Une histoire de crocodile

Il y a quelques mois, à l’occasion d’un événement professionnel, je me suis trouvée confrontée à une part assez peu reluisante de moi-même. Explications.

Source (Aucun crocodile n'a été maltraité pour les besoins de cet article)
Source (Aucun crocodile n’a été maltraité pour les besoins de cet article)

Parmi mes collègues (au sens large), il y a quelqu’un dont je me suis toujours trouvée assez proche, avec qui il m’a toujours été facile de parler et à qui j’ai souvent confié mes doutes et mes peines (mes joies, aussi). Or à l’occasion d’une réunion, j’ai eu vent d’une histoire à laquelle celui-ci s’est trouvé mêlé.
Lors d’une soirée, pas mal arrosée pour certains – ne buvez jamais lors d’une rencontre professionnelle ! – on m’a rapporté qu’il avait plaqué une de nos collègues contre lui, avant d’essayer de l’allonger par terre. Elle n’a été “sauvée” de cette situation que par d’autres collègues féminines qui l’ont emmenée avec elles. Quand je dis “on me l’a rapporté” c’est tout simplement parce que j’avais quitté la soirée assez tôt à cause de ma fatigue.

Or ma première réaction à ce récit a été : oui mais quand même, elle l’a peut-être cherché, ils avaient déjeuné ensemble, sa tenue n’était pas un modèle de retenue ni de bon goût… Ca a duré environ 10 secondes, avant que je me dise “Stop”. Non, ni la tenue, ni les déjeuners partagés, ni même l’excès d’alcool ne peut expliquer et certainement pas excuser un tel comportement. Mais le fait que je m’entendais bien avec ce collègue a biaisé, même pour quelques instants, mon jugement, et je m’en suis beaucoup voulu.
Oui, aujourd’hui encore, on peut être victime de harcèlement sexuel sous une forme ou une autre en France. Oui, on peut même réagir de manière particulièrement méprisable en apprenant une telle nouvelle. Il faut avant tout trouver le courage de s’affronter soi-même et d’examiner ses propres actes et jugements (verdict : c’est pas reluisant et il y a du boulot).

Tout ça pour dire que, même si le chemin est long, la bonne volonté et le discernement peuvent nous faire avancer.

NB : je fais bien entendu allusion au célèbre Projet Crocodiles.

Tonkatsu tombo

Voilà une adresse que nous voulions tester depuis longtemps – au moins un an – mais sans jamais trouver l’occasion. Ce fut chose faite il y a dix jours, lorsque nous avons pu passer un week-end en amoureux.
Tonkatsu tombo est un restaurant qui, répondant à l’habitude japonaise de “spécialisation”, propose uniquement des plats panés, en particulier le fameux tonkatsu, le filet de porc pané. C’est un plat qui peut être délicieux quand il est bien préparé, mais gras et lourd dès lors que la panure n’est pas “fraîche” ou bien exécutée.

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Nous avons choisi un menu dégustation pour deux, arrosé d’une bière pour Monsieur et d’un hôjicha pour moi. En guise d’entrée, on nous a apporté une mini soupe claire agrémentée de petites udon (nouilles de blé) et de paillettes de tempura, ainsi que des petites têtes de brocoli à la sauce de sésame. C’est très bon et suffisamment léger pour qu’il reste de la place pour plus tard.
Vient ensuite l’assiette proprement dite : une escalope de poulet, deux crevettes, deux “croquettes” (à base de purée de pommes de terre) et, last but not least, l’escalope de porc. Le tout pané, bien entendu, et agrémenté d’une (très) bonne salade de pomme de terre à la japonaise. La panure est croustillante, légère et bien chaude – préparée à la commande, donc. Tout est savoureux, même si nous avons tous deux reconnu que le poulet pané était le moins intéressant de tous.

