X-Men : Days of future past

Quand on est jeune parent, on a un peu tendance à remiser sa vie culturelle et sociale au placard. Autant il est possible de faire quelques incursions chez les amis, voire d’arpenter une exposition, autant aller au cinéma est carrément prohibé. Grâce à l’intervention de ma mère, nous avons toutefois réussi à nous faire une toile hier soir, pendant que la Crevette s’ingéniait à lui vriller les tympans.
A l’origine, je militais pour le dernier Ken Loach ou le dernier Ghibli (celui sur la légende du coupeur de bambous, pas celui dont on nous a rebattu les oreilles en février dernier), mais quand nous avons découvert que le dernier X-Men (à peine 10 semaines au compteur) était encore à l’affiche, nous n’avons pas hésité. C’était parfait pour une soirée sympa à ne surtout pas réfléchir.

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Dans un futur plus ou moins proche, fait de destruction, de poussière et de néons violets (je n’invente rien), les mutants sont pourchassés et éliminés sans pitié par d’énormes robots capables de s’adapter à leurs pouvoirs. Devant la gravité de la situation, le professeur X et Magnéto, désormais réunis dans la lutte pour leur survie, décident de renvoyer l’esprit de Wolverine dans le corps de celui-ci cinquante ans plus tôt… en 1973.

Voilà le point de départ de ce film, censé établir un trait d’union entre les deux franchises, et permettre un passage de témoin d’une génération d’acteurs à l’autre. Bien entendu, tout cela est prétexte à un casting de folie (Michael Fassbender, Peter Dinklage, Patrick Stewart, Halle Berry, et j’en passe…) et à de très gros effets spéciaux.
Pour tout vous dire, j’ai plutôt bien aimé ce film. Outre l’effet “vacances, j’oublie tout” du scénario pas trop compliqué, il y avait de l’humour, de l’action, des beaux mecs, quelques clins d’oeil bien sentis aux autres films de la saga… L’idéal pour une soirée d’été.
Bien sûr, ce n’est pas un film parfait, mais je trouve quand même que ça retombe plutôt bien sur ses pattes (à l’exception de l’entêtement de Magneto à la fin que je trouve irrationnel, mais bon, il faut bien une scène de grosse tension pour conclure). J’ai passé un très bon moment en compagnie de tous ces personnages que j’ai appris à aimer au fil des épisodes, et tout cela m’a donné envie de revoir l’intégralité des films pour me remettre dans l’ambiance.

5 ans plus tard…

Hier soir, Armalite a demandé à la cantonade sur sa page Facebook quelle était la chose dans notre vie (positive ou négative) que nous n’aurions pas pu imaginer il y a 5 ans. Du coup, j’ai décidé de faire un petit bilan.

Source
Source

Il y a cinq ans donc :

  • Je suis déjà en couple avec l’Anglais.
  • Je rêve de repartir vivre au Japon, par exemple avec un visa vacances-travail, mais lui ne pourrait pas m’accompagner.
  • Je me morfonds dans un boulot qui ne plaît pas et dans lequel j’ai l’impression de stagner.
  • Je blogue à tout va, au point de me demander régulièrement : “mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter ?”
  • Nous plongeons dans la reconstitution historique et les campements.
  • Nous allons bientôt adopter un chat, même si l’Anglais n’est pas au courant.

J’ai pas mal réfléchi à la question d’Armalite, et je me suis rendu compte que, en cinq ans, ma vie avait beaucoup changé, surtout en bien. En fait, je n’ai jamais été aussi heureuse (oui, ça a l’air mièvre dit comme ça, mais c’est vrai).

  • J’ai enfin réussi à dépasser le blocage qui m’empêchait d’écrire (et j’ai trouvé un éditeur pour me faire confiance).
  • J’ai commencé la traduction littéraire freelance, sans trop savoir dans quoi je mettais les pieds, mais je m’amuse beaucoup.
  • J’ai épousé l’Anglais (et on m’en parle encore, alors j’en déduis que, pour les gens aussi, la fête était belle).
  • Nous avons eu un bébé, alias la Crevette.
  • Le chat est toujours parmi nous (et la cohabitation se passe bien).
  • J’ai arrêté puis repris ce blog.

Il y a des choses dont je rêvais (le mariage – oui, un peu, je le reconnais – le bébé…) mais que j’arrivais à envisager, alors que d’autres me paraissaient inatteignables (la reconversion professionnelle et l’écriture, notamment).

