Festival du livre romantique à Chillon (Suisse)

IMG_3700

Ce week-end, j’étais invitée au Festival du livre romantique au château de Chillon, en Suisse. Il s’agissait de la première édition de l’événement, créé dans le cadre du bicentenaire du séjour de lord Byron au château, et organisé par le Salon du livre de Genève.

IMG_3701

Le château est un monument magnifique. Bâti au 15ème siècle au bord du Lac Léman (voire dedans), il est encore intact aujourd’hui et a été très bien restauré au 19ème siècle. Les remparts sont ceints de tours et abritent une mini-ville autour d’une cour.
Il s’agit d’un ancien château des princes de Savoie, et cela se sent dans le soin apporté aux décors comme dans les imposantes défenses encore debout. En ce moment, une exposition retrace le séjour de lord Byron dans la région à l’été 1816, ainsi que la naissance du mouvement romantique.

IMG_3715

IMG_3721

IMG_3717En compagnie de Camille Adler et Emily Blaine, nous étions conviées à débattre sur “Le succès fou de la romance”. Nous avons donc parlé définition de la romance, défense du genre, problèmes inhérents à l’écriture, etc.
Comme à son habitude, Camille était costumée en rapport avec l’événement (elle avait choisi une tenue en hommage à lord Byron) et a eu son petit succès ! Les nombreux visiteurs, majoritairement asiatiques, n’étaient sans doute pas visés par le festival, mais nous avons quand même réussi à fédérer un petit public (et à le faire rire).

En outre, il faut souligner l’extrême gentillesse des organisatrices (et de l’organisateur) qui se sont mises en quatre pour nous accueillir. Nous avons été traitées comme des princesses : hébergement dans un quatre étoiles au bord du lac, transports gratuits en ville (bon, on a marché), défraiements généreux pour les repas, et soin constant apporté à notre bien-être.

IMG_3742
Les romancières en goguette…
Coucher de soleil sur le Léman
Coucher de soleil sur le Léman

La forteresse de Chillon est sise sur la commune de Montreux, célèbre pour son festival de jazz – dont je possède une affiche – mais aussi… pour ses studios d’enregistrement. Et pas n’importe lesquels, ceux où Queen enregistra l’album Made in Heaven. C’est donc tout naturellement qu’on y trouve une statue de Freddie Mercury, à laquelle je suis allée rendre hommage sous l’œil un peu désabusé de mes collègues.

Made in Heaven
Made in Heaven
Dimanche matin, de ma fenêtre...
Dimanche matin, de ma fenêtre…

En tout cas, ce séjour, bien que trop bref, m’a fait un bien fou : j’ai vu le soleil (après une semaine de flotte torrentielle, c’était bienvenu), j’ai rigolé avec Emily et Camille, je me suis fait de nouvelles copines, j’ai découvert un endroit sublime mais, surtout, j’ai amorcé ma réconciliation avec la Suisse. Ce pays demeure pour moi celui où j’ai passé la quasi-totalité de mes vacances scolaires pendant les huit années qui ont suivi le divorce de mes parents, et je n’en garde franchement pas que des bons souvenirs. Jusqu’à ce que je reçoive l’invitation, j’avais juré mes grands dieux que jamais je ne reposerais un orteil au pays du gruyère. A présent, je suis quand même beaucoup plus ouverte à la question.

IMG_3759

Ten things I liked this week #86

Pour une semaine de reprise, celle-ci fut assez chargée. Des sorties, des rebondissements à la maison, et une conclusion en Suisse…

