Un colis surprise

Il y a quelques temps, j’avais proposé un concours sur ma page Facebook pour fêter les 400 “likes”. J’avais promis d’offrir une surprise à une de mes lectrices, ainsi que l’exemplaire de son choix de la trilogie. J’ai reçu pas mal de participations mais, une fois le tirage au sort effectué, j’ai été trèèès longue à préparer le colis. Quelque chose comme 6 semaines (faut pas être pressé). Je cherchais des choses bien spécifiques correspondant, selon moi, à l’atmosphère des romans et pouvant convenir au plus grand nombre.
Je ne vous fais pas languir davantage, voici ce que contenait le paquet :

photo (42)On trouvait donc :

  • Le troisième et dernier tome de ma série “La famille d’Arsac”, Aventureuse Constance, dédicacé (eh, quand même !).
  • Deux marque-pages aux couleurs du 18ème siècle, l’un représentant une gravure de mode, l’autre un détail du très célèbre portrait à la rose de Marie-Antoinette.
  • Une carte postale, La liseuse, de Fragonard, avec un petit mot).
  • Du thé Dammann, “Nuit à Versailles” (thé vert parfumé bergamote, kiwi, pêche, fleur d’oranger, fleur de violette).
  • Des bonbons à la pomme “Délices de la Reine” qu’on ne trouve, à ma connaissance, que dans les boutiques du château de Versailles (même pas sur leur site marchand – assez nul, reconnaissons-le), et que j’étais bien contente de dénicher lors de notre balade dans les jardins.

Ma lectrice a été ravie et m’a envoyé un adorable petit mot pour me remercier. J’espère trouver d’autres idées une prochaine fois… Avez-vous des suggestions ?

[Concours] Gagnez des romans inspirés de Jane Austen

Quand je n’écris pas mes états d’âme ici, je traduis des bouquins – c’est même mon principal gagne-pain. Comme j’accumule les exemplaires justificatifs, je vous propose d’en gagner deux de la nouvelle collection J’ai Lu consacrée aux “suites” de Jane Austen. Voici ceux que je mets en jeu :

Insaissable Mr DarcyInsaisissable Mr Darcy
Et si la destinée d’Elizabeth et Darcy était contrariée ? Après le décès de son père, Elizabeth Bennet est envoyée comme gouvernante chez les Willstone. Ces derniers sont proches des vénérables familles Bingley et Darcy. Une fois n’est pas coutume, Elizabeth se retrouve dans le voisinage du séduisant mais terriblement insaisissable Fitzwilliam. Et pour ne rien arranger, la soeur de Mrs Willstone jette son dévolu sur ce dernier, redoublant de ruses pour le séduire. Avec le statut social qui est le sien, Elizabeth sait pertinemment que tout espoir concernant Mr Darcy est vain. D’ailleurs, c’est certain, il ne lui renouvellera jamais ses voeux. Car un an plus tôt, elle refusait sa main…


La conquête de Mr DarcyLa conquête de Mr Darcy
Dans le célèbre Orgueil et préjugés de Jane Austen, après que la belle mais impertinente Elizabeth a refusé sa demande en mariage, Mr Darcy, déçu, irrité, s’explique longuement dans une missive, puis se met en retrait. Et s’il existait une autre version selon laquelle Mr Darcy se montrait sous un jour nouveau ? Si, profondément bouleversé, il entendait les conseils de son cousin, qui l’exhorte à l’action, et se déterminait à conquérir le coeur de la jeune femme ? S’il redoublait d’efforts et de ruse pour faire changer Elizabeth d’avis ? Cette histoire existe, et elle raconte comment Mr Darcy va prouver son amour à l’intrépide Miss Bennet…


Pour participer, rien de plus simple : laissez-moi un commentaire en me disant quel ouvrage vous ferait plaisir (et oui, il faut choisir !) et pourquoi (je suis un peu sadique ^^). Vous avez jusqu’à dimanche soir pour ce faire, après quoi je procéderai au tirage au sort, dont je vous communiquerai les résultats.

Et pour vous faire une idée, voici les critiques rédigées par Claire, de Jane Austen lost in France, pour Insaisissable Mr Darcy et La conquête de Mr Darcy (par souci d’équité, je précise que Jane Austen is my wonderland a démoli ma trad sur le premier roman).

