Ici et maintenant

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Je n’ai aucune originalité, je reprends la structure du post d’Armalite (et de Shermane, du coup), pour faire un rapide topo de mon état actuel.

La dernière fois que vous avez ri aux éclats : certainement en faisant une blague avec l’Anglais, mais je ne sais plus exactement quand ni à quel sujet.
La dernière fois que vous avez pleuré : chez mon psy, vendredi dernier, après une séance (et une nuit) épuisante nerveusement.
Le dernier rêve dont vous vous souvenez : mon psy (encore elle) me disait qu’il ne fallait pas inscrire la Crevette à la danse parce que c’était moi qui avais toujours rêvé d’en faire, pas elle. Hum.
Votre livre du moment : Un peu L’Assommoir de Zola (j’aime Zola d’amour, je l’ai déjà dit ?), un peu les œuvres complètes de Louise Labé (poétesse du 16ème siècle). Ouais, ça a l’air très sérieux, mais gardez en mémoire que je lis par tranches de 5-10 minutes.
Votre dernière série télé coup de cœur : Peaky Blinders est une de celles qui me plaisent le plus ces dernières années, j’attends la saison 4 avec impatience. Je suis toujours aussi fan de Broadchurch et j’ai hâte que France 2 diffuse la suite de Dix pour cent.
 
La dernière fois que vous avez fait un truc avec un ou des ami(e)s : dimanche, quand Florine est venue boire un thé et causer tatouage(s).
La dernière fois que vous avez fait un truc rien que pour vous : hmmm, rien que pour moi toute seule ou avec le Paprika ? Dans le premier cas, aller à l’opéra, dans le second, prendre le thé avec Shermane la semaine dernière.
L’achat déraisonnable sur lequel vous fantasmez un max : une garde-robe historique complète, de l’Antiquité à nos jours. Ou juste une tournure de bal. Oh, et ce sublime manteau qui coûte un rein (mais cette couleur !).
Votre dernière chouette découverte sur Internet : Je ne suis pas du tout du genre à dénicher les tendances sur Internet, bien au contraire, je débarque après tout le monde. Hmm… me rendre compte que je sais enfin utiliser les stories Instagram ?
Une décision qui vous fait hésiter : calva dans le biberon ou pas ?
Le ou les trucs personnels qui vous préoccupent le plus : Le versement de mes indemnités maternité, qui devrait tomber – si tout va bien – d’ici trois semaines (mon congé maternité court jusqu’à mi-décembre, la bonne blague), la hausse des cotisations Ircec que je trouve affolante, les nuits hachées du Paprika que je soudoierais bien pour qu’il dorme.
Le truc ou les trucs de l’actualité qui vous préoccupent le plus : la montée de l’extrême-droite en Pologne, dont personne ne parle ou presque.
Le ou les trucs personnels qui vous réjouissent le plus : l’arrivée du Paprika, la réaction ultra positive de la Crevette malgré des tensions et frictions inévitables, savoir que l’Anglais s’épanouit dans sa formation, ne subir qu’un modeste baby-blues intermittent au lieu de l’atroce dépression post-partum d’il y a trois ans.
Le ou les trucs de l’actualité qui vous réjouissent le plus : on ne parle pas trop de trucs réjouissants dans les journaux, malheureusement. Je sais que je m’efforce de relever les “bonnes” nouvelles, mais aucune ne me vient spontanément, soit manque de concentration, soit manque d’impact au milieu de toutes les actualités déprimantes / sordides / préoccupantes.
Comment vous encaissez la bascule vers la mauvaise saison ? : Je dirais bien “en ne sortant pas de sous la couette et en buvant du chocolat chaud avec un bon livre”, mais cette proposition ne tient pas compte du fait que j’ai deux enfants. On va dire en montant le chauffage, en remettant un pull et en buvant des litres de thé et de soupe.
Votre prochaine escapade – où et quand ? : n’importe où, dès que possible. Plus sérieusement, on vise le Canada en famille l’été prochain et les Vosges toujours en famille à Noël.
Des projets pour ce week-end ? : Le marché de l’histoire de Compiègne, pour dépenser les sous qu’on n’a pas.
Une note de satisfaction globale sur 10 : 7/10. Ca ira mieux quand le Paprika fera ses nuits dans son lit, dans sa chambre.