Parmi les choses négatives ou difficiles que je n’aurais pas imaginées, il y a :

  • Le fait que le départ de mon père au Canada distendrait autant nos liens : j’avais l’habitude de l’appeler ou de passer le voir (nous n’habitions qu’à quelques stations de métro l’un de l’autre) au moins une fois par semaine, aujourd’hui c’est un Skype tous les trois mois et un mail de temps en temps. Surtout, je ne lui raconte plus rien de ma vie, je me contente des faits les plus banals.
  • La naissance ma demi-sœur, qui a été très difficile à digérer (et que je n’ai toujours pas digérée, en fait, alors que ça fait un an – j’y reviendrai). J’avoue qu’apprendre la grossesse de la femme de mon père, alors que l’Anglais et moi-même tentions de concevoir la Crevette depuis quinze mois, a été franchement douloureux.
  • Renoncer à repartir au Japon, par amour pour l’Anglais. Ce n’était pas un sacrifice (faut pas exagérer), mais plutôt un choix qui n’a pas toujours été facile à assumer.
  • Les deux accidents de sport de l’Anglais qui nous en ont un peu fait voir de toutes les couleurs pendant presque un an.

Au final, je suis infiniment plus heureuse aujourd’hui, même si ce n’est pas forcément ainsi que j’envisageais ma vie il y a cinq ans. Et tant mieux. Ca veut dire qu’il y a plein de surprises à venir et que les cinq prochaines années seront tout aussi riches !

Initiation à la cérémonie du thé

Sur proposition de Shermane, nous avions réservé une initiation à la cérémonie du thé japonaise chez Jugetsudô. J’ai beau avoir un carnet d’adresse nippo-parisien assez fourni, je dois avouer que je ne connaissais pas cet endroit.

Le rez-de-chaussée
Le rez-de-chaussée

La boutique est constituée de deux niveaux : le rez-de-chaussée qui sert de boutique et dispose d’un mini-comptoir où on peut déguster un thé éventuellement accompagné d’un gâteau traditionnel. On y trouve également des thés d’excellente qualité et des ustensiles pour la cérémonie du thé.

Au sous-sol, on trouve un petit espace en tatamis pour célébrer la cérémonie du thé, ainsi qu’une vitrine où sont exposés de très beaux (et très chers !) objets en rapport : bols et boîtes à thé. C’est là que nous avions rendez-vous.
J’ai déjà assisté à plusieurs cérémonies du thé, mais il existe plusieurs écoles, et je refuse rarement une plongée dans la culture japonaise traditionnelle.

Le sous-sol
Le sous-sol

Les participants – nous n’étions que quatre, ce qui est théoriquement le nombre maximal d’invités présents à une cérémonie du thé – sont accueillis par le maître de thé. Après une explication exhaustive et néanmoins et très claire et intéressante – j’ai quand même réussi à apprendre des trucs, donc je suis bien contente – sur les origines et la signification du sadô, celle-ci nous a attribué nos rôles : j’étais la première invitée, et ainsi de suite jusqu’à la dernière personne.

La cérémonie se déroule selon le rituel : présentation et purification des ustensiles, dégustation d’une pâtisserie traditionnelle sucrée pour contraster avec le goût de la boisson, puis préparation et dégustation du thé, un mélange mousseux et très corsé (personnellement, j’adore, mais la première fois ça surprend).
Quand on nous propose d’en reprendre, petite surprise : c’est à nous de jouer ! Je suis ravie car je n’ai jamais eu l’occasion de me frotter au côté pratique de la cérémonie, en dépit de mes expériences. La première impression : la manipulation, très codifiée, ne s’apprend pas du premier coup ! Mais le plaisir de goûter son propre thé vaut vraiment le coup.

Le petit plateau personnel
Le petit plateau personnel

L’initiation s’achève au bout d’une heure, avec l’impression d’avoir voyagé dans un autre monde, de s’être totalement détendu et d’avoir rechargé les batteries. Comble du bonheur : un bon de réduction de 10% nous est offert et nous permet de piller joyeusement la boutique (mais ceci est une autre histoire).

Est-ce que je recommande ? Oui, oui et encore oui ! C’est une très belle expérience, enrichissante, qui vous permettra d’assouvir votre envie de Japon, que vous soyez amateur éclairé ou novice. Les explications sont claires, l’attitude bienveillante, tout est empreint de beauté et de sérénité. Un vrai voyage.

