Vendredi dernier, bravant les pannes d’aiguillage, la pluie et les embouteillages, Lucy et moi sommes allées au château de Versailles assister à un concert dans la chapelle royale.
Le programme se proposait de faire revivre des airs composés pour la Maison royale de Saint-Cyr, grand oeuvre de Madame de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV. Saint-Cyr, qui éduquait les jeunes filles pauvres de la noblesse, a bénéficié à ses débuts du soutien indéfectible du pouvoir royal et, partant, des artistes attachés à celui-ci. Le plus célèbre, Racine, écrivit Esther et Athalie pour les élèves, mais aussi des cantiques spirituels.
Ce sont ces cantiques, mis en musique par Collasse, ainsi que des motets de Nivers et Clérambault, que nous allions écouter.
L’avantage de Versailles, c’est que quel que soit le lieu du spectacle, le cadre seul permet d’en prendre plein les yeux. La chapelle royale est vraiment belle, avec son immense fresque au plafond, ses colonnes, son maître-autel etses grandes orgues.
Mais là, on en a aussi pris plein les oreilles, grâce à l’ensemble baroque La Rêveuse et aux Pages et Chantres du centre de musique baroque de Versailles. La pureté des voix répondait à l’élégance de la musique et à la majesté du cadre si bien que, l’espace d’un instant, on aurait pu se croire ailleurs. Les jeunes solistes étaient impressionnants de maîtrise et de sensibilité – je pense notamment au Magnificat interprété a capella, qui donnait des frissons.
Point intéressant : vu que nous sommes arrivées avec un quart d’heure de retard, on nous a placées en tribune latérale pour la première moitié du spectacle, avant de gagner nos places dans la nef pour la seconde partie. Au final, l’acoustique était meilleure en haut (ce qui est logique, vu que Louis XIV siégeait à la tribune) alors que les places sont moins chère (la visibilité vers l’autel est réduite, mais on peut admirer le plafond).
Une semaine hyper chargée et difficile, que je ne suis pas fâchée de voir finir ! Emploi du temps trop petit pour tout caser, plein de sorties programmées alors que j’étais épuisée, cookbook challenge au point mort (une seule recette), Crevette malade (avec une apothéose cette nuit)… N’en jetez plus ! Pourtant, ça reste une chouette semaine pour plein de raisons.
J’ai reçu une nouvelle carte de voeux ! Merci titite.
Mercredi, histoire de souffler entre deux réunions, je déjeune avec mon ex-éditrice devenue super-copine.
Le soir, je dîne avec Shermane, Malena et Paulette chez Aki, où nous dégustons des okonomiyaki. Ca fait longtemps et c’est réconfortant, parfait pour une soirée pluvieuse.
Jeudi matin, une longue conversation avec mon amie Isa autour de nos avenirs respectifs et de nos vies en général.
Le midi, je suis rejointe par Mélusine pour un “déjeuner rapide”. 1h30 de papotages, de thé et de (bonne) nourriture plus tard, je la raccompagne en catastrophe au train parce qu’elle est en retard.
Devant mon état de fatigue, l’Anglais décide prendre le dîner en main : ce sera sushi !
Vendredi soir, je retrouve Lucy, de passage à Paris, pour un concert au château de Versailles. Pluie, embouteillages et problèmes de train nous font arriver avec 15mn de retard, mais cela reste un très beau moment, dans un lieu où je n’avais assisté à aucun spectacle jusqu’alors.
Samedi soir, nous fêtons l’anniversaire de L. La Crevette est épuisée et malade et me colle une bonne partie de la soirée, et ma propre fatigue ne fait sans doute pas de moi la convive la plus joyeuse, mais je passe un bon moment (et la soupe était délicieuse).
Dimanche après-midi, je m’écroule pour une sieste de près de 2h, qui n’était pas du luxe.
Pour conclure cette semaine franchement harassante, nous nous offrons ce qui sera sans doute la dernière galette des rois de l’année.
Bizarrement, quand j’ai commencé à réfléchir à l’Alphabet costumé, la lettre Q n’était pas forcément la plus difficile à mes yeux. Certes, je n’avais pensé ni à Docteur Quinn ni au quidditch, mais j’avais quand même Queen – mon groupe préféré de tous les temps – et Quasimodo en tête.