Porc, crevettes, croquettes, poulet
Porc, crevettes, croquettes, poulet

Bonus : la formule comprenait un dessert au choix. Je me suis permis un dorayaki – la faute au film de Kawase Naomi – et l’Anglais un daifuku au sésame noir.
Au final, en se faisant plaisir (le menu dégustation est plus cher la moyenne), et avec les boissons, nous en avons eu pour 46€ à deux, et nous sommes sortis bien calés. On s’est régalés, et on y retournera, cette fois-ci avec mademoiselle.

Tonkatsu tombo, 14 rue de l’Arrivée 75015 Paris

10 Things I liked this week #77

Semaine raccourcie au boulot, qui se conclut heureusement sur l’arrivée du printemps – parce qu’avec la tempête du week-end de Pâques, l’espoir n’était pas franchement permis. Sans plus attendre, voici mon récapitulatif.

apéro

  • Lundi, nous terminons le week-end chez mes beaux-parents, notamment en célébrant l’anniversaire tardif de la Crevette. Mademoiselle se barbouille de chocolat et reçoit de nouveaux vêtements.
  • Une de mes auteurs de romance favorites a publié un nouveau roman et je me jette dessus avidement. Il est tellement bien que je le fais traîner trois soirs, mais l’achève jeudi.
  • Mercredi soir, mon beau-père se joint à nous pour le dîner. Au programme : démonstration d’alphabet de la Crevette et sushis.
  • Mon article sur Batman vs Superman est sélectionné en petite une de Hellocoton, ce à quoi je ne m’attendais pas.
  • Vendredi, le poisson d’avril de la RATP et le déjeuner inattendu au Kintarô me mettent de bonne humeur.
  • En parlant de poisson d’avril, celui orchestré par mon éditeur avec des amies auteurs et moi-même me fait beaucoup rire, même s’il n’a sans doute pas convaincu grand-monde. Au moins c’était une expérience !
  • Samedi, nous faisons une longue promenade en famille au domaine de Sceaux : si les cerisiers attendront encore, on profite de la faible affluence et des jardins.
  • L’après-midi, nous visitons la petite fête foraine qui s’est installée en ville pour Pâques. Mademoiselle est gâtée et effectue trois tours sur différents manèges, et je poireaute pendant la “Rivière enchantée” en mangeant une gaufre.
  • Dimanche, pendant que l’Anglais est au golf, Gni et Leen se joignent à moi pour une balade jusqu’aux manèges (impossible d’y couper…) et au petit vide-grenier de la ville. Il y a du monde et, surtout, un temps radieux dont nous profitons à plein.
  • Le soir, Monsieur a préparé de frites que nous dégustons en revoyant – pour la première fois depuis fort longtemps – Les Visiteurs, et en récitant toutes les répliques.

Mortecouille, quelle semaine ! (Désolée)

Challenge : Cuisinons nos livres !

Source
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Après le succès – notamment à la maison – du Winter cookbook challenge orchestré par Miss Sunalee, l’idée de poursuivre celui-ci sous un autre nom faisait son chemin.
C’est pourquoi, je vous propose donc, sous le patronage de Sunalee, de nous lancer dans un challenge “Cuisinons nos livres / Let’s cook our books” et de nous retrouver sur nos blogs ou sur Instagram avec ces deux mots-clés #cuisinonsnoslivres et #letscookourbooks

Alors, vous en êtes ?

Le bon outil fait le bon ouvrier

Lors du Winter cookbook challenge orchestré par Sunalee, j’ai pu prendre réellement conscience de certaines limites de ma cuisine. Des limites notamment matérielles. Alors, si je ne peux pas avoir de fourneau à bois ni de four professionnel (étonnamment…), voici quelques petites (ou grandes) choses qui me seraient bien utiles.