IMG_3686

  • Lundi, je retrouve Angéla Morelli et Emily Blaine pour un déjeuner professionnel. C’est officiel, les auteurs de romance vont conquérir le monde. Dès qu’on aura rendu nos manuscrits, bien sûr.
  • Dans la foulée, je passe rapidement chez mon éditeur pour déposer un souvenir de Crète sur le bureau d’une copine.
  • Mardi, je râle tant et plus contre l’annulation du concert de Cecilia Bartoli – mon cadeau d’anniversaire – et contre le fait que je ne serai peut-être pas là le jour du report. Sauf que dans la soirée, à l’heure où j’aurais dû être en route, un glissement de terrain interrompt la circulation de tous les transilien desservant notre commune.
  • Mercredi, à défaut d’apprécier le spectacle, je passe la soirée avec Leen, ce qui me console d’avoir couru dans le métro.
  • Vendredi, prenant mon courage à deux mains, je vais constater l’étendue de mon découvert. Surprise : celui-ci est dans le vert, mes droits 2015 ayant été versés.
  • Samedi, je me lève (trop) tôt mais pour la bonne cause : je suis invitée au Festival du livre romantique à Montreux, en Suisse. L’endroit est sublime et les organisateurs adorables.
  • Le soir, nous allons dîner en meute groupe à Lausanne, pour un repas suisse franchement traditionnel (et un peu gras).
  • A mon retour à l’hôtel, mon cousin Jo m’appelle via Facebook pour me permettre de discuter… avec mon père. En effet, ils passent l’après-midi ensemble à Montréal (faut suivre, j’avoue).
  • Camille Adler m’offre un spencer rose qu’elle avait commandé mais n’a jamais porté. Joie.
  • La nouvelle baby-sitter, recrutée en catastrophe jeudi soir pour samedi matin, s’est super bien entendue avec la Crevette et, cerise sur le gâteau, a fait ma vaisselle.

Voilà pour cette semaine ! Je reviendrai plus en détail sur le Festival du livre romantique, stay tuned !

Cuisinons nos livres #6

Après une semaine de vacances à mettre les pieds sous la table, il a bien fallu se remettre aux fourneaux – j’ai l’air de me plaindre, mais en réalité cela me manquait un peu. Même s’il faisait un temps à préparer des soupes, j’ai tenté de faire contre mauvaise fortune bon cœur et d’inviter le soleil à notre table.

IMG_3678

Lundi soir, je souhaitais préparer des maquereaux en marinade japonaise. Sauf que je n’avais plus de vinaigre de riz. Puis j’ai décidé de me rabattre sur une recette à base d’épices – encore raté, il me manquait du cumin, ingrédient principal. Un peu perdue, j’ai fini par jeter mon dévolu sur une recette japonaise de maquereau cuit dans un bouillon au miso, d’après le livre 「基本の和食」, tome 1, qui est une de mes bibles en matière de cuisine nippone.
C’était relativement simple et, surtout, délicieux. La recette demandait des salsifis, mais je n’en avais pas (je ne crois même pas en avoir déjà mangé…) et les ai remplacés par des asperges sauvages.

IMG_3682

Mardi, pour remonter le moral de Monsieur qui s’est retrouvé bloqué gare Montparnasse à cause d’une histoire de glissement de terrain, j’ai sorti mon nouveau livre fétiche, Le meilleur de la cuisine italienne. Après avoir un peu hésité, mon choix s’est porté sur une recette de spaghettis à l’ail et au piment, qui serait, en plus, idéale pour absorber le trop-plein d’alcool.
Simple, rapide, facile, cette recette a tout bon. A refaire, et souvent.

IMG_3691

Enfin, hier soir, j’ai décidé d’essayer une recette de tarte à la courgette tirée du cinquième numéro de 180°C, garantie “Sans Kiri, ni Saint-Morêt”, et qui me faisait de l’œil depuis un moment. C’est relativement rapide à préparer, mais il ne faut pas hésiter à faire 40 à 45mn : l’appareil est très liquide et, quand nous avons sorti la quiche du four une première fois, celui-ci a commencé à couler.
En revanche, le résultat était très bon et onctueux. Je retenterai sans doute, peut-être en fin de saison…

De son côté, Monsieur a préparé de la limonade d’après la recette proposée par le 180°C n°1 – celui-là même qui proposait la recette d’essence de citron vert testée (et approuvée) il y a quinze jours. La limonade est très bonne, mais un peu trop sucrée à mon goût.

Je conclus en rappelant les dernières participations au challenge chez Sunalee, Lucy, Pauline ou Discretissime.

Voyage en Crète #4 – Phaistos et Kommos

Cette fois-ci, nous quittons la côte pour nous enfoncer dans les terres, et traverser jusqu’à la mer de Libye, au sud.
Phaistos est le second palais minoen le plus important de l’île, après celui de Cnossos. D’après la légende, il aurait été construit par Rhadamanthe, frère de Minos (et moi je dis : Eaque s’est fait carotter au partage).