Le pouvoir au fil de l’eau : Usage politique des images aquatiques en France (1594-1715)

pouvoir au fil de l'eauRécurrentes dans les discours des hommes et femmes politiques de nos jours, les images aquatiques ont une longue histoire inégalement explorée. Alors que la place de l’eau dans les représentations politiques de l’Antiquité et du Moyen Age est assez bien connue, elle ne l’est guère en ce qui concerne l’époque moderne. Les puissants de ce long XVIIe siècle n’inventaient pas cette pratique, mais ils la cultivaient assez fréquemment et très subtilement.


Il s’agit d’un bref ouvrage historiographique des plus sérieux. On pourrait se dire que le sujet, extrêmement pointu, relève de l’anecdotique, mais le raisonnement développé dans ces pages est très intéressant. Au fil des pages, l’auteur nous explique l’utilisation des métaphores aquatiques au cours du 17ème siècle, métaphores qui sont en réalité de véritables programmes politiques. C’est clair, concis, bien écrit (surtout quand on sait que la langue maternelle de l’auteur est le hongrois) et on achève la lecture avec le sentiment d’avoir gagné en intelligence.
Bien évidemment, ce livre s’adresse avant tout à des historiens et passionnés d’histoire, mais je pense qu’il peut aussi toucher ceux que la “communication politique” intéresse : du dauphin “roi des poissons” aux fontaines allégoriques en passant par la “nef de l’état”, les images créées par l’Ancien Régime ont parfois survécu de façon surprenante.
Pour conclure, je dirai que c’est exactement le genre d’ouvrage que j’aurais adoré lire pendant ma prépa, quand je courais après les exemples pertinents et inédits pour illustrer cette f***ue dissertation sur l’unité du royaume !

Le pouvoir au fil de l’eau, Dénes Harai, Les Indes savantes

Les évaporés du Japon

évaporés« Mon fils était à l’école. Je suis sortie en laissant la maison ouverte. Abandonner son fils : peut-on faire pire ? J’ai fait cela. Je savais où j’allais. Partir, repartir à zéro. Être prête à tout… »
Chaque année, quelque 100 000 japonais s’évaporent sans laisser de traces.
Débarrassés de leur passé, ils tentent de refaire leur vie en passagers clandestins de l’archipel.
Lié à la honte et au déshonneur, le phénomène est au coeur de la culture nippone. Léna Mauger, journaliste, et Stéphane Remael, photographe, ont enquêté sur la part d’ombre du Japon.


J’ai reçu ce livre pour mon anniversaire et, hier midi, ressentant le besoin de lire autre chose que de la littérature, je me suis plongée dedans. “Plongée” est bien le terme car j’ai été littéralement happée par cet ouvrage, sous-titré “Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires”.
Pour être honnête, ces histoires de disparitions volontaires au Japon ne sont pas une nouveauté pour moi – je me souviens que le sujet a été évoqué à quelques reprises au détour d’un cours ou d’un séminaire à l’Inalco. Toutefois, à l’instar des enlèvements nord-coréens, cela reste un sujet dont on sait qu’il existe sans vraiment le traiter.

Ce livre est une excellente enquête sur la face cachée de ces disparitions : les motifs, les conséquences pour les disparus comme pour ceux qui restent, les bases sociologiques difficiles à appréhender pour un Occidental… C’est bien écrit, clair, concis, étayé par de nombreux témoignages et illustré de nombreux clichés. Ce travail en duo a le mérite d’éclairer une situation peu ou mal connue, y compris des Japonais eux-mêmes, et de le faire de façon intelligente.
A titre personnel, je regrette juste quelques poncifs du genre “Tokyo grouille, tentaculaire” ou “le baseball, pratiqué comme tous les loisirs avec l’esprit de vainqueur” (je dirais plutôt “comme n’importe quel sport” ?), et j’aurais aimé que la date de rédaction des articles (certains ont été publiés pour la première fois en 2009) soit précisée. Mais ne vous y trompez pas, c’est une lecture que je recommande !

Les évaporés du Japon – Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires, Léna Mauger et Stéphane Remael, Les Arènes

Reading Challenge 2015 : a nonfiction book

Shenzhen

ShenzhenEnvoyé pour trois mois à Shenzhen, en Chine, pour superviser un studio de dessin animé, Guy Delisle raconte par le menu son quotidien et les rapports qu’il entretient tout au long de son séjour avec ses collègues et connaissances, malgré la barrière de la langue.


