Challenge estival 2015 : je vide ma PAL

Hier après-midi, j’ai vu passer ce défi sur mon fil d’actualité Facebook et, compte tenu de la montagne de livres qui s’accumule à divers endroits de la maison, j’ai décidé d’y prendre part. L’idée est d’écluser un maximum de livres entre le 21 juin et le 20 septembre.
Pour être tout à fait honnête, j’ai décidé d’arrêter d’acheter des livres (hors BD, cadeaux et craquages pour la Crevette) début mai quand je me suis aperçue du désastre, et mes trois dernières lectures avaient déjà pour but de désengorger ma PAL. Le souci, c’est que je suis une acheteuse compulsive de livres, mais que ma vitesse de lecture (et surtout le temps que je peux y consacrer !) a considérablement chuté depuis mon accouchement. Et puis, parfois, je suis juste trop crevée pour ouvrir un bouquin, la vie est moche.

PAL1 Challenge de l'été 2015

J’ai donc dénombré 50 livres, plus les quelques ouvrages de ma liseuse, que j’ai classés en différentes catégories. Certains sont en cours de lecture, parce que je suis passée à autre chose, parce que je lis beaucoup d’ouvrages en même temps, parce qu’ils sont trop gros/encombrants/fragiles pour les lire ailleurs qu’au lit (ni dans le métro, ni à proximité de la Crevette), ou parce qu’ils sont chiants (non, 15 ans après le bac, je n’aime toujours pas Victor Hugo).

Romans
Collectif, Romans terrifiants (anthologie du roman gothique anglais)
Michèle Barrière, Meurtres au Potager du Roy
Olivier Barde-Capuçon, Casanova et la femme sans visage
Alessandro Baricco, Soie (version illustrée, en cours)
Arthur Conan Doyle, L’interprète grec et autres aventures de Sherlock Holmes
Kenneth Cook, Le blues du troglodyte
Julio Cortazar, Marelle
Fanny Deschamps, La bougainvillée, tome 1, Le jardin du Roi (en cours)
Silène Edgar, Adèle et les noces de la Reine Margot
George Eliot, The mill on the Floss (en cours)
Victoria Hislop, Le fil des souvenirs
Victor Hugo, Les Misérables, tome 1 (en cours)
Kevin Kwan, Crazy rich Asians (en cours)
Henry James, Les Bostoniennes
Sarah Pinborough, Charme (en cours)
Sarah Pinborough, Beauté
Carmen et Gervasio Posadas, Aujourd’hui caviar, demain sardines (en cours)
Jean-Christophe Rufin, Le grand Cœur
Care Santos, Désir de chocolat
Hope Tarr, Opération Cendrillon (en cours)
Kim Thuy, Ru
Cindy Van Wilder, Les Outrepasseurs, tome 1, Les héritiers
Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit
Charles Yu, How to live safely in a science fictional universe

Romances
Jane Ashford, Scandaleuses fiançailles
Mary Balogh, Only a promise (Bon, celui-ci, c’est l’exception, je l’ai commandé il y a dix jours)
Sklaerenn Baron, Le lys pourpre, tome 1, Le contrebandier
Loretta Chase, Sur la soie de ta peau
Emma Foster, Péché exquis, tome 1, Les nuits tentatrices (en cours)
Jennifer Haymore, Confession d’une duchesse rebelle (en cours)
Jennifer Haymore, Confessions d’une femme séduite
Eloisa James, Once upon a tower (en cours)
Sabrina Jeffries, When the rogue returns
Joann Ross, Celui qui m’est revenu (Shelter Bay, tome 1)
Nina Rowan, A study in seduction
Rainbow Rowell, Fangirl
V. K. Sykes, Hardball (Philadelphia Patriots, 2)

Histoire (historiographie et mémoires)
Collectif, Histoire des femmes en Occident, tome II, 16è-18è siècle
Scipion de Castries, Souvenirs maritimes (en cours)
Benjamin Franklin, The autobiography of Benjamin Franklin
Jacques Levron, Les inconnus de Versailles – Les coulisses de la Cour
Jean-Christian Petitfils, Le Régent
Thierry Sarmant, 1715 – La France et le monde
Emily Shore, Journal of Emily Shore
Toussaint-Jean Trefcon, Carnet de campagne du colonel Trefcon, 1793-1815 (fini ce midi)
Michel Vergé-Franceschi, Ninon de Lenclos, libertine du Grand Siècle
Stefan Zweig, Magellan (version illustrée)

