Otello

Au xvie siècle, à Chypre, dans le port de Famagouste, le général Otello arrive avec son navire après avoir vaincu la marine turque en Méditerranée et assuré l’autorité vénitienne sur Chypre mais la jalousie, le complot et la vengeance mènent à la tragédie.


Nous sommes allés voir cet opéra de Verdi, adapté de la pièce éponyme de Shakespeare, vendredi soir à Budapest. L’occasion nous permettait à la fois de voir nos amis – même si ces messieurs auraient sans doute préféré une soirée dans un bar – et de profiter d’un moment de musique. J’avoue que si nous avions eu le choix de la programmation, nous ne serions sans doute pas aller écouter Verdi, que je n’apprécie que moyennement, mais on n’allait pas faire la fine bouche.

L’opéra de Budapest est un très beau bâtiment, dont l’extérieur évoque un mélange entre le Palais Garnier et l’opéra de Vienne, et l’intérieur ressemble à une miniature du Palais Garnier. Des marbres colorés, des lustres, de vastes escaliers… n’en jetez plus. La salle, dorée et rouge, ornée d’une immense fresque au plafond, est tout en bois, ce qui offre une excellente acoustique. En plus, comme la vie est très peu chère en Hongrie, nous avons eu d’excellentes places au parterre pour une soixantaine d’euros (à comparer aux 150-200€ à Paris).

L’orchestre, dirigé par Balázs Kocsár, était à la hauteur de la partition, tout en puissance, sans pour autant surjouer les moments d’intensité. Comme toujours chez Verdi, ça fait “poum, poum, poum”, mais l’ensemble dégageait une belle énergie.
J’ai eu un coup de cœur pour Mihály Kálmándy dans le rôle de Iago. Une vraie présence, un air inspiré dans la malfaisance, et un beau timbre de baryton, c’était sans doute le meilleur interprète de la soirée, bien que les autres ne soient pas en reste. Rafael Rojas en Otello était bon, mais un peu en dessous de Iago. en Desdemona, qui remplaçait au pied levé la chanteuse programmée à l’origine, a su tirer son épingle du jeu, en particulier dans la deuxième partie et juste avant son agonie.

En revanche, la mise en scène m’a laissée… dubitative, dirons-nous. Très sombre, très lourde en symboles, elle nous a donné une impression de “pas fini” : comme si le metteur en scène avait eu plusieurs idées qu’il n’avait pas exploitées à fond (les cordes / nœud du destin ; la forêt de main ; les deux symboles au centre la scène…). Et puis, avouons-le, le côté “totalitaire” dans une mise en scène, ça commence à être archi-vu.

Au final, nous avons passé une très bonne soirée. Contrairement à mes craintes, l’Anglais n’a pas été rebuté et a accepté l’éventualité de reconduire l’expérience de l’opéra (victoire !).

10 Things I liked this week #129

Oui, je suis encore en retard. A ma décharge, nous sommes rentrés dimanche soir d’un merveilleux week-end et il a fallu prendre le temps de redescendre. Ce fut une très belle semaine, pleine de bons moments et de soleil, et qui me laisse un beau souvenir.

