Et puis, le silence

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En théorie, je devrais être en train d’écrire comme une folle. J’ai beau avoir eu droit à une remise de peine un sursis de quelques semaines, j’ai toujours un roman à rendre à la fin de l’été. Mais ça n’avance pas. J’ai beau me placer devant mon ordinateur, me mettre en condition, bénéficier des encouragements (ou des réprimandes) de Monsieur, rien ne vient.

Dans ma tête, les voix de mes personnages se sont tues. Voilà plusieurs semaines que je suis environnée de silence, et c’est très déstabilisant.
Je connais les raisons à l’origine de cette panne d’écriture particulièrement longue et douloureuse. Elles tiennent en grande partie à une histoire que j’ai beaucoup de mal à m’approprier, à des personnages peut-être trop vite esquissés et pas assez travaillés, à une impression d’être laissée à moi-même (chose dont j’ai toujours eu horreur : je suis indépendante mais j’ai besoin d’avoir un retour sur mon travail, quel qu’il soit), mais aussi à la pression croissante que je mets sur moi-même. En gros, j’aimerais écrire le meilleur roman de sa catégorie et, bien entendu, je n’y arriverai pas.

Normalement, j’ai quelques “trucs” pour débloquer. Mais là, rien. Et j’ai un peu le sentiment que mes (discrets) appels à l’aide tombent à plat. Du coup, j’en suis à me demander si j’ai vraiment un talent pour écrire, voire s’il ne faudrait pas que je lâche l’affaire tout de suite pour éviter la catastrophe.
Si vous avez des conseils, je suis preneuse, parce que là, j’envisage le cierge à Sainte Rita.

Envies estivales

Il paraît que c’est l’été (si, si, si, y’a une bande de djeunes qui joue des trucs bizarres sous ma fenêtre, ça veut dire qu’on est le 21 juin), même si la météo persiste à nous faire croire depuis un mois que nous sommes toujours en octobre. Vu qu’on annonce une canicule pour demain, je me suis dit que je pourrais lister les choses qu’il me tarde de faire en été…

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  • M’habiller en trois minutes chrono avec une jupe, un tee-shirt et une paire de sandales.
  • Préparer des litres de thé glacé maison.
  • Me vautrer mollement dans le canapé en regard d’un œil vague des cyclistes suer sang et eau sur les petites routes de France.
  • Laisser les fenêtres ouvertes très tard, attendre qu’il fasse nuit noire pour allumer.
  • Etrenner toutes les nouvelles robes de la Crevette, et la voir crâner avec ses lunettes de soleil.
  • Nager tous les jours dans la piscine de mes beaux-parents. Plusieurs fois par jour. Voire pour remédier à une insomnie (bon, c’est plus les vacances, mais pour moi ça rime avec été).
  • Me goinfrer de tomates et de fruits d’été.
  • Essayer d’apercevoir le feu d’artifice du 14 juillet depuis ma fenêtre, avant de me rabattre sur la télé, parce qu’on voit quand même beaucoup mieux.
  • Faire la sieste alors qu’il fait un temps radieux dehors. Mettre un drap, voire une couverture.

10 Things I liked this week #88

Ce fut une semaine crevante : après plusieurs jours de lutte, j’ai fini par attraper le virus rapporté de Provins par Monsieur et la Crevette, si bien que je me traîne lamentablement depuis mercredi soir. Et puis, la fatigue aidant, l’Anglais et moi avons eu une explication musclée qui, bien que nécessaire – et inévitable, comme dans tous les couples – m’a laissée sur les rotules. Pourtant cette semaine fut aussi placée sous le signe des sorties et des bonnes choses. Petit résumé.