La Meringaie

Au hasard de mes pérégrinations sur Instagram, j’ai découvert une pâtisserie spécialisée dans la meringue, et surtout dans la pavlova, ce dessert composé de meringue, crème fouettée et fruits frais (J’ai l’impression d’être la voix off dans “Le meilleur pâtissier”, là). Hier, profitant d’un rendez-vous à deux stations de métro de la boutique, je suis allée y faire un tour.
L’endroit n’est pas très grand, mais d’une blancheur immaculée. Les desserts, élaborés uniquement à partir de produits frais et de saison, évoluent constamment, avec un parfum différent par semaine en plus de quatre créations du moment. Ceux-ci se déclinent en plusieurs formats, de l’individuel au “gâteau” pour huit. Il est également possible de composer sa propre recette en passant commande à l’avance.

Malheureusement pour moi, je ne suis pas très fan des fruits d’automne cuisinés, je fais notamment une grosse allergie aux agrumes associés au sucre (si). Du coup, mon choix s’est restreint à deux “modèles”, Gwendoline et Pélagie.

Gwendoline

Gwendoline est composée d’une crème fouettée au caramel au beurre salé, de pommes confites, d’éclats de noisette et de framboise. La texture de la meringue est hyper légère, à la fois craquante et fondante. Le caramel apporte un côté onctueux et un peu riche à la crème, mais ça passe très bien, surtout en cette saison. Les pommes sont fondantes sans ressembler à de la bouillie. J’ai beaucoup aimé !

Pélagie

Pélagie propose une crème fouettée au citron vert, associée là encore à des framboises et à du fruit de la passion. Sur le papier, j’avais très peur de la crème au citron vert, dont le parfum était assez prégnant (pas au point de tout couvrir, loin de là, mais assez pour que je le sente bien). En bouche, ça passe bien, c’est très frais, même si je ne suis pas certaine que je pourrais en manger des tonnes (mais c’est un goût personnel). Quelque part c’est dommage car l’association avec les fruits frais est délicieuse et rafraîchissante, et donne un dessert très léger, à consommer après un repas un peu lourd.

Au final, j’ai été ravie de cette découverte, et je vais guetter les prochains parfums. Petit bémol, j’avais vu sur le site que le magasin proposait aussi des “mookies”, petites meringues customisées comme des cookies, mais… ils n’en faisaient pas mardi, car c’était le premier jour d’ouverture de la semaine ! J’ai également découvert, en partant, qu’il existe une seconde boutique, beaucoup plus près de chez moi ! Qu’à cela ne tienne, j’ai une revanche à prendre, et j’y retournerai avec plaisir.

La Meringaie, 21 rue de Lévis 75017 Paris / 41 rue du Cherche-Midi 75006 Paris

Les photos ont été généreusement réalisées par l’Anglais, merci, cœur, bisous.

10 Things I liked this week #158

La semaine a été… fatigante, mais ce n’est pas nouveau. Disons que c’était aussi un challenge, puisque l’Anglais devait assister à tout un tas d’événement professionnels et artistiques, si bien que j’ai pas mal géré l’intendance avec les enfants (en ayant quelques sueurs froides par moments). Heureusement que ce n’est pas le mois de la photographie tous les jours !
Néanmoins, la semaine fut bonne et s’est achevée agréablement.

  • Lundi, je démarre par une course effrénée pour déposer la Crevette à l’école en ce jour de rentrée de classes et emmener le Paprika à l’hôpital pour le dépistage de la dysplasie. Miracle miraculeux, j’arrive à l’heure aux deux endroits (en plus le médecin était coincé dans les bouchons).
  • Excellente nouvelle, le Paprika n’a pas de dysplasie de la hanche ! Même si on s’en doutait, ça reste un soulagement de se dire qu’on n’aura pas ce traitement-là à gérer.
  • Dans la foulée, j’abats une quantité impressionnante de corvées administratives en contactant la sécu, la mutuelle, la CAF et l’Agessa. J’en profite même pour m’abonner au Monde, chose que je me promets depuis 6 mois.
  • Mardi, je retrouve Shermane pour un thé chez George Cannon. Nous apprenons avec dépit qu’ils ne font plus les déjeuners (mais qu’allons-nous devenir ?), mais je me console avec un délicieux cake macha-chocolat noir. A retenter à la maison, tiens.
  • Je traîne ensuite Shermane dans les magasins pour “trouver des vêtements aux enfants”. Je finis avec un pull et des collants pour moi, normal. Quoi qu’il en soit, cette après-midi fut merveilleuse car elle m’a offert un sacré bol d’air dans ma vie de mère de famille au foyer.
  • Le soir, l’Anglais s’attelle à installer la nouvelle imprimante/scanner reçue la semaine dernière. Cet homme est fabuleux, la machine fonctionne, ce qui me permet d’écluser d’autres corvées administratives. On ne m’arrête plus.
  • Samedi, la Crevette assiste à sa première fête d’anniversaire chez un copain d’école. Maison sublime (la mère est designer), gâteau élaboré, jeux et activités… les parents nous ont bien foutu la pression pour l’année à venir ! Mais Mademoiselle est ravie, elle a boulotté des bonbons tout l’après-midi et dansé.
  • Le soir, c’est Danse avec les stars ! Mais c’est aussi rugby, et l’Anglais et moi alternons en commentant de façon totalement improbable les scores de l’équipe néo-zélandaise et les notes attribuées par l’un des juges. Cherchez pas, nous allons très bien.
  • Dimanche, après avoir reculé devant le déluge homérique et nous être planqués à la maison, nous recevons Florine pour parler tatouage et enfants en dégustant des gâteaux (c’était une visite prétexte pour présenter le Paprika).
  • Dans un moment de folie courage, j’ai décidé de faire un peu de pâtisserie. Heureusement qu’il restait de la pâte à biscuit dans le congélateur, sinon je n’en serais jamais venue à bout !

