le blog, ma vie et le reste ? Posez-la dans les commentaires et je ferai un article pour y répondre.

Une liste de petits cœurs

Vue chez titite et Shermane, qui l’ont elles-mêmes empruntée à Fedora, voici une petite liste de choses faites (ou à faire ?) qui me permet de faire une pause entre deux récits de voyage. En plus, Shermane avait l’air intéressée par les réponses de ses lecteurs, alors je me lance…

Source
Source

01. Te marier ♥
02. Divorcer
03. Être amoureux ♥
04. Aller à un rendez-vous dans le noir
05. L’école buissonnière ♥
06. Voir quelqu’un naître ♥
07. Voir quelqu’un mourir (j’aimerais autant pas)
08. Visiter le Canada (d’ailleurs à ce propos…) ♥
09. Aller dans une ambulance
10. Visiter Hawaii
11. Visiter les États-Unis (pas en entier, mais des bouts) ♥
12. Voir New York ♥
13. Voir Paris ♥
14. Voir Londres ♥
15. Voir les fjords en Norvège
16. Voler en hélicoptère
17. Faire une croisière
18. Apparaître dans un film
19. Danser sous la pluie ♥
20. Voir Los Angeles
21. Jouer du piano (mal) (mais quand même) ♥
22. Chanter au karaoké ♥
23. Rire tellement que tu as pleuré ♥
24. Rire tellement que tu as fait pipi dans la culotte ♥
25. Attraper un flocon de neige sur la langue ♥
26. Avoir un bébé ♥
27. Avoir un animal de compagnie ♥
28. Boire une bière au bord de la mer au coucher du soleil (j’aime pas la bière…)
29. Essayer la luge ♥
30. Essayer le ski alpin ♥
31. Un tour en jet ski ♥
32. Faire un tour à moto ♥
33. Sauter d’un avion ou élastique (ouiiiii) ♥
34. Voir un film dans un drive in
35. Monter un chameau ♥
36. Monter à cheval ♥
37. Être dans le journal ♥
38. Rester à l’hôpital ♥
39. Donner du sang (surtout des plaquettes, en fait) ♥
40. Aller au cinéma tout seul ♥
41. Faire un piercing
42. Faire un tatouage ♥
43. Conduire un véhicule à boîte automatique
44. Avoir ton permis (ahem)
45. Faire de la plongée (une sortie avec masque, tuba, palmes et combi – donc essentiellement en surface – ça compte?)
46. Vivre seul ♥
47. Rester à l’arrière de la voiture de police
48. Prendre une amende pour excès de vitesse
49. Avoir un os cassé
50. Avoir des points de suture ♥
51. Voyager seul ♥
52. Être parrain ou marraine
53. Partir en vacances à la plage ♥
54. Partir en vacances à la montagne ♥
55. Vivre en appartement ♥

35/55, joli score. En même temps, j’ai l’impression d’avoir surtout les trucs chouettes (ce qui m’arrange), même si je ne cracherais pas sur un vol en hélicoptère ou une découverte des fjords norvégiens 😀

David’s Tea

Au cours de mon séjour à Toronto, mon père et ma belle-mère, grands amateurs de thé devant l’Eternel, m’ont emmenée chez leur dealer préféré, David’s Tea. C’est une marque canadienne, originaire de Toronto, dont pas mal de blogueuses spécialisées connaissaient l’existence, mais moi pas du tout.

img_4678

La boutique-mère est élégante, lumineuse et colorée. Dehors, comme toujours en Amérique du Nord, une petite ardoise avec un message de bienvenue ou affichant les thés disponibles à emporter, accueille les visiteurs. Lorsque je m’y suis rendue, c’était bien entendu un hommage à la folie Pokemon Go.

C’est bien joli tout ça, me direz-vous, mais qu’en est-il du thé ? Comme j’essaie de limiter mes achats – spoiler, c’était complètement raté cette fois-ci – j’ai décidé de me concentrer exclusivement sur les thés parfumés et d’oublier les thés natures. J’ai tout de suite demandé à la vendeuse – adorable et très pro – quels étaient leurs best-sellers et, surtout, s’ils avaient des thés au goût “canadien”.

img_4680

Je n’ai pas été déçue, d’autant que la nouvelle collection saisonnière (oui, ils proposent certains parfums uniquement en saison) venait d’arriver. C’est bien simple, j’ai acheté les cinq parfums d’automne : chaï citrouille (thé noir), pomme au cidre (thé noir), cupcake carotte (infusion – offert à Isa pour son anniversaire), muffin myrtille (infusion) et granola aux noix (rooibos amande, noix de coco, nougatine). En plus de cela, j’ai jeté mon dévolu sur les parfums suivants : Forever Nuts/Abracadanoix (infusion), Oh Canada (rooibos au sirop d’érable), Birthday cake (rooibos) et Crème d’Earl Grey (thé noir).

