En février dernier, je vous avais déjà parlé de la future saison à l’Opéra de Paris et de mes envies – il s’avère que j’en ai concrétisé pas mal, je vous en reparlerai au fil de l’année. Du coup, lorsque j’ai reçu le programme pour l’opéra de Versailles, j’ai décidé de faire de même.
Opéra
Monsieur de Pourceaugnac, de Lully et Molière. Parce que bon, deux monstres sacrés du 17è siècle, le tout dirigé par William Christie, ça ne se refuse pas. Et parce que j’ai un peu étudié l’oeuvre au collège.
Armide, de Lully. Que je n’ai toujours pas vu alors que c’est un peu LA référence en la matière. Et puis c’est une production de l’Opera Atelier Toronto, la plus belle ville du monde (joke inside).
Orfeo, de Luigi Rossi. Parce qu’il est programmé dans le cadre du tricentenaire Louis XIV.
Je ne suis pas très branchée opéras en version de concert, car j’estime que ça gâche une partie du plaisir. Du coup, je ne pense pas aller en voir.
En outre, l’opéra de Versailles ne présente que trois ballets dans l’année, qui ne me tentent pas plus que ça (encore que, le Béjart Ballet Lausanne, c’est toujours un plaisir).
Concerts
L’autre point fort de Versailles, selon moi. Certes, il faut aimer la musique baroque, mais les lieux et les styles sont très divers, et les meilleurs artistes se produisent.
Les funérailles royales de Louis XIV. Parce que j’ai rien dans mon agenda en novembre.
Grande messe vénitienne pour la naissance de Louis XIV. Ai-je déjà mentionné que c’était le tricentenaire ?
Musique pour Saint-Cyr. Parce que j’ai trop regardé L’allée du roi, et parce que je sais que quelqu’un de ma connaissance sera très intéressé à l’idée de m’accompagner.
Cecilia Bartoli : St Petersburg. J’ignorais même l’existence du baroque russe, mais ça me donne drôlement envie de m’y mettre.
Bach : Variations Goldberg. Bon, j’ai déjà mis C.euh sur le coup. Alexandre Tharaud et Bach sur la scène de l’Opéra royal, ça ne se refuse pas.
Maintenant, il ne me reste plus qu’à faire un casse pour financer tout ça, et prier pour que tout coïncide avec mon emploi du temps chargé à Paris.
Des milliers de livres ont étudié les effets des parents sur leurs enfants. Mais presque aucun n’a songé à demander: quels effets les enfants ont-ils sur leurs parents?
Jennifer Senior tente de répondre à cette question, en isolant et analysant les nombreuses façons dont les enfants modifient la vie de leurs parents, qu’il s’agisse du couple, du travail, des habitudes, des loisirs, de l’amitié ou de la perception de soi.
Je crois avoir déjà parlé de mon amie Lou², la fille au super-pouvoir : celui de m’offrir des bouquins dont j’ignore l’existence mais qui vont me parler. Celui-ci ne fait pas exception à la règle : je l’ai reçu en début d’année, alors que je me posais (encore) (et toujours) plein de questions sur ma place et mon rôle de mère, avec en guise d’explication : “l’interview de l’auteur était réjouissante, j’espère que le livre le sera aussi”.
Le postulat de base de Jennifer Senior, journaliste de formation, est que l’arrivée d’un enfant dans la vie de ses parents bouscule de nombreuses choses. On perd en sommeil, en autonomie, le mariage et la vie sociale en prennent un coup, l’adolescence est généralement un moment difficile à passer… voilà pour la partie “no fun”. Mais elle souligne aussi le bonheur que procurent les enfants à ceux qui prennent soin d’eux, qu’il s’agisse d’assister à leurs progrès, de ressentir de la fierté pour leurs réussites ou juste de faire l’imbécile en leur compagnie (la partie “all joy”, si vous avez suivi).
Cet ouvrage est assez intéressant et facile à lire, même si je trouve que l’auteur puise à un peu trop de sources différentes pour étayer à tout prix son propos. En outre, et c’est normal, elle s’intéresse essentiellement au modèle américain, faisant l’éloge notamment des systèmes scandinaves et français (en revanche, j’aimerais que son amie me file les coordonnées de sa crèche à 100€/mois en plein Paris…).