Approuvé par nos enfants #1 : soupe de chou-fleur au curry

Je réponds à l’invitation d’Isa pour proposer des recettes qui ont faire leurs preuves auprès de nos enfants. Je précise tout de suite que la Crevette a des goûts un peu particuliers : elle ne mange rien de cru (parce que “ça croque”), ni fruits, ni légumes. En revanche, lorsque c’est cuit, beaucoup de choses passent, y compris des trucs qui pourraient paraître surprenants pour une enfant de 3 ans.
Je mets donc en ligne la recette de soupe (ou plutôt de crème) de chou-fleur récupérée lors d’un enterrement de vie de garçon / jeune fille l’an dernier, et qui a eu du succès tout l’hiver. J’ai recommencé à en faire ces dernières semaines, et même l’Anglais – qui déteste le chou-fleur – a daigné goûter et trouver ça bon. Je pense qu’on tient un truc.
Attention, ce n’est pas parce qu’il y a des légumes dedans que c’est bon pour la ligne 😉

Niveau coloris, c’est pas très photogénique

Pour 2-3 personnes
1/2 chou-fleur
500ml de lait
20cl de crème liquide
Une pointe de curry
Echalote ou oignon finement haché
Sel et poivre
Huile d’olive

Découper le chou-fleur en bouquets (je pense qu’on peut utiliser du chou-fleur surgelé mais je n’ai jamais essayé) et le faire bouillir 5 minutes. Bien égoutter.
Dans la même casserole, faire suer l’échalote ou l’oignon dans un peu d’huile chaude.
Remettre le chou-fleur, ajouter le lait et le curry. Faire frémir un quart d’heure.
Ajouter la crème liquide, saler et poivrer. Mixer à l’aide d’une girafe ou d’un blender

Cette soupe se conserve très bien au congélateur, mais il vaut mieux la surgeler le plus vite possible.

10 Things I liked this week #157

Si la semaine avait bien débuté (avec notamment l’impression d’être reposée pour la première fois depuis longtemps…), elle s’est achevée de façon chaotique, entre problèmes de santé et soucis domestiques. Arrivera-t-on à 10 ce soir ? Suspense.