Sauf que. Réinterpréter Queen à moi toute seule risquait de poser problème, et je suis une bille en maquillage, alors me faire la tête de Quasimodo… Sauf que j’ai eu une dernière idée plutôt marrante (et de saison !). Du coup, aujourd’hui, je suis… en quarantaine. Un sale rhume, qu’on espère ne pas voir se transformer en peste zombie 😀
Oui, le thermomètre a été piqué à la panoplie de docteur de la CrevetteScène réalisée sans trucage : je bâille vraiment à me décrocher la mâchoire
Voilà, je râle sur mon job de traductrice et, comme par hasard , je reçois le jour même les exemplaires d’une de mes traductions. Comme ça commence à prendre de la place ces bêtes-là, je vous propose d’en gagner deux exemplaires (un par gagnant). Il s’agit de L’amant souverain, tome 12 de la Confrérie de la dague noire de JR Ward (au format poche).
Résumé
Après avoir délaissé le trône pendant des siècles, Kolher, fils de Kolher, a enfin accepté la charge de son père. Mais la couronne pèse lourd sur son front. Et tandis que la guerre fait rage et que ses ennemis se rapprochent, il va devoir se montrer impitoyable. Car Beth, sa chère compagne, désire un enfant. Une volonté qui va tous les mettre en danger et révéler les fantômes du passé. L’amour véritable peut-il encore l’emporter ?
Comment ça se passe ?
Laissez-moi un commentaire ci-dessous pour me dire que vous participez. Comme j’ai envie de vous faire bosser un peu, dites-moi ce que vous lisez en ce moment, par exemple !
Vous avez jusqu’au 5 février à midi pour vous inscrire, puis je procéderai à un tirage au sort pour désigner les deux gagnants. Bonne chance !
Parfois, quand les hasards d’Internet et des liens hypertextes me guident vers des rivages inconnus, j’échoue sur des articles de blogs ou de forum consacrés à des livres, généralement du genre que je lis, traduis ou écrit. Et au milieu des critiques élogieuses ou négatives, constructives ou admiratives, il se trouve toujours quelqu’un pour démonter la traduction.
“C’est moche”, “on y perd”, “je serais capable de faire mieux”, “ça ne correspond pas à l’idée que je me fais du personnage”… voilà ce qui revient le plus souvent. Malheureusement, nous exerçons un métier invisible : on peut dire que notre travail est bien fait quand on ne s’aperçoit pas de notre passage.
A titre personnel, je n’ai pas de diplôme de traduction, mais j’ai tout de même étudié les langues vivantes, en me frottant à la traduction “universitaire”, et je me forme aussi au fur et à mesure que j’évolue dans mon travail. La plupart de mes collègues ont effectué des formations et obtenu des diplômes attestant de leurs compétences. Alors certes, il peut nous arriver de rendre quelque chose de “moyen” ou de “passable” (tout le monde a ses mauvais jours, même le médecin généraliste ou le marchand de fruits et légumes), mais normalement, l’édito est là pour passer derrière nous (et décidera, le cas échéant, de ne plus travailler avec nous). Notez tout de même que nous remettons notre job en jeu à chaque ouvrage traduit : si ça ne convient pas, l’éditeur / le client choisira d’aller voir ailleurs, et nous, on en sera quitte pour prospecter en catastrophe (non, on ne touche pas le chômage, pensez-vous).
Mais parfois, souvent même pour le genre d’ouvrages qui me concernent, le texte original est plein de failles. Il peut être truffé de redondances, incohérent (j’ai une copine qui passe son temps à rétablir les incohérences dans certaines de ses séries, je pense que ça lui bouffe 25% de son temps de traduction), lourd, y compris en VO… Traduire vers le français, cela signifie fluidifier le texte, le rendre agréable à lire, donner envie au lecteur de poursuivre… par exemple, très concrètement, en traquant les répétitions : rappelez-vous vos cours de français de collège, quand on vous expliquait qu’il fallait éviter les répétitions (et essayez d’appliquer en traduisant une langue qui se contrefiche desdites répétitions et qui, du coup, en fout partout…).
Comme disait mon prof de latin en prépa : “Y et en sont les deux mamelles de la version”.
Je vous passe sur les phrases si mal ficelées qu’on ne comprend pas comment se déroule l’action, ou encore les personnages qui se lèvent deux fois de suite sans se rasseoir.
Vous pouvez aussi prendre en compte les conditions de travail de certains d’entre nous, que ce soit à la traduction ou à l’édito. Forcément, dans ces cas-là (dont je ne fais pas partie), la qualité baisse, c’est évident.
Alors, oui, si ça se trouve, vous êtes capable de faire mieux. En ce cas, pourquoi ne pas tenter votre chance ?
