“14-14”

La très jolie couverture
La très jolie couverture

A l’aube de la Grande Guerre…
Adrien et Hadrien ont treize ans et habitent tous les deux en Picardie. Ils ont les mêmes préoccupations : l’école, la famille, les filles… Une seule chose les sépare : Adrien vit en 2014 et Hadrien en 1914. Grâce à une boîte aux lettres mystérieuse, les deux adolescents vont s’échanger du courrier et devenir amis.
Mais la Grande Guerre est sur le point d’éclater pour Hadrien et leur correspondance pourrait bien s’interrompre de façon dramatique…

Autant le dire tout de suite : je ne suis pas fan de la littérature pour adolescents (rebaptisée “Young adult” ces dernières années). Je ne nie pas du tout les qualités de ce genre, mais en général cela me laisse froide (bon, parfois, j’ai des  “crises” : j’ai lu les sept premiers tomes de la série “Alex Ryder” d’une traite il y a quelques années, par exemple). Pourtant, le sujet de ce roman m’attirait : j’adore les uchronies et les romans historiques, et l’élément fantastique était un peu plus discret que d’habitude. Hier, j’ai enfin réussi à mettre la main dessus, et je suis ravie. Pour tout vous dire, je l’ai lu dans la foulée.

L’histoire est intelligente, chaque adolescent parlant de lui à la première personne (les deux auteurs se sont réparti les rôles), chacun ayant son style de narration et d’écriture. La correspondance rythme les chapitres, entrecoupés de scènes de la vie quotidienne et, dans le cas d’Hadrien, de documents visuels en rapport avec l’époque (une illustration de manuel scolaire, l’ordre de mobilisation générale de 1918…). C’est très vivant et on s’y croirait.
En outre, c’est très bien écrit, de façon à la fois simple et élégante : à aucun moment on ne sent l’exercice de style, tout est fluide et s’enchaîne à merveille. A titre personnel, la romance du héros de 2014 m’a un peu donné envie de le baffer, mais ce sont des garçons de treize ans, et j’étais bien moins dégourdie qu’eux au même âge !
Pour conclure, si jamais vous êtes enseignant : Silène a composé un dossier pédagogique autour du roman et de la Grande Guerre (je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut être, mais je suppose que ça vous parlera).

Un vrai coup de coeur, à lire et à faire lire absolument (il n’est pas impossible qu’une de mes nièces récupère ce roman, vu que la Crevette est encore un peu jeune).

14-14, Silène Edgar & Paul Beorn, éditions Castlemore

Un dîner sous le signe du voyage

Hier soir, nous recevions une ancienne collègue de l’Anglais à dîner. Comme toujours quand du monde vient à la maison, cela faisait des semaines que je m’inquiétais de ce que j’allais servir (rien de très élaboré, mais c’est toujours un peu angoissant pour moi). Après avoir envisagé ma super recette de poulet mariné à la japonaise, la météo estivale m’a un peu poussée à réviser mes plans.
J’ai donc décidé de choisir des plats simples à préparer (je rappelle que j’ai une Crevette qui me bouffe une bonne partie de mon énergie), dépaysants et rafraîchissants. Au programme : Italie, Japon et Grande-Bretagne.

Entrée : salade de tomates cerises à la mozzarelle. Rien de bien innovant, mais avec des produits achetés au marché le matin même.

Plat : des zaru-sômen, ou nouilles fines de blé froides. Celles-ci sont colorées de cinq teintes différentes, nous les avons rapportées de Shikoku en septembre dernier (c’est comme les pâtes, ça se conserve très longtemps). J’adore faire ce genre de plat (nouilles froides de sarrasin, de blé…) en été : c’est très rafraîchissant et exotique (et ça ne demande vraiment pas de cuisine !).

Avant cuisson
Avant cuisson
Après cuisson ! Y'en a pour 5.
Après cuisson ! Y’en a pour 5.

A chaque couleur correspond un goût.
Blanc : nature (nouilles de blé)
Marron : soba (sarrasin, comme dans les galettes)
Vert : macha (thé vert)
Jaune : oeuf
Rose : umeboshi (prune saumurée). Normalement, j’ai horreur de ça (c’est un des seuls aliments qui puissent me faire vomir en cuisine japonaise), mais là c’est passé tout seul.

Dessert : Eton mess. Cela faisait des années que je voulais essayer et je me suis lancée pour la première fois la semaine dernière. Concrètement il s’agit d’un dessert froid composé de fruits rouges (ici des fraises et des framboises), de meringue et de crème fouettée (avantageusement – hem – remplacée par de la chantilly). Là aussi, très peu de préparation (le plus long c’est de laver/équeuter/découper les fraises), effet garanti.