L'aire du théâtre, avec l'escalier monumental au fond
L’aire du théâtre, avec l’escalier monumental au fond

Le site domine la plaine de la Messara et offre une vue imprenable sur le mont Ida, où fut élevé Zeus. Bien conservé et à l’écart des grandes déferlantes de touristes, c’est un endroit très agréable à visiter.

Le mont Ida (aujourd'hui Psiloritis)
Le mont Ida (aujourd’hui Psiloritis)

Si le palais n’était apparemment pas orné de fresques, à l’inverse de Cnossos, il est très bien conservé, notamment les escaliers et l’aire “du théâtre” avec son chemin processionnel. En outre, les fouilles ont livré le célèbre disque de Phaistos, un document en terre qui a cuit dans un incendie, et qui offre un merveilleux exemple de linéaire A, l’écriture (indéchiffrée à ce jour) des Minoens.

La cour à péristyle
La cour à péristyle

Après cela, nous avons décidé de pousser jusqu’à la côte, à moins de dix kilomètres. Plutôt que d’aller à Matala, réputée pour avoir accueilli des communautés hippies dans les années 60 (Cat Stevens aurait séjourné dans l’une des grottes du littoral), mais semble-t-il passablement bétonnée à présent, nous avons jeté notre dévolu sur Kommos.

Carte postale...
Carte postale…

La plage de Kommos est considérée comme l’une des mieux préservées de la zone – à juste titre – et offre une particularité intéressante : on peut déceler les vestiges de l’ancien port minoen du même nom, qui servait de point d’accès à la mer pour… Phaistos.

Fin de journée
Fin de journée

La descente est abrupte, et nous avons préféré laisser la voiture en hauteur et finir à pied. Le paysage est à couper le souffle, avec cette baie encaissée entre des falaises, cette mer bleue tirant sur le turquoise et le soleil qui scintille.
Quant à l’eau, elle est parfaite : température méditerranéenne et rouleaux comme au bord de l’Atlantique ! Ce fut certainement notre plus belle journée, nous permettant de mêler visites et farniente.

IMG_3663

Recommandation : après avoir visité le palais de Phaistos, prenez un verre à la buvette. La vue sur le mont Ida et la vallée est imprenable, et les chats du site viendront sans doute vous cajoler pour un petit morceau de sandwich ou de gâteau.

Lear

Lear, roi d’Angleterre, exige de ses trois filles Regan, Goneril et Cordelia une déclaration publique d’amour filial en échange d’un tiers du royaume. Si les deux aînées s’acquittent volontiers de cette épreuve, la cadette, Cordelia, s’y refuse, provoquant la colère de son père qui la chasse et la marie au roi de France, laissant les deux autres se partager son héritage. Las, peu après, Regan et Goneril se liguent pour chasser Lear du palais. Ce dernier se retrouve à errer sur la lande par une nuit de tempête et perd la raison…

Lear titre

Parfois, l’univers vous envoie un signe et vous l’en remerciez : c’est ce qui est arrivé mardi quand, après avoir pesté contre l’annulation du récital de Cecilia Bartoli, j’ai poussé un “ouf” de soulagement car notre ligne de train s’est trouvée totalement interrompue par les intempéries (à l’heure où je vous parle, c’est pas encore résolu). Et puis, parfois, l’univers vous envoie plein de signes que vous négligez : hier soir, j’ai donc bataillé ferme contre le train supprimé, l’absence carte orange (avec la grève, la gare était fermée et les automates inaccessibles), le bus, le métro (trafic ralenti, incident voyageur) et l’ascenseur du Palais Garnier avant de réussir à m’asseoir à ma place, 2 minutes avant le début de la représentation. Je pense que j’aurais mieux fait de rester chez moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai quitté l’opéra à l’entracte.

Vous aurez sans doute reconnu l’argument, et pour cause : cet opéra d’Aribert Reimann, composé en 1978, est une adaptation de la pièce éponyme de Shakespeare. A un sujet déjà complexe et dur – la pièce est loin d’être riante – s’ajoute une musique extrêmement contemporaine, essentiellement constituée de cuivres et de percussions, qui exploite au maximum les dissonances. Ajoutez à cela une partition d’une complexité incroyable pour les voix et vous aurez un résultat…à glacer les sangs.