  • Lundi, P & L viennent dîner à la maison avec leurs enfants. Comme en plus ils connaissent le problème d’avoir un bébé, ils apportent le dîner (et un cadeau de naissance !), c’est tout bénéfice.
  • Mardi soir, pour célébrer (timidement) Halloween, je prépare, avec Mademoiselle, des scones salés au potimarron, d’après la recette de Pomdepin. Bon, j’ai eu peur de les faire trop épais, donc ils sont un peu plats, mais c’est délicieux, surtout tiède avec du beurre.
  • Mercredi, c’est férié et j’ai un début de gastro, mais j’embarque quand même tout mon petit monde au marché pour m’offrir des fleurs. Les hortensias bleu violacé crient mon nom, je les rapporte à la maison, il ne faut pas contrarier la nature.
  • Jeudi, j’embarque le chat chez le véto pour renouveler les vaccins, et aussi parce qu’il a un chat dans la gorge depuis quelques jours. Verdict : une laryngite (si, c’est possible), et… des puces. C’est reparti pour un tour de stérilisation de la maison. La bonne nouvelle ? Pour un animal de son âge (8 ans), le chat est en excellente santé.
  • Ma belle-mère nous a adressé plusieurs colis de trucs oubliés lors de notre dernier passage à Orléans : un livre pour enfant en russe, des pulls faits maison pour les enfants et… (probablement – le colis était trop gros) nos voilages mis à la bonne longueur.
  • Samedi, ma mère accueille notre nouvel exil forcé dû aux puces du chat. On déjeuner bien, Queen Mum s’occupe de la Crevette, le Paprika ronfle dans son cosy… on souffle.
  • Nous recevons en même temps les cadeaux de naissance de ma famille pour le Paprika : il y a clairement une thématique “renard” dans les vêtements d’enfants cette année (mais tant mieux, c’est mignon et ça change des petites voitures).
  • Dimanche, Monsieur effectue une virée à Ikea, officiellement pour acheter son nouveau bureau, mais surtout pour faire l’acquisition d’une couette moelleuse et chaude. Sortir du lit sera un véritable challenge, cet hiver.
  • Le soir, pour célébrer le fait d’avoir survécu à cette semaine et tuer les éventuelles bactéries restantes, l’Anglais nous concocte des cocktails en guise d’apéritif. Ne nous laissons pas abattre.
  • Bonus : la maison a été aspirée, fumigénée, nettoyée, et le chat traité. Nous sommes débarrassés des puces.

 

Je est un Juif, roman

Je suis tombée par hasard sur ce recueil, alors que je cherchais les poèmes de Louise Labé chez le même éditeur. Jamais découragée par l’achat d’un nouveau bouquin, le peu que j’ai lu de l’introduction, relatant les origines et la formation morale de Charles Dobzynski a piqué ma curiosité, et j’ai fini par emporter ce petit volume qui me faisait de l’œil.


Juif polonais, Charles Dobzynski est arrivé en France à l’âge d’un an et vécu la guerre, échappant à la rafle du Vel’ d’Hiv’ et passant très jeune dans la clandestinité. Sa vocation de poète est précoce, il publie ses premiers textes à 19 ans dans des journaux résistants.
Je est un juif, roman, est un recueil qui revient sur sa vie entière en tant que Juif, Français, et poète. Les textes sont courts, incisifs, ciselés même. Charles Dobzynski revendique sa judéité sans jamais mettre de côté son esprit critique, évoquant cette ambivalence qui étreint beaucoup de Juifs dans leur rapport à Israël, par exemple. Il dit aussi, en des poèmes brefs mais poignants, l’horreur de la rafle, l’angoisse de la fuite, la dispersion de sa famille. la vie persécutée par les nazis.

Cette lecture, quoique courte, n’est pas facile et n’intéressera probablement pas tout le monde, mais je ne peux m’empêcher de la recommander pour tous les questionnements auxquels le poète tente d’apporter des réponses.

Je est un Juif, roman, Charles Dobzynski, NRF Gallimard

10 Things I liked this week #156

Ce fut une semaine un peu compliquée : Paprika qui nous en a fait voir des vertes des pas mûres, grosse fatigue générale… difficile de trouver à compiler dix bons moments de la semaine (sans parler du temps nécessaire !).

  • Mardi, j’ai emmené la Crevette à l’atelier de Baby art. Au programme, un mignon petit fantôme en forme de paume de main sur fond de ciel étoilé. Grand succès des paillettes.
  • J’ai réussi à lire autre chose que des romans Harlequin : un (court) recueil de poésie qui m’a remuée, et le début de Germinal, téléchargé après la rediffusion du film sur Arte.
  • Vendredi, j’ai retrouvé C. pour un déjeuner un peu au pied levé. Alors qu’on voulait tester une adresse vietnamienne, celle-ci était bondée, nous en avons donc déniché une autre, délicieuse. Et on s’est achevées dans une délicieuse pâtisserie qui proposait des gâteaux magnifiques.
  • De bonnes nouvelles de Baby O et de ses parents, exilés loin là-bas au sud (si, si, genre à côté des Pyrénées). Et des photos, aussi.
  • Faire une (grosse) entorse à nos principes et acheter une tétine pour le Paprika qui réclame beaucoup à téter. D’un coup, on a gagné en sérénité à la maison.
  • Nous sommes partis passer le week-end à Orléans, chez ma belle-mère, où j’ai pu me reposer, au propre comme au figuré.
  • Samedi, une jolie balade sous le soleil sur les bords de Loire, à jeter du pain à quelques rares canards.
  • Dimanche, profiter du feu de cheminée pour réchauffer l’après-midi humide et grise.
  • Beaucoup pleurer mais beaucoup avancer chez le psy. C’est fatigant, mais constructif.
  • Commencer à discerner un début de “calage” du Paprika (même si on reste circonspects !).