Essais
Saint Augustin, La Création du monde et le Temps
Saint Augustin, Les Confessions
Sandra M. Gilbert et Susan Gubar, The Madwoman in the attic – The woman writer and the nineteenth-century literary imagination (en cours)
Charles Melman, Nouvelles études sur l’hystérie
Akira Mizubayashi, Petit éloge de l’errance (en cours)
Jennifer Senier, All joy and no fun – The paradox of modern parenthood

Divers
Collectif, Le goût de Nancy
Saint-John Perse, Amers suivi de Oiseaux

Et vous, il y a quoi dans votre PAL ?

10 Things I liked this week #36

Ce fut une semaine bizarre, avec des moments très pénibles et beaucoup de moments très sympas. A l’heure où j’écris ces lignes, je subis le concert organisé par la municipalité tous les ans sous mes fenêtres et je ne doute pas un instant que cela influe (en mal) sur mon humeur, mais je suis somme toute assez contente des sept derniers jours. Voici pourquoi.

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  • Lundi, je devais retrouver une amie pour une expo. Prise d’une inspiration soudaine, j’ai tout de même vérifié les tarifs d’entrée… et découvert que le muée était fermé le lundi (bizarrement…). Du coup, on est allées déjeuner.
  • Le soir, nous nous sommes fait une session cuisine avec l’Anglais : une bonne vingtaine de langoustines à décortiquer (mais en laissant la carapace…) et une livre d’épinards frais à nettoyer/éplucher. On y a passé deux heures et j’en ai eu mal aux doigts, mais c’était super bon.
  • Mardi, nous avons dîné avec des amis en discutant beaucoup du couple et des enfants, et en buvant du très bon vin.
  • Mercredi, j’ai retrouvé Isa, de passage à Paris. Au programme : déjeuner, balade, discussion (beaucoup), thé glacé… C’était chouette et j’ai hâte de remettre ça.
  • En rentrant, j’ai reçu un adorable mail de ma tante suite au billet sur ma dernière réunion de famille.
  • Jeudi – et bien que cela puisse paraître étrange – je suis retournée chez le dentiste pour la première fois depuis trois ans (non, j’ai pas la trouille, et il est installé dans mon immeuble, donc c’est juste une bête combo fatigue + flemme). Je suis détartrée et tranquille pour un an.
  • Vendredi, j’ai combiné séance de reiki et séance de psy dans la même journée. J’ai fini dans un état un peu piteux (en gros, j’étais claquée), mais je crois avoir mis le doigt sur la raison de mes fringales de ces deux derniers mois.
  • Vendredi soir, pendant que l’Anglais passait la soirée avec ses collègues, Gni et Leen sont passés prendre l’apéritif. J’en ai profité pour tester les tomates cerises du primeur bio en face de la maison : une tuerie.
  • Samedi, un couple d’amis qui a une petite fille de six mois plus jeune que la Crevette est venu à la maison. Comme monsieur travaillait tard, madame et la petite nous ont rejoints en fin d’après-midi, si bien que les filles ont pu jouer ensemble, et que c’était très mignon (bon, la Crevette doit vraiment apprendre à prêter ses affaires, mais sinon ça s’est bien passé).
  • J’ai reçu les diverses commandes effectuées en vue d’un événement le week-end prochain (je trépigne d’avance !). J’ai dû cracher des frais de douane invraisemblables, mais au moins, tout est arrivé dans les temps, ce qui m’angoissait un peu.

C’est tout pour cette semaine ! La liste de dimanche prochain sera peut-être reportée de quelques heures pour cause de fatigue…

Mamie Gâteaux

La première fois que j’ai poussé la porte de l’endroit, c’était… il y a bien dix ans, je pense. A l’époque, c’était beaucoup plus petit, mais j’en gardais un souvenir chaleureux, sans doute renforcé par le délicieux chocolat chaud que j’y avais bu. Il y a quelques mois, lorsque j’ai vu Marie en parler sur son blog, je me suis dit qu’il fallait absolument que j’y retourne. Ce fut chose faite ces derniers jours, et à deux reprises.

