Narnia II – Le prince Caspian

Toujours dans la série “il faut rentabiliser la carte UGC, mais on n’a pas envie de se prendre la tête”, l’Anglais et moi sommes allés voir le deuxième volet de la série Narnia hier. Les chroniques de Narnia – le prince Caspian retrouve nos quatre héros un an après leur retour dans le “vrai” monde. Ils essaient tant bien que mal de se débrouiller dans leur vie quotidienne, mais le souvenir de Narnia continue de les hanter. C’est alors qu’ils sont happés vers leur ancien royaume…
Sauf qu’ils arrivent 1000 ans après leur départ, que leur château n’est plus que ruines et que les êtres humains ont colonisé Narnia, forçant le peuple féérique d’autrefois à se réfugier dans les bois. C’est alors que le prince Caspian, poursuivi par son oncle qui cherche à se débarrasser de lui pour monter sur le trône, soulève les Narniens et leur promet la liberté s’ils l’aident à récupérer son royaume. Peter, Susan, Edmund et Lucy arrivent au beau milieu de cette agitation et découvrent bientôt que c’est Caspian qui les a appelés un peu par accident.

Soyons francs, je n’avais pas spécialement adoré le premier opus, que j’avais trouvé trop fade et trop bien-pensant à mon goût. Je dois admettre que cette fois-ci je n’ai pas été déçue : l’ambiance est sombre, tendue, parfois douloureuse. Les personnages sont confrontés à des choix pas toujours très heureux, et les tensions ne manquent pas de se faire sentir. En outre, on peut dire que les quatres membres de la famille Pevensie tombent un peu là comme un cheveu sur la soupe car, malgré les légendes annonçant leur retour, les Narniens les accusent d’avoir abandonné leur peuple.
Les amateurs de grandes batailles seront servis, avec un siège et une bataille rangée. Les costumes sont plus réussis que dans le précédent film, où tout cela avait un petit côté “pas très naturel” – notons au passage qu’en un milier d’années, Narnia est passée du moyen-âge à la Renaissance.
D’un autre côté, j’ai trouvé la fin un peu étrange, même si elle correspond à l’oeuvre de C. S. Lewis. A l’évidence, il ne fait pas bon devenir adulte à Narnia…

Le mesnagier de Paris

Ce week-end, à la question de belle-maman me demandant ce que j’avais lu récemment, j’ai réalisé que je n’avais pas encore chroniqué ma dernière lecture médiévale. Le mesnagier de Paris fut rédigé à la fin du XIVème siècle par un bourgeois de Paris dans le but de préparer la jeune épouse de ce dernier à son rôle.

Généralement connu pour ses recettes de cuisine, qui sont à la base de la reconstitution de l’art culinaire médiéval, l’ouvrage est en réalité un manuel d’économie domestique et de bienséance. L’auteur, dans le souci de guider sa femme qui n’a plus de parents pour l’aider, décrit la contenance à observer à l’église, dans la rue et en privé, fait la liste des passe-temps acceptables pour une jeune femme, donne des modèles de chasteté féminine…
Le texte est étonnant, car il mêle idées neuves – la femme est le pendant de l’homme – et “rétrogrades” – la femme ne doit avoir d’autre volonté que celle de son mari. Il est également une compilation de différents ouvrages, reprenant des exemples dans l’histoire sainte mais aussi dans les classiques latins (rendus chrétiennement corrects), et contient aussi un traité de chasse au faucon.
Si la lecture n’en pas toujours aisée, en particulier pour les recettes de cuisine, cela n’en demeure pas moins une importante source documentaire sur la vie quotidienne au moyen-âge et les valeurs de la société.

Kung-fu Panda

Enfin un nouveau film ! Depuis un mois et demi, pris par nos activités aussi diverses qu’envahissantes – danse, caves, fêtes médiévales, GN, fêtes médiévales, dîners à la maison – l’Anglais et moi n’avions pas été en mesure d’aller au cinéma. Après une longue réflexion sur les films que nous avions ratés, ceux que nous voulions absolument voir et, plus important, l’état de notre cerveau, nous nous sommes décidés pour Kung-fu panda.