A l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore tout goûté, car j’essaie au maximum de limiter ma consommation d’excitant (j’expliquerai pourquoi plus tard – non je ne suis pas enceinte). Nous en avons testé quelques-uns, et…

  • Forever Nuts est très sympa, plutôt pour une après-midi pluvieuse, et il est… rose.
  • Celui au granola n’a pas trop remporté nos suffrages, sans doute parce que le goût de la noix de coco est assez prégnant.
  • Oh Canada est une belle façon de commencer la journée, une fragrance très gourmande.
  • Blueberry Muffin est notre coup de coeur ! L’infusion a vraiment un goût de gâteau à la myrtille, ça sent bon, c’est joliment rose et ça met de très bonne humeur le matin.

Autre point important, la marque propose aussi des coffrets thématiques, par saison, bien entendu, mais aussi par occasion : maladie (luttez contre le rhume), gourmandise, rentrée des classes… J’adore le concept, c’est un bon moyen de faire un cadeau à un(e) théïnomane.

Seul bémol : Daivd’s Tea ne livre qu’en Amérique du Nord, et notre réserve d’infusion au muffin myrtille fond comme neige au soleil… Je vais devoir supplier mon père de m’envoyer une nouvelle dose.

Prendre de la hauteur : un déjeuner à la CN Tower

La CN Tower qui domine Toronto est une institution locale. D’un point de vue architectural, on sent bien les années 60, l’endroit rappelle la Space Needle de Seattle, en beaucoup plus haut : elle culmine à plus de 550 mètres de hauteur. La plateforme située aux deux tiers environ de l’édifice accueille un espace d’observation, un plafond transparent (sensations fortes assurées), et un restaurant tournant. C’est dans ce dernier lieu que mon père m’a emmenée déjeuner.

img_4803

Coup de chance, il faisait un temps radieux, et nous avons pu nous régaler de la vue grandiose sur Toronto et ses environs. Le temps était parfaitement dégagé, le restaurant tourne lentement, on a tout le temps d’en profiter et de jouer à reconnaître les différents quartiers ou bâtiments emblématiques de la ville.

img_4808

Le menu déjeuner est à “prix fixe”. Les plats proposés sont une bonne version de cuisine “fusion” élaborés avec des produits canadiens (champignons, saumon, maïs…). Pour ma part, j’ai pu déguster un gaspacho à base de tomate jaune et de maïs doux à la fois doux et rafraîchissant (et aussi un cœur coulant au chocolat mais chut).

img_4810

Alors que j’avais peur de tomber sur un truc très touristique faisant payer très cher la nourriture pour jouir de la vue, j’ai été agréablement surprise : outre les inévitables voyageurs, nous avons relevé la présence de plusieurs familles visiblement du coin. Le repas était bon, les cocktails et le vin aussi, le service efficace “à l’américaine” sans être obséquieux ou pressant.
A noter que la réservation au restaurant permet de zapper la file d’attente au pied de la tour, et offre également l’accès à la promenade circulaire et au plancher de verre. Si vous visitez la ville, je vous recommande l’endroit – mais vérifiez la météo : les jours de mauvais temps, le brouillard empêche de voir quoi que ce soit.

Vous n'avez pas le vertige ?
Vous n’avez pas le vertige ?

10 Things I liked this week #102

Ce fut une semaine haute en couleurs, marquée par de (très) bons moments et des accès de poisse désormais caractéristiques. Je pourrais me vexer et croire que l’Univers m’en veut, mais je vais essayer de me convaincre que c’est surtout un gros truc qui m’emm*rde et m’empêche de prendre les petits inconvénients avec légèreté et/ou détachement. Quoi qu’il en soit, il y avait beaucoup de choses à sauver cette semaine.