Ma seule photo de la salle est affreusement floue, alors vous n'aurez que ça
Ma seule photo de la salle est affreusement floue, alors vous n’aurez que ça.

La déco est sympa, à mi-chemin entre la maison de campagne et la vieille salle de classe. Apparemment, on peut aussi y chiner de vieilles cartes Vidal-Lablache et un peu de vaisselle. Le service est aimable et souriant, et vous pouvez vous installer en terrasse, ou à l’intérieur, où il fait délicieusement frais (ai-je déjà mentionné que je n’aimais pas le soleil?).

Oui, mon but est de vous donner faim
Oui, mon but est de vous donner faim

La première fois, je m’y suis rendue avec mon père de passage à Paris. Thé glacé à la pêche de vigne pour moi – sublime – earl grey pour lui, et une assiette de délicieux petits sablés maison : nature, citron, confiture et chocolat. C’était parfait.

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La seconde fois, c’était avec Isa lors de nos retrouvailles de mercredi dernier, alors que j’étais en train de tituber de fatigue. Si Isa a choisi un carrot cake, j’ai opté pour le chou à la crème ce qui, compte tenu de la température ambiante, n’était pas un choix très heureux. Mais là encore, c’était délicieux.
On peut également y déjeuner, mais je n’ai pas encore testé.

Mamie Gâteaux, 66 rue du Cherche-Midi, 75006 Paris

Esthétiques du quotidien au Japon

esthétiquesAu Japon, encore plus étroitement qu’ailleurs, l’esthétique se conjugue au quotidien. De l’espace au corps, de la gastronomie à la mode, de la cérémonie du thé aux jardins, le Japon est le lieu même où se manifeste un art de produire et de vivre parfaitement original. Au travers d’articles écrits par des spécialistes de la culture japonaise, accompagné de dessins de Nicolas de Crécy et ponctué d’un entretien avec l’architecte Tadao Ando, cet ouvrage met en lumière les fondements et les ressorts de l’esthétique japonaise, de la vie de cour aux pratiques contemporaines, de l’artisanat à bien d’autres expressions de raffinement et de luxe.


J’ai acheté cet ouvrage sur une impulsion il y a quelques mois, attirée par les noms sur la couverture – en matière d’études japonaises, Jean-Marie Bouissou est un peu une référence – et par le dessin qui me semblait si appétissant (parlez-moi de nourriture et, tout de suite, je suis corruptible). Puis je l’ai posé sur un coin de mon bureau, attendant qu’il prenne la poussière.
Cela a pas mal duré et, mi-mai, j’ai été saisie d’une envie de me plonger dans ce que les Anglo-saxons appellent la “non-fiction”, en gros tout ce qui n’est pas le récit ou le roman. Du coup, c’était l’occasion parfaite.
C’est un ouvrage extrêmement intéressant. Constitué d’articles d’universitaires assez fouillés, il aborde la question du rapport au luxe, à la beauté, à l’art et à l’artisanat des Japonais, avec beaucoup de finesse. En plus des aquarelles qui viennent égayer une lecture un peu austère, de courts textes explicatifs sur certaines notions en rapport avec l’esthétique japonaise – wabi/sabi, l’iki, la création…. – clôturent chaque grande partie.
Si j’ai parfois eu l’impression de replonger dans mes cours ou de m’offrir des révisions à moindre coût, j’ai néanmoins beaucoup aimé suivre la réflexion autour du quotidien japonais qui est donnée à voir dans cet ouvrage. Et je recommande sincèrement ce livre, que ce soit pour approfondir sa connaissance du pays ou en guise d’introduction un peu “musclée” à un prochain voyage.