Toutefois, j’ai apprécié cette lecture parce qu’elle remet en perspective certaines choses : l’enfance telle que nous la concevons aujourd’hui est une invention moderne, issue de la seconde guerre mondiale. C’est donc un modèle neuf où nous n’avons guère de repères. Elle résume aussi le concept d’enfant devenu “inutile” et paradoxalement couvé, comparativement à l’enfant autrefois “utile” et autonome. Et j’avoue que ces rappels et ces explications des bases de notre rapport à l’enfance et à l’éducation ont été plus que bienvenus pour moi.
All joy and no fun, The paradox of modern parenthood, Jennifer Senior, Ecco
Alors que l’an dernier nous nous étions cantonnés à des visites assez proches de notre “camp de base”, nous avons décidé cette fois-ci de pousser nos explorations un peu plus loin. Pour commencer, nous avons jeté notre dévolu sur Arles, que nous avions tous deux explorée dans notre enfance. Et l’endroit nous a tellement plu que nous y sommes retournés !
Nous avons débuté par l’une des deux merveilles antiques les plus connues de la ville : le théâtre. Celui-ci a été entièrement restauré, la scène et l’orchestra dégagés, et les pierres retaillées – même s’il manque toujours le dernier niveau de gradin. On peut admirer les deux colonnes subsistantes du mur de scène ainsi que les blocs de pierre sculptés disséminés sur le terrain.
Mais la bonne nouvelle, ce fut de découvrir qu’un troupe de reconstituteurs professionnels animait les lieux. D’abord une présentation du théâtre antique, avec des démonstrations de chant, de danse et de comédie. Puis une introduction intéressante et bien faite aux sports antiques, en particulier ceux des jeux olympiques : alors que j’avais vu un documentaire à ce sujet sur Arte, j’ai eu le sentiment d’apprendre des choses. Les explications sont claires, détaillées sans être didactiques et accessibles ; comme en outre le narrateur prend soin d’intégrer le public à la démonstration, on passe un excellent moment.
Cloître Saint-Trophime
Nos pas nous ont ensuite portés vers les Cryptoportiques, c’est-à-dire les souterrains de l’ancien forum romain (aujourd’hui l’hôtel de ville). Si l’endroit est impressionnant et frais, il est malheureusement chiche en explications et nous a laissés sur notre faim.
Pour ne pas rester sur cette petite déconvenue, nous partons visiter (bon, on traverse la place, quoi) le cloître Saint-Trophime, aujourd’hui intégré dans l’évêché. C’est beau. Le bâtiment a subi plusieurs phases de construction, bien visible dans l’architecture et le décor : aux scènes romanes du 12è siècle succèdent les bas-reliefs gothiques du 14è, pour la plupart en excellent état de conservation. Une vidéo avec reconstitution 3D permet d’ailleurs de bien comprendre l’évolution des bâtiments et les raisons de ce mélange de styles. Enfin, dans la salle capitulaire, sont exposées des tapisseries du 17è siècle à motif religieux.
Les chapiteauxLes angles du cloître, où les statues de saints encadrent des scènes du Nouveau TestamentLa vue est magnifique, non ?
Après en avoir pris plein les yeux, nous décidons de ne pas nous arrêter en si bon chemin et poursuivons notre découverte des vestiges antiques en allant aux bains d’Hadrien. Si ceux-ci présentent de toute évidence un réel intérêt architectural et historique – soulignant au passage l’importance d’Arles dans le monde antique – ils ne soutiennent toutefois pas la comparaison avec ceux de Bath que nous avons pu admirer en juin.
Les thermes, donc
Enfin, la cerise sur le gâteau, c’est l’amphithéâtre (aujourd’hui connu sous le nom d’arènes) qui offre de découvrir en quoi consistaient les combats de gladiateurs. Nous retrouvons la petite troupe qui présentait le sport antique ce matin. C’est toujours le même reconstituteur qui présente… et c’est un passionné : si ce qu’il raconte est très intéressant (origines, évolution, conditions de recrutement et d’entraînement, clichés…), il y met peut-être un peu trop de force, donnant l’impression de vouloir nous convaincre à tout prix du bien-fondé de ses propos. Quoi qu’il en soit, les combats sont bien rythmés, allant crescendo dans le niveau d’expérience des participants – et je dois avouer une grande admiration pour celui qui présente l’armure de 27kg alors qu’il fait 35° à l’ombre.
Le mirmillon et le Thrace
Accablés de chaleur, nous décidons de rentrer mais, comme nous sommes en possession de billets nous permettant de visiter un musée et un monument – et parce que, quand même, la ville est très sympa – nous revenons quelques jours plus tard.