IMG_0451IMG_0452

A faire avant de partir

Nous serons en vacances fin juillet, et passerons quelques jours tranquilles à Paris avant de descendre dans le sud. Mais du coup, avant cela, il me reste pas mal de choses à faire :

  • Aller voir les expositions “Tatoueurs, tatoués” et “Indiens des plaines” au musée du quai Branly (pour la seconde, c’est mal barré, ça finit cette semaine).
  • Essayer mes maillots de bain et devoir sans doute m’en trouver un autre en catastrophe.
  • Venir à bout de la paperasse (j’ai reçu un rappel de l’Agessa, j’ai semble-t-il oublié de leur envoyer mon justificatif fiscal et je dois exhumer un justificatif de droits sécu “normale”).
  • Attaquer ma traduction, histoire de me donner du coeur à l’ouvrage, sinon je vais prendre beaucoup trop de retard.
  • Achever le chapitre 10 de mon prochain roman (genre je viens de finir le 7, j’y crois à fond…).
  • Réserver l’abonnement à l’Opéra pour l’an prochain. Et réserver des places à l’Opéra-Comique. Adieu mes économies.
  • Trier les affaires de la Crevette, rapport au fait que ça pousse vite, ces bêtes-là.
  • Réserver l’initiation à la cérémonie du thé pour Shermane et moi.
  • Ranger mon bureau (il paraît que, sous le bordel, se trouve un plan de travail… il paraît) et la table basse (avant qu’elle ne s’effondre pour de bon sous le poids des livres).
  • Commander des cartouches d’encre pour l’imprimante : depuis qu’elles sont vides, la machine refuse obstinément de bosser, même pour scanner des documents. Je suis obligée d’envoyer les pièces à l’Anglais sur son adresse pro pour qu’il s’en charge à son boulot. Pratique. Et éthique, aussi.
  • Trouver le livre pour la ronde des poches organisée par Armalite. Je sais qu’on a jusque fin août, mais je sens bien que si je ne m’y mets pas rapidement, ça va être une vraie galère.

Alors, heureuse ?

021

Pour être honnête, je ne sais plus si on m’a vraiment dit ça mais, en substance, c’était l’idée. Car de nos jours, maternité rime forcément avec bonheur absolu. Autant vous le dire tout de suite : c’est très surfait.

Pourtant, tout avait bien commencé : j’ai passé toute ma grossesse sur un nuage, shootée aux hormones et au soulagement d’y être enfin (nous en étions à 18 mois de tentative, ça commençait à faire long). Dans mon bonheur, j’avais même la chance d’échapper à la plupart des maux dont sont affublées les femmes enceintes (quelques remontées acides, une forte baisse de mon envie de sucre les trois premiers mois et des mycoses, pas de quoi fouetter un chat). En fait, j’ai découvert un truc incroyable pour moi qui suis une grande angoissée : la sérénité. J’étais zen. Rien ne pouvait m’arriver. Tout allait bien se passer.
Autant couper court au suspense : ça n’a pas duré.

Pour des raisons physiologiques, il a fallu programmer une césarienne – ce qui ne m’a pas dérangée plus que cela. Du coup, pour l’aspect “surprise”, on repassera. D’un côté, c’était un soulagement de savoir quand cela allait arriver. D’un autre, l’idée de me faire ouvrir le bide ne me réjouissait que moyennement, hein.
L’opération m’a également conféré l’immense privilège de passer 6 jours à l’hôpital. 6 jours de bouffe de cantine et de passages intempestifs dans la chambre toutes les 10 à 40 minutes. 6 jours où l’Anglais devait s’éclipser le soir et revenir le lendemain après-midi, nous laissant seules, la Crevette et moi.
Au troisième jour, comme tout le monde, j’ai eu ma descente d’hormones et son partenaire inévitable : le baby blues. Ca a commencé quand le pédiatre m’a donné les consignes pour éviter la mort subite du nourrisson et… ça ne s’est pas arrêté, en fait.

J’ai eu beau parler à la sage-femme, à la psy de l’hôpital, aux membres du personnel soignant… Rien n’y faisait. Une immense angoisse m’étreignait, un poids m’écrasait : celui de la responsabilité de cette nouvelle vie.
De retour à la maison, ça ne s’est pas arrangé. L’Anglais a pris près de trois semaines de congés pour rester avec nous et m’aider, mais il a dû retourner au boulot. Quand je me suis retrouvée seule avec mon bébé pendant 10h d’affilée la première fois, j’ai cru que je ne survivrai pas. Même si ça s’améliorait parfois, je replongeais toujours. L’angoisse quasi étouffante, paralysante. La certitude de ne pas être à la hauteur, la vertigineuse sensation d’impuissance.