Esthétiques du quotidien au Japon, sous la direction de Jean-Marie Bouissou, IFM / Editions du regard

Quand vient l’heure de manger…

Aussi loin que je me souvienne, nourrir la Crevette a été compliqué pour moi. Qu’il s’agisse de l’allaitement, que j’ai vécu comme un esclavage (dans la douleur, en plus) et que j’ai arrêté très vite en culpabilisant à mort, ou de la diversification qui m’angoissait au plus haut point tant j’avais peur de reproduire le schéma familial, je n’ai jamais été sereine sur ce point (non, en fait, je n’ai jamais été sereine depuis mon accouchement, je crois).

cuillère

Toutefois, comme mademoiselle est d’une nature franchement agréable et conciliante, nous n’avons jamais eu de véritable problème avant janvier, et elle acceptait sans sourciller ce qu’on lui présentait, qu’il s’agisse de petit pot ou de purée maison. Sauf que. En décembre, elle a passé un mois à l’hôpital – rien de vraiment grave, mais un traitement long – au cours duquel nous l’avons nourrie exclusivement de petits pots (parce qu’attendre l’heure des repas n’était pas gérable). Et depuis son retour, elle refuse de manger autre chose.
Correction : elle refuse de manger autre chose à la maison. Chez sa nounou, elle peut rouspéter, chipoter, mais elle mangera ce qu’on lui présente. De mon côté, si j’ai le malheur de préparer quelque chose, je peux être certaine de me prendre un refus net et non négociable, ce que je vis excessivement mal (et encore, c’est un euphémisme). Dimanche dernier, j’ai cru que la partie était gagnée – j’aurais dû me méfier. Cette semaine, j’ai essuyé deux nouveaux refus avec deux nouveaux tests.

bledina

Outre que ça m’emmerde de gâcher de la nourriture, les refus de la Crevette me mettent dans un état épouvantable. J’ai l’impression de foirer complètement son éducation, d’être incapable de la sensibiliser au goût (pendant que sa nounou lui refile de la Vache qui rit, cette horreur) et, en gros, d’être une mauvaise mère. Je ne dis pas ça pour qu’on m’enfonce ou me soutienne, hein, c’est vraiment ce que je pense.
L’autre souci, c’est que ça me rend violente. J’ai envie de hurler, frapper, tout casser, pleurer… En général, je tiens bon jusqu’au coucher, après quoi je m’effondre dans un coin. Et je culpabilise d’autant plus que je sais que se crisper sur la nourriture est encore le meilleur moyen d’en dégoûter les enfants.

Aujourd’hui, je ne sais pas quoi faire. Je m’en veux horriblement de ne lui donner que des petits pots (surtout quand ma demi-sœur “mange du tofu et des crevettes depuis ses 6 mois”). J’essaie de me dire que je m’en fous, mais en fait non, et ça pourrit complètement ma relation avec ma fille. Si je pouvais déléguer l’intégralité des repas et même quitter la maison à ce moment-là, croyez-moi, je le ferais.
Je sais parfaitement que le rapport à la nourriture est étroitement lié au rapport à la mère, et que c’est une des raisons pour lesquelles ça bloque (les enjeux sont bien plus importants avec moi qu’avec la nounou, par exemple). Je soupçonne aussi très fortement les origines de mes crises d’angoisse, mais ce n’est pas pour autant que j’arrive à m’en défaire.
En fait, je pense que je ne me suis jamais sentie légitime dans mon rôle de mère, et que ce genre de situation me conforte dans cette idée. Je travaille dessus avec mon psy depuis que le souci s’est présenté. Mais je pense que la racine du mal est tellement profonde qu’il faudra encore des mois voire des années pour que je sorte la tête de l’eau sur ce sujet.
En attendant, je serre les dents à chaque repas. Et vous savez quoi ? Il y en a tous les jours.