La vallée des animaux est protégée des dangers par les cinq élèves d’une école de kung-fu, Grue, Tigresse, Vipère, Singe et Mante. Ceux-ci s’entraînent dur pour avoir l’honneur de devenir le guerrier dragon, personnage mythique qui éloignerait à tout jamais les dangers.
Dans cette même vallée vit Po, un jeune panda dont le papa (une oie) est propriétaire d’un magasin de nouilles. Po n’a qu’un rêve, apprendre le kung-fu, alors que son père aimerait le voir reprendre le restaurant. Lors du tournoi organisé pour désigner le nouveau guerrier dragon, c’est Po qui est choisi à la surprise générale (et à la sienne aussi). Commence alors le long et difficile apprentissage du kung-fu et de la vie en communauté.

Bien entendu, inutile de vous raconter la fin, vous l’aurez deviné. Ce film est très agréable à regarder, avec des séquences comiques très bien réussies – il suffit d’avoir entendu l’Anglais rire à côté de moi pour s’en assurer. L’animation est fluide, les décors très réussis et le doublage, comme de plus en plus souvent, confié à un casting impressionnant : Jack Black, Dustin Hoffman, Angelina Jolie et Jackie Chan entre autres. A noter, la méthode d’entraînement du panda, à base de brioches à la viande… Une vraie réussite, qui nous a poussés à finir la soirée… au restaurant chinois !

Fête des remparts de Dinan

L’été est la saison des fêtes médiévales, et nous n’avons pas failli à la règle ce week-end en allant assister à la fête des remparts de Dinan. Celle-ci est particulière, car elle n’a lieu que tous les deux ans. J’y avais déjà assisté il y a quatre ans avec la compagnie Ar Gwad, mais je n’avais pas eu l’occasion d’y retourner depuis.

Arrivés vendredi soir – et gracieusement hébergés par la famille de l’Anglais – nous attaquons les hostilités dès samedi matin. La ville est séparée en quartiers animés selon un thème : la cour seigneuriale, les guerriers, les Vikings, les bâtisseurs de cathédrales… Nous nous promenons au hasard des rues remplies de gens costumés. Chose intéressante, les habitants prennent vraiment à coeur la fête et nombre d’entre eux font l’effort de se costumer. Malheureusement, il est assez facile de distinguer ce genre de costumes, car ils sont un peu “trop” brillants.

Nous nous rendons au jardin anglais, derrière la basilique Saint-Sauveur, qui présente les différents métiers des bâtisseurs de cathédrales. Nous admirons une “cage à hamster”, grande roue de 5 mètres de diamètre qui sert de grue et peut soulever jusqu’à 1 tonne de matériaux, puis découvrons la fabrication du vitrail, le travail de la laine…
Suite de la visite aux grands fossés, où est présentée l’animalerie ducale. L’Anglais tente désespérément de me convaincre d’adopter un bébé tigre mais bizarrement, je ne suis pas emballée. Puis nous admirons les oiseaux de chasse, en particulier un aigle et un hibou grand-duc, des dromadaires et un auroch. La plupart des animations de ce site sont néanmoins destinées aux enfants, et nous passons rapidement notre chemin.
Après un rapide déjeuner affalés sur les pelouses surplombant la Rance, et beaucoup de shopping – nous y reviendrons ultérieurement – nous allons assister au tournoi mettant en scène une compagnie française et une compagnie russe. Le tournoi présente différentes épreuves d’adresse, comme la quintaine, les anneaux ou les écussons, effectuées par deux “équipes” de trois chevaliers – deux Russes et un Anglais d’une part, un Français, un Breton et un Prussien de l’autre.
Le tournoi se poursuit avec des joutes, c’est-à-dire une charge avec une lance, qui opposent les combattants un à un ou deux à deux. Même si l’on sait que l’histoire est scénarisée, les évènements s’enchaînent avec fluidité et les combats ne sont pas feints. Bien entendu, il n’y a pas de vrai vainqueur, les Russes et les Français se retrouvant à égalité, mais le spectacle est un plaisir à regarder et nous ne regrettons pas l’attente sous le soleil et la musique un peu forte.

