Man & Food – Aux origines

ManFoodDepuis le temps que je vous bassine avec 180°C, mon magazine de cuisine préféré, il est temps d’en remettre une couche. L’équipe a en effet décidé, depuis le premier numéro, d’ouvrir ses pages à des photographes culinaires et de proposer des reportages autour de la nourriture et de l’alimentation dans le monde. Parmi eux, Matthieu Paley a publié un ouvrage en collaboration avec le magazine qui aborde la question de l’alimentation dans des cultures autosuffisantes disséminées aux quatre coins du monde.


J’ai adoré cet ouvrage : la combinaison des magnifiques clichés et des courts textes explicatifs, où l’artiste évoque à la fois son parcours personnel, sa démarche artistique et son expérience au moment de prendre les photos, m’a particulièrement séduite. En outre, le livre propose une plongée dans des territoires superbes et quasi indomptés, souvent hostiles, mais où l’Homme s’accroche tout en respectant son environnement, livrant un message précieux sur la nécessité de s’adapter à la nature et non l’inverse.
En grande passionnée de bouffe, j’ai aussi beaucoup aimé l’immersion dans la vie quotidienne qu’offrent ces reportages, avec certes la quête de nourriture et la cuisine – centrales dans des cultures où on doit aller pêcher / cueillir / chasser son petit déjeuner tous les matins – mais aussi le partage et la solidarité, au cœur de ces communautés, et le mode de vie qu’impliquent des conditions souvent difficiles.

Matthieu Paley, tous droits réservés
Matthieu Paley, tous droits réservés

Une petite réserve pour certains (pas pour moi, je le reconnais) : il y a des clichés assez rudes, parfois crus, car la relation à l’animal et la nourriture n’est assurément pas la même pour ces populations que pour nous qui vivons dans des environnements aseptisés. Néanmoins, je suis très enthousiaste et vous recommande chaleureusement cet ouvrage.

Man & Food, aux origines, Matthieu Paley, 180°C, 30€

10 Things I liked this week #75

Ce fut une semaine très contrastée, avec des très hauts et des très bas. Lundi, la Crevette est tombée malade 30mn après être sortie de chez le pédiatre pour la consultation des 2 ans, et alors qu’elle aurait pu retourner chez sa nounou dès jeudi, cette dernière s’est trouvée souffrante à son tour. Et mademoiselle fatiguée, malade et ronchon à gérer toute la semaine, ce ne fut pas une partie de plaisir. Néanmoins, il y avait du très bon aussi.

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  • Lundi, grâce à une invitation, j’assiste à la générale de Passion, au théâtre du Châtelet, dont je ressors enchantée. Allez-y, ça vaut le coup.
  • Mardi, alors que j’ai dû renoncer à mon cours de natation pour de multiples raisons, l’Anglais rentre à la maison plus tôt que prévu et nous nous offrons une soirée Top Chef en mangeant de délicieuses pâtes.
  • Mercredi, c’est l’inauguration du Salon du Livre Paris (je ne m’y fais pas). Je retrouve Angéla Morelli et Marion, Monsieur remplit mon verre et je bois comme un trou. Mais c’est pas grave, le champagne était bon, et j’arrive à avoir l’air “so cute” sur les photos.
  • Jeudi, je retrouve Leen pour notre soirée à l’opéra (compte-rendu ici). Si certaines choses m’ont gâché un peu la soirée, je suis contente de sortir et de m’aérer l’esprit.
  • Vendredi, les choses sérieuses commencent : je dédicace en fin d’après-midi. Si peu de lectrices se présentent (on est en semaine et je n’ai pas d’actu), elles restent avec moi à discuter de tout et de rien, et j’en profite à fond. Je finis par aller siroter un Schweppes avec Marion sur le chemin du retour.
  • Samedi, c’est ma grosse journée au salon, bien qu’elle débute plus tard que d’habitude. Je retrouve plein de copines auteurs avec qui on discute écriture, page blanche, lecture, éditeurs. Bon, on bitche aussi un peu, on prend des nouvelles de la santé et de la famille… Normal, quoi. Je reçois la meilleure dédicace d’Angéla Morelli : un petit “Phoque you” pour L’amour est dans le foin. Mouahahaha.
  • Un rendez-vous professionnel qui se passe à merveille et s’annonce prometteur (fingers crossed).
  • Et la journée s’achève dans un très bon petit resto non loin de la Porte de Versailles où, une fois encore, je picole trop.
  • A mon retour, Monsieur m’a fait une mini-chasse au trésor qui me mène à… un gros oeuf en chocolat noir. Je l’aime.
  • Ce midi, prévenue par l’Anglais que je suis au bord de la crise de nerfs et lui en compétition de golf, ma mère vient déjeuner et arrive avec le repas : ça fasait longtemps que je n’avais pas mangé la cuisine de Môman, et ça me fait un bien fou, au corps comme à l’âme. Bonus : elle m’envoie à la sieste et gère la Crevette quand celle-ci se réveille.