Une réunion de famille en 18 nuances

Source
Source

L’angoisse qui monte lentement à l’idée de (re)voir mon père, ma belle-mère et ma demi-sœur.
La joie de retrouver le reste de ma famille.
Le soulagement de découvrir qu’elle ne me ressemble pas autant qu’on a bien voulu le dire.
L’agacement d’entendre le même lapsus (“Elles sont cousines…”) à plusieurs reprises.
La hargne de devoir rectifier (“Non, elles sont tante et nièce”).
Le calme que j’essaie de m’imposer pour faciliter le déroulement de la journée.
La fierté de voir la Crevette si dégourdie.
La surprise de constater qu’elles s’entendent plutôt bien (en même temps, à leurs âges, elles n’en ont rien à faire de la situation familiale).
La paranoïa à l’idée qu’on va les comparer et, partant, me juger en tant que (mauvaise) mère.
La gaieté lorsque les plaisanteries fusent.
La crispation à entendre la voix de plus en plus enfantine de ma belle-mère.
L’amertume de savoir que mon père nous a dissimulé son état de santé.
La colère quand ma belle-mère nous envoie des messages larmoyants pour tenter d’obtenir quelque chose de nous.
Le fatalisme de constater que, mine de rien, j’avais raison, et que j’ai bien fait de ne pas mentionner ma “carrière littéraire”.
L’irritation contre moi-même en me rendant compte que j’aurais mieux fait d’envoyer un message groupé à mes cousins pour éviter les allusions gênantes (ça m’apprendra).
Le cynisme qui m’envahit à mesure que je lis entre les lignes du discours si bien rôdé.
Le regret de me dire que j’aurais vraiment dû préparer cette grille de bingo (si vous êtes sages, je la publierai peut-être ici).
L’apaisement quand, enfin, nous sommes de retour et tranquilles pour au moins un an.

L’Arabe du futur, tome 2

arabedufutur2Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf raconte dans L’Arabe du futur sa jeunesse au Moyen-Orient. Dans le premier tome (1978-1984) le petit Riad était balloté entre la Libye, la Bretagne et la Syrie. Dans ce second tome, qui couvre la première année d’école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père.


J’avais adoré le premier tome de cette chronique, sous-titrée “Une jeunesse au Moyen-Orient”, en dépit de sa crudité intermittente. Le dessin de Riad Sattouf peut paraître simple voire naïf, mais ce n’est qu’une façon de rendre son message plus percutant, je pense. J’apprécie l’emploi du noir et du blanc avec une touche de couleur selon l’endroit où l’on se trouve : rouge pour le village, bleu pour la France, doré pour Palmyre… A chacun correspond, me semble-t-il, une émotion dominante.
La peinture qu’il offre du Moyen-Orient, et en particulier de la Syrie, au début des années 80 fait froid dans le dos : l’éducation (ou plutôt le dressage), la haine des juifs, la propagande qui se niche dans les plus petits recoins, les crimes d’honneur… Toutefois, l’auteur nous croque avec tendresse ou émotion ses moments de complicité avec son père, ses jeux, sa découverte de l’écriture arabe… C’est une lecture ambivalente, entre souvenirs d’enfance et témoignage crucial sur l’établissement des dictatures “socialistes” (revendiquées comme telles) dans cette partie du monde.
Quoi qu’il en soit, le second tome est aussi bon que le premier, et je vous le recommande chaleureusement.

L’Arabe du futur, une jeunesse au Moyen-Orient, tomes 1 et 2, Riad Sattouf, Allary Editions

10 Things I liked this week #35

Quelle semaine ! Riche en rebondissements et en montagnes russes, elle m’a laissée sur les rotules et je ne suis pas fâchée de lui dire au revoir. En attendant minuit, voici les dix choses à retenir.

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  • Lundi soir, j’ai retrouvé Shermane, Malena et Paulette pour dîner dans un très chouette resto coréen (qui en plus propose d’excellents desserts au thé vert ou au sésame noir). Un bon moment en bonne compagnie à une bonne adresse… A refaire !
  • Du coup, Malena et moi en avons profité pour échanger nos colis de swap. J’ai été affreusement gâtée mais je suis ravie.
  • Mardi, Lucy m’a fait parvenir un colis contenant non seulement des vêtements et accessoires pour la Crevette, mais une très gentille carte et des sachets de thé que je vais bientôt essayer (c’est juste qu’il fait un poil chaud en ce moment).
  • Mercredi, j’ai retrouvé Aurélie pour un déjeuner. Le moral n’était pas forcément au top et j’ai dû passer une heure au soleil (je déteste le soleil, appelez-moi madame Mim), mais au final c’était un moment agréable.
  • A mon retour, j’ai eu la joie de découvrir une jolie carte d’Emmanuelle, envoyée depuis une exposition de costumes anciens.
  • Jeudi, je déjeunais avec mon paternel pour la première fois depuis plus d’un an. Dire que j’appréhendais est faible, mais les choses se sont bien passées. J’ai suivi le conseil de ma psy (“posez-lui des questions et faites-le parler de lui”), du coup j’ai réussi à relancer la conversation sans craindre les sujets que je ne voulais pas aborder.
  • Et en plus, Gasparde, ayant ouï-parler de mon désarroi de la semaine dernière, m’a fait parvenir du chocolat de luxe. Miam.
  • Vendredi, Nous fêtions mon anniversaire en retard avec un Escape Game qui fut un grand moment de rigolade et de détente. Je n’ai qu’une envie : recommencer.
  • Dimanche, le déjeuner de famille qui me nouait les tripes depuis plusieurs semaines s’est plutôt bien passé. Je ne suis toujours pas la meilleure amie de ma belle-mère (ni son amie, en fait), et je me suis mordu la langue à certains propos qui m’ont franchement agacée, mais je me suis bien tenue et personne n’est mort.
  • Pour couronner le tout, un petit miracle du dimanche soir : pour la première fois depuis longtemps, la Crevette a accepté de manger un plat que je lui avais préparé (des chasoba aux courgettes, si, si, si).