Notre visite débute cette fois-ci au musée d’art antique… et tout s’éclaire. En fait, c’est là qu’il faut commencer avant même d’attaquer les monuments. Tout y est clairement expliqué : les origines de peuplement, la conquête romaine, l’expansion, la protection d’Auguste, la prospérité…
Des maquettes montrent le théâtre et l’amphithéâtre dans toute leur gloire, expliquent concrètement en quoi consistaient les Cryptoportiques, montrent à quoi ressemblait le pont de bateaux… Ajoutez à cela une impressionnante collection d’objets de la vie quotidienne, d’armes, de monnaies, de statues, des mosaïques sublimes (et immenses), un chaland entier exposé avec son matériel et son chargement… On y passe facilement une heure et demie (au pas de charge). Seul le plan du musée m’intrigue profondément : rien n’explique que, arrivé au centre du bâtiment, il faut poursuivre à droite avant de revenir sur ses pas pour admirer le reste des collections.
Après un délicieux déjeuner dans une gargote recommandée par le Lonely Planet, nous gagnons les Alyscamps. Si la présentation de l’armement médiéval nous laisse un peu froids (disons qu’on n’a rien appris), la promenade n’en reste pas moins apaisante, ombragée et dépaysante. Cette ancienne nécropole antique et médiévale abrite des vestiges romains, des sarcophages en pierre et… une église romane en partie en ruines.
Une fois le portail franchi, on se retrouve dans un espace à ciel ouvert
Les piliers intérieurs sont impressionnants
Ainsi se conclut notre première expérience d’Arles. Toutefois, celle-ci est loin de sonner le glas de nos explorations dans cette ville : outre le circuit consacré à Van Gogh, la ville est également un centre réputé de la photographie contemporaine et accueille les éditions Actes Sud. Il est donc évident que nous y reviendrons.
Oui, je suis rentrée de vacances, et non, je ne vous ai pas oubliés. Mais partir dans un coin perdu où il n’y a pas internet et où on ne capte la 3G qu’en équilibre au bord de la piscine, ou dans la chambre entre 22h et 1h, ça restreint beaucoup les possibilités. Du coup, je vous ai fait un récapitulatif des trois dernières semaines, parce qu’il n’y a pas de raison. Et je reviens très vite avec plein d’articles.
Nous sommes dans le sud, officiellement en vacances, et il y a du soleil ! Trop, peut-être, le mercure flirte avec les 37°-38°, mais quel bonheur de prendre le petit dej sur la terrasse.
Dès le deuxième jour, la Crevette décide de snober le bassin en plastique pour nous rejoindre dans la vraie piscine, armée de ses brassards et tartinée d’écran total. N’oublions pas qu’elle est née sous le signe du poisson.
Alors que je redoutais une avalanche de boulot pour ma semaine en télétravail, je me trouve franchement épargnée.
Jeudi, l’Anglais et moi nous éclipsons pour visiter Arles en amoureux – un vrai coup de coeur, dont je reparlerai.
Au marché d’Uzès, nous retrouvons la productrice de pélardon (fromage de chèvre local) et ses produits parfumés à la lavande ou aux échalotes.
Je crois que j’ai mangé les meilleures fraises de toute ma vie.
Pour la première fois depuis au moins quinze ans, j’occupe une partie de mon temps à faire des puzzles et des mots fléchés.
Mais j’arrive quand même à consacrer assez de temps à la lecture pour terminer deux romans.
Glaces tous les soirs (pain d’épices, violette, chocolat…) !
A la Fnac de Nîmes, on trouve mon dernier roman (et tout une étagère consacrée à la romance).
Lundi, nous retournons à Arles tant la première visite nous avait plu !
Dans le village où nous résidons, nous découvrons une jolie aire de jeux pour enfants. J’ai beau ne pas être fan, ça permet quand même d’occuper la Crevette, et c’est toujours ça de pris.
Soirée au resto à trois et demi à Nîmes, dans une jolie cour arborée éclairée de lustres.
Jeudi, l’Anglais et moi nous éclipsons à Salon-de-Provence pour visiter le musée de l’Empéri.
Au retour, nous essuyons un orage dantesque avec des éclairs magnifiques, même si je ne parviens pas à en immortaliser un seul. Bonus : l’air se rafraîchit.