Voilà pour cette semaine de dingue. Demain, c’est retour à la normale, chacun chez soi et dix jours de ménage en retard à gérer (ma vie est glam).

Winter cookbook challenge #14

Comme prévu, cette semaine ne fut pas très active : sorties presque tous les soirs, Crevette malade, fatigue persistante… Heureusement que nous avons eu un repas de famille dimanche dernier pour justifier cet article !

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Dimanche midi, donc, nous étions 6 à table. Enfin, plutôt 5,5, d’autant que mademoiselle n’a finalement pas mangé, sans doute déjà un peu malade, et certainement calée par les croquettes de lentilles et riz à l’arménienne de l’apéritif (non, c’est pas moi qui l’ai fait, mais si quelqu’un connaît la recette…). Après m’être beaucoup cassé la tête pour savoir que servir, j’ai fini par préparé un Irish stew*, soit le pot-au-feu à l’irlandaise à base d’agneau, dont j’avais déjà testé la recette, puisée dans God save the cook, l’an dernier. Grande réussite, c’était très bon et super facile à faire.

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Dimanche soir, pour faire plus léger, et vu que j’avais acheté une botte de carottes nouvelles au marché, j’ai préparé une soupe de fanes de carottes, d’après une recette trouvée sur Marmiton. C’était très bon, mais j’aurais dû me contenter de faire cuire les parties “chevelues”, parce que la base des fanes est bourrée de fil et que ça a fait des noeuds autour des pales de mon mixer. Oh, et j’en ai retrouvé un peu au fond de mon bol mardi midi. Mais c’était une grande première pour moi et c’était vraiment bon.

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Jeudi, en prévision du Salon du Livre Paris, j’ai préparé des cookies décadents, selon la recette envoyée par Gasparde à l’occasion du swap gourmand il y a… trois ans (si, j’ai compté). Je n’utilise pas de beurre salé mais du beurre doux et, cette fois-ci, je n’avais plus de noisettes, mais ça reste un grand classique de la maison, que j’adore. C’était la première fois que Mademoiselle en mangeait et, visiblement, c’était un succès.

Old hickory
Old hickory

Toute la semaine, Monsieur nous a remonté le moral à coup de cocktails. Dans l’inépuisable Bitters de Brad Thomas Parsons, il a déniché un Old hickory cocktail (le hickory est le bois de chêne, mais c’est aussi le nom du golf qui se pratique avec des accessoires antérieurs à la première guerre mondiale) : dry vermouth, sweet vermouth, orange bitter, bitter Peychaud. C’était très bon. Pour lui, il a préparé un Pegu club cocktail (dry gin, curaçao à l’orange, jus de citron vert, Angostura, bitter d’orange).
Hier soir, il a tenté deux recettes tirées du Lexiguide des cocktails, un Claridge (vermouth dry, gin, brandy d’abricot et orange bitter) et un Gin Alexander (gin, crème de cacao, crème fraîche – un peu trop riche pour moi : j’avais l’impression de boire de la glace au chocolat alcoolisée).

Du coup, vu la semaine en demi-teinte, j’ai décidé de prolonger le challenge la semaine prochaine. Il faut aussi que je trouve un nom pour poursuivre au-delà de l’hiver.