img_5343

  • J’ai reçu un faire-part de mariage pour cet automne. Je suis joie (et un peu en panique rapport au fait que je n’ai ni tenue, ni moyen de transport, ni logement à l’heure où je vous parle).
  • Arte a diffusé une très jolie version de “La flûte enchantée” (encore disponible sur Arte+7), que j’ai regardée en boulottant du très bon chocolat noir.
  • Jeudi, j’ai retrouvé Emily Blaine et Angéla Morelli pour notre déjeuner-pinard. Après m’être fait traiter de tous les noms parce que j’ai arrêté d’écrire, on a parlé ERDF et gynécologie. Nos vies sont tellement glam.
  • Le soir, nous avons retrouvé des amis pour notre dîner mensuel, en accueillant deux nouveaux venus. Ambiance chaleureuse, blagues et bon vin étaient au programme.
  • Vendredi, je retrouve Shermane après ma séance sur le divan, pour un goûter chez l’Autre Thé, décidément une adresse pratique et agréable. On papote, j’offre son cadeau d’anniversaire à Shermane et en reçois un orné d’un paon (j’aime les paons).
  • Nouveau dîner en ville, cette fois-ci chez la sœur et le beau-frère de Ioionette, accompagnés de celle-ci et SonMari. Il est question de préparer leur voyage au Japon mais, à un moment donné, le whisky et la fatigue aidant, la conversation tourne en débat sociologique (j’ai décroché et suis allée cuver dans le canapé).
  • Tout le week-end, l’Anglais et moi avons trié, empaqueté, jeté des tonnes d’affaires – en particulier des livres – pour préparer la future désinsectisation. Ce n’est pas fini (hélas), mais on a bien avancé.
  • Pour nous aider, mes beaux-parents ont gardé la Crevette tout le week-end et nous ont offert les sushis ce soir.
  • Samedi, pour me récompenser de tant d’efforts, pendant que Monsieur faisait une partie de jdr, je suis allée voir le dernier Star Trek au cinéma.
  • Pour conclure, l’excellente nouvelle de la semaine : après consultation chez l’orthopédiste, Mademoiselle a officiellement une hanche “parfaite”. Prochain rendez-vous dans un an !

 

Privé de dessert

Pour notre anniversaire de mariage, Monsieur et moi avions décidé de nous offrir une soirée au restaurant en amoureux. Comme ce n’est pas tous les jours que cela arrive et que nous voulions renouveler un peu nos habitudes, j’ai proposé de tester le Privé de dessert. J’avais entendu parler de ce restaurant, spécialisé dans les trompe-l’œil, sur Instagram. Le principe est simple : proposer des plats salés dressés comme des plats sucrés et vice versa. Une réservation en ligne plus tard, et nous avions notre table pour une belle soirée de juillet.

img_4007

La salle est jolie et plutôt lumineuse malgré l’étroitesse de la rue, en revanche, on est assez proches les uns des autres. Le service est efficace et souriant, les tables réservées à votre seul prénom, l’ambiance est gentiment régressive.
En entrée, j’ai opté pour un millefeuille, soit un tartare de daurade, et Monsieur pour un Paris-Brest, à base de haddock et de crème de lentilles. Le tartare était frais et la fine pâte feuilletée apportait du croquant, tandis que le Paris-Brest était très bon.

img_4008

img_4009

Nous avons enchaîné avec un Saint-Honoré pour moi (dans la vraie vie, c’est un de mes desserts préférés, là il s’agissait d’une réinterprétation du burger) accompagné d’un cornet de churros, et un baba au rhum (fish cake aux gambas) pour l’Anglais. Là encore, même si c’était bon, j’ai trouvé le plat de Monsieur un peu plus inventif et goûtu (mais je n’ai pas de photo). En revanche, les churros-frites sont une excellente idée.

img_4010

Pour conclure, nous avons jeté notre dévolu sur le même dessert : le fish and chips, soit de l’ananas rôti accompagné de mangue fraîche et d’une sauce “tartare” à la menthe. C’est le plat pour lequel j’ai eu un coup de cœur, car il était frais, goûteux et franchement inventif.

img_4011

En résumé, Privé de Dessert est un restaurant sympa et agréable, on y mange correctement : c’est frais, ça a du goût, c’est créatif et c’est marrant. Je pense que c’est une adresse à tester avec des enfants/ados sans les prévenir, ou pour se faire un petit délire retour en enfance.
Petit bémol pour moi : après avoir enchaîné avec la pâte feuilletée de l’entrée et la pâte à chou du plat, je n’avais plus franchement faim pour le dessert. Un comble !

Privé de Dessert, 4 rue Lallier, 75009 Paris

Toronto Island : calme et détente à 15 minutes du centre-ville

Vue du ferry
Vue du ferry

Que faire avec un bout de chou quand on est à Toronto ? Parmi les activités envisagées, l’une d’entre elles a retenu mon attention, d’autant qu’elle peut très bien convenir aux grands enfants !
Face au port de Toronto, se dressent trois petites îles. Autrefois presqu’île, l’endroit a été complètement modifié et en partie submergé par une tempête au 19ème siècle et, depuis, il a été décidé d’y interdire toute circulation. Aujourd’hui, les îles sont gérées par le service des espaces verts municipaux. On s’y rend en ferry (un toutes les demi-heure) ou en bateau-taxi (certains sont colorés ou décorés), et l’on débarque à Centre Island.