Vendredi, mon beau-père nous rejoint et l’atmosphère s’égaie sensiblement.
Pendant le week-end, nous visitons la foire aux vins d’Uzès et repartons… un peu chargés.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je vais nager très tôt un matin alors qu’un cauchemar m’a réveillée.
Les couchers de soleil sont tous plus sublimes les uns que les autres.
Séjour en Camargue oblige, nous croisons de nombreux chevaux blancs, surtout à l’approche de la fête locale.
Lundi, nous sortons en famille au resto. Je suis même convaincue d’avoir entraperçu Tilda Swinton à la terrasse non loin de nous ! (Ou alors, le vin était plus puissant que je ne pensais.)
Sur une proposition de l’Anglais, nous partons visiter Saint-Martin-de-Londres et Saint-Guilhem-le-Désert, deux magnifiques villages.
Dans Saint-Martin, on croise des chats partout dans les ruelles !
Jeudi, je retrouve ma chère Isa pendant que le sexy quadra est au travail et que l’Anglais parcourt un golf local. Nous parlons pendant des heures de nos vies, de nos projets et nos envies, en ayant le sentiment d’avoir à peine commencé.
Le soir, nous sortons tous les quatre à Avignon pour dîner ans un délicieux restaurant grec (et goûter un non moins délicieux vin résiné).
Vendredi, juste avant notre retour, je m’attelle enfin aux cartes postales : elles arriveront tard, mais il y en aura quand même !
Juste avant de boucler les valises, je shoote en catastrophe une de mes tenues de l’Alphabet costumé.
Samedi, je rentre en train avec la Crevette et collecte le courrier. En dépit de la présence de factures et de l’avis d’imposition (joie), je découvre avec plaisir quelques cartes postales, un faire-part de naissance et le programme de l’opéra royal de Versailles.
Dimanche, après trois semaines de boycott absolu de nos assiettes, mademoiselle daigne goûter nos saucisses à grands coups de “miam miam”.
Pour prolonger l’effet des vacances, je m’offre un grand bouquet coloré au marché.
Adèle a 13 ans. Elle est perdue depuis le décès de sa grand-mère six mois plus tôt. Ses parents ont toujours été très pris par leur carrière et ne comprennent plus rien à leur fille, en pleine crise d adolescence. À l’école, Adèle est une élève moyenne, plus intéressée par les histoires avec les garçons que par le livre qu elle va devoir pendant les vacances : La Reine Margot, d’Alexandre Dumas. Préférant l’imaginaire à la réalité, Adèle se met à rêver la nuit qu elle est un personnage du roman. Elle rencontre au cours de ses rêves le beau Samuel, dont elle tombe amoureuse. Elle va assister au mariage de Margot, danser pendant les noces, constater les problèmes entre Catholiques et Protestants Mais Adèle commence à perdre pied. Ce qu’elle vit dans ses rêves est tellement plus intense que son quotidien qu’elle n a plus très envie de se réveiller.
J’avais découvert avec ravissement 14-14 co-écrit par Silène Edgar, auteur de ce nouveau roman, et je vous en avais fait part dans ces pages. C’est donc les yeux fermés que j’ai acheté ce nouveau tome, profitant au passage de la présence de Silène aux Imaginales pour me le faire dédicacer. Et je n’ai pas été déçue.
Exploitant de nouveau le thème de l’uchronie, le roman nous fait suivre en parallèle l’histoire d’Adèle, collégienne un peu paumée du XXIè siècle, et celle de son alter ego, transportée par la magie du rêve à la cour de Charles IX en 1572. La reconstitution proposée est bien plus celle du roman de Dumas que l’histoire réelle, toutefois l’auteur rétablit la vérité historique grâce aux recherches effectuées par l’héroïne pour tâcher de comprendre le nouveau monde qui l’entoure.
Confrontée aux jeux de pouvoirs et à l’intolérance religieuse, Adèle pose un regard neuf sur cette époque complexe tout en laissant aux lecteurs le soin de juger la situation et d’établir des parallèles (ou non) avec notre actualité. L’écriture est fine, et le roman se lit d’une traite, si bien que je vous le conseille vivement (il m’a fallu quelques heures pour le dévorer).
En bonus, la fin assez inattendue est très touchante et m’a tiré quelques larmes.
Adèle et les noces de la Reine Margot, Silène Edgar, Castelmore
Chiffre ô combien symbolique cette semaine… Je prépare ce billet du fond du canapé de mes beaux-parents, en transit entre Paris et le sud.