Nous effectuons un rapide détour par la maison pour permettre à l’Anglais d’essayer sa nouvelle tenue. Car en effet, la séance shopping a servi à le rhabiller de pied en cap : outre un gambison d’occasion, il s’est en plus trouvé des sur-chausses, une chemise et des braies – ce qui le rend trèèèès sexy comme on peut le constater sur la photo.
Hem. Après ces considérations, nous retournons en ville pour le bal médiéval, où nous retrouvons les tavernistes et entamons la danse. Il y a du monde pour danser ou pour regarder et, fait marquant, les pas sont consciencieusement expliqués par une maître de danse. Après quelques branles doubles, un branle des sabots et une danse de l’ours, je clôture la séance sur un branle d’Ecosse endiablé et épuisant, et nous retournons nous écrouler.

Dimanche matin, nous étrennons la nouvelle tenue de l’Anglais et décidons de finir la visite des sites de reconstitution. Nous nous rendons vers les douves du Jerzual où sont stationnées plusieurs compagnies vikings, présentant la vie quotidienne, la construction des navires normands ou le maniement des armes.
Nous remontons vers le marché, où je finis par craquer et m’offrir une chainse, puis nous trouvons un magnifique chapeau en feutre pour compléter la nouvelle tenue. Le chapeau est même tellement beau qu’il ne serait pas impossible qu’on le retrouve sur ma tête cet hiver.

Nous retrouvons Myrrdhin et Auréa pour aller déjeuner et, après moultes hésitations, finissons par choisir une crêperie installée dans une petite cour. Las, si la nourriture est bonne, le service est d’une lenteur d’escargot, au point que nous renonçons à prendre un dessert et sautons dans la voiture pour ne pas rentrer trop tard à Paris. Excellent week-end, jolie fête.

Nuits d’enfer au paradis

Dans la série “je lis de la littérature pour ados et j’assume (plus ou moins)”, je ne pouvais pas passer à côté du dernier opus de Stephenie Meyer (mais si, souvenez-vous, l’auteur de la série Twilight).

L’ouvrage est en réalité un recueil de nouvelles de cinq auteur(e)s américains spécialisées dans le roman adolescent. La tête de proue du recueil, au moins en France, est Stephenie Meyer, entourée, entre autres, de Meg Cabbot.
Les histoires mettent toutes en scène des héroïnes en première ou en terminale dont c’est le bal de fin d’année (la fameuse prom night chère à la culture américaine) précisément ce jour-là. Sauf que rien ne se passe comme prévu, et l’on dérape dans le fantastique.
Le niveau des nouvelles est assez variable à mon goût. Toutes sont bien écrites, mais certaines “dérapent” plus que d’autre ou vers des thèmes qui ne me parlent pas. J’avoue avoir plus de mal à accrocher à une histoire mettant en scène des super pouvoirs qu’à une histoire de vampires. Mais on ne se refait pas. Le livre est un bon moyen de se détendre, de se vider la tête et de s’évader un peu. Idéal pour le trajet quotidien en métro ou pour une plage ensoleillée.