*En fait, la décision de faire de l’Irish stew vient d’une blague entre Monsieur et moi : la Crevette nous saoule avec un de ses CD de chansons pour enfants qui parlent des animaux de la ferme. Cette semaine-là, nous avions la chanson “Ils sont tout blancs, tout frisés, les moutons, les moutons” en boucle dans la tête, et on a eu envie de se “venger”.

Iolanta / Casse-Noisette

Iolanta

Cette année, l’opéra de Paris proposait un spectacle “comme à l’époque de Tchaïkovski” proposant deux oeuvres à la suite, un opéra puis un ballet. Si le ballet, Casse-Noisette, est un très grand classique du répertoire, je n’avais jamais entendu parler de Iolanta, opéra en un acte relativement court (moins de deux heures).

Iolanta est la fille aveugle du roi René de Provence, mais ignore tout de son infirmité, car elle est élevée à l’écart du monde dans un “désert paradisiaque”. René arrive accompagné d’un médecin censé guérir cette cécité, mais ce dernier insiste pour révéler le problème à Iolanta, ce que le père ne peut se résoudre à faire. Le fiancé de la jeune fille, Robert, duc de Bourgogne, arrive par hasard sur le domaine, se plaignant de devoir l’épouser car il en aime une autre ; le meilleur ami de Robert, Vaudémont, tombe sous le charme de Iolanta et lui révèle la vérité…

C’est une très jolie oeuvre, aux accents typiques de Tchaïkovski. S’il ne se passe pas forcément grand-chose, on est emporté par l’histoire et, surtout, par les airs. Sonya Yoncheva est remarquable dans le rôle-titre, et ce d’autant plus qu’elle a annoncé juste avant le spectacle qu’elle était souffrante (elle a dû hésiter sur deux notes). Face à elle, le cast masculin est un peu plus “classique”, avec tout de même un Vito Priante superbe en Ibn-Hakia. La direction musicale d’Alain Altinoglu (sur les deux œuvres), est excellente.
La mise en scène, dans un petit salon resserré au centre de la scène, laissant le reste dans l’obscurité, est bien trouvée car elle souligne le huis clos et le monde replié dans lequel vit Iolanta. Au lieu de situer la pièce dans le moyen-âge provençal, le choix a été fait de déplacer l’argument dans la Russie fin 19è, là encore avec bonheur.
Je reproche toutefois un recours un peu exagéré aux cris, larmes, éclats de rire, qui servent à surligner (oui, en fluo) l’hystérie du personnage principal dont la cécité n’est peut-être pas aussi définitive que l’on croit. Selon moi, le livret suffisait amplement à le faire connaître, et il n’était pas nécessaire d’en rajouter.

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Vient ensuite Casse-Noisette, dont l’argument a été totalement modifié, au point qu’il ne reste de l’oeuvre originelle que la musique. Offrant une belle continuité, le ballet débute à l’instant où s’achève l’opéra, découvrant un théâtre dans le théâtre, déplaçant cette fois-ci l’action dans les années 1950, peut-être en Angleterre. L’idée est excellente et permet d’embrayer sans frémir.
Cette fois-ci, nous suivons le voyage initiatique de Marie qui, lors de sa soirée d’anniversaire, rencontre Vaudémont dont elle tombe amoureuse. Las, celui-ci disparaît et Marie part à sa recherche, laissant derrière elle les ruines fumantes de son foyer, traversant une forêt effrayante et croisant des jouets immenses…