Allez, on va dire que ce sera plus paisible la semaine prochaine.

HintHunt Escape Game – Le bureau de James Murdoch

Depuis le temps qu’Armalite nous parle d’Escape Games à longueur de blog – je ne me plains pas, hein, je constate – j’avais très envie de découvrir cette expérience et d’en faire profiter l’Anglais. L’occasion s’est présentée à l’occasion de l’anniversaire DuMari de Ioionette : nous lui avons proposé de l’emmener jouer.

hinthunt
Las, compte tenu des emplois du temps invraisemblables de tout le monde (je pense que “trouver un créneau pour voir Ioionette et SonMari ensemble” devrait être une épreuve des JO), nous n’avons pas encore réservé. Qu’à cela ne tienne pour mon anniversaire… Rafu et Grégo m’ont invitée, nous avons embarqué l’Anglais, le +1 de Rafu et roulez jeunesse.


Nous avions choisi le bureau de James Murdoch. Sans rentrer dans les détails, le but ici est de s’échapper d’une pièce où nous nous sommes laissés enfermer, et nous disposons pour ce faire de 60 minutes. Le chrono défile à toute allure ! On fouille, on cherche, on fouine, on se casse la tête, on crie les uns sur les autres et on fait des blagues… Franchement, c’est une super expérience, exaltante même. En outre… nous avons gagné ! Nous sommes sortis avant la fin du décompte et avons eu droit à une belle photo souvenir pour célébrer ça (en revanche, pour battre le record et déboucher le champagne, on attendra).

2'34, on est laaaarges
2’34, on est laaaarges

Je ne peux que recommander. Nous avons passé un super moment, qui nous amusés et bien changé les idées. Les créneaux sont pris d’assaut, la liste d’attente est longue, mais n’hésitez pas à vous faire plaisir.

Hinthunt Paris, 62 rue Beaubourg

Jour J, tome 20 – Dragon rouge

JourJ201955. Suite aux tensions entre les USA et la Chine dues à l’intervention américaine à Diên Biên Phù, des pogroms anti-chinois frappent la communauté asiatique américaine. C’est alors qu’une jeune et riche Chinoise entre dans le bureau du détective privé Lawrence S. Ivory pour lui demander de retrouver son père disparu. Ivory, qui adore les causes perdues, accepte le contrat.


L’idée de départ est intéressante, mais je l’ai trouvée bizarrement exploitée : plutôt que de nous parler des conséquences de la victoire de Diên Biên Phû sur la France et le Vietnam, et sur la guerre qui aurait dû s’ensuivre, on se concentre sur les effets américains, en particulier dans le domaine politique. Néanmoins, l’intrigue est bien ficelée et retorse à souhait, et le personnage principal nous sert de savoureuses répliques qui m’ont pas mal fait sourire (dans le bon sens du terme).
Les réactions à la maison ont été mitigées : j’ai beaucoup aimé, l’Anglais a moins accroché (à l’inverse de La nuit des Tuileries, où les avis étaient contraires). Du coup, à chacun de voir selon sa sensibilité, mais je recommande ce tome. En espérant toutefois que les auteurs de cette excellente série se pencheront davantage sur le passé colonial de la France et en feront un thème central d’un autre album.

Jour J, tome 20 – Dragon rouge, éditions Delcourt