Cette semaine fut marquée du sceau de mon retour des Etats-Unis, et de la fatigue qui n’a pas manqué de s’ensuivre. Pas tant à cause du décalage horaire, mais plus du fait que j’ai arrêté de me coucher à 22h et que la Crevette a fait des terreurs nocturnes quasiment tous les soirs. Néanmoins, il y avait quand même du bon à garder.
Je suis donc rentrée et, si j’ai apprécié ma semaine de boulot/relations publiques en célibataire, je suis quand même bien contente d’avoir retrouvé l’Anglais et la Crevette.
Mardi, soirée sushis et glandouille.
Mercredi, Ioionette et SonMari sont venus dîner à la maison – comme toujours la soirée fut trop courte !
Comment je bénéficiais de 20% de remise, je me suis fait faire une beauté des pieds avec pose de vernis pour la première fois de ma vie.
Après avoir été porté disparu le week-end dernier, le doudou lapin bleu a été retrouvé sous un fauteuil de la voiture de ma mère.
Vendredi, j’ai reçu une jolie carte d’Emmanuelle, qui m’annonçait comme ça, l’air de rien, qu’il faudrait m’attendre à d’autres courriers de ce genre de temps à autre. Rho.
J’ai reçu un remboursement que j’attendais depuis bientôt deux mois, ainsi que des nouvelles d’un paiement en attente depuis six semaines. Je suis loin de rouler sur l’or, mais je respire.
Vendredi soir, nouvelle soirée dédiée à la gastronomie japonaise : Monsieur a même réussi à dégoter des taiyaki, un gâteau que j’adore.
En une semaine, j’ai réussi à terminer trois livres. Si, si, si.
On est en vacances et demain je ferai trempette dans la piscine !
Voilà, c’est tout pour cette semaine ! Je ne garantis pas d’être assidue avec ce rendez-vous les prochaines semaines.
Si toi aussi, tu es né dans les années 80, je suis sûre que tu auras repéré la référence – et que tu auras cette chanson dans la tête jusqu’à la fin de la journée, ne me remercie pas.
Même si notre destination n’est pas la plage mais la piscine familiale dans le sud de la France, et que je compte ajouter “lire” et “picoler” à la liste, cette image illustre parfaitement mon programme des trois prochaines semaines. Revers de la médaille, je n’aurai plus beaucoup d’accès à internet, et les mises à jour risquent de se faire rares.
Toutefois, je vais essayer de programmer des articles, et je participe au challenge #31joursdete organisé par Armalite sur Instagram, alors ouvrez l’œil, et bel été.
Je suis certaine que, en gens perspicaces, vous n’aurez pas manqué de remarquer que j’avais zappé le N, et à juste titre. Malheureusement, si mon idée est là, je n’ai pas eu le temps de la shooter, et je préfère avancer quitte à publier plus tard, selon le temps dont je dispose et mon inspiration.
En attendant, voici donc ma version du O en… officier. Là encore, il s’agit d’une tenue de fond de placard, mais pas d’un costume : je porte l’uniforme d’officier de réserve de mon père. Enfin, seulement le haut, parce que je ne rentre pas dans le pantalon (jeune, mon papa était mince).
Au moins mon air naturellement aimable convient parfaitement au thèmeJ’ai l’air crevé ? Et encore, c’était avant le départ à New York
Pour le P, l’idée est là, mais je prendrai les photos la semaine prochaine.
Mardi 21 juillet, à une heure trop matinale pour être honnête, j’émerge de la maison, direction l’aéroport Charles-de-Gaulle. Après un vol long et ennuyeux – et une attente dans le RER, la salle d’embarquement, le train… tout aussi longue – j’arrive enfin au coeur de Manhattan pour récupérer les clés de ce qui sera mon chez-moi pour la semaine : un ravissant deux-pièces à Brooklyn.
La fatigue et le décalage horaire ont vite raison de moi, même si je me force à sortir pour m’exposer le plus possible au soleil et recaler mon horloge biologique. Non loin de l’hôtel où doit se tenir la conférence, je retrouve mon éditrice pour un rapide dîner, avant de rentrer m’écrouler “chez moi” à 22h.