Pendant six à huit semaines, j’ai vécu dans une espèce de tunnel d’angoisse, d’épuisement et de découragement. Il m’arrivait de pleurer une heure d’affilée en regardant mon si beau bébé (je ne mens pas, je suis persuadée que c’est le plus beau bébé du monde) dormir paisiblement ou hurler à la mort parce qu’elle avait faim (ou autre chose que je n’arrivais pas à décrypter). J’ai arrêté d’allaiter très vite pour me protéger : je souffrais le martyre à chaque tétée et la Crevette n’arrivait pas à prendre correctement. Les quelques remarques plus ou moins maladroites, plus ou moins malintentionnées qui n’ont pas manqué de fuser sur cet arrêt rapide et brutal en ont encore rajouté une couche (non, sortir “déjà” à une jeune mère épuisée qui vous annoncer au bout d’une semaine qu’elle ne donne plus le sein parce qu’elle n’en peut plus n’est pas une bonne idée – même si c’est involontaire).
A une ou deux reprises, l’idée de disparaître m’a effleuré l’esprit.
J’avais mon psy deux fois par semaine au téléphone, des séances que je passais à pleurer en répétant que je n’étais pas à la hauteur et que je n’y arriverais jamais. Petit à petit, au sentiment d’impuissance est venu se greffer la terreur de m’ennuyer, de me retrouver confinée à jamais chez moi et de ne plus pouvoir sortir de ce rôle (attention, ceci n’est pas une critique des femmes qui ont choisi d’élever leurs enfants, c’est un souci propre à mon vécu).

Et puis un jour, les choses ont commencé à aller (beaucoup) mieux : la Crevette a décidé de faire ses nuits à 8 semaines, l’Anglais a commencé un nouveau travail certes plus prenant mais beaucoup plus enrichissant pour lui, j’ai pu recommencer à lire et même à écrire… Ma psy m’a donné la dernière impulsion en m’assénant que j’avais désiré cet enfant et que je devais maintenant assumer mon désir. Il a bien fallu.

Étonnamment, jamais, au cours de ce long épisode, je n’ai regretté d’avoir un enfant. J’ai même immédiatement commencé à faire des projets pour un deuxième (je vous rassure, on va attendre un peu). Aujourd’hui encore, changer les couches et donner le biberon me gonfle (eh oui…) mais je profite des sourires et des mimiques de mon bébé. J’adore la voir ouvrir de grands yeux et prendre un air concentré pour observer ce qui l’entoure. Je ne cesse de m’extasier de son babil, de sa façon de sucer son pouce (qui est également synonyme de relatif silence !), de découvrir ce qu’elle aime et ce qu’elle déteste…

Avec le recul, je pense que je suis passée très, très près de la dépression post-partum, la vraie, celle qui peut pousser certaines femmes à se suicider ou à tuer leurs enfants. Aujourd’hui, je sais pourquoi on voit fleurir des affiches dans les maternités pour enjoindre aux parents de ne surtout pas secouer leur bébé.
Ma chance a été d’être extrêmement bien entourée : l’Anglais s’est investi sans compter les premières semaines puis autant que possible quand il a repris le travail ; ma psy m’a aidée à déchiffrer et défricher les raisons de cet horrible malaise ; ma mère et ma belle-mère m’ont permis de dormir quelques heures en venant garder la Crevette, en faisant mes courses ou mon ménage ; ma copine Isa a parfois passé plus d’une heure au téléphone avec moi, rognant sur sa vie personnelle et professionnelle, juste pour m’écouter et me rassurer…

Je pourrais conclure en disant que tout est bien qui finit bien. Je n’en suis pas certaine, j’ai des moments de rechute (le dernier en date de quelques jours). Mais tout va beaucoup mieux à présent.
J’ai découvert une chose assez bouleversante : oui, on peut aimer de façon inconditionnelle. Par exemple, j’aime ma famille parce qu’ils sont là depuis toujours, j’aime l’Anglais à cause de son humour, de son optimisme et de son soutien indéfectible dans tout ce que j’entreprends (j’y reviendrai un jour). Mais avec ce bébé, c’est différent, instinctif, presque animal (je pense que beaucoup de mères de famille me comprendront). Cet amour n’est pas un problème, mais sa découverte secoue !
Surtout, la naissance de la Crevette semble avoir débloqué beaucoup de choses en moi, notamment mon désir (pas au sens sexuel du terme, hein, de façon plus large). J’ai envie de faire une foule de choses, notamment des choses que je repousse aux calendes grecques depuis des années. Et du coup, j’ai mis plein de choses en branle. Je sens qu’on va bien rire dans les mois qui viennent, tiens.