Comptez 35€ par personne, réservation obligatoire
Jugetsudô, 95 rue de Seine, Paris 6ème

Virée chez Album

Album, c’est une série de librairies spécialisées dans la BD et installées dans le quartier latin. Quand j’étais étudiante (il y a de cela bien longtemps), j’y passais beaucoup de temps et j’y ai dépensé beaucoup (beaucoup !) d’argent. C’était aussi l’un des endroits où je pouvais me procurer des mangas à l’époque où on n’en trouvait pas partout.
Samedi dernier, suite à notre excursion chez Grom, j’ai traîné Cha² dans deux de leurs boutiques pour “jeter un oeil”. Bien entendu, je ne suis pas ressortie les mains vides…

Le butin
Le butin

Les vieux fourneaux” : Armalite en a parlé sur son blog, et je ne peux que soutenir ce qu’elle a dit de cette merveilleuse BD. C’est beau, drôle, touchant, émouvant… A lire absolument !

“Gavrilo Princip – L’homme qui changea le siècle” (Henrik Rehr) : commémoration de la guerre de 14 oblige, chaque secteur artistique s’y met. Après “14-14” dont je vous parlais la semaine dernière, voici le nouvel opus qui a rejoint ma bibliothèque.
La BD met en parallèles les vies de Gavrilo Princip (en insistant fortement sur cette dernière) et celle de l’archiduc François-Ferdinand, jusqu’au moment où l’un assassinera l’autre. C’est très, très sombre, dans le dessin, fait de grandes trames noires, comme dans la narration, qui raconte la vie franchement compliquée des Serbes sous domination ottomane et autrichienne. Néanmoins, l’impression générale que j’en ai retirée est celle d’une vie gâchée et d’un entêtement jusqu’au-boutiste qui n’auront finalement pas servi à grand-chose (je ne dis pas que la première guerre mondiale n’aurait pas éclaté sans Gavrilo Princip, elle aurait seulement été retardée, selon moi).

“Voyage au Japon. Tome 1 : Tokyo” (Sandrine Garcia, Rémi Maynègre). J’ai craqué parce que les dessins étaient magnifiques, entièrement réalisés à l’aquarelle, mais… En fait, je suis déçue par le contenu : “encore” un journal de voyage d’un couple parti en voyage de noces au Japon, toujours les mêmes clichés / images / sources d’étonnement… Sans doute suis-je très exigeante sur ce sujet que je maîtrise bien, mais là, pour être honnête, on reste franchement sur sa faim. Sans compter que les auteurs sont à peine présentés au début de l’ouvrage, on ne connaît rien de leurs parcours, de leur relation au Japon… C’est très frustrant.

Remi Maynègre, tous droits réservés
Remi Maynègre, tous droits réservés

Vais-je investir dans le tome suivant, consacré au Mont Kôya ? Probablement. Mais parce que j’ai décidé de considérer ces livres plus comme de très beaux livres d’images (les doubles pages consacrées à la mairie de Tokyo sont superbes) que comme des carnets de voyage.
D’ailleurs, dans ce genre-là, je ne peux que chaleureusement vous recommander les deux ouvrages de Florent Chavouet, sur Tokyo et Manabe-shima.

Rémi Maynègre
Rémi Maynègre

Vide ton sac !

Allez, pour changer des sujets graves, voici un article parfaitement inutile mais qui m’amuse. L’idée est de vider son sac (au sens propre) et d’en photographier le contenu. Je ne voudrais pas dire de bêtise, mais il me semble qu’une photographe allemande avait lancé un projet de ce genre il y a quelques années.
Voici la bête :

DSCN5269Un sac Longchamp qui fut beige autrefois et qui tend sur le… grisâtre, dirons-nous pour rester polis. Offert par mon père à l’occasion d’un anniversaire, c’est le modèle-type de mes sacs d’été (comprenez : il n’aime pas trop prendre la pluie). A sa fermeture éclair est accroché un o-mamori rapporté du Futarasan-jinja de Nikkô il y a… 11 ans, je dirais.