  • Lundi, j’attaque une relecture de traduction qui se transforme vite en kamoulox vu le nombre de coquilles que j’ai laissées : “tu gâches tes talons”, “comme si elle avait tous les draps”… et j’en passe. Au moins, j’ai de quoi faire rire mon entourage.
  • Mercredi, je déjeune avec ma belle-mère dans mon salon de thé habituel. C’est le début d’un énorme quiproquo qui se dénouera dans les rires le lendemain.
  • Le soir, nous allons dîner chez des amis. Entre le retard de la baby-sitter et les horaires de train à surveiller, nous passons une soirée écourtée mais très sympathique.
  • Jeudi, nous fêtons une nouvelle fois l’anniversaire de la Crevette avec ses grands-parents. Mademoiselle est pourrie gâtée, et nous nous offrons un dîner sushis et pâtisseries.
  • Vendredi, départ très (trop) tôt pour Budapest, où nous allons passer quelques jours en amoureux pendant que belle-maman garde la Crevette (reconnaissance éternelle).
  • Nous retrouvons C&D, que nous n’avions pas vus depuis leur départ de Paris. D est hongrois et tous deux connaissent bien le pays et nous facilitent grandement les visites. Et puis on discute en rattrapant le temps perdu !
  • Vendredi soir, nous avons réservé un spectacle à l’opéra de Budapest, Otello, de Verdi. Salle magnifique, bons interprètes… cela en valait la peine.
  • Samedi, raison de notre présence à Budapest, nous allons au bal. Notre association de danse a en effet organisé un événement dans la salle de bal de l’hôtel où nous résidons. Accompagnés du même orchestre qu’à Vienne, nous dansons assez tard puis nous attardons pour quelques clichés et discussions.
  • J’ai découvert la gastronomie hongroise, et notamment cette fabuleuse idée de commencer un repas par une soupe. En plus ils ont de l’ail des ours, c’est un pays formidable.
  • L’Anglais s’est offert un Lomo d’occasion, qui fonctionne. On attend désormais les résultats développés.

Cette semaine, on va lever le pied ! Après plusieurs week-ends très intenses et en attendant la fin avril qui promet de ne pas être en reste, je vais essayer de me reposer (ah, ah, ah) et d’avancer dans mon travail (de nouveau en retard, soupir).

10 Things I liked this week #128

Bon, cette semaine, je ne vais même pas faire semblant d’antidater mon article, je reconnais volontiers mon retard. En cause, un épuisement accablant suite aux trois jours de Salon du Livre – et des deux semaines qui l’ont précédé et où je ne me suis guère ménagée. C’était une chouette semaine, on a fait des choses sympas et j’ai pu profiter de la présence de Monsieur à la maison, même si on travaillait tous les deux.

  • J’ai déjeuné avec ma copine Isa pour la première fois depuis plusieurs mois, et j’ai passé un très agréable moment.
  • Nous avons emmené la Crevette rencontrer la directrice de sa future école maternelle et visiter les locaux. Bilan: Mademoiselle ne voulait plus repartir, hypnotisée par le toboggan dans la cour.
  • Jeudi, un déjeuner avec C.euh chez George Cannon et une après-midi entre copines nous ont permis de rattraper plein de discussions en retard et de ragots, bien qu’on discute sur Gmail toutes les semaines.
  • Le soir, l’Anglais a été héroïque : après 25mn à tourner sous une pluie battante sans trouver de place de parking, il m’a déposée à l’inauguration de Livre Paris et a attendu deux heures que je finisse mes mondanités pour me raccompagner à la maison. Je crois qu’il mérite une médaille.
  • En plus, j’ai rencontre Thibaud Villanova, à l’origine du concept Gastronogeek, et j’ai pu lui dire tout le bien que je pensais de son travail *instant fangirl*
  • Vendredi, déjeuner entre auteurs dans un délicieux restaurant japonais qui m’a rappelé bien des souvenirs (l’Anglais et moi le fréquentons depuis son ouverture car nous habitions à côté).
  • Nous avons organisé une soirée pour fêter “officiellement” la fin des punaises. Si les gens ne se sont pas attardés (merci la SNCF), on a bien rigolé et papoté, et c’était agréable de recommencer à accueillir du monde à la maison.
  • En plus, j’ai été gâtée : LeMari de Ioionette m’a apporté des fleurs, et Shermane m’a offert du thé Dammann. La Crevette n’était pas en reste puisqu’elle a reçu une peluche et un livre.
  • Samedi, j’ai rencontré une de mes éditrices et, après une énième discussion à bâtons rompus sur nos voyages, elle m’a confirmé que j’aurai de quoi travailler jusqu’au printemps prochain. Le luxe.
  • Dimanche enfin, grosse journée à Livre Paris, où j’ai participé à l’atelier d’Emma Foster, “Traduire et écrire de la romance”, et où j’ai dédicacé en compagnie de Marion Olharan, une copine de fac, et soutenue moralement par les ami-e-s. C’était très sympa.