L’idée de confier la chorégraphie à trois artistes différents – Arthur Pita, Edouard Lock et Sibi Larbi Cherkaoui – était peut-être intéressante sur le papier, mais peine malheureusement à convaincre sur scène. J’ai eu l’impression d’un réel décalage d’un chorégraphe à l’autre, l’univers de chacun peinant franchement à s’imbriquer à celui des deux autres, donnant le sentiment d’une superposition de scènes plutôt que d’une histoire d’un seul tenant.
La première partie, signée Arthur Pita, était drôle et enlevée, mais s’apparentait plus à du théâtre dansé qu’à de la danse à mes yeux (mais je suis assez classique dans mes goûts).
Les tableaux chorégraphiés par Sidi Larbi Cherkaoui sont sublimes de grâce et d’intelligence. Les deux pas de deux sont superbes, portés par deux interprètes – Marion Barbeau et Stéphane Bullion – sublimés par ce nouveau décor et cette réécriture. De même, la valse des fleurs était plutôt bien trouvée, quoique peut-être un peu lourde de symbolisme. La valse des flocons était, pour ce que j’en ai vu – j’y reviendrai – intéressante mais avec un petit côté stalinien.
En revanche, je suis passée complètement à côté du travail d’Edouard Lock. Mais vraiment. Des gestes saccadés répétés à grande vitesse – excellence technique, certes, mais j’avais l’impression d’être dans La nuit des morts-vivants – des passages parfois très lents ou incompréhensibles, des décors parfois grotesques… Si je n’avais pas lu le livret, je n’aurais rien compris. Le pire, à mes yeux, était le divertissement, avec l’enchaînement de danses “de caractère” (espagnole, arabe, russe, etc.) : entre jouets soviétiques géants (et franchement flippants) et lenteur exacerbée sur des passages pourtant enjoués, je me suis emmerdée comme un rat mort.
Là encore, Dmitri Tcherniakov, le metteur en scène de Iolanta et librettiste de ce Casse-Noisette revisité, cherche à explorer la psyché féminine en surjouant l’hystérie, mais c’est quand même beaucoup moins réussi. Une fois n’est pas coutume, on est parties dès le tomber du rideau.

Une dernière chose qui a contribué à rendre cette soirée un peu amère : le public, qui fut une de mes pires expériences à l’opéra de Paris. Outre les gens arrivés en retard qui sont quand même entrés (normalement, c’est impossible, mais c’était peut-être dû au fait que nous étions tout en haut, à l’amphithéâtre), nous avons dû endurer une femme qui ne cessait de parler et qu’il a fallu faire taire à de multiples reprises et, cerise sur le gâteau, au rang derrière moi, une vieille qui a dégainé son appareil photo pendant la valse de flocons et… pris des clichés. Au flash (d’où ma distraction, hein). Je suis partagée entre la profonde colère contre ces gens qui ne respectent ni l’oeuvre, ni les artistes, ni leurs co-spectateurs, et l’ébahissement le plus absolu.

Iolanta/Casse-Noisette, jusqu’au 1er avril, opéra Garnier

Passion au Théâtre du Châtelet

affiche_passionHier soir, j’ai eu l’immense chance d’être invitée à la générale de Passion, la nouvelle comédie musicale de Stephen Sondheim (un monument du genre) présentée par le Théâtre du Châtelet, mise en scène par Fanny Ardant et dont le rôle principal est interprété par Natalie Dessay. Excusez du peu.

Adapté du film Passion d’amour d’Ettore Scola – non je ne connaissais pas – le musical raconte l’histoire de Fosca, femme plus si jeune, laide et gravement malade, qui s’entiche et s’entête à aimer Giorgio, un bel officier dont le coeur est déjà pris. Obsédée par lui, elle le harcèle tandis qu’il ne cesse de la repousser, jusqu’à l’ultime moment où il se rend compte que nul ne l’a aimé comme Fosca.


Les interprètes sont excellents. Natalie Dessay, bien entendu, qui confirme qu’elle est à l’aise dans tous les registres, interprétant ce rôle avec puissance sans pour autant jouer les divas (au propre comme au figuré), donnant à son personnage une force qui affleure sous la débilité physique, parvenant à rendre sympathique cette femme au premier abord détestable et agaçante.

©Théâtre du Châtelet - Marie-Noëlle Robert
©Théâtre du Châtelet – Marie-Noëlle Robert

Les autres ne sont pas en reste, en particulier Ryan Silverman en Giorgio qui occupe presque tout le temps la scène, interprétant tout en nuance un personnage qui pourrait facilement passer pour monolithique. Enfin, Erica Spyes, qui incarne Clara, la maîtresse bien-aimée du héros, propose un très beau contrepoint au personnage de Fosca, sans pour autant tomber dans la caricature éthérée. Le reste de la distribution est à la hauteur.
L’histoire avance tambour battant – rythmée justement par des percussions aux sonorités militaires – et il n’y a pas de temps mort. Elle est en outre très bien servie par des changements de décors rapides et des costumes somptueux (ah, ces robes, ces uniformes !).