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Le contenu :
– Un porte-chéquier Longchamp beige, pour mon chéquier perso, ainsi que le chéquier de notre compte joint (pour les dépenses de santé de la Crevette – j’y reviendrai à l’occasion).
– Un portefeuille Longchamp acheté sur vente privée (non, je ne fais pas de fixette sur la marque, allons donc). Il contient les classiques : cartes bancaires, carte vitale, carte UGC (à résilier parce que c’est pas comme si on pouvait aller souvent au ciné, maintenant), cartes de visite et de fidélité diverses et variées, carnets de timbres, argent (dont un billet de 1$ et un autre de 5000Y – allez comprendre), avoirs divers dans des cantines autour du boulot, carte d’identité, carte d’électeur et… une grue en papier offerte par des collégiennes au Kiyomizu-dera.
– Un parapluie moche et pété, mais on annonçait de la pluie lundi (c’te blague).
– Ma carte orange Navigo ainsi que mon Oyster card (cherchez pas) dans un joli étui trouvé chez Forbidden Planet. J’en massacre un à deux par an.
– Des kleenex. Je suis allergique aux pollens / à la pollution / aux acariens. Le kleenex est mon meilleur ami.
– De la pommade pour les lèvres. Partout. Tout le temps. En ce moment, retour aux basiques, c’est un Neutrogena.
– De la pommade pour les lèvres teintée, pour les grandes occasions. A l’époque où j’étais rousse, c’était la seule teinte qui m’allait encore. En revanche, pour l’effet soin, c’est mort, ça me dessèche quand même les lèvres (je n’ai toujours pas trouvé le Graal).
– De la Lisopaïne. Je suis facilement sujette aux maux de gorge, surtout avec la Crevette qui chope les rhumes de son père.
– Un agenda papier noir, ultra-basique, offert par le boulot de mon beau-père. Je ne m’en sers quasiment plus, j’utilise mon téléphone qui, lui, me rappelle mes rendez-vous.
– Mon smartphone, sans lequel je ne saurais vivre. Ouais, c’est moche.
– Un sac en tissu orange fluo “Les Tropéziennes” offert la semaine dernière quand j’ai acheté une paire de sandales de cette marque. La couleur ne me plaît pas plus que cela, mais elle est très estivale et moins salissante que les sacs blancs / beiges offerts par les éditeurs.
– Un carnet de tickets restaurant. J’attends encore ceux du mois de juin, ceux-là m’ont été donnés par ma mère qui n’arrive jamais à en venir à bout (pour ma plus grande joie).
– Un stylo bille, offert par la coiffeuse qui s’est occupée de moi le jour du mariage de Ioionette.
– Un lange (tissu hyper absorbant) parce que la Crevette est la reine du bavouilli et de la régurgitation ninja.

Ce qu’il manque :
– Mes clés, qui ont leur place attitrée à côté de la porte dès que je franchis le seuil de la maison.
– Le chapeau de soleil de la Crevette, lamentablement oublié ce jour-là.
– Un bouquin : depuis la naissance de la Crevette, je ne peux plus lire dans les transports, je ne le fais qu’à la maison.

Ronde des poches #2

La toujours inventive Armalite nous a concocté un nouveau type de swap : la ronde des poches. Le principe est simple : on s’inscrit et l’on reçoit les coordonnées de la personne précédente ainsi qu’une liste sommaire de ses goûts et on lui envoie un livre de poche susceptible de lui plaire.
J’avais déjà participé à la première édition et eu le plaisir de découvrir “Les cinq quartiers de l’orange” de Joanne Harris (qui a aussi écrit “Chocolat”, mais si, ce livre adapté au cinéma avec Johnny Depp et Juliette Binoche).

Cette fois-ci, c’est Audrey qui m’a envoyé “Quand l’empereur était un dieu” de Julie Otsuka.

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Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour, une famille de Berkeley brutalement arrachée à sa demeure est déportée par le FBI à la frontière du désert. Ses origines japonaises suffisent à justifier l’emprisonnement, la peine et l’humiliation. Trois ans auxquels chacun doit survivre, agrippé aux joies passées, pour tenter de se reconstruire dans les ruines de la Seconde Guerre mondiale.

Je suis bien embêtée. En effet, ma correspondante ne pouvait pas mieux tomber : seconde guerre mondiale, Japon… ça colle avec mes goûts. A tel point que j’ai acheté ce roman en 2012 lors de mon séjour à Seattle. Notez que je l’ai beaucoup aimé : outre qu’on explore un aspect peu connu de la guerre aux Etats-Unis (la déportation et la ségrégation des Américains d’origine japonaise), on en apprend un peu plus sur la vie de ces migrants arrivés au tournant du 20ème siècle pour travailler dans les champs et les exploitations agricoles. Le style est fluide, concis, mais l’évocation demeure puissante.
En outre, si vous désirez lire en anglais mais que vous n’êtes pas très sûrs de vous, je ne peux que vous conseiller ce livre car il est bref (150 pages environ) et sa langue est simple et facilement compréhensible.