Don Carlos

France et Espagne de la Renaissance. La princesse Elisabeth de Valois et son fiancé, l’infant d’Espagne Don Carlos, sont amoureux l’un de l’autre. Malheureusement, cet amour est voué à ne pas se concrétiser car le père de Don Carlos, le roi Philippe II, décide d’épouser lui-même Elisabeth. Les amants sont séparés par la raison d’Etat, mais aussi par le nouveau statut de “mère” de la nouvelle reine, tandis qu’en sous-main, la révolte des Flamands et les manœuvres de l’Inquisition menacent le trône…


J’ai raté Pelléas et Mélisande, qui devait ouvrir notre saison d’opéra, pour cause d’accouchement. Du coup, c’est par cette version française d’un opéra de Verdi (les deux livrets, français et italien, ont toujours existé) que j’ai entamé les réjouissances. Et pour être honnête, ça valait la peine d’attendre !

Le cast était impressionnant, alignant les grandes voix que nous avions déjà eu l’occasion d’entendre (ou presque). D’abord Jonas Kaufmann dans le rôle-titre, enfin remis de ses maux de gorge qui lui avaient fait annuler la plupart de ses spectacles la saison dernière, et qui livre une interprétation tourmentée et passionnée. Sonya Yoncheva, qui joue Elisabeth de Valois, et que j’adore depuis Iolanta. Là encore, une grande finesse d’interprétation et une diction quasi parfaite, encore, encore !
Ce couple est encadré de deux autres personnages d’importance, la princesse Eboli, chantée par Elina Garanca, à laquelle je reprocherai seulement une prononciation difficile du français (sans le surtitrage, difficile de comprendre ce qu’elle dit), mais qui compense par des notes magnifiques et une présence incroyable. Et enfin, Rodrigue, interprété par Ludovic Tézier avec sensibilité et nuance, et qui fut ovationné par la salle (après, c’est le régional de l’étape et un grand favori du public parisien).

Philippe Jordan dirigeait l’orchestre, comme toujours avec brio. J’ignore si c’est dû à l’emploi de la langue française, au fait que nous étions au fond du premier balcon (donc avec un son plus “mat”) ou simplement à la direction, mais cette oeuvre m’a paru moins “pompière” que d’autres opéras de Verdi (au hasard, Aïda). Bien sûr, il y a de grandes envolées, bien sûr, la phrase musicale principale reste en tête indéfiniment, mais quand même.
La mise en scène, signée Krzysztof Warlikowski, transpose l’action de la Renaissance à une Espagne vraisemblablement franquiste. Le décor est minimaliste, mais avec de belles trouvailles, notamment lors de la scène du couronnement et celle de la chanson des dames de compagnie de la reine (j’ai adoré la transposition dans une salle d’arme avec les suivantes habillées en escrimeuses, soulignant la nature particulièrement affirmée de la princesse Eboli). Le tout était agrémenté de projections de visages (l’infant, le roi, Elisabeth…) ou d’effets de “vieille pellicule”, assez douloureux pour les yeux, surtout quand on n’a pas assez dormi. Après, j’avoue ne pas avoir compris la présence du faux cheval pendant les deux premiers actes, et avoir été un peu rebutée par la projection du visage de l’hérétique, mi-Nabuchodonosor, mi-Raspoutine.

Au final, j’ai adoré cet opéra, et pas seulement parce que c’était un retour à ma vie culturelle. J’ai passé un excellent moment, malgré un surtitrage parfois défaillant et des voisines sans-gêne. En revanche, 4h40 de spectacle alors que le Paprika n’a pas encore un mois et ne fait pas ses nuits, c’était un peu optimiste !

Don Carlos, Opéra national de Paris, jusqu’au 11 novembre 2017.

10 Things I liked this week #155

Cette semaine a été marquée par la reprise de notre vie sociale (enfin, surtout la mienne, vu que l’Anglais a presque tous les jours des interactions avec des adultes qui n’impliquent pas les enfants) (le veinard). L’autre grand enjeu, en ce moment, consiste à lutter contre le manque de sommeil, ce qui n’est pas toujours simple. On fera mieux la semaine prochaine.