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  • Lundi, j’effectue une razzia de livres chez mon dealer habituel, avec des ouvrages extrêmement joyeux comme Le chant du peuple juif assassiné ou Entre les murs du ghetto de Wilno.
  • Mercredi, Ioionette et SonMari nous rapportent notre tente médiévale (abandonnée au champ d’honneur à Provins pour cause de pluie battante et de Crevette épuisée), et on en profite pour dîner ensemble.
  • Jeudi, nous dînons avec des amis en ayant, pour une fois, la possibilité de laisser Mademoiselle à la maison. Nous rentrons alors que je suis dans un état proche de l’Ohio (mais ça ne m’a pas empêchée de picoler, parce que, bon).
  • Vendredi, je retrouve Angéla Morelli pour le déjeuner dans son bar/resto préféré. La discussion est enlevée, drôle et intelligente, comme toujours, et c’est un vrai plaisir.
  • En fin d’après-midi, je traîne mademoiselle à un cours de baby art pour qu’elle confectionne une surprise de fête des pères : une espèce de mobile auquel on peut accrocher une photo. Conclusion de cette nouvelle leçon : de toutes les matières, c’est la colle qu’elle préfère (surtout dans les cheveux).
  • Le soir, nous visitons enfin l’appartement de ma soeur et mon beau-frère (ça fait juste deux ans qu’ils ont emménagé) et rencontrons leurs nombreux chats. La Crevette est ravie, elle peut en approcher certains sans qu’ils prennent la fuite.
  • L’éclair de saison de Carl Marletti (fraises fraîches et compotées, poivre) est une pure tuerie.
  • Samedi midi, nous allons manger un tonkatsu en famille – grande première pour mademoiselle qui, si elle a snobé les udon, a plébiscité le porc pané.
  • Après la sieste, L & L nous rejoignent pour le goûter. C’est l’occasion pour les filles de jouer ensemble et pour les grand(e)s de papoter autour d’une tasse de thé.
  • Dimanche, Monsieur me laisse comater au fond du lit et emmène la Crevette au square pour l’occuper. Je les rejoins sur place, puis nous retrouvons Gni et Leen. Au final, l’escapade aura duré près de 3 heures et s’achève sous un grand soleil.

Cuisinons nos livres #7

Cette semaine fut très calme, notamment à cause de notre escapade à Provins : je n’ai pas pu faire le marché, j’ai donc dû composer avec un frigo globalement vide et un congélateur rempli de trucs plus ou moins inspirants. Et puis on est sortis, aussi, ça n’aide pas à cuisiner.

C est pas photogénique, mais c est bon
C’est pas photogénique, mais c’est bon

Heureusement, mercredi soir, Ioionette et SonMari sont venus dîner. J’ai préparé des brochettes du barbare (onglet de bœuf mariné) d’après le livre Gastronogeek. Ce n’était pas la première fois que j’en faisais – c’est devenu un plat régulier à la maison – et je pense même en avoir déjà préparé pour nos invités, mais c’est très facile et très bon. Je sers ça avec du riz blanc à la vapeur, c’est idéal pour finir la sauce !

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En guise de dessert, j’ai ressorti les désormais classiques fraises au vin rouge. Rapide, facile, parfumé, frais sophistiqué tout en étant simple… c’est vraiment le dessert idéal, que l’on soit seuls ou que l’on ait du monde à régaler. Le plus long, c’est de laver les fraises !
Cette fois-ci et la précédente, nous avons utilisé un côtes de Gascogne rouge qui se mariait aussi très bien avec la viande.

Voilà pour cette maigre semaine. Promis, demain je fais les courses, et la semaine prochaine, je vous en révèle davantage !

Vivre sa judéité quand on est goy

Attention, j’attaque avec des mots savants tout de suite, histoire de vous mettre dans le bain.
Comme certains le savent peut-être – vu que j’en parle souvent, ce doit être le cas de ceux qui me connaissent IRL, sinon je l’avais mentionné ici – je suis d’origine juive sans l’être. C’est-à-dire que je suis issue d’un mariage mixte, entre un juif et une non-juive ce qui, de fait, me prive de la “qualité” de juive (l’appartenance à la religion se transmet par la mère*).
Je suis donc goy (non juive).