Lear 1

Très sincèrement, je ne savais pas dans quoi je mettais les pieds, mais j’avais vu et apprécié Peter Grimes de Benjamin Britten, et je m’étais dit que l’opéra contemporain ça pouvait se tenter, qu’il ne fallait pas être sectaire. Mais pour le coup, je n’étais vraiment pas le public visé : je pense qu’il faut vraiment connaître et apprécier ce genre de musique, et ce n’est clairement pas mon cas.
En outre, la mise en scène, très sombre, avec des espèces de planches partout qui se meuvent, et des personnages décharnés qui se déshabillent peu à peu, m’a clairement évoqué l’univers concentrationnaire, et m’a mise très mal à l’aise (c’était sans doute voulu). C’est surjoué dans la démesure et l’hystérie, ce qui n’arrange rien.
Il faut toutefois rendre hommage au talent des interprètes, les musiciens comme les chanteurs. Bo Skovhus dans le rôle-titre est impressionnant de rage, d’orgueil, de folie, de détresse (et de puissance vocale). Andreas Conrad fait preuve d’une technique étonnante et maîtrisée, parvenant à chanter une partition qui semble féminine (comme on ne le voit pas tout de suite, j’ai d’abord cru qu’il interprétait Cordelia).

En somme, c’est un spectacle exigeant et difficile, à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Je vous laisse le trailer pour vous donner une idée (la première partie durait 1h25).

[youtube]https://youtu.be/_AyuoEy8xg0[/youtube]

Voyage en Crète #3 – Cnossos

Cnossos, pour les quelques hellénistes distingués qui hantent ce blog, c’est très certainement un souvenir un peu marrant des premiers cours de grec. Pour les autres, ça n’évoque peu ou pas grand-chose : il s’agit du principal palais édifié par les Minoens. Mis au jour à la fin du 19ème siècle et fouillé de façon systématique par Sir Arthur Evans au début du 20ème, l’endroit est un peu un objet de fantasme.

La maquette du palais, visible au musée d'archéologie d'Héraklion
La maquette du palais, visible au musée d’archéologie d’Héraklion

Baptisé “palais du roi Minos” (qui a aussi donné son nom à la civilisation crétoise antique), l’endroit a donc longtemps été considéré comme le fameux labyrinthe de la légende (Dédale, Icare, le Minotaure, tout ça). C’est surtout une civilisation très complexe et avancée, davantage que les preuves tangibles d’un mythe, qui a été mise au jour : structure palatiale, centre administratif, objets d’arts, objets utilitaires, fresques… tous ces vestiges ont permis de saisir une partie de l’esprit de ce peuple, ainsi que de ses croyances.

Cnossos 2

Néanmoins, la redécouverte de ce site majeur ne s’est pas faite sans dommage collatéral : emporté par son lyrisme, Evans a sans doute extrapolé pas mal de choses, et a carrément “restitué” des pans entiers du palais. En conséquence, on se retrouve avec un site antique doté d’appendices modernes en béton censés représenter l’endroit dans toute sa splendeur, mais tellement intriqués aux vestiges qu’on ne peut plus les démolir, sous peine d’endommager le site…
Tout ceci – ainsi que la foule des touristes, qui se pressent sur ce site tout proche de la capitale – a un côté carton-pâte qui donne un faux air de Disneyland antique à Cnossos. Ou un genre de Parc Astérix, le grand huit en moins.

Un exemple de reconstruction : les différents niveaux du palais
Un exemple de reconstruction : les différents niveaux du palais

Il ne faut toutefois pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Car, si ces reconstructions franchement malheureuses font tache, elles permettent de se faire une idée du palais (1300 pièces sur quatre étages, et un escalier monumental). En outre, il reste encore des pithoi, ces jarres de stockage géantes, sur le site, ainsi qu’un tracé très lisible de certains appartements, de l’aire dite “du théâtre” et de l’escalier.