Kusmi et moi

Un peu par snobisme, et beaucoup par goût, je ne suis pas fan des thés Kusmi : trop de marketing, trop cher (moi, quand je paie 10€ les 125g, j’ai envie d’en avoir pour mon argent – oui, je suis banalement terre à terre), et surtout le goût n’est pas toujours au rendez-vous.

Après, certaines personnes de mon entourage connaissent mon goût du thé mais pas forcément l’espèce d’interdit que j’ai posé sur cette marque et, à deux reprises ces dernières années, on m’a offert des tubes contenant cinq mini-boîtes de thé. Je suis une fille bien élevée, j’ai goûté et, à ma grande surprise, j’ai apprécié certains mélanges.

Dans mes placards
Dans mes placards

Le vert de Saint-Pétersbourg : un thé vert au goût agréable et parfumé (apparemment, des notes de vanille et de fruits rouges). La grosse blague, c’est que j’ai essayé la version originale, en thé noir, et j’ai pas du tout aimé.
Le vert à la fraise : il faut dépasser l’odeur de fraise chimique qui se dégage de la boîte quand on l’ouvre. Je n’ai pas osé tester la chose en chaud, mais en thé glacé c’est parfait : le goût de fraise est subtil (si, si) et c’est très rafraîchissant.
Le vert à la menthe Nanah : idéal aussi en thé glacé. La menthe Nanah étant celle utilisée pour aromatiser le fameux thé à la menthe cher au bassin méditerranéen, je pense qu’il passe aussi très bien chaud, mais je ne l’ai pas testé (je devrais peut-être, vu que c’est le moment d’acheter des pâtisseries orientales !).
Le thé noir chocolat-épices : sympathique mélange pour dimanches après-midi d’hiver. Bon, ça sent surtout la cannelle, il faut aimer.

En revanche, deux très grosses déceptions : le genmaïcha (qui n’a strictement aucun goût) et le thé vert à la rose (qui a surtout un goût de rose séchée, franchement désagréable).

Dans ma PAL (Juillet 2014)

“Comme tous les psychopathes, je lis plusieurs livres à la fois.”
Jérôme H., professeur d’histoire moderne en CPGE (circa 2001)

Eliott Bay Book Company, Seattle
Eliott Bay Book Company, Seattle

En fait, je dresse le tableau des livres en cours que celui des livres qui me guettent du coin de l’oeil en attendant que je les ouvre. Donc en ce moment, il y a :

How to woo a reluctant lady, Sabrina Jeffries, Pocket Star Books.
Une romance historique, troisième tome de la série Hellions of Halstead Hall, pour laquelle j’ai eu un coup de coeur (sans mauvais jeu de mot). C’est bien écrit, bien documenté, on ne s’ennuie pas une seconde (et après le week-end de folie en Bretagne, c’est exactement ce dont mon cerveau épuisé a besoin !)

Journal, Emily Shore, ULAN Press
Il s’agit d’extraits du journal intime d’Emily Shore, fille de pasteur dans l’Angleterre victorienne, de 11 à 19 ans (âge de sa mort). Offert par Dolores de la Mancha pour mon anniversaire, c’est une lecture que je trouve très divertissante. Un seul (gros) point noir : la taille du livre. Impossible de le glisser dans un sac à main, et ça fait quand même lourd dans la valise.

The King, J. R. Ward, New American Library
Bon, en fait, c’est pour le boulot. J’ai à peine lu le prologue. A titre personnel, j’apprécie beaucoup cette série, mais je sens que ce tome-là va être chiant et frustrant. Du coup, j’arrive pas à m’y mettre. Je dois abattre un peu plus d’un million de signes d’ici décembre. Je vais bien, tout va bien.

Souvenirs maritimes, Scipion de Castries, Mercure de France
A l’origine, je l’ai acheté en guise de source pour mon prochain roman. En fait, cela m’aurait plus servi pour le précédent, mais c’est extrêmement bien écrit et très vivant. Du coup, j’en lis un petit bout de temps à autre.

Les caractères, Jean de La Bruyère, Folio classique
J’ai eu un texte extrait de cet ouvrage à préparer pour le bac français. Malheureusement, je suis tombée sur un truc beaucoup moins drôle. Mais ça m’avait marquée et j’avais envie de le lire en entier (en plus j’aime beaucoup la littérature classique). Accessoirement, comme ce sont des textes très courts (de quelques lignes à quelques pages), c’est le livre idéal pour les toilettes (oui, j’ai des livres exprès pour ce genre d’endroits et je vous zute).

Un mariage en Bretagne

Le week-end dernier, Ioionette convolait en justes noces dans sa Bretagne natale. L’Anglais étant témoin du marié, nous avions décidé d’arriver en avance pour donner un coup de main. Voici donc le résumé de ces folles journées.