Pourtant, au fond de moi, ces racines sont puissantes, plus peut-être que celles qui me lient à ma culture maternelle. Entendons-nous bien : je suis, avant toute chose, profondément française et européenne, mais le judaïsme a imprégné mon être et ma conscience. Difficile de faire autrement quand vous êtes, quelque part, rescapé d’un des génocides les plus documentés de notre siècle.

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Concrètement, comment cela se manifeste-t-il ?
Toute ma famille paternelle étant juive – plutôt libérale – j’ai assisté à de nombreuses cérémonies et fêtes au cours de mon enfance et mon adolescence. Mes grands-parents me remettaient une enveloppe, non pour Noël, mais pour Hanoukkah (ça tombe quasiment en même temps, c’est pratique). J’ai de la famille en Israël et je m’y suis rendue à plusieurs reprises.
Mais surtout, je me suis beaucoup documentée. J’ai lu, regardé des vidéos, fait des recherches. Sur la Shoah, forcément, mais pas seulement. Sur le judaïsme, sur son histoire, sur Israël. J’ai vibré aux textes de Stefan Zweig et à sa façon de définir sa judéité, qui m’a semblé particulièrement juste.

Pourtant, je suis et je resterai goy. Je pourrais lancer la démarche d’une conversion – il y a quelques années, un de mes cousins m’avait suggéré de me convertir, non pour des raisons religieuses mais pour des raisons culturelles – mais il n’est pas certain que celle-ci aboutisse, et je ne suis franchement pas sûre d’avoir l’intention de respecter les interdits et obligation (faire shabbat, arrêter la charcuterie – seriously ?).
Me voilà donc au milieu du gué, à observer une partie de mon héritage me filer plus ou moins entre les doigts. Car je suis également convaincue de ne pas tout saisir, de ne pas avoir toutes les cartes en main. Parce qu’être exclue de ce que l’on considère comme ses racines (fussent-elles partielles) est assez étrange.

Si je raconte tout cela aujourd’hui, c’et parce qu’il y a quelques semaines, je me suis retrouvée face à un magnifique cas de goysplaining (le terme existe, si, si, si) : un type que je connais d’assez loin s’est mis à m’expliquer pourquoi et comment on pouvait être juif (ou ne pas l’être). Or, ne me considérant pas comme juive, je me suis tue. Et c’est pénible. Parce que je ne peux pas revendiquer mon appartenance au peuple juif – et précisément à cause de cela – je sais très bien ce qui constitue ou pas le fait d’être juif.


*Ceci est une conséquence des pogroms répétés en Europe centrale à partir du 17ème siècle, notamment ceux perpétrés par les cosaques. Leur but était de diluer le sang juif en violant les femmes, à quoi les rabbins ont rétorqué que de toute façon l’appartenance au peuple juif se transmettait par la mère.

Trop c’est trop

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Voilà des semaines – et même, en toute sincérité, plusieurs années – que le climat se tend et que la société se polarise. Voilà des semaines que, chaque jour, les réseaux sociaux me crachent leur mépris à la figure. Parce que je n’ai pas l’heur de penser la même chose que certains membres de mon entourage – ceux qui généralement s’expriment le plus fort, parce que j’ai la faiblesse de penser qu’il faut encourager les compromis, parce que je nourris une défiance viscérale à l’égard des mouvements de masse, quels qu’ils soient.

C’est insidieux, jamais frontal, mais la condescendance et le dégoût qui suintent de certains propos me frappent au cœur. C’est sans doute idiot, ce ne sont jamais que des “paroles” électroniques, hâtivement rédigées, hâtivement oubliées. Mais très franchement, vivre dans cette espèce de monde où si l’on n’est pas avec quelqu’un alors on est contre lui me fatigue.