Un pithos, deux pithoi...
Un pithos, deux pithoi, trois…
Effet de perspective, qui donne un côté très moderniste au site (en béton véritable)
Effet de perspective, qui donne un côté très moderniste au site (en béton véritable)

Quoi qu’il en soit, même si je confesse un peu de déception – les photos du palais et des fresques avaient nourri mon imaginaire et avaient permis de faire passer l’apprentissage de l’optatif – j’estime que c’est un site qu’il vaut mieux avoir vu, ne serait-ce que pour le confronter aux collections du musée archéologique et aux autres palais minoens.

Restitution en Technicolor
Restitution en Technicolor

Recommandation : évitez les restaurants autour du site, qui sont des pièges à touristes évidents. Mieux vaut s’enfoncer un peu dans l’arrière-pays (superbe !) ou regagner Héraklion.

Séjour en Crète #2 – Héraklion, le musée d’archéologie et le centre historique

Héraklion est l’actuelle “capitale” de la Crète, bien que ce ne soit pas – et de loin ! – la ville la plus ancienne de l’île. Le site a été choisi par les Sarrasins au 7ème siècle pour établir un port abrité, du nom d’al-Khandaq, et devint rapidement une plaque tournante du commerce méditerranéen. Au 13ème siècle, l’île passa sous influence vénitienne, et Al-Khandaq fut rebaptisée Candie (vous aussi vous avez la chanson en tête ?). Compte tenu de sa situation stratégique, la ville fut souvent assiégée, et passa sous domination turque du 17ème siècle jusqu’à la fin du 19ème siècle.

Vue sur l'île de Dia depuis la jetée
Vue sur l’île de Dia depuis la jetée

Héraklion a beaucoup souffert de la seconde guerre mondiale, et la plupart des monuments historiques ont été détruits dans des bombardements. Il reste toutefois de beaux témoignages de la présence vénitienne, en particulier la loggia, aujourd’hui hôtel de ville, la citadelle du port, la fontaine Morosini (ou fontaine aux lions) et l’église Agios Titos, au plan carré très surprenant.

 

La loggia, de l'extérieur...
La loggia, de l’extérieur…
...à l'intérieur
…à l’intérieur
Heraklion 2
Agios Titos

 

Heraklion 7
La fontaine aux lions

 Au détour des rues, on croise parfois de jolis bâtiments en plus ou moins bon état, ainsi que de beaux détails…

Sur un mur...
Sur un mur…
Tiens, du Bauhaus sous le soleil, on se croirait à Tel-Aviv...
Tiens, du Bauhaus sous le soleil, on se croirait à Tel-Aviv…
Enorme faute et boutique à touristes mises à part, le bâtiment est superbe
Enorme faute et boutique à touristes mises à part, le bâtiment est superbe

Et puis, il y a le musée archéologique… Recommandé par tous les guides, il vaut assurément le voyage si vous êtes un tant soit peu intéressés par l’antiquité ! Sur deux étages, l’endroit présente de façon chronologique l’évolution de la civilisation crétoise, du néolithique à l’occupation romaine.

Des sceaux utilisés par l'administration minoenne
Des sceaux utilisés par l’administration minoenne

Les collections sont extrêmement riches, regroupant presque tous les objets découverts sur l’île : poteries, bijoux, objets utilitaires (comme des fuseaux ou des aiguilles), sceaux, statues, fresques, sarcophages, armes… On trouve aussi une magnifique maquette du palais de Cnossos, qui permet de se faire une idée du gigantisme de celui-ci (1300 pièces quand même).

IMG_3486IMG_3487

La célèbre fresque du taureau...
La célèbre fresque du taureau…

J’y ai passé près de deux heures, en accélérant dans les dernières salles et en ratant – honte à moi – les statues monumentales d’empereurs romains (à ma décharge, les salles n’ont qu’une petite ouverture dans le couloir donnant sur la sortie). On pourrait y passer une demi-journée complète, je pense ou, mieux, s’organiser pour visiter en deux fois.
Une petite déception, toutefois : j’ai trouvé la reconstitution des fresques parfois étonnante au vu du peu de matériau disponible. Je ne doute pas forcément de la bonne foi des chercheurs, mais j’aurais aimé en savoir plus sur leurs méthodes de travail.