J’aime beaucoup Guy Delisle, en particulier son travail de témoignage. Ses carnets de Jérusalem ou ses chroniques birmanes sont absolument remarquables, autant pour la plongée qu’il offre dans le quotidien local  que pour la retranscription fidèle d’une atmosphère à un endroit et un moment donnés.
Shenzhen est le premier travail du dessinateur de ce genre, même si on ne retrouve pas encore tout à fait la narration fluide de ses derniers ouvrages. Publié en 2000 suite à une expérience vécue en 1997, la vision que cette histoire donne de la Chine est très datée, bien que, je pense, tout à fait pertinente pour l’époque. On suit la vie quotidienne monotone et guère engageante d’un expatrié dans une ville qui s’ouvre tout juste à l’Occident, où il est quasiment l’unique étranger et où la barrière de la langue, la réserve des Chinois à son égard et, en filigrane, l’oppression d’un régime totalitaire l’empêchent de nouer de véritables relations, ce qui conduit à des situations parfois ubuesques.
Même si ce tome n’est pas mon préféré de Guy Delisle, je ne peux que le conseiller, car il marque ses débuts de chroniqueur du quotidien à l’étranger.

Shenzhen est publié chez L’Association

Mémoires d’un bison

zeta acostaSan Francisco, été 1967. Rongé par les ulcères et la psychanalyse, Oscar Acosta plante son job d’avocat à l’aide sociale. Filant sur les routes de l’Ouest, halluciné, il se livre : l’enfance déçue, le malaise d’être né basané, son obésité, la découverte du sexe, le bal des drogues… – folies qui nourriront son œuvre, hantée par la discrimination raciale et la quête identitaire.


Lors de la ronde des poches organisée l’été dernier par Armalite, Audrey m’avait d’abord envoyé Quand l’empereur était un dieu, de Julie Otsuka que, malheureusement, j’avais déjà lu en VO à sa sortie. Du coup, elle a décidé de me renvoyer un livre. Je vous avoue que, lorsque j’ai parcouru la quatrième de couverture, j’ai eu un gros moment de doute : c’était typiquement le genre de lecture qui ne m’attirait pas du tout. J’ai posé le livre sur ma PAL, plus ou moins en évidence sur mon bureau, en attendant que l’inspiration vienne.

Bizarrement, la semaine dernière, j’ai décidé de m’y mettre. Malgré un premier chapitre particulièrement cru et “poisseux”, une écriture volontiers vulgaire et heurtée, un sujet qui ne me tentait pas plus que cela… je me suis accrochée et je n’ai plus lâché ce bouquin. En dehors des moments de “trip” qui ne sont pas vraiment mon délire (ah, ah), et qui m’ont rappelé la lecture de Bleu presque transparent il y a bientôt 15 ans, j’ai beaucoup aimé la quête du narrateur, Américain d’origine mexicaine, qui décide de tailler la route pour tenter de trouver qui il est. La pauvreté, le racisme (subi et appliqué aux autres), la tentative d’ascension sociale, le sentiment d’imposture, la révolte… Cela m’a ouvert les yeux sur tout un pan de la culture et de l’histoire américaine que j’ignorais.
Doté d’un grand sens de la mise en scène et de l’auto-dérision, ainsi que d’une certaine capacité à se fourrer dans des situations invraisemblables, Oscar Zeta Acosta nous livre en réalité un autoportrait sans concession, mettant en lumière l’impossible adaptation de celui qui ne sait que faire de ses origines. Même si cette lecture ne laisse pas indemne, même si elle n’épargne rien entre scènes de cul peu ragoûtantes, trips hallucinés et crises d’ulcères, je vous la recommande (à condition que vous n’ayez pas l’estomac fragile).

Avec neuf mois de retard, donc, un grand merci à Audrey pour son envoi !

2015 Reading Challenge : A memoir

Ce n’est pas toi que j’attendais

ce n'est pas toiC’est l’histoire d’une rencontre. La rencontre d’un père et de sa petite fille pas comme les autres. Pour Fabien, l’annonce de la trisomie de Julia, c’est le monde qui s’écroule. Comment faire face au handicap de son enfant ? Comment apprendre à l’aimer ? Entre colère, doute, moments de tristesse et bonheurs inattendus, l’auteur raconte le difficile chemin d’acceptation qui le mènera vers sa fille. Une histoire d’amour, à la fois touchante et drôle, tendre et sincère, sur le thème universel de la différence.