Se rendent-ils compte, ces gens-là, du mal qu’ils font ? Outre que, personnellement, plus on me serine un truc, moins j’ai envie de l’écouter – ce qui leur porte sans doute préjudice – se rendent-ils compte que tous ces commentaires, toutes ces “plaisanteries” d’un goût plus ou moins douteux, toutes ces formules assassines se cumulent et finissent par blesser réellement ? Ces derniers jours, j’éprouve une sorte de souffrance morale sans cesse entretenue. C’est comme une plaie qui suppure et qu’on viendrait rouvrir systématiquement.

Vous me direz : rien de plus facile, il n’y a qu’à abandonner les réseaux sociaux, se protéger. Je pourrais, oui. Mais outre que je n’ai pas envie de céder le terrain, que je considère toujours Facebook comme ma fenêtre de divertissement, j’y suis aussi en contact avec des gens très bien et je peux y raconter plein de bêtises. Alors non, je ne me priverai pas de certains plaisirs à cause de quelques fâcheux.
Mais promis, dès demain, je recommencerai à me taire.

X-Men : Apocalypse

X-Men ApocalypseDepuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d’années et désillusionné par le monde qu’il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l’humanité et régner sur la Terre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l’humanité d’une destruction totale.


Après avoir échoué à voir ce film le jour de sa sortie, Monsieur et moi avons pu nous y rendre tranquillement mercredi dernier, dans une salle assez petite, ce qui m’a un peu étonnée après seulement trois semaines d’exploitation.

C’est plutôt un bon opus de X-Men. J’avoue que je suis très fan du reboot, ne serait-ce que grâce à l’excellent casting. Cet épisode reprend l’histoire dix après Days of future past, où l’on avait pu découvrir Tyrion Lannister en méchant généticien. Les producteurs ne se sont d’ailleurs pas trop foulés en recrutant cette fois-ci Sansa Stark pour interpréter Jean Grey adolescente.
L’histoire du mutant Apocalypse est bien entendu couse de fil blanc, mais sert avant tout à introduire de nouveaux mutants et à souligner les failles, les doutes et les hésitations des autres. Si j’ai adoré James MacAvoy, digne successeur de Patrick Stewart, j’ai été assez déçue de la prestation de Michael Fassbender, très monolithique. Certes, son personnage est censé être en deuil, mais de là à ne pas desserrer les dents pendant 2 heures…
Par ailleurs, les anciens personnages ont globalement davantage trouvé grâce à mes yeux que les nouveaux. Sophie Turner m’a paru assez détachée du rôle – mais c’est sans doute inhérent à Jean Grey / Phénix – et Tye Sheridan est aussi insipide que le précédent cyclope. A l’inverse, gros coup de coeur pour Diablo, vraiment réussi.

X-Men Apocalypse 2

En revanche, on progresse dans la découverte des mutants, dans l’édification de leur légende et de la peur qu’ils suscitent. J’ai beaucoup aimé le statut d’héroïne gagné par Mystique et le fait qu’elle n’en veuille pas, j’ai apprécié le fait que l’existence des mutants n’est désormais plus un mythe mais une réalité pour la population.
Au final, j’ai passé un très bon moment, même si ce n’était pas le meilleur film de super-héros de l’année : le film reprend les ficelles des deux premiers opus, avec parfois quelques longueurs. Il y a bien entendu de très bonnes séquences, le retour du véritable grand méchant et une énième destruction de l’école Xavier sans laquelle il manquerait quelque chose à X-Men.

Mais ne boudons pas notre plaisir : c’est un bon divertissement pour préparer les vacances d’été.

Médiévales de Provins 2016

Les Médiévales de Provins, c’est un peu un passage obligé quand on fait de la reconstitution historique et qu’on habite au nord de la Loire. Tous les ans, la vieille ville s’anime pendant deux jours et accueille des centaines d’artistes et de bénévoles, ainsi que des milliers de visiteurs, dans le but de faire revivre l’ambiance des foires de Champagne.
Depuis 9 ans, j’essaie de m’y rendre tous les ans, avec plus ou moins de bonheur. Après le super campement dans les douves avec notre ancienne association, La rose et l’épée, l’Anglais et moi avions fini par ne passer qu’une seule journée sur place : trop de monde, trop long, souvent trop chaud ou trop humide… On avait bien tenté avec la Crevette ces deux dernières années, mais celle-ci ne s’était pas montrée très coopérative.