La bataille de Monteriggioni

La Toscane, c’est beau, surtout le temps d’un week-end. C’est aussi une terre chargée d’histoire et dont les habitants ne ratent pas une occasion de célébrer le passé, et en costumes de préférence. Arrivés trop tard pour assister au palio ou au calcio in costume, nous avons tout de même pu assister à la fête médiévale de Monteriggioni, juste à côté de l’hôtel.
Monteriggioni est une ville fortifiée, parfois considérée comme une “petite San Giminiano” à cause de ses tours. Beaucoup plus petite dans ce cas. Tous les ans, deux fêtes médiévales ont lieu, la première, se situant au XIIIème siècle et racontant la bataille entre les armées siennoise et florentine (Sienne et Florence ont passé leur temps à s’affronter pour la domination de la Toscane), a eu lieu le premier week-end de juillet. La seconde fête, le week-end suivant, narre le siège de la ville par les Florentins en 1526.
Le festival mêle les reconstitutions de la vie quotidienne, avec de petits campements, des échoppes d’artisans et des lieux pour se restaurer (même si, ô sacrilège, le chocolat n’est pas proscrit), et un spectacle réalisé par des professionnels reproduisant les combats. C’est la première fois que nous assistons à une fête médiévale sans être costumés, la sensation est étrange, de n’être qu’un touriste parmi d’autres.
Fait intéressant, ici la monnaie n’a plus cours, il faut la changer pour des “grossi“, la monnaie locale inspirée des pièces médiévales. Malgré notre bonne volonté, peu de stands nous inspirent, à part les fabricants de jeux médiévaux et les vendeurs d’hypocras, lequel est d’ailleurs bien plus corsé que chez nous (20° quand même, et sous la chaleur toscane).
Un peu déçus par le faible nombre d’exposants, nous décidons d’assister à la reconstitution majeure : le siège de la ville par les troupes toscanes (et leur échec) en 1526. L’un des “acteurs” fait une présentation intéressante, quoique tout en italien, présentant le contexte international (Pavie, l’Empire, tout ça) et régional (Floreeeence, ton univers impitoyâaable), les innovations de l’époque (l’artillerie) et les personnages importants. Puis la bataille commence, mettant aux prises une vingtaine de figurants de chaque côté, des chevaux, des arquebusiers et des canons.
Les costumes sont magnifiques, les combats, rythmés par de vrais tambours, sont réalistes et bien faits, les salves d’artillerie sont particulièrement impressionnantes. Un seul bémol : la musique d’ “ambiance”, trop forte, pas forcément adaptée et couvrant les “vrais” bruits qui auraient ajouté une note historique.
Néanmoins, nous sommes ravis d’avoir pu assister à cette fête. Nous repartons avec une bouteille de chiaretto, sorte de claret local mais en bien plus fort (cela commence à devenir une habitude de rapporter de l’alcool de nos sorties), et des idées plein la tête pour de nouveaux costumes.

Week-end en Toscane : Florence et San Giminiano

Dimanche, après deux journées le groupe se scinde : d’un côté, grande soeur n°1 et sa famille, qui décide de rester à l’hôtel, et de l’autre l’Anglais, ses parents (et moi, et moi, et moi), qui partons visiter Florence.
L’arrivée dans la ville est… dantesque. Depuis le début de la journée, l’air est lourd, le ciel est gris et chargé d’humidité, mais les éclaircies se maintiennent. Une fois garés sous le marché central de Florence, nous sommes accueillis par un orage diluvien. L’attente n’étant pas notre fort, nous décidons de braver les éléments au bout d’un quart d’heure, encouragés par un “ça se calme” de l’Anglais. Effectivement, l’averse se calme… le temps de faire 20 mètres et de courir s’abriter sous un porche. L’orage dure encore une bonne vingtaine de minutes, avec foudre, éclairs, pluie battante et grêlons, tant et si bien que nous retournons nous réfugier dans la voiture.

D’un commun accord, nous optons pour une promenade dans les rues de la ville plutôt qu’une visite acharnée des sites touristiques : outre que nous sommes dimanche et que la ville est bondée, nous sommes tous déjà venus il y a une dizaine d’années, et les souvenirs sont toujours là. Nous déambulons donc du Dôme de Santa Maria à la place de la Seigneurie dominée par le Palazzo vecchio et ornée de sculptures, pour traverser la cour du musée des Offices (inutile d’essayer d’entrer, tant pis pour mon shoot de Botticelli). On longe l’Arno, que l’on traverse ensuite par le Ponte vecchio, jusqu’au Palais Pitti.
Tout le long du chemin, on peut contempler les multiples témoignages d’un passé grandiose : les armes des Médicis en particulier sont partout (agrémentées de la fleur de lys française, suite aux mariages de Catherine et Marie avec des rois de France), il y a aussi de nombreuses statues sur les bâtiments et même quelques maisons décorées de fresques.
Retour par Santa Croce, et la journée se transforme en séance shopping (après tout, Florence est une ville où il est de bon ton d’acheter des produits en cuir) : l’Anglais trouve une ceinture, moi un sac à main (oui, c’est le quinzième, et après ?), belle-maman des souvenirs pour les absents et beau-papa une sacoche pour le travail. Pause glace (stracciatella un jour, stracciatella toujours) place du Dôme et retour à l’hôtel pour le dîner.