Source
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  • Un rouleau à pâtisserie. Parce que la bouteille, même essuyée, ça a ses limites.
  • Un batteur électrique. Mon robot de cuisine n’a plus qu’une pale et, dès que je dépasse les deux blancs d’œufs, je risque le raz-de-marée de blancs en neige.
  • Une poche à douille. Il est temps que je me frotte à la recette de la pâte à chou.
  • Un cul de poule. Non, je ne suis pas en train d’insulter quelqu’un.
  • D’autres couteaux japonais. J’en ai un que j’aime d’amour, mais je voudrais bien un ou deux autres dans des tailles différentes.
  • Des emporte-pièces. Ca se sent, que j’ai envie de faire de la pâtisserie ?
  • Une cocotte en fonte grand format. La mienne est parfaite pour 3-4, mais je suis régulièrement limitée. Si un jour on reçoit six personnes, y’en a deux qui mangeront une omelette.
  • Un grill en fonte, aussi. Je rêve de préparer du tataki depuis longtemps, mais je n’ai jamais franchi le pas.
  • Un livre de cuisine italienne. Incroyable mais vrai, malgré mes 60 et quelques bouquins, aucun d’entre eux ne traite de cuisine transalpine. Peut-être parce que j’ai peur de me frotter à la réalité du risotto. Peut-être parce que tout le monde connaît mon engouement pour la cuisine asiatique.
  • Une mandoline. Pour me trancher les doigts comme les candidats de Top Chef.

En vrai, je fantasme sur un robot KitchenAid. En bleu cobalt, merci, bisous.

Batman vs Superman

BatmanSuperman1Craignant que Superman n’abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l’affronter : le monde a-t-il davantage besoin d’un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d’un justicier à la force redoutable mais d’origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l’horizon…


Samedi soir, profitant d’une absence de la Crevette, nous sommes allés voir ce film – un peu en traînant des pieds pour ma part, car j’aurais préféré voir Jodorowsky’s Dune, mais bon j’aime aussi les films de super-héros, alors…

Disons-le tout de suite : c’est long. Très long. 2h30, quand même, avec force ralentis et circonvolutions scénaristiques.
J’ai beaucoup apprécié Ben Affleck en Batman, en dépit du tir de barrage que celui-ci a essuyé : l’idée d’un Batman plus vieux, usé par vingt ans de lutte contre le crime, et au physique assez proche de celui du dessin animé de mon enfance m’a franchement séduite. Bon, je pense que l’acteur porte des prothèses pour avoir les épaules aussi carrées et la poitrine aussi large, mais on lui pardonnera. En revanche, Henry Cavill m’a beaucoup moins séduite : certes, Superman est un personnage plus lisse, mais j’ai surtout eu l’impression qu’il ne savait que froncer les sourcils avec plus ou moins d’intensité.
Les personnages secondaires sont plus marrants : Jeremy Irons en Alfred, Laurence Fishburne en Perry, Jesse Eisenberg en Lex Luthor (qui aurait sans doute été encore plus génial en Enigma, en fait, mais qui cabotine à fond dans son rôle de grand méchant).
J’ai aussi aimé le racisme anti-alien qui se déchaîne à l’encontre de Superman, la façon dont on essaie de le piéger…

BatmanSuperman2

En revanche, le scénario repose presque exclusivement sur une incompréhension majeure entre les deux personnages principaux, qu’il serait relativement facile d’évacuer si ceux-ci prenaient le temps de discuter dix minutes. Du coup, après pas loin de 2h à faire monter la sauce, le soufflé retombe inévitablement de façon assez frustrante (d’autant que j’avais vu venir la grosse ficelle dès la scène d’introduction).
Ajoutez à cela des WTF scénaristiques invraisemblables – la pauvre Loïs Lane semble agir de façon totalement inconsidérée voire stupide, alors que c’est un personnage normalement sensé – et le sentiment évident que le studio a voulu poser ses pions pour ses prochains films de façon pas très subtile, et on obtient un résultat franchement lourd et indigeste.

C’était assez divertissant, mais ça ne m’aurait pas dérangé de voir ce film à la télé dans mon canapé plutôt qu’au cinéma.