Inutile de dire qu’après un programme pareil je suis vannée, d’autant que j’ai réussi, je ne sais trop comment, à parcourir 10 kilomètres dans la journée d’hier. Du coup, cette semaine risque d’être encore fort calme sur le blog, d’autant que nous partons à Budapest vendredi.

Défi liste : les petits plaisirs du printemps

Suite à l’invitation de Zenopia sur son blog, à mon tour de réaliser une liste de ce que j’aime au printemps. Cela me semble presque trop facile, mais je vais essayer de ne pas enfiler trop de lieux communs.

  • C’est la saison de mon anniversaire, ça ne peut être que génial.
  • Après un long hiver plein de patates, de poireaux et de carottes, place aux légumes (et fruits) printaniers, qui vont mettre un peu de couleur et de changement dans l’assiette.
  • Il y a plein de ponts, surtout au mois de mai (enfin ça, c’était surtout mon opinion avant d’avoir la Crevette, aujourd’hui je me demande plutôt comment je vais l’occuper et rattraper tous ces jours de boulot en retard).
  • La ferme de Viltain rouvre, à nous les cueillettes.
  • Il y a du soleil et ça me met de bonne humeur.
  • Il fait encore jour quand je rentre de chez la nounou avec la Crevette. On pourrait même s’attarder un peu.
  • Pâques arrive bientôt, et avec lui la possibilité de manger des tonnes de chocolat.

Trompe-la-Mort

Alors qu’il est sur le point de se jeter dans la Charente pour mettre fin à ses jours, Lucien de Rubempré est interrompu par l’abbé Herrera, qui se présente comme un prêtre espagnol. Ce dernier lui jure que, moyennant une obéissance aveugle, il effacera ses dettes et le fera marquis en trois ans. Lucien accepte, sans comprendre qu’il vient de signer un pacte avec Trompe-la-Mort…

J’attendais beaucoup de cette création mondiale qui puisait son inspiration dans l’oeuvre de Balzac – que j’apprécie énormément même si je suis moins fan que Zola – et augurait d’une belle réflexion sur l’ambition et la manipulation. Mais quand, une dizaine de jours avant la première, j’ai reçu un mail m’annonçant que l’interprète du rôle-titre se retirait de la production, j’avoue que j’ai un peu eu la trouille.

En fait, j’aurais dû avoir la trouille pour autre chose. La musique est extrêmement contemporaine et, même si la chef Susanna Mälkki est parfaite, dirigeant toujours avec justesse et rigueur, force est de constater que ce n’est pas ma tasse de thé. Dès les premières notes, j’ai compris que ce serait une soirée exigeante qui allait demander beaucoup de concentration. A ce stade (et même si les puristes vont me lancer des pierres), je préférerais presque parler d’habillage sonore que de musique, c’est dire.
Toutefois, il ne faut pas s’arrêter à cela. Le livret est magnifique et très bien porté par des interprètes qui surmontent les difficultés de diction imposées par le texte. La mise en scène, d’une grande inventivité, offre plusieurs degrés de lecture, illustrées par des images de différents endroits du Palais Garnier, chacun renvoyant à un niveau : les dessous pour les machinations, les ors et les marbres pour la bonne société…
En outre, la narration parvient, très bien soutenue par la mise en scène et les lumières, à s’offrir le luxe de plusieurs flashbacks qui interviennent à des moments-clés du récit : le voyage de Lucien et don Herrera d’Angoulême à Paris revient comme un leitmotiv et une explications aux différentes actions des protagonistes (je conseille toutefois fortement de lire l’argument avant le début du spectacle, sans quoi je pense qu’on se perd vite).