Recommandation : le billet pour le musée peut être couplé avec celui pour Cnossos, et les deux peuvent être utilisés à différentes dates.

Séjour en Crète #1 – Malia

Plutôt que de vous faire un compte-rendu heure par heure, jour par jour de nos vacances, je préfère créer des articles autour des lieux visités ou des expériences vécues. D’abord parce que c’est moins monotone, pour moi comme pour vous, et aussi parce que nous avons quand même vécu deux journées à glander au bord de la piscine, et que ça ne sert à rien de vous raconter ça !
Nous étions logées à Stalida, entre les villes cités touristiques de Hersonissos et Malia, à environ une demi-heure d’Héraklion. Si la côte nord de l’île est pas mal bétonnée, nous avons quand même eu la chance de trouver un hôtel plutôt familial (une vingtaine de chambres / appartements) avec une petite piscine et un excellent cuisinier.

Par Eric Gaba (Sting) — Own work;Topography: NASA Shuttle Radar Topography Mission (SRTM3 v.2) data (public domain) edited with 3DEM and dlgv32 Pro and vectorized with Inkscape;Bathymetry: USGS ETOPO2v2;References used for the additional data:Demis (see the approval e-mail and the Demis forum);ViaMichelin;Map from Castello Hotels.com;Locator map: Image:Map_Greece_expansion_1832-1947-fr.svg (modified) created by Historicair;Translation of the Greek names into French: fr:Cédric Boissière and fr:Aeleftherios., GFDL, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4234137
Source

Malia fut notre première destination dimanche, lendemain de notre arrivée. Le site avait plusieurs atouts pour nous plaire : très proche de l’endroit où nous étions hébergées (15mn en voiture grand max), avec une plage plutôt préservée et des vestiges archéologiques importants.

Malia 1
Les vestiges sont ceux du palais minoen de Malia, construit à la même époque que celui de Cnossos, le plus connu. L’époque minoenne, où la civilisation crétoise a connu un âge d’or, court de -4000 à -1500 environ. Tous les palais de l’île ont été bâtis une première fois vers -1900 avant d’être détruits par un tremblement de terre puis reconstruits vers -1750, pour être finalement abandonnés vers -1450 quand la civilisation minoenne s’est écroulée. Les hypothèses sur cette fin apparemment abrupte sont généralement : un tremblement de terre géant, un tsunami créé par l’explosion de Théra (actuel archipel de Santorin et considéré comme à l’origine du mythe de l’Atlantide), ou une invasion mycénienne. Voire les trois à la fois.

Malia 2

Malia était en réalité un complexe palatial, avec un grand palais d’un côté, doté de magasins et d’appartements, et un “centre administratif” doté d’une agora, de résidences, d’ateliers spécialisés… Le palais était organisé autour d’une cour à colonnes (grand classique de l’architecture méditerranéenne, puisqu’on retrouve ce modèle dans les villas romaines ou dans les riads, par exemple) qui permettait la distribution des salles. La pièce maîtresse de l’endroit est… un escalier ! Un escalier monumental dont subsistent encore aujourd’hui une douzaine de larges marches. Quand on pense que l’édifice a près de 4000 ans, ça laisse rêveur…

Un pithos, jarre de stockage géante, ornée de motifs cordés traditionnels
Un pithos, jarre de stockage géante, ornée de motifs cordés traditionnels

Le site en lui-même est beau : au nord, la mer, que l’on aperçoit depuis les ruines et dont on reçoit la brise et les parfums. Au sud, la montagne qui se découpe sur le ciel et semble capter la majeure partie des nuages.
La visite est belle, agréable et pas trop longue. En revanche, mieux vaut se doter d’un plan bien documenté (je recommande celui du Guide Vert) car il n’est pas toujours facile de se repérer, et les explications sont franchement succinctes.
Il existe une troisième partie, vers la plage, qui n’est pas ouverte à la visite car encore en fouilles.

Ce site était une excellente introduction à l’architecture minoenne : pas trop grand, pas trop fréquenté, avec un plan relativement simple et de jolis vestiges qui permettent de se faire une idée.