Pour ne rien gâcher, le livre était accompagné de deux magnifiques cartes postales ornées de citations de Jane Austen et dont je suis déjà folle.

Je suis donc très contente et en même temps un peu frustrée pour ma swapeuse qui à l’évidence s’est pas mal investie pour me trouver ce livre !

Une journée à l’improviste

Hier après-midi, alors que j’étais dans le métro, j’ai reçu un appel d’Isa. En général, nous communiquons presque exclusivement par voie électronique, vu qu’il nous est très facile de passer une heure au téléphone à notre insu. D’abord un peu inquiète, j’ai été ravie quand elle m’a annoncé la nouvelle : elle passait à Paris mardi et proposait que nous nous retrouvions. Ni une, ni deux, j’ai arrangé mon planning au mieux pour passer du temps avec elle (nous nous voyons en moyenne une fois tous les six mois ; là, ça faisait à peine 15 jours, il va neiger, c’est pas possible).

Nous nous sommes retrouvées gare Montparnasse, fidèlement accompagnées par la Crevette, avant de choisir un lieu où déjeuner. M’étant conformée aux prévisions météo de mon téléphone, j’attendais 27° et des éclaircies, autant vous dire qu’avec les 22° et les gros nuages, j’avais l’air un peu bête…
Arrêt au Paradis du fruit qui, dans mon souvenir, proposait de très bonnes salades et cocktails de fruits. C’est donc tout naturellement que j’ai opté pour une gaufre aux accompagnements salés (saumon fumé, tarama, crème aigre et oeufs de lump, le tout accompagné d’une jolie salade de crudités) et une citronnade à la menthe. Tout était délicieux. C’est certes assez cher (20€ par personne) mais les assiettes sont copieuses et les fauteuils très (trop ?) confortables.

Paradis du fruit
Nous avons ensuite flâné dans le Monoprix d’à côté, soi-disant pour chercher du mirin (condiment japonais), mais surtout pour avoir le plaisir de discuter à l’abri. Puis Isa a pris congé momentanément et je suis rentrée coucher mademoiselle.

En seconde partie d’après-midi, nous devions nous retrouver une fois de plus à la gare, mais la Crevette ayant décidé de faire la sieste, je n’ai pas eu trop de mal à attirer Isa à la maison – moyennant la promesse de goûter à ce délicieux thé “Toupet de légumes” reçu lors du swap de juin.
Comme toujours lorsque nous sommes ensemble, nous avons parlé de tout, de rien, et le temps a filé. La SNCF a bien essayé de retenir Isa à Paris, mais elle a finalement pu avoir son train…
La prochaine fois, on se cale un week-end entier sans enfant ni mari.

“Ermites dans la taïga”

Ermites_taigaUne famille de vieux-croyants démunis à l’extrême, subsistant dans une cabane misérable, en pleine taïga, coupés de la civilisation depuis… 1938 : telle est l’incroyable réalité décrite par Vassili Peskov, qui raconte ici avec passion et minutie l’aventure des ermites de notre temps, puis les vains efforts de la plus jeune d’entre eux, Agafia, pour se réadapter au monde.

Encore un titre qui n’était pas dans ma PAL, me direz-vous. J’avoue, j’ai une fois de plus succombé au plaisir coupable du libraire. Jeudi dernier, je cherchais un livre pour la ronde des poches au rayon “Récits de voyage” de mon dealer habituel, quand j’ai fini par m’offrir cet ouvrage qui me narguait depuis quelques semaines. En réalité, j’ai appris pour la première fois l’existence de cette famille, les Lykov, l’hiver dernier dans un reportage du Daily Mail (on a les références culturelles que l’on peut) et j’avais très envie d’en savoir plus, d’autant plus que ce sont des vieux-croyants (orthodoxes russes qui ont refusé la réforme du culte voulue par le tsar Alexis) et que la grand-mère de l’Anglais appartient à cette mouvance.