Les maîtres chanteurs de Nuremberg

Vendredi dernier, Leen et moi avons pris notre courage à deux mains et sommes allées assister au plus long opéra de notre (jeune) vie : Les maîtres chanteurs de Nuremberg, de Wagner.

A Nuremberg, les maîtres chanteurs – pour la plupart des artisans passés maîtres dans l’art de composer des poésies chantées – sont sur le point d’élire le grand vainqueur de leur concours annuel, qui se tient à la Saint-Jean. Cette année, en outre, maître Pogner offrira la main de sa fille, Eva, ainsi que tous ses biens au gagnant, souhaitant en fait privilégier Beckmesser, car Hans Sachs, le meilleur d’entre eux, ne participera pas.
Mais la jeune fille ne l’entend pas de cette oreille (ah, ah) : amoureuse du chevalier Werther, elle ourdit un plan pour épouser celui-ci. L’amant décide alors de réclamer l’aide de Sachs pour remporter le concours, et gagner ainsi la main de sa bien-aimée.

J’ignorais que Wagner avait composé des opéras aux tonalités comiques et qui se finissent bien, aussi ai-je été ravie par cette (longue) histoire à tiroirs. Les situations sont drôles, touchantes, parfois poignantes et justes…

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La direction musicale de Philippe Jordan est pour ainsi dire sans faille : j’avais entendu dire qu’il avait “dénazifié” l’oeuvre et, en effet, dès le programme il explique ses choix de jouer conformément à la partition et non à la tradition, de rendre les subtilités prévues par Wagner, insistant sur la nécessité pour la mélodie d’accompagner le chant, et non l’inverse. A aucun moment on n’a l’impression d’être dans une musique va-t-en-guerre et pompeuse.
Les interprètes sont excellents, avec une mention spéciale à Michael Kupfer-Radecky, qui a remplacé au pied levé Gerald Finley, souffrant, dans le rôle principal. Un vrai morceau de bravoure mais, à en juger par la réaction de tous, dans le public comme parmi les artistes, une franche réussite. Les autres chanteurs ne sont pas en reste, et offrent de beaux moments de comédie ou de tragédie – sans compter les chœurs, dont la direction est véritablement sans faille, et qui parviennent à s’insérer harmonieusement sur scène et dans la mélodie, malgré leur nombre (120 !). Bo Skovhus parvient à humaniser Beckmesser, le grand méchant ridicule, et tous dénotent un talent certain pour le théâtre.

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La mise en scène est drôle et inventive : cette histoire semble se dérouler dans des recoins de la maison de Hans Sachs, et les personnages s’animent comme de minuscules fées vivant dans les meubles. Ce tour de passe-passe (servi aussi par de superbes décors, costumes et lumières) permet même de digérer les cinq dernières minutes de nationalisme puant (n’oublions pas que Wagner est un homme du 19è siècle), en en faisant une espèce d’envolée lyrique d’un homme qui serait grisé de sa propre importance (et les réduisant, donc, à de vulgaires élucubrations).
Cet opéra me confirme que je suis wagnérienne dans l’âme, ce qui me surprend encore, je l’avoue. Je n’ai pas vu passer le temps, j’ai passé un moment inoubliable, et je pense que j’essaierai de découvrir d’autres oeuvres  du compositeur prochainement.

Les maîtres chanteurs de Nuremberg, Opéra Bastille (photos empruntées à la page Facebook de l’Opéra)

10 Things I liked this week #76

Ce fut une semaine entre deux eaux, avec de gros moments positifs et de grands moments de déprime et de fatigue. Les attentats de Bruxelles m’ont bien secouée, même si je n’ai pas voulu en parler ici car je ne me sentais pas légitime et, surtout, parce que j’ai parfois le sentiment d’étouffer dans ma propre peur. Du coup, j’essaie de me concentrer sur les jolies choses.