La cité administrative
La cité administrative

Une recommandation : pour manger, redescendez quelques centaines de mètres en direction de la plage. Vous y trouverez une taverne qui ne paie pas de mine, Kalyva : ouverte depuis 1964, elle mêle habitués et touristes, et propose un menu du jour ainsi qu’une carte. J’y ai mangé une moussaka à tomber par terre !

10 Things I liked this week #85

Bon, cette semaine, c’est facile, vu que j’ai été en vacances. Du coup, je vous propose cinq choses en rapport avec lesdites vacances, et cinq autres liées à mon retour. Parce que bon, malgré la météo pourrie en Ile-de-France, il faut bien se mettre du baume au cœur.

IMG_3665

  • Il a fait un temps radieux toute la semaine, avec des températures oscillant entre 24 et 27°C.
  • J’en ai pris plein les yeux en matière d’archéologie minoenne, un beau clin d’œil à mes années de grec ancien et aux photos défraîchies qui ornaient nos manuels.
  • Même si je n’ai pas pu nager au sens où je l’entends (traduire : faire des longueurs avec mes lunettes et mon bonnet de bain), j’ai fait trempette tous les jours.
  • Jeudi, j’ai même nagé en mer de Libye et profité des rouleaux comme quand j’étais ado.
  • Samedi, ma sœur nous a offert le champagne pour fêter la fin des vacances et la fête des mères.
  • Un grand bonheur : retrouver l’Anglais et la Crevette !
  • Arriver à la maison et constater que ma belle-mère (loué soit son nom : elle a gardé la Crevette toute la semaine alors que la nounou était en arrêt maladie) a littéralement récuré l’appartement. Des semaines que je ne faisais que le strict minimum et que les corvées annexes s’accumulaient.
  • Découvrir un paquet en provenance du Canada : mon père m’a envoyé le shampoing que je lui avais demandé et dont il ne me restait plus grand-chose.
  • Ce matin, j’ai reçu ma première carte de fête des mères !
  • Ce soir, Monsieur est aux fourneaux : petit cocktail et tartines chaudes d’apéro, frites au four.

Une belle semaine, donc, que je vous conterai par le menu dans les jours qui viennent.

10 Things I liked this week #84

Ce fut une semaine relativement tranquille, entre le jour férié et la préparation des vacances. Bien sûr, il a fait un temps de chien, j’ai eu l’impression de ne pas avoir assez de temps pour tout boucler, qu’il s’agisse du boulot ou des corvées ménagères, mais au final, c’était plutôt une jolie semaine.

IMG_3438

  • Lundi, nous emmenons la Crevette à Viltain, essentiellement pour cueillir des fleurs (les dernières tulipes et les premiers oeillets) et quelques légumes. Mademoiselle a appris à déterrer des radis.
  • Dans la foulée, l’Anglais s’amuse à réaliser une fausse affiche de propagande pseudo-soviétique avec une photo prise dans la matinée. Grosse crise de rire.
  • Mercredi, la poste m’apporte une belle surprise : mon père m’offre une place pour aller écouter Cecilia Bartoli à l’opéra de Versailles fin mai. En plus, c’est une place avec coupe de champagne offerte.
  • Jeudi soir, nous dînons avec des amis. La soirée se passe agréablement, ponctuée de discussions sérieuses sur le couple et entrecoupée d’éclats de rire.
  • Vendredi : j’en ai fini avec ma trad ! Alléluïa !
  • Pour fêter ça, je propose un verre à l’improviste à Angéla Morelli, qui consent à s’arracher à son manuscrit pendant deux heures pour boire un café en ma compagnie.
  • Le soir, Leen passe à la maison récupérer des livres. J’ai fait une nouvelle adepte…
  • Samedi, je quitte Paris et ses menaces d’orages pour arriver en Crète où il fait un temps radieux.
  • Dimanche, première balade, première rencontre avec la mer, première visite de site archéologique, premier repas face aux vagues.
  • Au fait, c’est les vacances. Je vous l’avais dit ?

Le reste de la semaine risque d’être compliqué à bloguer : le wifi passe très mal dans les chambres, et je ne sais pas si j’aurai le courage de m’installer dans ce qui tient lieu de lobby tous les soirs pour vous raconter nos aventures. Affaire à suivre.