Si ça se trouve, vous préférez lire en VO parce que cela ajoute une dimension exotique ou dépaysante à votre lecture. Tant mieux ! En plus, vous n’aurez pas forcément à attendre trois ans que l’éditeur français publie l’intégralité de la série.
Mais si ça se trouve, aussi, vous avez un peu besoin de nous. Parce que, bon, on ne peut pas parler toutes les langues de la terre…
A l’occasion du Winter cookbook challenge, j’ai préparé la semaine dernière un repas médiéval que je décris ici. Même si les notions d’ “entrée”, “plat” et “dessert” sont parfaitement contemporaines et ne correspondent en rien à la structure du repas médiéval, j’avoue avoir conservé cet ordre artificiel parce que c’était plus simple. Du coup, j’ai préparé un plat sucré pour finir les agapes, alors que normalement celles-ci s’achèvent par de l’hypocras (vin épicé censé favoriser la digestion).
Comme ma tourte a rencontré pas mal de succès sur Instagram, je me suis dit que j’allais vous en proposer la recette. Attention, la recette en tant que telle n’est pas attestée : j’ai choisi de mettre de la rose (saveur très appréciée au moyen-âge) plutôt que de l’orange ou du citron parce que je n’aime pas associer agrumes et sucre. La recette de la tarte bourbonnaise sucrée est tirée du Viandier de Taillevent, et présentée par Michèle Barrière à la fin de son roman Souper mortel aux étuves.
Ingrédients
1 pâte brisée
250g de ricotta
200g de crème fraîche
3 oeufs
120g de sucre
Eau de rose
Préparation
Préchauffer le four à 200°C. Foncer un moule à tarte avec la pâte, la piquer avec une fourchette. Y étaler un morceau de papier sulfurisé et des haricots secs, enfourner 15mn pour la faire cuire à blanc.
Ecraser la ricotta à la fourchette, puis ajouter la crème, les oeufs et le sucre en remuant énergiquement pour obtenir une crème lisse. Assaisonner à l’eau de rose (personnellement, j’ai mis 4 cuillères à soupe, ça donne un goût assez marqué). Verser l’appareil sur la pâte déjà cuite et enfourner pour 30mn. La tarte doit être légèrement dorée.
Une fois sortie du four, décorer avec des fleurs fraîches, séchées ou cristallisées.
Cette semaine fut relativement chargée : j’ai eu l’impression de courir en permanence. Crevette malade, rendez-vous un peu partout dans Paris, boulot (quand même, un peu)… Mais du coup, j’ai pu profiter de plein de choses.
Lundi, Marion L est venue m’emprunter une robe en prévision d’une soirée. J’ai joué à la poupée, nous avons discuté, j’ai appris une bonne nouvelle, et la Crevette a été conquise (elle a réclamé un câlin au départ de notre visiteuse).
Mardi, l’Anglais et moi avons eu une conversation sur un sujet qui m’angoissait depuis plusieurs semaines, et qui est désormais éclairci.
Dans la matinée, j’ai eu Isa pour notre désormais traditionnel coup de fil du mardi.
Mercredi, j’ai déjeuné avec ma sœur, autour d’une délicieuse soupe cambodgienne (?) au poulet. Nous avons pas mal parlé de nos vies et notre histoire commune, c’était une bonne chose.
Jeudi, j’ai réussi à boucler ce fichu synopsis qui me traînait dans la tête depuis plusieurs semaines. Quelques heures plus tard, mon éditrice me le validait. On the road again !
Vendredi, j’ai retrouvé mon attachée de presse pour un déjeuner (oui, je déjeune beaucoup). Cette fois, la discussion a porté sur l’écriture, la bouffe et l’histoire.
Le soir, nouvelle conversation avec ma sœur, cette fois par téléphone. J’ai appris beaucoup de choses, qui vont certainement alimenter mes réflexions dans les semaines qui viennent.
Samedi, nous avons célébré l’anniversaire de Gni entre amis. Mademoiselle a été la coqueluche de la soirée (enfin jusqu’à 19h45 quand je suis rentrée la coucher), et nous avons même eu droit à un “C’est le plus beau bébé du monde” (on le sait déjà, hein, mais ça fait plaisir d’entendre les autres être d’accord avec nous ^^).
Dans la soirée, le Festival du roman féminin annonce officiellement ma participation à l’événement en tant qu’auteur.