  • Mercredi, je reçois mon père venu tout spécialement du pays-du-caribou pour rencontrer le Paprika. La journée se déroule agréablement, et je déguste même mon premier steak tartare depuis des lustres (l’an dernier, quoi).
  • Puis mon beau-père nous a rejoints pour la soirée, à la grande joie de Mademoiselle, qui n’avait pas été gâtée par ses grands-parents depuis… oh, au moins 5 jours.
  • Jeudi, un rendez-vous avec la sage-femme confirme que je n’avais pas à m’inquiéter pour la croissance du Paprika. Bon, entre-temps j’ai trouvé un nouveau sujet d’inquiétude (la parentalité, ce merveilleux moment), mais ça va nettement mieux.
  • Le soir, nous confions la Crevette à sa baby-sitter attitrée et emmenons le Paprika rencontrer des amis. Bonne ambiance, grandes discussions et pas mal de (bon) vin. C’était très bien, mais on le paie cash tout de suite avec un certain manque de sommeil et une légère déshydratation au réveil.
  • Vendredi, Popi, une camarade de l’Anglais, vient dîner à la maison avec son+1. Nos invités sont grecs, et nous passons la soirée à discuter des différences entre nos pays, de l’adaptation dans une ville étrangère, et à manger de délicieuses spécialités. Une vraie soirée culturelle, en somme.
  • Samedi, mon père, ma sœur, ma nièce, mon oncle, ma tante et une de mes cousines viennent nous rendre visite et faire la connaissance du Paprika. Encore une fois, on discute beaucoup, et on mange encore plus de macarons (au rythme actuel, je peux affirmer que la Crevette est constituée de 20% de macarons à la vanille et 15% de macarons au chocolat…).
  • Dimanche, Leen et moi assistons à une représentation prévue de longue date (on a pris nos abonnements avant que j’aie connaissance de ma grossesse), celle de l’opéra “Don Carlos” à Bastille. Plus de détails très bientôt.
  • Cette semaine fut végétale, j’ai fait un casse chez le fleuriste : bouquet aux teintes orange et blanche mercredi, succulente samedi et gros bouquet de roses et d’hortensias dimanche. Je ne pense pas que ça va durer, mais en attendant je trouve ça très beau.
  • Même si ce n’est pas en soi un sujet agréable, la vague de dénonciation des violences sexistes fait plaisir à voir, car elle montre que la parole se libère enfin.
  • Malgré un refroidissement ce week-end, j’ai bien profité des températures clémentes de début de semaine (et j’ai marché au moins 5 kilomètres par jour – pas étonnant que je perde mes kilos de grossesse à toute allure).

Crevette et Paprika

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Puisque j’en ai parlé un peu, et que je vais beaucoup utiliser ces surnoms pendant encore pas mal d’années (jusqu’à ce que l’un d’entre eux me dise que c’est trop la honte, sans doute), je me dis que je vous dois quelques explications sur l’origine des pseudonymes dont j’ai affublé mes enfants.

Pour la Crevette, c’est très simple. Au début de ma grossesse (genre un mois et quelques), je me suis sentie mal en allant au bureau et j’en parlais avec l’Anglais par sms. A un moment donné, il insiste, flippé (je l’ai surnommé “papa-rano” à l’époque), et je réponds : “La Crevette et moi allons bien”. C’est resté. Notez que je ne savais pas encore qu’il s’agissait d’une fille.

Pour le Paprika, nous avions annoncé la nouvelle très tôt à notre famille proche (nous avons eu des soucis en tout début de grossesse), mais nous avons attendu le délai habituel pour en faire part à nos amis. Or ce délai s’est concrétisé lors de notre week-end à Budapest pour le bal Sissi organisé par notre association de danse (j’ai eu de la chance : à 15 jours près, je n’entrais plus dans ma robe).
J’avais déjà un peu de ventre et, au petit déjeuner, alors que la nouvelle se répandait progressivement, plusieurs personnes de l’association m’ont taquinée en disant que, quand même, ça se voyait. A quoi j’ai répondu que j’avais mangé trop de paprika, qui est le légume national hongrois, que l’on peut entre autres consommer le matin (ce qui était mon cas). J’ajoute au passage que, cette fois-ci, nous savions déjà qu’il s’agissait d’un garçon mais avons gardé cette information pour nous encore un mois.

Qu’est-ce que ça trahit, alors ? Que, quelle surprise, je suis obsédée par la bouffe, aussi (surtout ?) quand je suis enceinte. La blague étant que, dans la vraie vie, je n’appelle pas mes enfants ainsi mais plutôt “ma puce”, “mon lapin”, “mon canard”… Comme quoi.