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©Théâtre du Châtelet – Marie-Noëlle Robert

Attention, il s’agit d’une comédie musicale à moité chantée et à moitié jouée en anglais (le surtitrage est nickel) et, contrairement à d’autres productions, il n’y a pas de “tube” qu’on pourrait retenir facilement, plutôt des airs que l’on entend de façon récurrente tout au long du spectacle. La part belle est faite aux parties jouées et aux récitatifs plutôt qu’à d’éventuelles “arias”.
Quoi qu’il en soit, c’est un très beau spectacle, poignant sans donner dans le larmoyant, porté par un excellent casting. Je ne peux que vous recommander d’y aller !

Passion, au Théâtre du Châtelet, du 16 au 24 mars 2016

Jour J, tome 23 – La république des esclaves

JourJ2358 avant Jésus-Christ. La République des affranchis, fondée par Spartacus en Sicile, défie l’armée romaine et fait trembler Rome depuis treize ans. Mais la crainte d’une nouvelle guerre contre Carthage redonne à la Sicile un statut de terre stratégique. Jules César est donc chargé, plutôt que d’aller en Gaule, de conduire les légions qui attaqueront Spartacus et les siens.


Reprenant l’idée qui préside à chaque tome – un événement n’a pas eu lieu comme prévu – la série Jour J nous propose d’explorer l’histoire telle qu’elle aurait pu être et non telle qu’elle s’est déroulée. Cette fois-ci, Spartacus a survécu à la fin de la troisième guerre servile et s’est établi avec les siens en Sicile, où il a établi une “république des affranchis”.
Si le concept de départ est bon et permet d’explorer l’histoire antique jusqu’à présent délaissée, je dois avouer que j’ai été assez déçue par ce tome. Le scénario est très prévisible jusque dans son ultime rebondissement et, contrairement à ce que le titre laisse entendre, on assiste plus à une relecture du mythe de César qu’à la constitution de ladite république des esclaves. Il aurait été intéressant de fouiller davantage cette utopie, selon moi.
En outre, je n’ai pas réussi à accrocher au dessin, ce qui est un peu problématique. Parfois, certaines planches sont belles et lumineuses mais la plupart donnent l’impression d’avoir été numérisées en 3D, c’est assez déstabilisant. Accessoirement, je trouve que le trait de l’artiste convient mieux à du post-apocalyptique qu’à de l’historique (cherchez pas, c’est une question de goût, je pense), ce que l’on voit bien sur son site.

Du coup, nous garderons ce tome pour qu’il n’y ait pas de trou dans notre collection, mais vous pouvez vous dispenser de l’acheter.

10 Things I liked this week #74

Ce fut la semaine des montagnes russes : carte bleue récupérée très tardivement, me privant de mes moyens de paiement pendant près de huit jours ; colis d’anniversaire de la Crevette éventré par le livreur ou les douanes… Heureusement qu’il y avait aussi de bonnes nouvelles pour contrebalancer tout ça.

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  • Lundi, pour la première fois depuis que j’ai ouvert ce blog, je reçois une proposition de partenariat particulièrement intéressante. Je vous en reparle la semaine prochaine.
  • J’ai emmené la Crevette voir mes collègues – dont ma sœur, alias Tata Chat – après une sortie dans Paris. L’opération séduction a fonctionné des deux côtés : on m’a fait une foule de compliments, et mademoiselle a distribué des bisous en partant.
  • Mardi, Leen et moi assistons au récital de Diana Damrau. 2 heures de belle musique et de célébration de l’amour qui me revigorent malgré la fatigue.
  • Jeudi soir, nous dînons avec des amis – dîner malheureusement écourté par l’absence de baby-sitter et la fatigue de la Crevette.
  • A notre retour, je m’attelle à la fin du chapitre que je dois livrer le lendemain à mon éditrice. Monsieur reste avec moi et me prépare un thé bien corsé pour m’aider à tenir le délai.
  • Vendredi, j’assiste à l’assemblée générale de notre CE. La séance n’est pas trop longue et parvient à m’intéresser tout particulièrement sur certains points.
  • Samedi matin, je parviens à emmener Mademoiselle chez le coiffeur pour un rafraîchissement bien nécessaire. Tout se passe parfaitement, et la Crevette se comporte avec une sagesse exemplaire.
  • Dimanche midi, nous nous retrouvons en famille pour célébrer l’anniversaire de Mademoiselle – qui a bien entendu été pourrie de cadeaux.
  • J’achève le week-end en regardant la première partie de “L’allée du roi” pendant que l’Anglais roupille somnole dans le canapé.
  • Enfin, la bonne, l’excellente nouvelle de la semaine fut une visite à l’hôpital très positive pour la Crevette !