Mercredi 22 juillet, les choses sérieuses commencent. Je dois retrouver M. Editeur pour procéder ensemble à notre enregistrement (en clair, récupérer nos accréditations et l’énorme sac de goodies rempli de bouquins gratuits). Bien évidemment, je n’arrive à le joindre qu’en arrivant sur place, il me promet d’arriver d’ici une vingtaine de minutes… et me fait poireauter près d’une heure (“des minutes de coiffeur” comme dirait ma mère).
Les formalités effectuées, on échange nos premières cartes de visite avec les autres participantes – notre français est rapidement remarqué – et discutons de la situation en de la romance en France et aux Etats-Unis. Je m’éclipse retrouver C., ma bienfaitrice et logeuse, pour le déjeuner, au cours duquel je déguste une grosse salade à l’ombre d’un arbre (ce sera quasiment ma seule sortie à l’air libre en dehors des transferts d’un lieu à l’autre).
Times SqureMon accréditation, ornée de ses rubans et de ses badges 🙂
Retour à l’hôtel et… rien, en fait. Le coup d’envoi de la conférence, c’est une immense dédicace de charité pour laquelle j’ai accepté de faire du bénévolat (bonne façon de me faire des contacts), mais qui ne démarre qu’en fin de journée. Après avoir un peu erré comme une âme en peine, je retrouve le groupe de volontaires, me trouve équipée d’un ravissant tablier aux couleurs de l’événement (que je ne pourrai malheureusement pas garder) puis, pendant deux heures, suis assignée à Debra Mullins, qui peine à se déplacer et pourrait avoir besoin de mon aide. Elle est adorable avec moi, et me présente à toutes les personnes qu’elle connaît. En revanche, après trois heures passées dans l’immense salle de conférence où 200 filles dédicacent en parlant très fort, je suis complètement sonnée et dois rentrer. Un burrito au bbq coréen (New York, ville de contrastes et d’amalgames…), et au lit !
Avant la tempête… pardon, la dédicaceDans mon sac à trésors
Jeudi 23 juillet, début de la “vraie” conférence. J’arrive avec 5 minutes de retard à un atelier intitulé “Comment écrire des scènes de sexe” (en gros), et ne parviens à trouver de place que par terre dans le couloir. Heureusement, je saisis l’essentiel du discours, et il y a du wifi gratuit pour tous les participants, si bien que je surfe sans retenue, comme la majeure partie de mes voisines.
J’assiste ensuite au cours de Sherry Thomas (dont j’avais adoré le roman Délicieuse, et dont la langue maternelle est… le chinois) sur le sous-entendu dans le texte, et je trouve ça formidable : intelligent, drôle, concret. Bon, le seul souci, c’est que je me dis en sortant que je suis nuuuulle et que j’écris de la merde (note : ce sentiment persistera à chaque atelier, malheureusement).
J’ai pas pris de photo jeudi, alors en voici une de mon quartier, à Brooklyn
Déjeuner en solo dans un bar à salade (oui, j’avais besoin de légumes), puis je retourne à l’hôtel pour la conférence intitulée “No muse ? No problem !” sur la façon de se remettre à écrire quand on est bloquée. Plutôt marrant, mais je m’éclipse avant la fin car Miss Editrice me dit qu’elle a quelqu’un à me présenter et, après un peu d’errance, j’atterris à la dédicace de Kensington Publishing. Je fais une bonne vingtaine de minutes de relations publiques avant d’être invitée à me faire dédicacer des romans. Lorsque je demande comment ça s’organise et où on paie, on me répond : “Mais c’est gratuit, enfin, comme toutes les dédicaces”. En fait, je suis morte et arrivée au paradis, et personne ne m’a rien dit. Je rencontre certaines de mes idoles (MaryJo Putney !), en rate d’autres et repars avec “seulement” trois romans dédicacés.
Ne nous arrêtons pas en si bon chemin ! Dans la foulée, je suis invitée à la soirée donnée par l’éditeur, dans un très mignon bar burlesque (sans performeuses, snif), Duane Park. Le lieu n’est pas très grand mais a beaucoup de cachet, et leur cocktail gin-rose-concombre est à tomber (sans oublier les petites bouchées sucrées et salées qu’on nous propose). Une auteure, me voyant un peu perdue, me prend sous son aile et je me retrouve à discuter pendant une heure avec elle et ses amies.
La soirée s’achève tôt, mais je suis épuisée (mon corps est bloqué quelque part au milieu de l’Atlantique, je me réveille tous les matins à 5h30) et rentre dormir.