Dimanche, journée tranquille en famille. Une panne d’oreiller et des soucis de téléphone nous conduisent à opter pour une simple sortie au manège, ce qui donne un sujet de conversation à la Crevette jusqu’au coucher.
Ce fut une semaine moins productive que les précédentes : pas mal de fatigue, mais aussi des reprises de recettes déjà testées au début du mois (les udons à l’œuf, les bowl cakes au chocolat…). De son côté, l’Anglais a préparé moins de cocktails car nous avons pas mal bu de vin. Mais voici sans tarder le nouveau récapitulatif.
Samedi soir, j’ai préparé une tourte d’endives, d’après une recette Renaissance publiée dans Natures mortes au Vatican de Michèle Barrière. C’était tellement bon que je n’ai pas eu le temps la photographier, on s’est jetés dessus comme des morts-de-faim (et on l’a finie alors qu’on était déjà bien calés). Elle est très simple à réaliser et, comme on fait bouillir les endives avant de les ajouter à l’appareil, n’est pas du tout amère.
Mercredi soir, j’ai préparé un risotto de courge butternut, d’après une recette de Guillaume Long. En réalité, je l’avais déjà testée l’an dernier, et j’en gardais un très bon souvenir. En revanche, comme je n’aime pas le gorgonzola et pas trop les noix, je n’ai ajouté aucun de ces deux ingrédients, mais ai râpé une bonne dose de parmesan dans chaque assiette. Je ne dirai qu’un mot: miam ! En plus, c’était pour une fois assez liquide pour ressembler à un vrai risotto.
Jeudi soir, j’avais prévu de longue date de faire un repas médiéval (ça m’arrive de temps à autre). Il y avait donc du cormary, soit un filet de porc mariné au vin rouge, à l’ail et à la coriandre, puis cuit en cocotte. Cette recette est tirée du Form of cury, réceptaire anglais du 14è siècle (édition de Josy Marty-Dufaut chez Heimdal).
La viande était accompagnée de porée verte ; le terme “porée” désigne de façon générale un hachis de légumes, la couleur est déterminée par les légumes qui le composent – ici du vert de blettes et une petite endive. On trouve des recettes un peu partout, je me suis inspirée de celle proposée dans le Viandier de Taillevent (édition de Josy Marty-Dufaut chez Heimdal).
Enfin, une tourte bourbonnaise – recette médiévale classique – en version sucrée, dont j’ai déniché la recette à la fin du roman Souper mortel aux étuves de Michèle Barrière. Normalement, celle-ci s’aromatise avec le jus et le zeste d’une orange ou d’un citron. Néanmoins, comme je n’aime pas l’association agrume/sucre, j’ai choisi d’ajouter quatre cuillères à soupe d’eau de rose à mon appareil. Après tout, il s’agit d’une saveur très prisée au Moyen-âge. Au moment de la décorer, j’ai utilisé des bourgeons séchés, et me suis rappelé que j’avais aussi des pétales cristallisés dans un coin de mon placard : carton plein ! C’était très beau et bon (un peu sucré chaud, plus agréable froid, de mon point de vue).
Monsieur, quant à lui, a préparé deux cocktails tirés du Livre des potions Gastronogeek samedi soir, lors de notre soirée hommage à Alan Rickman. Un pan galactic gargle blaster inspiré de H2G2 (chartreuse, génépi, anisette, Get 27, eau gazeuse) et une chance liquide (champagne, gin, liqueur d’orange, sirop de sucre) tout droit venue du laboratoire du professeur Rogue.
Dimanche soir, pour accompagner le shooting de ma tenue en P, j’ai eu droit à un cocktail de la Prohibition trouvé dans l’ouvrage Bitters de Brad Thomas Parsons : le Champagne, composé de champagne (ça alors), angostura, sucre et zeste de citron. C’était très bon (et traître).
Je vous avais déjà raconté que, grâce à Armalite, j’avais reçu un énorme colis de Secret Santa fin décembre. Il s’agissait d’une boucle, si bien que je devais envoyer mon propre colis à une autre destinataire que ma bienfaitrice, en l’occurrence Cécile de Brest. Je la connaissais seulement de nom, mais avais réussi à glaner qu’elle était mère de deux enfants et enseignait (a priori) le français dans un établissement d’éducation supérieure.
Nous avions une limite de budget (et de temps, aussi, pour moi, car je n’ai pu m’y mettre que relativement tard), si bien que mon paquet semble ridicule, surtout comparé à celui que j’ai reçu. Voici néanmoins ce qu’il contenait :
Une tablette de chocolat au lait Bonnat : mon libraire (vous lisez bien) en deale des très sympas, avec des grands crus et tout, mais je me suis dit qu’avec des enfants, mieux valait miser sur le lait (j’aurais préféré trouver lait/noisettes mais apparemment, elle était épuisée).