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Mais pour cette nouvelle édition, nous avons rejoint la Maisnie des griffons, association de reconstitution historique civile 13ème siècle, et nous campions à l’écart de la foule, dans un coin très sympa. Comme nous sommes peu sortis, sauf en amoureux samedi soir, je préfère vous proposer un inventaire à la Prévert avec quelques photos.

  • Arriver vendredi soir et découvrir les espèces de moustiques mutants qui logent au même endroit que nous (sans mentir, ils faisaient la taille de mon ongle de pouce).
  • Au moment de monter notre (très) grande tente, nous apercevoir que le mât central est resté à la cave. Frôler la crise de nerfs et trouver une solution de couchage en catastrophe. Ca tombe bien, Monsieur doit rentrer ce soir et nous rejoindre samedi après-midi, il pourra rapporter le mât.
  • Enfiler son manteau à la Crevette et trouver que, vraiment, elle ressemble à un jawa (et fait à peu près le même bruit).
On apprend très tôt à lever le coude
On apprend très tôt à lever le coude
  • Me remettre à la broderie après plusieurs années d’inactivité et constater avec plaisir que je n’ai pas trop perdu la main (je ne fais rien d’élaboré, mais pour décorer les costumes, c’est parfait).
  • Se régaler avec les plats de limonia, de zanzarelli et de mamonia. Picorer des massepains et des fruits. Boire de l’hypocras et découvrir le vin de sureau. La bouffe, c’est vraiment un des meilleurs trucs de la reconstitution.
  • Voir arriver l’Anglais comme le messie avec le mât central honni.
  • Samedi soir, dîner sous un joli ciel aux nuages dorés après une matinée très humide et une après-midi grise.
  • Après avoir réussi à monter la tente et à coucher la petite (exploit !), partir en amoureux dans les ruelles, discuter avec un ami autour d’un verre de vin au pissenlit et échanger des histoires d’anciens combattants à pleurer de rire.

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  • Désosser deux gigots et s’en mettre forcément plein les mains.
  • Apprécier de voir mademoiselle jouer avec les autres enfants de la troupe, tantôt dans la paille, tantôt à la dînette, tantôt à danser.
  • Dresser la liste de tout ce qu’il me faudrait pour la saisons prochaine : nouvelles robes (dont une à manches dépassées), linge, couvertures… et de tout ce qui nous fait fantasmer : lit, sièges…
  • Me sentir un peu désœuvrée car je n’ai pas d’atelier à animer (mais une Crevette qui revient régulièrement se coller à moi), et cela me change beaucoup.
  • Remballer le matériel sous des litres de flotte, en jurant contre la nature qui a vraiment décidé de nous pourrir le week-end.
  • Partir avant les autres parce que la petite ne tient plus debout, espérer très fort qu’elle dorme dans la voiture (sans succès bien entendu), et finalement la récurer intégralement parce qu’elle a vomi à 5mn de la maison.
  • Se vautrer dans le canapé avec une pizza après avoir déchargé, nettoyé, couché, allumé la télé (pas forcément dans cet ordre).

C’était donc un week-end épique mais, comme souvent à Provins, très humide et fatigant.
C’était aussi la fin de notre (courte) saison médiévale, mais on espère pouvoir remettre ça l’an prochain.

10 Things I liked this week #87

Ce fut une drôle de semaine, qui s’est achevée de façon quelque peu chaotique (et pluvieuse, entre autres). Quoi qu’il en soit, elle ne fut pas plus calme que la précédente, et s’est conclue par une nouvelle escapade, cette fois-ci en famille.