Jeudi
Il fait 28° à Paris et presque autant en Bretagne. On a prévu de partir en début de soirée pour faire un arrêt stratégique à Orléans (chez mes beaux-parents) et changer de voiture (genre emprunter celle qui a la clim).
19h45 : l’Anglais rentre enfin du bureau après avoir été retenu par une réunion au moment de franchir la porte. Pour un départ vers 19h30-20h c’est mal barré.
23h30 : après avoir dîné, bouclé les valises (monsieur devait choisir chemises et cravates), chargé tout le bazar et la Crevette, nous sommes à Orléans.

Vendredi
L’avantage d’avoir un bébé, c’est que vous n’avez plus jamais besoin de réveil. Nous parvenons donc à respecter notre planning et à décoller rapidement. Arrivés en Bretagne sous un soleil radieux en début d’après-midi, nous mettons tout de suite la main à la pâte, en dressant la table (à l’origine, il était question de faire la déco, inspirée des faire-part, mais compte tenu de nos aptitudes manuelles extrêmement développées, nous avons préféré choisir quelque chose à notre portée).

Le résultat de nos efforts à tous
Le résultat de nos efforts à tous

En fin d’après-midi, la Crevette, sans doute sous l’effet d’un combo-de-la-mort chaleur + voiture + fatigue + changement d’air, me repeint au vomi de lait. Comme le ridicule ne tue pas et que j’ai de toute façon déjà perdu ma dignité, j’éclate de rire (en revanche, paparano nous emmène fissa à la pharmacie vérifier que tout va bien – je vous rassure, c’est le cas).
En sa qualité de témoin, l’Anglais doit ensuite accompagner les futurs mariés au lieu de la cérémonie pour… répéter. Il rentre à 23h30 avec des sandwiches préparés par la mère de Ioionette pour nous éviter de mourir de faim.

Samedi
Depuis cette nuit… il pleut. Par intermittence, certes, mais quand même. Et la température a chuté d’une dizaine de degrés. Hmm. Le leitmotiv du jour : “Non, il ne pleut pas !”
Je passe la matinée avec la Crevette à me faire coiffer en compagnie de… la mariée, ses témoins, sa belle-soeur et sa belle-mère pendant que les hommes font des allers-retours pour finir les préparatifs. Là, tout de suite, le prétexte “mise en beauté” a du bon.

C'est pas tout à fait ce que j'espérais, mais en fait ça allait bien avec la robe (ouf)
C’est pas tout à fait ce que j’espérais, mais en fait ça allait bien avec la robe (ouf)
Les fleurs... J'adore les hortensias
Les fleurs… J’adore les hortensias

La mariée est ravissante : j’avoue que quand Ioionette m’avait parlé d’une robe avec un bustier en guipure, je m’étais un peu interrogée (la guipure, ça peut très vite être moche selon moi), mais en fait j’avais tort. Le bustier est très élégant, dénudant en grande partie le dos et laissant apercevoir le tatouage de la demoiselle. Quant au jupon… C’est une splendide superposition de volants dans différentes nuances de blanc et de beige et en différents tissus. J’ai adoré l’ajout de lin brut entre les différentes soies, c’était un très joli détail et une façon originale d’évoquer la région.

La mariée avec son père
La mariée avec son père


En début d’après-midi, départ pour la cérémonie civile. Inutile d’entrer dans le détail, on est tous logés à la même enseigne sur ce coup-là : dix minutes plus tard, ils sont mariés au nom de la loi.
On fait quelques photos, on s’abrite du vent comme on peut, puis départ pour la Vallée de Diane, où doit se tenir la cérémonie symbolique en plein air. Sauf que… On a beau utiliser la méthode Coué, quand ça veut pas, ça veut pas :

Non, il pleut pas ! Ben un peu quand même...
Non, il pleut pas ! Ben un peu quand même…

Passée l’énorme averse – au cours de laquelle la Crevette n’a bien entendu pas manqué de réclamer son biberon là-maintenant-tout-de-suite – place à la cérémonie ! Les mariés se sont mis en scène, présentant sans un mot mais avec de la musique et des saynètes leurs passions personnelles ou communes: l’art, le chant, le jeu de rôle, la danse… Tout cela était traité avec une bonne dose d’humour et d’auto-dérision, jamais pompeusement.
A titre personnel, j’avoue avoir été plus touchée par la cérémonie civile (j’ai failli verser une petite larme, dis donc) : soit c’est mon côté laïque et républicain, soit c’est le fait de devoir gérer la Crevette, son biberon, l’écharpe de portage, le ciré et le parapluie pendant que les mariés échangeaient leurs voeux.