Le soir, nous partons avec l’Anglais pour une petite escapade en amoureux du côté de San Giminiano, pompeusement surnommée “la Manhattan du moyen-âge” par l’office du tourisme, mais plus simplement chaleureusement recommandée par belle-maman. Il fait nuit, la campagne toscane invite à l’évasion et la ville est superbe. Ancienne ville fortifiée, San Giminiano a conservé ses remparts en excellent état, ainsi que de nombreuses tours, symboles de la puissance et de la richesse de ses habitants. Les ruelles sont encore fréquentées malgré l’heure, mais bien moins qu’en plein jour semble-t-il. Après le sacro-saint arrêt à la gelateria et la découverte des parfums fior di latte, safran et after eight (n’est pas Anglais qui veut), nous déambulons au hasard. La place principale accueille l’orchestre municipal dont la musique nous accompagne tout au long de la promenade, plus ou moins étouffée par les constructions.
Petits moments de bonheur dans un jardin qui surplombe la ville et la vallée, puis retour chez les vivants. Le dédale des ruelles à peine éclairées est légèrement inquiétant mais superbe, d’autant que plusieurs époques se superposent. Au moment de partir, nous n’oublions pas d’acheter de quoi célébrer la gastronomie locale à Paris : Chianti et pâtes colorées.
Demain matin, retour à Paris.

Week-end en Toscane : Sienne

Vous le savez sans doute déjà, ne serait-ce que parce que j’en ai parlé pendant quinze jours (et aussi parce que j’y ai fait une discrète allusion il y a quelques mois), mais ce week-end nous étions en Toscane pour célébrer les trente ans de mariage des parents de l’Anglais.
Départ vendredi matin de Paris, avec beaux-parents, grande soeur n°1 avec homme et enfants, mais sans grande soeur n°2 et son homme, malheureusement immobilisés à Angers. Fin d’après-midi sous le signe de la détente au soleil (chaud ! 35° à l’arrivée) et au bord de la piscine. Chaque “famille” ou couple a son propre appartement, dont la déco choque un peu les goûts de l’Anglais mais plairait fort à Eidyan (rayures roses un peu partout). Dîner copieux arrosé de Chianti classico, nous découvrons la joie du repas à trois plats plus dessert et sortons repus.

Samedi matin, nous retrouvons une guide pour visiter Sienne… avec près d’une demi-heure de retard. Nous avons en effet tourné dans la périphérie de la ville, mais cela nous a permis de découvrir un quartier entier pavoisé de rouge, blanc et bleu orné d’un porc-épic. Nous en reparlerons plus tard.
Rendez-vous devant l’église San Domenico, d’architecture gothique en brique et à l’intérieur très dépouillé, mais qui détient une relique précieuse : la tête de Sainte Catherine (de Sienne), sainte patronne de l’Italie et de l’Europe (ce que j’ignorais parfaitement).
Promenade dans les rues inondées de soleil, au cours de laquelle nous découvrons la valeur toute relative de la sécurité routière en Italie. Arrêt sur la place de la banque Monte dei Paschi, l’une des plus anciennes banques d’Europe, ce qui ne manque pas d’amener la conversation sur le sujet. Belle-maman et moi regardons consternées nos hommes échanger sur les taux de change et l’évolution de la banque italienne au cours des vingt dernières années… Nous apprenons également que Sienne, divisées en 17 quartier ou contrades, considère que la place de la banque et la place centrale de la ville sont les seules zones “neutres” où l’on ne revendique l’appartenance à aucun quartier.