Taxi tiki
Taxi tiki
De l'eau et de la verdure
De l’eau et de la verdure

Et après ? L’île est un grand parc, avec quelques habitations, mais l’essentiel du terrain est réservé aux promeneurs. De grands espaces verts, des barbecues en libre accès (on est en Amérique du Nord)… voilà un pique-nique tout prêt. La rive sud de l’île abrite également une petite plage, et vu l’immensité du lac, on peut regarder à l’horizon sans rien distinguer, ce qui donne un sacré goût de vacances à l’escapade. Pour y parvenir, on traverse un joli jardin fleuri et agrémenté de bassins.

img_4776

Là-bas, au loin, les Etats-Unis...
Là-bas, au loin, les Etats-Unis…

Mais le principal attrait de Centre Island, c’est… son parc d’attraction. Ou plutôt, Miniville, un parc où les attractions sont conçues à hauteur d’enfant, et où l’on paie en tickets (achetés au guichet, bien entendu), comme au jardin d’acclimatation.

img_4727
Nous nous y sommes rendus un lundi matin, à la fin des vacances scolaires : il y avait donc du monde, mais ce n’était pas blindé, et nous avons pu profiter. Au programme : un petit tour en tasses comme à Disneyland, un tour en carrousel, qui a effrayé Mademoiselle (alors que c’est un beau carrousel du début du 20ème siècle, avec chevaux de bois et musique à l’orgue de barbarie), une mini grande-roue (qui monte quand même assez haut), une promenade en bateau-cygne sur l’une des pièces d’eau (gilet de sauvetage obligatoire), et un tour du parc dans un mini-train sur rails.

img_4728

img_4729

La Crevette en a pris plein les yeux et était ravie, mon père nous a accompagnées sur la majorité des attractions. Dans la grande roue, j’en ai même entendu une rire à gorge déployée, je crois qu’elle a récupéré mon gène des manèges, et pas celui du vertige de l’Anglais…

img_4720

img_4771

L’ambiance est très familiale et détendue, même s’il peut bien sûr y avoir un peu d’échauffement chez les petits face à tant de sollicitations. On peut apporter son casse-croûte ou s’offrir une cochonnerie à l’un des différents stands. Quant à nous, nous nous sommes un peu éloignés pour déjeuner dans le restaurant donnant sur un bras du lac, et j’ai pu manger ma première poutine.
Nous sommes repartis fourbus, mais quand Mademoiselle sera plus grande et comprendra un peu l’anglais, je compte bien l’inscrire au bateau pirate !

img_4781

Eclipses japonaises

eclipses-japonaisesEn 1966, un G. I. américain s’évapore lors d’une patrouille dans la zone démilitarisée, entre les deux Corées. Il est considéré comme “missing”. A la fin des années 1970, sur les côtes de la mer du Japon, hommes et femmes, de tous âges et de tous milieux, se volatilisent. Parmi eux, une collégienne qui rentrait seule de l’école, un archéologue qui s’apprêtait à poster sa thèse, une future infirmière qui voulait s’acheter une glace. “Cachées par les dieux”, ainsi qualifie-t-on en japonais, ces victimes qui ne laissent aucune trace, pas un indice, et qui mettent en échec les enquêteurs. Une à une, les affaires sont classées, les familles abandonnées à l’incompréhension, les disparus oubliés. En 1987, le vol 858 de Korean Air explose en plein vol. Une des terroristes, descendue de l’avion lors d’une escale, est arrêtée. Elle s’exprime dans un japonais parfait. Pourtant, la police finit par identifier une espionne venue tout droit de Corée du Nord. Vingt-cinq ans après, les Japonais “cachés par les dieux” réapparaissent tels des spectres, sur les terres de Kim Jong-un. Puis, c’est au tour du G. I. de resurgir dans un téléfilm nord-coréen de propagande, où la CIA le voit interpréter un rôle d’Américain honni. Toutes ces affaires ont-elles un lien ?


J’ai découvert ce livre quelques jours après sa sortie chez mon dealer libraire préféré. Si la couverture n’avait pas grand-chose pour elle, le titre et, surtout, le résumé, m’ont interpellée. En effet, je connais cette histoire dont j’ai entendu parler à l’époque où je fréquentais un séminaire de recherche à l’INALCO – c’était le sujet de mémoire d’une de mes camarades.
Pendant les années 60 et 70, le régime nord-coréen a bel et bien commandité des enlèvements, notamment de Japonais, pour enseigner la langue et la culture à ses espions. Cela paraît totalement hallucinant, voire sorti tout droit d’un mauvais roman d’espionnage, et pourtant.

Le talent d’Eric Faye consiste à nous livrer un récit “de l’intérieur”, par la voix des différents protagonistes, hommes ou femmes, quelle que soit leur nationalité. On est happé par cette histoire passionnante, et il est très difficile de reposer le livre. La libraire m’avait dit : “Ca se lit comme un polar”, et il y a certainement de cela. Mais il y a aussi, en filigrane, une connaissance approfondie du sujet, ainsi que des cultures japonaise et coréenne, et des enjeux politiques autour de ces vies individuelles.
Une excellente lecture, rapide et captivante.

Eclipses japonaises, Eric Faye, Seuil