Les témoins ont la classe
Les témoins ont la classe

C’est l’heure du vin d’honneur… et la météo, qui a bien voulu accorder un répit aux mariés pendant la cérémonie, se venge éhontément. Les photos sont prises avec la famille (les mariés ont beaucoup de famille), les témoins, les amis… Les chaussures de madame n’en ont pas réchappé : de blanches, elles sont devenues noires. Le bas de la robe non plus d’ailleurs ; heureusement que celui-ci est amovible !

La mariée chante, aussi
La mariée chante, aussi

La mission de l’Anglais – qui n’a pas de discours à prononcer – touche presque à sa fin : il rejoint la mariée sur scène, ainsi que deux autres amis musiciens, car tous sont membres du groupe Io. Je n’aurai malheureusement pas le plaisir de les entendre (ils ne font plus trop de concerts depuis que l’Anglais s’est cassé le bras puis que le guitariste a été muté en province) car je dois me préparer… pour la chorégraphie Bollywood.

Petit flashback : deux semaines avant le mariage, avaient lieu les enterrements de vie de garçon et de vie de jeune fille. Les filles ont, entre autres, pris un cours de danse Bollywood (dont je suis sortie rouge comme une pivoine – moi et le sport…), avec pour mission de reproduire la chorégraphie le soir du mariage. Bien entendu, j’avais oublié mes leggins, on a répété la choré en catastrophe dans le vestiaire, mais heureusement le public était acquis à notre cause (et j’étais tout au fond).

La soirée a été émaillée d’animations préparées par les mariés mais aussi (et surtout !) par leurs familles et amis : des chansons, le traditionnel powerpoint de vieilles photos… Mention spéciale aux cousins de Madame qui sont montés sur scène à cinquante pour réaliser une chorégraphie sur une musique électro, et à ceux de Monsieur qui ont réalisé une vidéo mettant en scène le marié avec moult références à Kaamelott, le Seigneur des Anneaux, les dessins animés de notre enfance… C’était très drôle.

Je tombe de sommeil, il est 1h du matin passée (oui, je suis petite joueuse, mais la Crevette m’a tenue éveillée une partie de la nuit et a décidé qu’elle avait faim à 6h ce matin) et c’est enfin le moment d’ouvrir le bal. Passionnés de danse folk, les mariés ont demandé à trois de leurs amis, membres du groupe Prends garde aux loups, que Florine a très bien décrit, d’animer la première partie. Depuis le temps que je les entends ici ou là, j’étais ravie d’avoir l’occasion d’assister à tout un concert. Las ! La fatigue aura raison de moi et je rendrai les armes aux alentours de la quatrième chanson.
Les mariés ouvrent le sur une scottish très bien exécutée (beaucoup plus classe que celle de notre mariage, reconnaissons-le), puis enchaînent avec une valse où chacun de leurs amis (sachant danser) vient danser avec eux. Et ensuite… je ne sais pas trop, je suis allée dormir !

Dimanche
Pas d’obligation aujourd’hui, seulement le “retour”, c’est-à-dire la journée galette-saucisse avec les invités restés sur place à partir du déjeuner. Du coup, nous décidons ce matin de faire un petit tour jusqu’au Cap Fréhel qui se trouve non loin. Le site est classé, à juste titre: sur une falaise déchiquetée, couverte de genêts et de bruyère qui forment un tapis multicolore, on domine la côte d’émeraude (la bien nommée). L’aspect du lieu est sauvage, renforcé par le ciel bas et gris et par les rafales de vent.

DSCN0865DSCN0875DSCN0850DSCN0868DSCN0864
Malheureusement, ayant oublié l’écharpe de portage de la Crevette, nous ne restons pas très longtemps parce que, mine de rien, 6 kilos à bout de bras sur un terrain escarpé, ce n’est pas très sage…

Le reste de la journée s’écoule tranquillement : une longue pause déjeuner à paresser au soleil (car oui, le soleil a fini par faire son apparition) au son des instruments folk, une sieste complètement avortée devant l’étape anglaise du Tour de France (merci la Crevette), une séance photo sur la plage…

Lundi
Ce matin, il fait toujours beau (la météo est ironique, en Bretagne). Après avoir plié bagage et salué les mariés, direction Lamballe, pour déjeuner chez Isa. Jolie surprise en arrivant : mon cadeau d’anniversaire ! Isa s’excuse du retard, mais j’adore les cadeaux alors c’est pas grave (oui je suis très facilement corruptible). La pochette ornée d’un motif porte-bonheur (on appellera ça un o-mamori irlandais, tiens) contient du délicieux thé aromatisé au macaron violette.