Winter cookbook challenge #13

Cette semaine fut moins active en cuisine que les précédentes, la faute à un manque d’inspiration et, sans doute, à un peu (trop) de fatigue. J’ai même oublié de photographier mon premier plat !

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Dimanche midi, j’ai préparé des rösti (galettes de pomme de terre râpée ou hashbrown) d’après le livre Recettes de filles édité par Marabout (et offert par ma sœur il y a fort longtemps). Si c’était beaucoup moins photogénique que prévu, c’était quand même très bon.
Le soir, ce fut au tour de Monsieur de se retrousser les manches et de sortir le morceau de bravoure de la semaine : un Kaddath spécial – risotto à l’encre de seiche, calamars sautés et émulsion au Noilly-Prat – plat Cthullu tiré du Gastronogeek, que l’on ne présente plus. J’avais très peur du résultat car je n’aime ni les goûts très iodés, ni les crustacés. Et pourtant, c’était délicieux : le riz, préparé au bouillon de volaille, est légèrement parfumé, et l’émulsion accompagne à merveille les calamars.

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Mercredi soir, plus grand-chose dans le frigo, mais des tomates fraîches qu’il ne fallait pas perdre. J’ai ressortir le Petit livre des pâtes n°2 et préparé des spaghetti à la tomate fraîche et aux aromates. C’était simple, délicieux et facile à faire.

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En guise de dessert, je voulais tester une recette qui me tient à cœur depuis longtemps : celle du castella (カステラ), ou gâteau de Castille, un gâteau occidental à la japonaise, généralement sucré au miel. J’ai trouvé la recette dans le livre 「おうちで和菓子屋さん」 (La pâtisserie japonaise à la maison), qui était la seconde que je testais. Le résultat n’était pas mal, mais ne correspondait ni à la photo ni même à l’idée que je me fais d’un castella ! Je continue de chercher, et si vous avez une bonne recette à me conseiller je suis preneuse…

La semaine prochaine risque d’être pauvre en recettes vu que je suis de sortie tous les soirs (et dimanche, je dormirai probablement).

Splendeurs et misères du service client

Tirelire
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La semaine dernière, comme une idiote, je me suis fait voler mes données de carte bleue. Je dis “comme une idiote” parce que je me suis fait avoir par un énième mail frauduleux copiant PayPal que je n’ai pas pensé à effacer sur-le-champ. Parfois, la vie tient à peu de chose.
J’ai mis trois jours à m’en rendre compte, jusqu’à découvrir, au milieu de la nuit de mercredi à jeudi, que quelqu’un avait essayé de faire passer un paiement d’environ 1700€ sur ma carte. Ni une ni deux, je jaillis hors de lit et appelle la banque pour faire opposition. La personne que j’ai eue au téléphone (à 5h30 alors que j’étais 1/en panique et 2/dans le gaz) a été parfaitement professionnelle, m’a expliqué quoi faire, précisé les délais d’émission d’une nouvelle carte et engagée à appeler mon agence pour vérifier qu’aucun autre paiement frauduleux n’était passé.
Le jour même, tout va bien. Mais samedi matin, un paiement d’environ 150€ a été débité, et celui-là, je suis certaine qu’il n’est pas de moi ! Je rappelle le service client, la conseillère est très bien, m’explique qu’il y aura une enquête mais que je serai remboursée sous deux mois.