Un pin’s (ouh, le retour dans les 1990s) en céramique en forme de plume blanche et dorée. Je la trouvais à la fois discrète et élégante, avec une petite touche festive.
Un mini-bonhomme de neige à monter soi-même (clin d’œil à la saison).
Une pochette remplie de petits papiers “30 idées pour rester zen” (me semble-t-il, ma mémoire flanche). J’aime bien ce concept, Isa m’en avait envoyé une dans le même genre lors d’un de nos swaps de Noël.
Une carte (magnifique design Unicef parce que je n’ai pas eu le temps de trouver autre chose).
Cécile m’a envoyé un très gentil message de remerciement (que, magie de Facebook, je n’ai reçu que 5 jours plus tard). J’espère donc que tout lui a plu !
Note : cet article n’est en aucun cas un document scientifique ou médical. Il s’agit de notre témoignage et de notre expérience de parents d’un enfant atteint d’une luxation congénitale de la hanche. Pour en savoir plus, l’histoire commence ici et se poursuit là.
Suite à son séjour à l’hôpital, la Crevette repartait donc avec nous à la maison, mais lestée de plâtre. En effet, après avoir passé un mois à placer sa hanche en position orthopédique, il fallait maintenir le tout pour permettre aux articulations de se consolider, mais aussi pour éviter de perdre tous les bénéfices de la traction et de provoquer une reluxation. La pose du plâtre se fait au bloc, sous anesthésie générale, et dure une petite heure.
Pour être honnête, l’orthopédiste n’était pas très contente, arguant que sa hanche était “une vraie savonnette”. Elle a demandé une IRM pour s’assurer que rien ne bougeait (je vous raconte pas la joie pour faire passer une IRM à un bébé de pas tout à fait 10 mois vu le bruit que fait le machin) mais, heureusement, celle-ci a été concluante.
En bleu, le plâtre (Non, il n’y a pas du tout un air de famille)
La position plâtrée était pour le moins surprenante : en grand écart facial avec les pieds tournés vers l’intérieur. La comparaison la plus parlante, pour nous, a été celle du gardien de hockey en train de faire un arrêt. Le plâtre, dit “pelvi-pédieux” puisqu’il va du pelvis aux pieds (cheville à droite, orteils à gauche), remontait dans le dos jusqu’aux omoplates, faisait un “U” au niveau du ventre pour laisser de la place lors des repas et était creusé au niveau du siège pour le change.
Impressionnant mais, comparé à l’hôpital, le bonheur car on est “libres” de nos mouvements et, surtout, on pouvait la prendre dans nos bras et lui faire des câlins. Pour mademoiselle, c’était surtout un environnement moins angoissant et la disparition des (rares) douleurs musculaires occasionnées par la traction.
D’un point de vue pratique, ça se passe comment ?
La première chose à faire, c’est de cesser d’attraper son enfant sous les bras ! Parce que sinon, le poids du plâtre se fait vraiment sentir, pour lui comme pour vous. On la tenait donc par la taille. Ca demande un peu d’entraînement (et ça fait les biceps), mais rien de traumatisant.
Pour le bain, ce fut le grand retour de la toilette au gant sur la table à langer. Et pour être sommaire, c’était sommaire… car il est interdit de mouiller le plâtre pour éviter les déformations. Du coup, on débarbouille les bras, le haut du torse et le visage, on lave les cheveux de façon acrobatique de temps à autre, ainsi que le pied à l’air, et terminé.
Pour le change, il fallait glisser une couche de petite taille sous le plâtre après avoir arraché les scratches et maintenir celle-ci par une seconde couche plus grande passée par-dessus le plâtre. Non, c’est pas simple, surtout la nuit.
Et niveau hygiène en général ?
Au bout de quelques jours, le plâtre sent un peu la mort, et ça va durer pendant tout le traitement… En gros, on peut intervenir sur certaines zones (je décrassais les pieds/orteils tous les 2-3 jours, c’était pas triste), en priant pour que ça passe. Chance monumentale : nous avons eu un seul accident de couche très circonscrit, ce qui n’est apparemment pas le cas de tout le monde.
Pour l’habillement, ça donne quoi ?