J’avais entendu parler de ce livre il y a quelques temps, même si je ne me souviens plus dans quel contexte. Toujours est-il que ce matin, avant de partir, l’Anglais me l’a mis entre les mains, en me disant que c’était vachement bien. J’ai commencé à le feuilleter… et je n’ai pas pu le lâcher.
Fabien Toulmé raconte sans fard ni complaisance sa réaction à l’annonce de la maladie de sa fille, la colère, l’incompréhension, le désamour, la douleur…  On suite l’évolution de Julia, de la grossesse à la petite enfance, les étapes franchies lentement et difficilement, l’accompagnement à mettre en place, le pesant regard des autres, mais aussi l’immense soutien et tout l’amour qu’il finit par recevoir et éprouver, en particulier avec sa fille.

C’est un livre magnifique. Le trait est simple mais juste, les situations extrêmement touchantes. Il émane de cet ouvrage une puissance incroyable, très forte en émotions. Si forte, d’ailleurs, que j’en ai pleuré à la fin. Pourtant, le propos ne se veut ni moralisateur, ni misérabiliste, loin de là ; il est surtout question d’optimisme, d’enthousiasme même. C’est également un excellent moyen de sensibiliser les gens au sujet de la trisomie 21 et de dissiper les clichés (que j’avais).
A mettre entre toutes les mains, donc (avec une boîte de kleenex).

Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé, éditions Delcourt, 18,95€

Complot à Versailles

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Ceci n’est pas tout à fait la couverture originelle, mais on s’en rapproche

1676. Cécile ne cesse de critiquer les nobles. Mais le jour où elle accompagne son amie Pauline, convoquée à la cour du roi Louis XIV pour y être demoiselle de la reine, tout change. Ensemble, elles sont aux premières loges pour observer les intrigues et manœuvres de la cour. Gare aux tourbillons des complots qui pourraient les entraîner bien malgré elles !


J’ai lu ce roman à sa sortie, en… 1993. Ce fut une révélation : l’intrigue, les personnages, le contexte historique bien expliqué sans être pédant, la mise en scène aussi bien dans les milieux populaires qu’à la cour, les liens amoureux, l’écriture agréable sans être simpliste… je suis tombée sous le charme de ce livre, et je ne m’en suis jamais remise.
Il fut mon doudou quand ça n’allait pas, mon échappatoire, ma part de rêve. J’aimais m’imaginer à la place des personnages, d’autant que j’habitais Versailles à l’époque, et qu’il m’était facile de me rendre sur les lieux de l’histoire. Je l’ai tellement lu que je le connais par cœur et que je peux en réciter des passages. Pour tout vous dire, j’ai même envisagé d’envoyer un message à l’auteur pour lui dire que je trouvais ce livre génial, mais je n’ai jamais osé. Mon choix d’écrire de la romance historique a sans doute été en partie influencé par ce roman.

Un seul regret : j’avais tellement aimé les personnages que je voulais les retrouver, mais peine perdue. Alors quelle ne fut pas ma joie quand, il y a deux semaines, Aurélia, ma super attachée de presse, m’a révélé qu’il existait non pas une, mais deux suites, publiées récemment. Je me suis donc jetée dessus, et ai avalé chaque tome en quelques heures.
La dame aux élixirs et L’aiguille empoisonnée reprennent les thèmes du complot et des poisons. Si La dame aux élixirs reprend tous les personnages déjà rencontrés dans Complot à Versailles, nous permettant de faire la lumière sur certains points demeurés en suspens (notamment la relation entre Pauline et Silvère qui ne cessait de me tracasser, adolescente) et en reprenant le parallèle entre la ville et la cour, et les privilégies face aux miséreux, j’ai un peu moins accroché à L’aiguille empoisonnée. Certes, on retrouve l’écriture élégante, la précision historique (j’ai appris des choses alors que cette période a très peu de secrets pour moi), les personnages que l’on connaît bien, mais j’ai trouvé que l’auteur se concentrait trop sur Cécile (et un peu Guillaume), au détriment des autres. Je trouve même que Pauline passe pour une idiote, ce qui m’a un peu attristée.

Néanmoins, la fin ouverte du troisième opus, ainsi que la référence à A la poursuite d’Olympe, autre roman historique de l’auteur qui se déroule quelques mois plus tard, me font espérer une suite supplémentaire. Que je lirai bien sûr avec passion.