Un cahier et une pochette brodés par Isa herself
Un cahier et une pochette brodés par Isa herself

Nous sommes tranquillement en train de déjeuner au resto quand je reçois un appel : c’est l’hôtel, qui nous apprend que nous avons oublié un iPad dans la chambre (c’est ballot). Nos effectuons donc un dernier aller-retour sous de nouvelles trombes d’eau (ai-je déjà mentionné l’ironie du climat breton ?).
Retour sans encombre à la maison dans la soirée. Je suis complètement crevée : c’est vraiment plus de mon âge ces conneries !

Le couronnement de Poppée

A défaut d’avoir beaucoup d’activités cette semaine, je recycle mes dernières aventures.

Cette année encore, j’avais souscrit un abonnement à l’Opéra de Paris avec des amies. Nous étions cinq et avions prévu de voir sept spectacles. Bien entendu, celui que j’attendais le plus (“La flûte enchantée”, l’un de mes opéras préférés) m’a été interdit puisque je venais d’accoucher.

Fin juin, donc, en clôture de la saison, nous sommes allées voir “L’Incoronazione di Poppea”, de Monteverdi, considéré comme le premier opéra moderne. Pour être honnête, j’adore la musique baroque, mais les quelques commentaires glanés çà et là n’étaient guère encourageants : en gros, on risquait de s’emmerder franchement pendant trois heures (en buvant des coups à l’entracte pour tenir). Le principal truc à retenir, c’était “les costumes sont beaux”. Ah bah oui. Ca va nous occuper, tiens.

La fosse d'orchestre est un peu vide...
La fosse d’orchestre est un peu vide…

Première constatation : il y a à peine une douzaine de musiciens dans la fosse. Bah oui, on est encore loin de l’orchestre symphonique. Mais cela change agréablement, la musique me paraît plus douce, presque “floue”.

Seconde constatation quand le rideau se lève : j’avais oublié que je n’aime pas les mises en scène de Bob Wilson. C’est dommage. En gros, le maquillage est exagéré comme pour des acteurs de kabuki, les costumes sont renaissance (qu’on m’explique pourquoi vu que c’est une oeuvre du 17ème siècle censée se dérouler dans la Rome antique…) et les poses sont statiques. Je pense que l’idée est de mettre l’emphase sur le côté implacable de l’histoire et la détermination de l’héroïne à devenir reine, mais je trouve ça lourd. Après, mes co-spectatrices ont adoré. Je dois vraiment être hermétique à l’art contemporain.

Et là j'ai entendu "Le monologue shakespearien" de Vincent Delerm
Et là j’ai entendu “Le monologue shakespearien” de Vincent Delerm

En revanche… on ne s’est pas ennuyées une seconde. Malgré son (très) long argument, l’histoire se déroule sans anicroche, mêlant drame et comédie. L’un des aspects que j’ai préféré était l’inversion des rôles : deux rôles masculins (dont l’un des héros) étaient tenus par des femmes, tandis que les deux rôles de servantes/nourrices étaient tenus par des hommes. Ces derniers sont d’ailleurs les véritables ressorts comiques de l’intrigue, jouant à merveille les vieilles acariâtres. Pour ne rien gâcher, l’interprétation est remarquable. Les chanteurs enchaînaient les morceaux de bravoure avec une aisance impressionnante et les musiciens n’étaient pas en reste. Bon, on a eu une pensée émue pour les deux cornistes à bouquin : ils intervenaient cinq minutes dans l’avant-dernier morceau, et on les a surpris à suivre le match de l’équipe de France sur leur téléphone…

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x202d3j_le-couronnement-de-poppee_creation[/dailymotion]

Au final, la soirée fut une grande réussite, couronnée de champagne pour célébrer la fin de la saison et le probable départ de Cha² sous d’autres cieux. L’an prochain, sans doute pas d’abonnement car on s’y est prises très tard (je crois même que c’est mort), mais j’essaierai de continuer à fréquenter les lieux, car c’est vraiment le genre de soirée qui me vide la tête au bon sens du terme.

Le viking qui voulait épouser la fille de soie

viking_qui_voulait_hd“Sur une île du sud de la Suède au Xe siècle, un homme vit seul à la ferme avec ses deux fils. Le chemin de ceux-ci est tout tracé : naviguer au loin, pour guerroyer au-delà des mers à l’Ouest, ou pour faire commerce sur les voies fluviales de l’Est. De l’autre côté de la Baltique, à Kiev, vivent un marchand de soie et sa famille. Radoslav rêve de devenir soldat, sa soeur Milka est une jeune fille raffinée qui joue avec ses deux esclaves : Petite Marmite et Poisson d’Or. Mais la belle ville d’Orient est sur le point de tomber aux mains des pillards. Milka et Radoslav trouveront refuge auprès de rustres navigateurs venus du Nord. Dès lors le destin des deux familles sera à jamais mêlé.”