La guide nous explique alors les subtilités du palio, la course de chevaux qui fait la renommée de Sienne. Chaque année, le 2 juillet et le 16 août, 10 des 17 quartiers de Sienne tirés au sort s’affrontent. Le gagnant remporte l’étendard de la Vierge et le droit pour les habitants originaires du quartier de pavoiser les fenêtres aux couleurs de la contrade. A tel point que même hors de Sienne, cette coutume est observée et respectée ! Le héros de la course n’est pas le cavalier mais le cheval, qui peut parfaitement remporter la course même s’il est seul. Alors que nous marchons, nous découvrons justement le cortège de l’étendard, remporté cette année par le quartier du porc-épic (celui-là même dans lequel nous nous sommes égarés ce matin). Tous les membres sont vêtus de costumes XVème.
Puis nous visitons Santa Maria, magnifique cathédrale au décor de marbre noir et blanc évoquant les armes de la ville de Sienne. La façade est superbe, ornée de multiples sculptures et d’une fresque. L’intérieur est en comparaison sombre, mais très décoré, de bustes sur les chapiteaux, de mosaïques au sol, de peinture en trompe-l’oeil sur la coupole, de multiples statues, oeuvres d’art, fresques… La chaire de vérité, chef-d’oeuvre du XVème siècle, est une structure colossale en marbre représentant des scènes de la Bible, mais aussi les arts libéraux, preuve de l’ouverture d’esprit du créateur de l’époque. L’Anglais et moi avons un instant de “recueillement” dans la bibliothèque des Piccolimini (famille du pape Pie II), où sont exposés de magnifiques antiphonaires et dont les fresques murales ont gardé les couleurs d’origine.
A la sortie, nous découvrons les fondements de ce qui aurait dû être la nouvelle cathédrale… et de constater qu’il n’y a pas qu’à Pise que les constructions penchent (regardez bien le pilier central sur la photo).
Nous parcourons encore quelques rues, pénétrons dans la cour d’un ancien palais devenu école de perfectionnement musical (sentiment assez irréel d’entendre de la musique classique sortir d’on sait où en plein jardin) et arrivons à la place centrale, siège de l’Hôtel de ville et du palio. La visite s’achève, mais nous restons encore à flâner un peu et à manger des glaces (stracciatella mon amour).

Un mariage à Provins

Jeudi dernier en taverne, Cynthia m’a recrutée pour une prestation de danse à Provins pour samedi soir. Autant dire que nous avons été prévenus “au pied levé” (c’est le cas de le dire).

Nous avons donc rendez-vous à Vincennes à 18h, pour une prestation de 45mn à 21h30. Embringués dans l’affaire : Rofessa, Dame Thalie, Clarisse, Arelorn, Lolita et Davidouille. Si vous comptez bien, nous sommes en nombre impair… soit trois couples et demi, ce qui ne manquera pas de poser un problème.
Après un pique-nique face aux remparts – qui semblent bien vides – nous retrouvons le lieu de la prestation, un magnifique ensemble de bâtiments du XVème siècle, avec salles voûtées, croisées sculptées, jardins et potager. Un peu surpris par l’aspect de la mariée – qui doit friser la cinquantaine – nous nous préparons néanmoins, coachons les mariés pour la pavane et l’allemande qu’ils interprèteront avec nous et nous échauffons en dansant autour de l’ordinateur portable.
L’ambiance est bon enfant, mais sans doute bien arrosée : deux ou trois convives ne marchent plus très droit, certains ont même le vin un peu lourdingue. La prestation commence à 23h, après une petite pièce comique d’inspiration médiévale, mais avant le fromage. Soyons francs, la pavane et l’allemande, dans une salle plus petite que les caves un soir d’affluence, ne sont pas très concluantes. Mais les spectateurs sont bon public. Nous enchaînons avec une démonstration bransle d’Ecosse, bourrée d’Avignon et ductie, puis par une initiation dans les jardins. Il n’est pas facile de faire danser les gens, entre les filles en talons hauts, ceux qui ont forcé sur le moretum, ceux qui n’ont pas le sens du rythme et les inattentifs. Mais notre prestation est appréciée, c’est l’essentiel.

Il est alors minuit, et le propriétaire se propose de nous faire visiter les lieux : caves voûtées immenses et salles de réception. Nous retournons aux cuisines récupérer nos affaires quand on nous propose de grignoter un peu. Il reste de l’omelette aux herbes et de la terrine de lièvre. Des tartes salées, aussi. Et puis du fromage. Un petit zeste d’orange confite pour faire passer le tout et nous levons le camp vers 1h30, après force fous rires devant notre appétit de sauterelles voraces.
Retour à la maison à 3h30 du matin !

Mika & guests

Vendredi soir, grâce au désistement de la reine mère, j’ai pu emmener Imihel au Parc des princes voir Mika. Et Yelle. Et Panic! at the disco. Et puis Dionysos, aussi. Passé cet inventaire à la Prévert, voici le résumé des évènements.