Reading challenge 2015 : a book you can finish in a day

Jour J, tome 19 – La vengeance de Jaurès

JourJ1931 juillet 1914. Raoul Villain assassine Jean Jaurès, le leader du parti socialiste. 1919, fin de la guerre, l’homme est jugé innocent. Libéré, il part vivre aux Baléares… jusqu’à son assassinat onze ans plus tard. Le meurtre, à l’origine voté par la SFIO (ancêtre du parti socialiste), est rapidement suivi d’une série de crimes signalée à Paris.


Après la grosse déception que fut Jour J tome 17 sur Napoléon, je me suis retenue d’exulter quand l’Anglais a rapporté ce nouvel opus vendredi soir. Pour tout dire, je l’ai un peu oublié dans un coin en préférant me concentrer sur ma lecture-doudou du moment.
Pourtant, j’ai fini par m’y mettre en début de semaine, et bien m’en a pris.

Tout d’abord, l’histoire est excellente, et tient la route : s’appuyant sur une véritable motion présentée au congrès de la SFIO proposant de faire assassiner Raoul Villain (motion rejetée, on s’en doute), les scénaristes nous embarquent dans une réécriture en apparence anodine, mais dont les conséquences seront d’importance.
On plonge dans le Paris des années 30, avec la lutte entre la Sûreté et la Police de Paris, le vocabulaire fleuri (déjà présent dans les tomes 3 et 4) et les tensions et les préoccupations politiques déjà présentes. Le contexte national et international est évoqué intelligemment, venant soutenir l’intrigue au lieu de l’écraser.
Pour ne rien gâcher, les dessins sont superbes – je n’ai d’ailleurs pas eu l’impression qu’ils avaient fait l’objet d’une coloration numérique – et sont, pour une fois, tout à fait à la hauteur de la couverture. Ils apportent une fraîcheur et un réalisme non négligeables au récit.
Quant au dénouement… on se surprend à souhaiter qu’il ait vraiment eu lieu…

En un mot : jetez-vous dessus, c’est un des meilleurs tomes de la série depuis bien longtemps. J’espère que Delcourt fera de nouveau appel à Séjourné sur un prochain tome, car j’ai adoré son travail, surtout quand il sert un scénario aussi bien ficelé. Du coup, je serai bien plus attentive aux prochains titres de la série.

Jour J, tome 19 – La vengeance de Jaurès, Duval & Pécaud, Séjourné, éditions Delcourt

Le restaurant de l’amour retrouvé

OgawaItoUne jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.
Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.


Il y a des livres qui vous poursuivent, et celui-là en fait partie. Lors d’un de mes voyages au Japon en 2010, j’ai découvert dans l’avion le drama (téléfilm) qui s’en inspirait et j’en gardais un bon souvenir, celui d’une histoire assez légère autour de la cuisine dans le Japon rural. Puis Armalite en a parlé sur son blog. J’ai vu ensuite passer une ou deux autres critiques, je voyais le livre en librairie, mais… j’avais autre chose à lire. Jusqu’à ce que, pour Noël, Ioionette et SonMari m’en fassent cadeau. Je crois que ce roman était destiné à passer entre mes mains !

J’ai beaucoup aimé ce livre, et sans doute davantage que le drama. Le roman offre une étude de caractère plus fouillée que le téléfilm, et nous en apprend plus sur les motivations de Rinco, sur les raisons qui la poussent à proposer tel ou tel plat et sur son rapport à sa mère. Au lieu d’effleurer les sujets, l’auteur nous montre l’histoire des personnages qui gravitent autour de l’héroïne et la façon dont celle-ci influe sur leur vie.
La cuisine est un thème que j’adore et je ne pouvais être que satisfaite de ce roman qui s’attarde sur certains mets et leur fabrication sans jamais le faire de façon pesante. En outre, on plonge dans la vie lente et saisonnière d’un petit village de montagne avec sa galerie de personnages pittoresques.
Mais par-dessus tout, j’ai aimé la relation mère-fille décrite dans cette histoire, bien plus complexe qu’il n’y paraît. J’ai été très touchée du cheminement de Rinco qui, à l’origine, ne supporte pas sa génitrice et la considère comme une étrangère, pour finalement lui pardonner son attitude.

Donc, même si ce n’est pas le perdreau de l’année et que je ne suis certainement pas la première à vous parler de ce livre, je ne peux que vous le recommander !

Le restaurant de l’amour retrouvé, Ogawa Ito, éditions Philippe Picquier.

Reading Challenge 2015 : a book set in a different country (Japon)