De Katarina Mazetti, je n’ai lu que “Le mec de la tombe d’à côté“, dont j’ai parlé sur ce blog il y a de cela fort longtemps. J’avais apprécié, mais je n’ai jamais éprouvé l’envie de lire ses autres romans (“Les larmes de Tarzan”, “Entre Dieu et moi c’est fini”), notamment parce que j’avais entendu dire que cela ressemblait beaucoup au premier.

Mais quand j’ai appris que l’auteur avait publié un roman historique teinté de romance, mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai bondi dessus (en plus, quelle couverture !). Comme toujours, l’écriture de Mazetti est nette, claire et simple, organisée en courts chapitres. Plutôt que de nous raconter la grande Histoire avec ses batailles, ses généraux et ses princesses, elle choisit de nous plonger dans la vie quotidienne d’une famille viking et d’une autre dans la Kiev des Rus qui, par le hasard des conquêtes, vont se rencontrer et s’unir. Elle ajoute même une petite dimension fantastique en s’appuyant sur les traditions païennes des vikings.
J’ai beaucoup aimé ce roman, entre autres parce que c’était le premier “vrai” livre que je lisais après mon accouchement. On sent que les recherches ont été fouillées, ce qui est loin de me déplaire car je tique de plus en plus souvent quand je vois passer un truc qui n’est pas “raccord” avec une époque. Ca se lit vite, c’est agréable et il n’y a pas de temps mort. Un très bon roman pour s’évader sans se prendre trop la tête.

Swap thé

Grâce à Armalite, je participe depuis déjà deux ans aux swaps organisés sur son blog. La dernière édition, qui a eu lieu au mois de juin, avait pour thème le thé, cher au cœur de bien des blogueuses. Armalite organise ses swaps (échanges de colis) soit par binôme, soit en chaîne, et c’est cette dernière formule qu’elle a retenue cette fois-ci : la première inscrite devait envoyer un paquet à l’organisatrice, puis la suivante à la première inscrite et ainsi de suite jusqu’à la fin.

Voici donc le colis que j’ai reçu de la part de Céline :

DSCN5254
Il ne manque que la jolie carte

– Un thé “Toupet de légumes”, thé noir à la fleur de courgette, fleur de tomate et piment d’Espelette. Après recherches sur le net, il semblerait qu’il s’agisse d’un mélange de chez Théodor, dont j’ai pas mal entendu parler mais que je n’ai encore jamais essayé.
– Un sencha de Nara, “Yamato Kabuse”, qui sent très, très bon.
– Un pu-erh bio aux agrumes et au gingembre de chez Rishi Tea, une marque que je ne connais pas.
– Deux sachets de “Be Cool” de Kusmi. Kusmi et moi, c’est une longue histoire, sur laquelle je reviendrai peut-être un jour, alors je vais goûter avant d’en parler !
– Une “théière-tasse” (il existe sans doute un nom pour ce genre d’objet mais je l’ignore) aux motifs de kokeshi sur fond vert. Malheureusement, je me suis rendu compte en la sortant de sa boîte que la boule du couvercle était cassée (mais rien qu’un peu de colle et quelques minutes de patience ne sauront réparer).
– Une jolie carte ornée d’un dessin japonisant d’un moineau sur un prunier, accompagné de l’idéogramme du printemps.

Pour l’instant, je n’ai attaqué que le “toupet de légumes” et, mon Dieu, quelle découverte ! C’est légèrement piquant, ça sent divinement bon et c’est mon nouveau thé fétiche du petit déjeuner (pourtant, c’est pas facile de détrôner le thé noir à la rose de Harrod’s).

Au final, j’ai été super gâtée, alors que, de mon côté, j’ai l’impression d’avoir “bâclé” mon propre colis pour Gaëlle qui contenait les choses suivantes (elle ne consomme quasiment que du thé vert) :
– Une boîte de “Nuit à Versailles” de chez Dammann
– Une boîte de “Iskandar” de Mariage Frères, thé vert à la violette
– Un sachet de genmaicha (thé vert au riz grillé) du Palais des Thés
– “Le livre du thé” d’Okakura Kakuzô, que je considère comme une excellente introduction à l’esthétique de la cérémonie du thé (pas forcément très folichon mais quand même assez simple à lire – dommage pour elle, ma swapée avait dit aimer le Japon).
Je voulais ajouter une petite boîte de “7 Parfums” de Dammann, pour qu’elle puisse découvrir un thé noir qui ne serait pas amer, mais je l’ai oubliée. En outre, j’aurais aimé glisser une petite gourmandise, mais j’ai été prise par le temps.

Un swap en demi-teinte, donc.