Yelle entame les hostilités, alors que le stade continue à se remplir – de nombreuses places sont encore vacantes, même si le concert est complet depuis pas mal de temps. Chose incroyable pour ce genre de spectacle, on commence… avec 10 mn d’avance ! Yelle, j’avoue que je connais mal, et j’ai pas mal de préventions. Mais ça bouge bien, la chanteuse est radieuse, ravie d’être là et nous le fait partager. Bon, on n’aime ou on n’aime pas, personnellement, j’aime bien mais sans plus. Le fait marquant de la soirée sera le look improbable (mais c’est aussi pour ça qu’elle est connue) : robe à lamé multicolore, anorak bleu électrique et doré et baskets orange fluo à semelles compensées, dignes des plus grandes soirées Dance Machine.

On enchaîne très vite avec le groupe Panic! at the disco, que m’avait fait découvrir un de mes élèves l’été dernier. Ils interprètent des morceaux de leur dernier album… celui que je n’ai pas. La musique est bonne, le guitariste a l’air d’un ado (mais il est pas mal). Cependant, le courant passe moins bien avec l’assistance, vu qu’ils ne parlent pas un mot de français et que les Français comprennent bien mal l’anglais. Quoiqu’il en soit, c’est pour moi un moment réjouissant, et je tombe des nues en apprenant qu’ils sont américains et non britanniques comme je l’ai toujours cru. Renseignements pris, ils sont de Vegas. Comme quoi, la ville du jeu peut receler des trésors cachés.

Cela fait maintenant une heure et demie que le concert a commencé et le public commence à être compact, surtout dans la fosse. Les places autour de nous se remplissent lentement mais sûrement. Dionysos entre alors en scène pour une heure. Le décor est clairement inspiré de leur dernier album, la mécanique du coeur, avec vieilles horloges et inspiration burtonienne. Les musiciens entrent d’ailleurs quand les aiguilles des horloges se mettent à remonter le temps. On commence avec les premiers titres du nouvel album – celui-ci racontant une histoire, il est difficile d’interpréter les morceaux dans le désordre – et la “naissance” du héros au coeur d’horloge. Les musiciens et interprètes sont tous excellents, l’énergie dégagée sur scène impressionnante : tous sautent, bougent…
Le chanteur tente même deux slams – comme sur la photo – dont le second lui permet de traverser près de la moitié du stade, du proscenium à la régie son, aller-retour. Quand le groupe entonne Song for a jedi, tout le monde reprend en coeur, mais c’est pas simple, vu que l’orchestration et les respirations ont été modifiées. Le temps passe à une allure folle et c’est déjà la fin, avec Andalusia, et une très très trèèès longue outro, pendant laquelle tous se rapprochent du public.

L’ambiance est à son comble, il reste une demi-heure à patienter, le temps de dégager la scène et le décor du show de Mika – qui déborde largement des tentures noires posées devant. Le stade se met à scander Mi-ka Mi-ka, avant d’attaquer une série de holas. C’est ce moment précis que choisit Rofessa pour m’appeler, mais nous en reparlerons plus tard.
Le stade est plein comme un oeuf quand commence le spectacle : un décor de tête de clown, des artistes de cirque – acrobates, clown, équilibristes – pour une intro de plusieurs minutes. Mika apparaît enfin, et commence le concert avec Relax (take it easy), repris en choeur par le public. Il en sera de même pour tous les titres interprétés ce soir. Tout s’enchaîne à merveille, la mise en scène est colorée, joyeuse, avec de filles court vêtues mais de manière décalée, notamment sur Big girls you are beautiful.
Mika s’adresse à son public dans un français parfait, fait des plaisanteries et nous avoue même à un moment être en train de perdre son pantalon (“mais je continue !”). Nous entendons toutes les chansons de l’album et deux nouveaux titres, dont une très belle chanson acoustique, Rain. Quand commence Happy ending, je ne peux m’empêcher de craquer… tout en laissant Imihel en plein trip à côté. 😀
Le final approche, sur scène c’est une débauche de couleurs, de sons, d’images… Au premier rappel, Mika reprend Grace Kelly et Relax, puis, disparaît et laisse le stade plongé dans le noir. Nous assistons alors à un spectacle d’ombres chinoises assez particulier. Enfin, le tout dernier rappel fait place à Mika, seul à son piano, au bout du proscenium, qui nous fait chanter Grace Kelly en français.

C’est déjà fini… Alors que je tombais de fatigue en arrivant, j’ai la pêche et beaucoup d’enthousiasme. Un grand moment qui m’a bien aéré la tête.