Quant aux interprètes, il y a à boire et à manger. Nous avons été malheureusement très déçues par Philippe Talbot en Rastignac, qui nous avait pourtant éblouies dans rôle-titre de Platée. Sans doute à cause des sonorités particulières, peut-être aussi en raison de ce registre très contemporain, sa voix était souvent couverte par l’orchestre, et l’on avait du mal à l’entendre, même quand celui-ci jouait en sourdine. Cyrille Dubois en Rubempré a eu à quelques reprises le même souci. Néanmoins, j’estime que c’est excusable, car la partition réserve des pièges incroyables aux chanteurs.
En revanche, j’ai eu un gros coup de cœur pour Marc Labonnette en Nuncingen, qui s’offre même le luxe de chanter avec un faux accent allemand et pour Julie Fuchs, qui s’est tirée de toutes les embûches semées sur son chemin. Point d’orgue et cœur du spectacle, Laurent Naouri en Herrera/Trompe-la-Mort/Vautrin est juste sublime, glaçant et inquiétant, un vrai méchant qui fait peur. Son timbre s’est prêté sans frémir à toutes les variations imposées, d’autant qu’il devait chanter avec un faux accent espagnol les trois quarts du temps.

Alors, que faut-il en penser ? C’est une très belle oeuvre, mais vraiment difficile d’accès. Les deux heures de spectacle sont tendues comme la situation exposée sur scène, et ne laissent aucun répit au public. La musique de Luca Francesconi peut dérouter (c’est le moins que l’on puisse dire !) mais, si vous vous sentez capable de passer outre, allez voir cet opéra, il en vaut la peine.

Trompe-la-Mort, Opéra national de Paris, jusqu’au 5 avril 2017

 

10 Things I liked this week #126 #127

Oui, je sais. Encore deux semaines de silence. Mais quand je suis un peu sous l’eau niveau boulot, et quand j’ai le temps de me poser pour écrire, ça ne vient pas. Non que je manque de matière, juste d’inspiration. Ca reviendra sans doute d’ici quelques jours ou semaines, en attendant, cela reste épisodique. Pour patienter, voici le récit de ces deux dernières semaines.

  • J’ai reçu mon badge pour Livre Paris et l’invitation pour l’inauguration : à moi les chips et les coupettes gratuites sur le stand de mon éditeur, ainsi que la folle heure de dédicace (en vrai, je vais surtout aller voir les copines et mes contacts pros).
  • J’ai retrouvé Charlotte pour un thé chez George Cannon. Discussions, projets et scones à la compote de groseilles.
  • Notre nouveau tapis est arrivé ! Il est toujours roulé et dans le placard, mais le vieux machin troué qui orne notre salon vit ses dernières heures.
  • J’ai fini ma traduction (enfin, la première des quatre à mon planning d’ici fin mai). Pour l’instant, je tiens mon planning mais il va falloir rester concentrée.
  • Pour me récompenser, j’ai investi dans des pâtisseries de chez
  • Nous avons fêté l’anniversaire de la Crevette en famille. Mademoiselle a été pourrie gâtée et mon frère nous a même fait la grâce de sa présence.
  • La trottinette a été immédiatement inaugurée, par une grande balade sous un beau soleil.
  • Quant à moi, j’ai reçu des jonquilles qui illuminent mon salon !
  • Un second goûter d’anniversaire pour Mademoiselle, avec encore des cadeaux et des macarons. Cette enfant a hérité de mon gène du chocolat.
  • Un Skype rapide avec mon père pour clôturer la semaine en beauté

  • J’ai réussi à envoyer tous les colis en souffrance depuis plusieurs semaines mois, et tous ont été réceptionnés.
  • De mon côté, j’ai reçu le livre de la nouvelle ronde des poches organisée par Armalite : La bibliothèque des cœurs cabossés.
  • Nous avons emmené la Crevette à Disney pour une journée et, grâce à Ook, la journée fut vraiment inoubliable.
  • Sur un coup de tête, je me suis octroyée une pause glandouille au Paradis du Fruit. Je me suis forcée à ne rien faire et à juste profiter de l’instant, ce qui m’est généralement difficile.
  • L’Anglais a fait découvrir le headbanging à sa fille sur des chansons des Dropkick Murphys. Je ne dirai pas que j’ai des vidéos dossiers mais il est possible qu’un ficher traîne dans mon téléphone…
  • Florine et V. sont venus dîner. La soirée fut bonne, arrosée et riche en discussions.
  • Encore une soirée à l’opéra avec Leen, cette fois-ci pour Trompe-la-Mort, une création commandée par l’Opéra de Paris.
  • L & L sont venues prendre un goûter et passer le début de la soirée à la maison, sous prétexte d’anniversaire, mais surtout pour manger du gâteau et papoter.
  • Le vidage des sacs poubelles avance : j’ai réussi à remettre la main sur toute ma tenue et mes accessoires pour le bal Second Empire qui arrive à grands pas.
  • Un cours de danse très agréable, surtout constitué de révisions mais agréable et qui nous a permis de bien tout nous remettre en tête.