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  • Dans un grand moment de faiblesse et de nostalgie, j’ai téléchargé le jeu Sailor Moon Drops sur mon téléphone. Je ne suis pas accro. Pas du tout. Pensez-vous.
  • Mardi, en passant récupérer un pantalon, je ne peux que constater que mon teinturier a drôlement changé ! (Et surtout qu’il a un mignon sharpeï).
  • Mercredi, Monsieur et moi nous offrons une excursion au cinéma (article à venir !).
  • Le soir, nous recevons mon beau-père à dîner et nous faisons offrir les sushis, arrosés d’un bon rosé. Pour un peu, on se croirait en été.
  • Mon article sur le génial roman de Gaëlle Nohant a été sélectionné par HelloCoton dans la catégorie “culture”.
  • Jeudi, L vient manger accompagnée de sa fille pour me prêter les robes médiévales de celle-ci (vous suivez ?). On parle, on rigole et on se détend.
  • Vendredi, j’ai rendez-vous avec une des éditrices pour lesquelles je travaille. Comme toujours, le courant passe très bien, et c’est en catastrophe que je la quitte pour ne pas être en retard à mon rendez-vous suivant.
  • Plusieurs soirs de la semaine, nous nous offrons un verre en terrasse en famille. Même si mademoiselle réclame du jus de pomme avant de le repousser d’un catégorique “C’est pas bon !”
  • Les premières cartes postales de Crète sont (enfin !) arrivées à destination. Je commence à me demander si elles n’ont pas traversé la Méditerranée à la nage, vu le rythme.
  • Nous passons le week-end aux médiévales de Provins, un rendez-vous pour ainsi dire incontournable. Cette année, pour la première fois depuis… 6 ou 7 ans, nous campons sur place, avec la Maisnie des griffons.

Voilà pour cette semaine où j’ai été très muette, non faute de sujet mais faute de temps ! J’espère me rattraper la semaine prochaine.

La part des flammes

La part des flammesMai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.


J’ai repéré ce livre dès sa sortie : outre sa couverture à la fois intrigante et envoûtante, j’ai toujours été fascinée par l’incendie du Bazar de la Charité, depuis que j’ai découvert ce drame dans un livre de ma mère à l’adolescence. Du coup, j’étais franchement curieuse de voir ce que l’auteur en ferait.
Après quelques tergiversations devant le prix du grand format – et la montagne que représente ma PAL – j’ai fini par me l’offrir vendredi dernier, et l’ai attaqué dimanche après-midi dans le TGV qui me ramenait à Paris.

C’est un roman magnifique. L’auteur parvient à se couler avec grâce dans le style de la fin du 19ème siècle tout en parvenant à rester parfaitement limpide. La narration est fluide, les personnages construits, le socle historique solide, le récit fouillé…
J’ai été happée par ce roman, par ce portrait de femmes écrasées par leur classe sociale et ses conventions, étouffées par leur condition féminine et leurs aspirations contradictoires. Les personnages masculins, bien qu’un peu en retrait, ne sont pas moins travaillés et mis en valeur. Du moment où j’ai ouvert ce livre, je n’ai eu de cesse de le finir, et j’ai avalé les 500 et quelques pages en environ 36h (parce qu’il faut bien dormir et bosser, parfois).
Certains aspects de l’histoire, en rapport avec la maladie mentale – ou ce qui était considéré comme tel à l’époque, m’ont beaucoup touchée, sans doute parce que je me suis totalement identifiée au personnage qui s’y retrouve confronté. Cela m’a ébranlée mais a également nourri mes réflexions (au point de faire un lapsus lors de ma séance d’hier).

Je ne peux que recommander La part des flammes. Dans sa postface, Gaëlle Nohant précise avoir passé quatre années à travailler à son écriture. Si je ne peux que me réjouir du résultat, j’avoue espérer égoïstement qu’elle ne nous fera pas trop attendre pour publier sa prochaine oeuvre.

La part des flammes, Gaëlle Nohant, Le Livre de Poche