Je fais un peu la tête : deux mois, c’est long, d’autant que j’ai des dépenses prévues ces jours-ci et que j’attends impatiemment les virements de mon éditeur. Et c’est alors que le discours devient commercial : “Je constate par ailleurs que vous n’avez pas de protection chez nous, est-ce que c’est volontaire ?” Protection de quoi ? Si c’est pour l’assurance habitation, c’est déjà fait, merci bisous.
“Non parce que si vous perdez votre emploi, on ne pourra plus vous suivre.” Pardon ? Vous, le service client (notez bien les mots “service” et “client”) sous-entendez que, si je me retrouve au chômage et donc sans revenus, vous allez me lâcher ?
“Il ne faut pas l’interpréter comme ça, madame, mais comme un souci de vous protéger en cas de besoin.” Et mon cul, c’est du poulet ?

J’étais furieuse, au point que j’en tremblais. Comme dirait l’Anglais (qui travaille dans le milieu), les banques ne sont pas des ONG, leur vocation est de faire du profit, et je le concède volontiers. Par ailleurs, le marché de l’épargne est particulièrement déprimé et l’une des meilleures façons pour les établissements bancaires d’engranger de l’argent est de vendre des services, en particulier des assurances. Mais il y a manière et manière de faire.
Ce procédé, qui vise clairement à faire peur à une personne en apparence isolée (de ma famille, je suis la seule à détenir un compte dans cette banque), sans réserve (notre épargne est stockée ailleurs) et pas très bien payée (puisque je ne touche qu’un salaire de temps partiel depuis trois mois) est parfaitement indélicat, pour ne pas dire méprisable. Car il est évident que l’on cherche à effrayer le client (la cliente ?) en lui agitant sous le nez le spectre d’un éventuel licenciement pour l’engager à souscrire une assurance qui ne lui rapportera sans doute rien…
Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il s’agit d’une maladresse de la conseillère : quand je me suis plainte sur la page FB de ladite banque, le community manager m’a fait exactement la même réponse, du soi-disant soin que l’on avait de moi. Personnellement, pour prendre soin de moi je préfère aller me faire masser.

Cerise sur le gâteau : en retournant sur la page de la banque, j’ai découvert leur post pour la journée du 8 mars… “Mesdames, personnalisez gratuitement votre carte bancaire dans notre galerie” (avec possibilité de faire imprimer des motifs de fleurs sur votre CB). Achevez-moi.

Récital Diana Damrau à l’opéra Garnier

Source
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Diana Damrau est une soprano allemande nommée “Singer of the year” en 2008 et “Best female singer” en 2014. A titre personnel, je l’ai découverte dans une vidéo où elle interprétait la Reine de la Nuit dans La flûte enchantée. J’ai eu la chance de l’entendre en récital il y a trois ans – spectacle auquel j’avais traîné Monsieur, qui avait reconnu que c’était beau mais que, quand même, “Le public parisien est à chier”.
Cette année, quand nous avons vu que l’artiste revenait pour un récital à Paris, Leen et moi avons décidé d’inclure ce spectacle à notre abonnement.


Le programme réunit Diana Damrau et le pianiste autrichien Helmut Deutsch autour d’airs célébrant le printemps et l’amour. On retrouve donc Schubert, Liszt, Richard Strauss et Rachmaninov pour des chansons en allemand, italien et russe.
C’est très beau. Diana Damrau a une maîtrise parfaite de sa voix, les notes sont justes, tombent pile, durent exactement ce qu’il faut… On pourrait croire à me lire que c’est calibré, mais l’artiste vit réellement ce qu’elle interprète et donne une intensité incroyable à ces airs. En outre, on sent une profonde communion avec Helmut Deutsch, et tous deux témoignent d’une grande complicité sur scène et s’exaltent l’un l’autre.
Un bémol néanmoins : pour l’italien comme pour le russe, les premiers vers étaient fortement teintés d’accent allemand – accent qui disparaît rapidement mais fut tout de même très audible.

Le public ne s’y est pourtant pas trompé en réclamant – et obtenant – quatre rappels différents. C’était une belle soirée qui nous a transportés.