Voilà pour ces deux dernières semaines. Promis, j’essaie de mettre à jour plus souvent dans les jours qui viennent.

10 Things I liked this week #125

J’ai été tout aussi épuisée cette semaine que la précédente, m’écroulant même un soir à 22 heures. Néanmoins, grâce à quelques sorties programmées à l’avance, j’ai réussi à être un peu plus active.

  • J’ai surmonté une scène à traduire horrible, notamment grâce à l’écoute en boucle d’Aqua (don’t judge me). Plus qu’une vraiment compliquée (et une demi-douzaine de scènes de cul), et j’en verrai le bout.
  • J’ai enfin réuni toutes les pièces pour mon colis de swap – je n’ai jamais été si en retard, une honte. J’emballe le tout et j’envoie demain.
  • Sur une proposition d’Armalite, je me suis inscrite à sa nouvelle ronde des poches. J’espère que la destinataire de mon envoi n’a rien contre les romans historiques…
  • Vendredi, j’ai déjeuné avec Angéla Morelli et Emily Blaine. Comme à chaque fois, on a fait des blagues, rigolé comme des baleines, mangé comme des goinfres et dit du mal (ou du bien) des gens. Une grande bouffée d’oxygène.
  • En cherchant à acquérir des poupées de hina-matsuri, j’ai poussé la porte d’une boutique du quartier de l’Opéra où je ne mets jamais les pieds. Et j’ai rencontré un type avec qui j’étais à l’Inalco il y a 15 ans, qui m’a reconnue tout de suite. Du coup, on a passé un bon quart d’heure à se raconter nos vies.
  • Je me suis rendue chez Jugestudô et je me suis fait offrir un (délicieux) mini-chirashi pour célébrer… le hina-matsuri. Le karma, je ne vois que ça.
  • Samedi soir, je suis retournée à l’opéra royal de Versailles, assister à une représentation d’Orfeo de Rossi. Plus de détails très vite.
  • Ségo m’a envoyé la photo d’une enluminure de punaises, datant du 15ème siècle. J’aime qu’on pense à moi 🙂
  • J’ai été contactée par une jeune mère de famille dont la petite fille est atteinte du même problème de hanche que la Crevette. Même si je n’ai pu apporter que des réponses portant sur la réalité de la vie quotidienne et des traitements, je suis contente d’avoir pu l’aider à dédramatiser un peu la situation.
  • Mes finances se portent beaucoup mieux que je ne le redoutais après le paiement des impôts, et fini de payer pour les punaises !

Cuisinons nos livres #15

Cette semaine fut plutôt fructueuse en cuisine, même si cela est plutôt dû à une inspiration soudaine qu’à une préparation en amont (en général, je prévois mes repas quand je fais mes courses, mais là c’était un peu du freestyle). Curieusement, la semaine a été placée, malgré elle, sous le signe du Japon.

Lundi soir, alors que j’avais des maquereaux achetés sur un coup de tête, je me suis rappelé qu’il existait une recette traditionnelle japonaise de maquereaux au miso. Après avoir un peu fouillé dans mes livres, j’ai interrogé l’Internet mondial, et ai découvert cette recette de saba no miso-ni, elle-même tiré du livre Japon d’Endo Kaori. C’était relativement simple à faire (avec du miso rouge pour moi), même si je pense qu’il y avait trop de sauce et, surtout, c’était très bon ! A refaire, peut-être à l’automne ou pendant l’hiver.