Gare

  • Lundi, après avoir lu mes trois premiers chapitres, Marion m’envoie un génial mail où elle détaille le pourqui du comment elle trouve ça génial. Ca me fait un bien fou (et ça me permet de relativiser un peu quelques jours plus tard).
  • Mardi, toutes mes connaissances bruxelloises ont été épargnées par les attentats. J’ai eu un grand moment d’angoisse pour Armalite, mais heureusement, quoique secoué, tout le monde est en un seul morceau.
  • Le soir, je retourne à la natation pour la première fois depuis 7 semaines, convaincue que je vais prendre cher. En fait, non, pas trop, et ma prof me félicite même en me disant que j’ai intégré le truc pour respirer en crawl. Ah bon ? Tant mieux.
  • Mercredi, Florine vient dîner à la maison et je mets les petits plats dans les grands. Nous passons une excellente soirée à discuter de tout et de rien, et l’Anglais la fait assez boire pour que mademoiselle décide de dormir sur notre canapé.
  • Jeudi midi, LeMari de Ioionette passe déjeuner car je ne pourrai pas assister à sa soirée d’anniversaire. Malgré quelques contretemps, nous passons un moment sympa à discuter et à manger du très bon gâteau au chocolat.
  • Vendredi, ma mère embarque la Crevette pour deux jours : liberté, liberté chérie !
  • Le soir L’après-midi, je retrouve Leen pour notre marathon d’opéra : 5h45 de Wagner pour Les maîtres chanteurs de Nuremberg. Article à venir (spoiler : j’ai adoré).
  • Samedi après-midi, l’Anglais et moi allons danser. On ne s’en sort pas trop mal, et Monsieur se souvient de quasiment toutes les figures du quadrille alors qu’il ne l’a pas pratiqué depuis six mois (en revanche, nous sommes apparemment incompatibles en valse).
  • En fait, nous passons toute la journée en amoureux, entre resto, shopping et cinéma.
  • Dimanche, nous organisons une mini-chasse aux œufs pour la Crevette dans le salon de mes beaux-parents. Passé le premier (gros) poisson qui lui fait crier des “Chocolat !” en boucle, mademoiselle ne daigne même plus remarquer les sucreries posées sous son nez. Pfff.

J’avoue que j’espère que cette semaine sera plus paisible à tous points de vue.

Winter cookbook challenge #15 et bilan

J’ai prolongé une semaine ce challenge pour le plaisir mais, au final, j’ai peu cuisiné. En réalité, je voulais à toute force inclure le plat préparé pour la visite de Florine, mais je n’ai pas franchement eu le temps de faire autre chose. Non que je n’aie pas cuisiné – pensez-vous – mais simplement pas grand-chose de nouveau (à force de renouveler mon stock de recettes, certaines se sont invitées aux menus de tous les jours).

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Mercredi soir, donc, nous recevions Florine (qui dessine entre autres des BD sur sa vie quotidienne, des tatouages et des illustrations satiriques), pour un dîner d’anniversaire très en retard. J’avais repéré dans le 180°C n°3 (vous allez me prendre pour une monomaniaque) une recette d’agneau à l’ail nouveau confit avec des aubergines. Je n’avais pas de souris d’agneau mais un gigot au congélateur que j’ai découpé en plusieurs morceaux, et ça a parfaitement fonctionné.
Je me vante peut-être mais c’était un délice, réalisé sans trop de difficulté, en plus. Le plus long, c’est la cuisson, le plus compliqué c’est de laisser les gousses d’ail confire dans l’huile sans que ça brûle.

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Jeudi soir, pendant que Monsieur était à l’anniversaire du Mari de Ioionette, je me suis préparé des nouilles sautées aux épinards et à la pâte de sésame. La recette est tirée du livre Le tofu, dix façons de le préparer que j’ai acheté au Salon du Livre Paris, et qui m’a été dédicacé par l’auteur, fort sympathique. A l’origine, il fallait mettre des pois gourmands mais, outre que je trouve que c’est encore un peu tôt en saison, je sais que l’accord épinards/sésame fonctionne très bien.
Ce n’était pas photogénique pour un sou, mais délicieux et copieux. Je referai certainement cette recette, peut-être avec d’autres légumes, et je testerai une ou deux autres du livre qui me font de l’œil.