Il ne s’agit pas d’un roman mais plutôt d’une enquête journalistique : l’auteur, Vassili Peskov, s’est rendu à de nombreuses reprises auprès de la famille Lykov après leur “redécouverte” en 1978. Il décrit les raisons qui ont poussé cette famille à s’exiler toujours plus loin dans la taïga (ils se trouvaient à plusieurs centaines de kilomètres de la première installation humaine), leur quotidien, ainsi que les deux membres de la famille qu’il a pu rencontrer : Karp Ossipovitch, le père, et Agafia, la fille cadette. Plus tard, il y retourne presque chaque année pour informer ses lecteurs de l’évolution de la situation.
Je ne sais pas ce qui m’a le plus frappée dans ce livre : la description des magnifiques paysages de la taïga qui donne franchement envie de partir (genre je survivrais plus de deux jours dans un endroit pareil…), la vie de ces gens qui ont choisi de s’installer au milieu de nulle part, leur foi inébranlable qui confine à l’obscurantisme (je dis “qui confine” et non qui l’est car ils ne semblent pas condamner les gens qu’ils rencontrent de vivre “dans le siècle”), leurs réactions face à la modernité… C’est un tableau fascinant, une image qui se serait arrêtée définitivement à l’orée du XXème siècle. Le dépaysement est garanti.

L’auteur a publié une suite, “Des nouvelles d’Agafia”, que je n’ai pas encore lue.

Ermites dans la taïga, Vassili Peskov, Babel Actes Sud

La déprime du dimanche soir

Longtemps, le dimanche soir fut pour moi synonyme de malaise, voire de mal-être. Je n’avais pas envie que cette journée finisse, et en même temps elle traînait en longueur et en ennui depuis la fin du déjeuner. L’angoisse de retourner à l’école et, plus tard, au bureau le lundi matin n’aidait certainement pas, mais je pense également que, comme beaucoup d’enfants de divorcés, le dimanche soir était à l’occasion le moment du retour à la maison (chez ma mère) après un peu plus d’une journée chez mon père, que je ne reverrais sans doute pas avant un mois.
Je ne suis pas la seule à être “atteinte” dans ma famille, je sais que mon père a longtemps souffert de la même chose (c’est d’ailleurs à lui que je dois la découverte de ma “BO du dimanche soir pluvieux, ci-dessous), mais de là à dire que c’était contagieux…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=g-ZlXxd3ra8[/youtube]

Aujourd’hui, les symptômes ont presque disparu – merci le passage au temps partiel qui m’a permis de ne plus travailler au bureau le lundi – mais je ressens toujours une espèce de vague à l’âme quand les dimanches après-midi s’étirent. L’impression de ne pas avoir assez “rentabilisé” cette journée, sans doute, couplée à ma peur panique de l’ennui (un jour, j’y reviendrai, tiens).
Quoi qu’il en soit, la certitude de maîtriser un tant soit peu mon emploi du temps a beaucoup aidé à apaiser cette angoisse.

Et vous, la déprime du dimanche soir, ça vous dit quelque chose ?

Grom

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser présager (je suis certaine que les fans de Naheulbeuk ici ont lu “Krom”), il s’agit d’un glacier parisien et non d’une boutique de jeux de rôle.
Cet après-midi, donc, pour contrer la canicule, Cha² et moi nous étions donné rendez-vous devant la boutique, située dans le quartier de l’Odéon. Comme de juste, vu les températures, nous étions loin d’être les seules. Il y a tout juste quelques tabourets pour s’asseoir sur une minuscule terrasse (pris d’assaut, bien entendu), et la file d’attente s’allongeait. Voyez plutôt :

Un petit aperçu de la file
Un petit aperçu de la file

Après dix bonnes minutes d’attente passées à papoter, nous pouvons enfin commander. Mon choix se porte sur un grand pot garni des parfums chocolat extra-noir, chocolat fondant et fior di latte (le nom italien de la mozzarella si je ne dis pas de bêtise). Cha² de son côté a remplacé le dernier parfum par de la glace au yaourt.

Chocolat !
Chocolat !

Verdict : c’est super bon. Vraiment. Les deux chocolats ont un vrai goût de chocolat,  sont parfaitement reconnaissables l’un de l’autre (il s’agit de grands crus). Mention spéciale personnelle à l’extra-noir qui tient ses promesses sans assoiffer. En revanche, face à deux parfums aussi puissants, je pense que le fior di latte a été un peu écrasé, et que j’aurais mieux fait de choisir un chocolat-noisette ou un pistache. Qu’à cela ne tienne, s’il le faut, on y retournera !

Grom – 81 rue de Seine 75006 Paris