Mardi-Gras oblige, j’ai décidé de faire des crêpes. La recette que j’utilise habituellement est dans un livre rangé dans une caisse quelque part à la cave, aussi ai-je utilisé celle des Carnets de 180° reçue courant février. C’était bon mais j’ai mal mélangé et la pâte était grumeleuse… Ca m’apprendra à vouloir aller trop vite !
La Crevette n’a pas été plus emballée que ça (en même temps, il n’y avait pas de chocolat…), mais nous nous sommes régalés, et j’ai terminé les crêpes dans la semaine.

Enfin, jeudi soir, alors que Monsieur avait un dîner mondain, j’ai retenté ma chance avec l’oyakodon : c’est un plat que j’aime beaucoup (blanc de poulet et œuf battu sur lit de riz), mais que je ne réussis pas très bien. La recette est tiré de La cuisine japonaise d’Emi Kazuko, et est franchement simple. En revanche, là encore, j’ai trouvé le résultat un peu fade, à moins de mettre tout le jus de cuisson (un délice), auquel cas on noie un peu le riz. J’ai fini par manger à la cuillère mais, du coup, c’était beaucoup plus goûteux.

A ces découvertes/tentatives, se sont ajoutées deux recettes désormais classiques de la maison : la soussoupe de radis noir de Guillaume Long et les spaghettis à l’ail et au piment, parfaits quand je n’ai pas envie de me casser la tête.

La Cenerentola

La Cenerentola, c’est en fait Cendrillon, dont nous connaissons tous l’histoire. Angelina, dite Cenerentola, est martyrisée par ses demi-soeurs, Clorinde et Tisbé, et son beau-père, et passe ses journées à faire toutes les corvées pendant que les trois autres vivent au-dessus de leurs moyens. Un jour, on annonce une réception chez le prince, qui choisira une épouse parmi les invitées. Cenerentola rêve d’y assister, non pour le prince, mais pour le beau valet de ce dernier, dont elle est tombée amoureuse…

Vous vous en doutez, les apparences sont trompeuses et le prince n’est pas forcément celui qu’on croit…
J’ai eu la chance de voir ce spectacle à l’Opéra royal de Versailles, avec Cecilia Bartoli dans le rôle-titre, après moultes péripéties. En réalité, j’étais l’heureuse détentrice d’un billet pour son récital autour du baroque russe, en mai dernier, lorsque celui-ci a été annulé. Et si j’en ai été frustrée quelques heures, j’ai en réalité eu énormément de chance, vu que le soir de la représentation, plus aucun train de circulait sur ma ligne à cause d’un glissement de terrain ! La direction des spectacles du château m’a donc proposé d’assister à cet opéra, et je suis ravie de mon choix.

La musique de Gioacchino Rossini est légère et entraînante, avec des accents très mozartiens. J’ai adoré la façon dont, plus d’une fois, toutes les voix se mêlent, chacun chantant sa partie pour former un ensemble (cela a sans doute un nom, mais c’est là qu’on voit que j’ai arrêté le solfège en troisième année…).
Cecilia Bartoli est fidèle à sa réputation, et tout simplement incroyable. Elle a une énergie, une facilité, une aisance sur scène proprement stupéfiantes : elle est Cenerentola, dont elle parvient à faire une héroïne pas si naïve et un peu espiègle, ajoutant une touche d’humour et d’autodérision. Sa voix est à couper le souffle, tant elle enchaîne les variations sans même faire mine de pousser ou d’accomplir un effort, alors que certains passages sont extrêmement difficiles.