En tout cas, je suis ravie de ce challenge, et je remercie sincèrement Sunalee de l’avoir initié. A la maison, nous avons pris beaucoup de plaisir à compulser nos livres, élaborer des menus ou réfléchir à des recettes. Ce challenge m’a poussée à sortir de ma zone de confort, notamment avec la réalisation de petits pains (une grande première), de biscuits ou de plats un peu plus élaborés qu’à l’ordinaire. Vu comme la bouffe compte dans ma vie, je me suis vraiment éclatée. Cela m’a aussi permis de mieux cerner mes manques et mes besoins en matière d’équipement et de savoir-faire (j’y reviendrai).
Du coup, je suis plus que volontaire pour reprendre ce défi sous une autre forme. Et puis, sans photo de cuisine, mon fil Instagram serait drôlement vide.

Lire quand on écrit

Cela ne vous aura sans doute pas échappé, je me suis remise à l’écriture. Or si j’adore ça, je m’aperçois que c’est une activité difficilement compatible avec un de mes plus grands passe-temps : la lecture.

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Au-delà de la question du temps (mais qui a besoin de dormir, de nos jours ?), je trouve qu’il existe une véritable dichotomie : comment produire quelque chose quand on est absorbé par l’univers de quelqu’un d’autre ? Je vis intensément ce que je lis, au point de formuler mes pensées dans le style de l’auteur (ça peut être très drôle quand mon cerveau se met à me parler en alexandrins ou à employer des figures de style zoliennes), alors m’arracher à ce monde pour coucher le mien sur le papier est très compliqué.
En outre, j’ai relevé deux cas de figure qui reviennent très souvent :

  • J’adore ce que je lis. J’aurais adoré écrire ça. D’ailleurs, pourquoi ne l’ai-je pas écrit ? C’est facile, c’est parce que je n’en suis pas capable. La vie n’en vaut pas la peine. Je vais abandonner mon manuscrit et aller bouder dans le canapé avec mon pot de glace, tiens.
  • Mais c’est génial, cette idée ! Ca va se voir beaucoup, si je pique l’arc narratif / le conflit / les personnages / l’univers / tout ça à la fois ?

Vous l’aurez compris, entre crise de foi et risque de plagiat, c’est vraiment galère de concilier le livre et la plume ! Surtout qu’en ce qui me concerne, on ratisse large : la romance, bien entendu, mais aussi les romans de façon plus générale, et les ouvrages historiographiques. Ce qui, en tout, doit représenter au moins les deux tiers de ma PAL.

Du coup, j’ai découvert quelques trucs qui me permettent de lire, même en période de procrastination rédaction intense.

  • Lire des documents ou magazines. Ces dernières semaines, les hors-séries de 180°C et les ouvrages de Svetlana Alexiévitch m’ont bien aidée.
  • Me remettre aux classiques. Outre les “indémodables” qui ne traînent jamais loin de ma table de chevet (Au bonheur des dames, par le plus grand des hasards), je m’efforce de rattraper mes lacunes en la matière. Voici plusieurs mois que je lis Les Misérables – même si j’éprouve de longs moments d’ennui, je profite du style impeccable de Hugo.
  • Dévorer les opuscules sur des sujets plus ou moins improbables – plus on s’éloigne de mon domaine de prédilection, plus il y a de chances que ça marche. Dernier en date : Le piment d’Espelette, un produit, un territoire, aux éditions de l’Epure. Les éditions Allia sont aussi un excellent pourvoyeur.

Alors, suis-je folle ? Plutôt normale ? Et vous qui écrivez, ressentez-vous la même chose ?