Nous étions en plein hiver (début janvier), il fallait donc veiller à ce que la Crevette ne se refroidisse pas. Du coup, le pied dont seuls les orteils dépassaient était constamment enveloppé dans une chaussette de Monsieur (les seules assez grandes pour que ça marche), et l’autre pied était couvert d’une chaussette et d’une petite tennis basse (les autres chaussures étaient trop montantes). Plus tard, une fois la jambe droite en partie dégagée, j’ai pris l’habitude de lui enfiler une jambière (choisie parmi celles achetées lorsqu’elle avait son harnais).
L’enfant se retrouve avec un tour de taille d’un gamin de 2-3 ans environ, si bien qu’il est impossible de l’habiller convenablement – c’est du bricolage. Mademoiselle a donc porté des robes évasées en permanence, en taille 24 mois, alors qu’elle n’en avait que 9. Pareil pour les quelques t-shirts. En revanche, bien entendu, plus de pantalon, de body, ou de pyjama (j’ai vu sur certains témoignages des parents qui parvenaient à mettre des pyjamas taille 3/4 ans). Avantage : cet hiver, j’ai pu ressortir presque toute la garde-robe de l’hiver dernier, qui est déjà à sa taille.
Et dans la vie de tous les jours ?
Le doomoo (vite rebaptisé “tout mou” par nos soins)
Plus question d’utiliser notre transat, dont la capacité était limitée à 9kg, mais la nounou a pu garder le sien (qui supportait jusqu’à 15kg). A la maison, nous l’avons remplacé par un Doomoo de Babymoov (blanc/ivoire), assorti d’un gros oreiller pour maintenir la Crevette en position assise verticale. Comme ce truc coûte une blinde, on se l’est fait offrir à Noël.
Pour les repas, c’était essentiellement dans le doomoo. Mais à la fin, quand mademoiselle en a eu marre, on l’installait (en la ceinturant avec un foulard…) dans sa chaise haute (le truc hyper design et hyper cher, de Stokke).
Pour les déplacements, c’était tout aussi folklorique : terminée, la poussette trois positions. Il nous fallait une poussette canne, la plus simple possible, car sinon les jambes ne tenaient pas. On rembourrait dans le dos avec une couverture et, par temps froid (soit tout l’hiver), on enveloppait les jambes dans une autre couverture. Mademoiselle n’aimait pas trop ça, et râlait au bout d’une vingtaine de minutes en moyenne.
En voiture, il existe – ô miracle – un modèle de siège auto : le Opal dysplasie de Bébé Confort. Celui-ci est gracieusement mis à disposition par la société pour six mois, moyennant un certificat médical et un chèque de caution de 250€. Sachant que nous avons pu prolonger l’emprunt de 3 mois avec un simple justificatif du pédiatre. Donc, normalement, je ne fais pas de pub, mais là, si, c’est obligé. En plus, la personne qui gère les dossiers est très aimable et humaine (nous avons surtout échangé par mail).
Le siège auto (sans accoudoir pour laisser de la place aux jambes)
Ca dure longtemps ?
Ca dure quatre mois. Ou plutôt, deux fois deux mois, parce qu’on doit changer le plâtre au milieu. Pas pour des considérations d’hygiène, non, mais parce que les enfants grandissent. Là encore, cela se fait au bloc, sous anesthésie générale, mais cette fois-ci, en ambulatoire. On arrive le matin, avec un bébé à jeun et toiletté à la bétadine, et on repart en début d’après-midi.
Gros bémol : nous n’avons pas pu accompagner la Crevette jusqu’au dernier moment, il a fallu la remettre à l’anesthésiste (et là, je ne vous raconte pas les hurlements de terreur, vu qu’elle était déjà en blouse et en charlotte de bloc, et qu’elle avait compris qu’il allait se passer un truc désagréable).
Le second plâtre
Quand on nous l’a rendue, surprise ! La jambe droite était libérée juste au-dessus du genou, ce qui allégeait un peu le poids total de la bête. En revanche, ils n’avaient que de la résine blanche, c’était beaucoup moins drôle. Mademoiselle était un peu groggy mais rien de bien grave. Toutefois, il a fallu s’adapter à cette nouvelle position, notamment quand on l’allongeait, car la jambe libre risquait de supporter trop de poids.
Ca donne quels résultats ?
Au bout des quatre mois, après une radio de contrôle qui a confirmé que c’était plutôt bien parti, on a enfin pu retirer le plâtre (quatre mois sans lavage, je vous laisse imaginer l’aspect et l’odeur) pour… poser des attelles.