Mais ce n’est pas tout d’avoir une grande diva, encore faut-il que le reste du cast suive, et c’est le cas. Qu’il s’agisse des autres solistes – mention spéciale à Carlos Chausson, interprète de Don Magnifico, le beau-père, et à Ugo Guagliardo, le tuteur du prince – de l’orchestre, dirigé par Gianluca Capuano, ou du chœur d’hommes de l’opéra de Monte-Carlo, tous sont à la hauteur de l’enjeu et livrent une prestation parfaite.
Cette version de l’opéra n’était à proprement parler mise en scène mais “mise en espace” : si l’orchestre et le chœur étaient sur scène, les solistes avaient assez de place pour évoluer et jouer, et étaient en costumes. J’ai particulièrement aimé la façon dont Cecilia Bartoli interagissait avec chacun, frottant les chaussures de la première violon, montrant son voile orné de sequins aux membres du chœur ou distribuant des macarons au chef d’orchestre. Par ailleurs, l’Opéra royal de Versailles est un tout petit théâtre, bien loin des scènes comme Garnier ou Bastille, et offre une intimité assez extraordinaire avec le public : on a l’impression de pouvoir toucher du doigt les artistes. La salle était d’ailleurs chauffée à blanc, et c’est la première fois que j’assiste à une ovation debout – parfaitement méritée – à Versailles. Si le nom de Cecilia Bartoli n’y est bien entendu pas étranger, la prestation tout entière en valait la peine.

Je suis ressortie de là requinquée, de bonne humeur et la tête pleine de musique. Je ne sais pas si j’aurai de nouveau le plaisir et la chance d’entendre cette grande chanteuse, mais l’expérience fut à la hauteur de mes attentes, voire au-delà.

La Cenerentola, Gioacchino Rossini, Opéra royal de Versailles
Les illustrations ont été trouvées sur le site Château de Versailles spectacles.

10 Things I liked this week #124

Cette semaine fut globalement agréable – à l’exception d’une Crevette systématiquement grognon quand je viens la chercher le soir – mais je suis tellement fatiguée que je ne suis bonne qu’à glander dans le canapé en regardant la télé d’un œil torve. Ou à lire des romances parce que les bouquins sérieux me filent mal au crâne. C’est sans doute le contrecoup des punaises et des mois de boulot intense, sans compter les changement de temps, mais si ça pouvait s’améliorer, je ne serais pas mécontente.
Tout ça pour dire que cette semaine, ça ne va pas être simple de trouver dix choses sympas à relater.

  • L’Anglais a reçu une bonne nouvelle concernant ses projets de reconversion professionnelle. Ca se précise, lentement mais sûrement…
  • Vendredi, terrassée de fatigue (et de mauvaises nuits), j’ai dû renoncer à la soirée de Paulette avant son départ pour le Canada (le retour de la malédiction). Pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, on s’est commandé des sushis qu’on a dégustés devant un bon film.
  • J’ai encore craqué chez Carl Marletti : religieuse à la rose, saint-honoré à la violette, sublime Ghana. Des valeurs sûres, quoi.
  • Samedi, Monsieur a emmené la Crevette au golf pour me laisser le temps de souffler. J’ai donc naturellement fait du ménage, mais ils se sont bien amusés et Mademoiselle a même mis la balle dans le trou.
  • Toute la semaine, j’ai rangé des livres et des vêtements. Ca n’a l’air de rien dit comme ça, mais je n’aurais jamais cru que cela m’apporterait autant de satisfaction après 6 mois passés dans les sacs poubelle !
  • J’ai pu avoir Isa au téléphone pour la première fois depuis un bon moment. On a été très sages, on n’a (presque) pas dépassé la durée qu’on s’était fixée !
  • Une nouvelle boutique tendance épicerie fine a ouvert juste en face de ma librairie. C’est important d’encourager le commerce de proximité.
  • Dimanche après-midi, j’ai passé un moment merveilleux à l’opéra royal de Versailles, à écouter du Rossini interprété (entre autres) par Cecilia Bartoli. Je vous en reparle très vite.
  • J’ai eu les honneurs du blog de Romy, dans le cadre de sa série sur “Le costume de mes rêves”. D’ailleurs, je veux bien votre avis sur mon choix !
  • J’ai reçu la première partie de ma (grosse) commande Rummo : on a des pâtes pour un an.