Vendredi 24 juillet. Mon coucher tôt hier avait une bonne raison : je dois être à 8h30 dans la salle de bal de l’hôtel, à bien 50mn de train, pour assister au grand discours de Julia Quinn, mon auteur préféré de tous les temps. J’arrive juste à temps, me fais héler par Debra qui m’a gardé une place (merci, merci !) et récupère deux livres et un petit carnet orné d’une citation de l’auteur. Bon, je finirai par me défaire des livres plus tard car je les ai déjà et que je redoute le poids de ma valise. Le discours est génial, drôle, vivant, touchant (je suis à deux doigts de pleurer)… et malheureusement je dois m’éclipser en catastrophe car j’ai rendez-vous avec une éditrice.
Le discours de Julia Quinn
Ces rendez-vous durent dix minutes et servent à “pitcher” son bouquin à un éditeur ou un agent. Cela ne sera guère concluant pour moi : l’éditrice est visiblement déstabilisée par le fait que je sois d’expression française et déjà publiée, m’avouant qu’elle trouve trop compliqué d’acheter des droits étrangers… Tant pis, ça m’aura au moins servi d’exercice, et c’est pas plus mal !
Je sors trop tard pour assister à une conférence et finis par atterrir à… la dédicace Harlequin. Alors que je m’étais promis de ne plus rapporter de livre, j’en récupère tout de même trois autres, dont un de la série “Brides of Waterloo” qui m’avait fait de l’œil quelques jours plus tôt.
Une brève excursion dans un autre quartier de la ville à l’heure du déjeuner, et me revoilà sur place. Toutefois, je commence à ressentir le contrecoup de la fatigue, du décalage horaire et de la clim à fond : je suis un vrai zombie. J’erre un peu au “Trade show” où différentes entreprises proposent des produits ou services aux auteurs de romance. Cela va des éditeurs indépendants aux fabricants de goodies. Je me fais tirer le portrait par un photographe, histoire d’avoir une image de profil plus “professionnelle” – j’aime beaucoup l’actuelle, mais elle n’est pas tout à fait raccord avec mon univers.
Au final, j’atterris dans une conférence sur l’art d’améliorer son écriture, et j’ai presque envie de me prendre la tête à deux mains dès les 5 premières minutes. M. Editeur s’emmerde visiblement à sa propre conférence et nous sortons prendre l’air parce que, vraiment, c’est plus possible.
Vu que je dois retrouver une amie du Japon dans un pub de la 36è rue, je m’y dirige à pied histoire de respirer un peu. Si j’avais revu Angela en septembre dernier, cette fois-ci elle est accompagnée d’anciens de notre fac, et cela me fait bizarre de me dire que nous avons quitté cette vie il y a dix ans.
1h30 plus tard, je repars ventre à terre direction Park Avenue, pour assister à la soirée Harlequin située… à l’hôtel Waldorf Astoria, excusez du peu ! La salle est magnifique, l’ambiance agréable, le bar bien fourni (y’a du champagne ! et du bon, en plus !)… Le DJ sait s’y prendre pour faire danser 800 filles survoltées, et alterne Bon Jovi, Lady GaGa, les Bee Gees… sans oublier un petit clin d’œil à la profession avec Call me maybe. Tout ce petit monde se trémousse en chaussettes, gracieusement fournies par l’organisateur de la soirée, afin que ces dames ne se foulent pas une cheville avec leurs talons hauts (j’ai rapporté les miennes, vous pensez bien).
Je m’en vais vers 23h30, craignant de rater le dernier métro (j’apprendrai le lendemain que les trains circulent toute la nuit, groumf) et perds près de 2h à rentrer, entre lignes qui ne fonctionnent pas le soir, desserte locale et non express, marche à pied intempestive… Pfiou, c’est plus de mon âge.
Le Starlight Rooftop du Waldorf Astoria, en flou – mais c’est classe quand même
Samedi 25 juillet, dernier jour… et je n’ai guère dormi, me réveillant royalement à 7h30. Je m’accorde un peu de répit, pensant arriver à temps pour l’atelier sur le héros. Las, le métro a d’autres projets pour moi. J’arrive avec quelques minutes de retard, si bien qu’il m’est impossible de trouver une place assise, et me replie vers la conférence sur les romance studies. Peu avant la fin, je gagne l’annexe du Starbucks au 8ème parce que j’ai besoin de sucre et de gras. Dans la queue, je sympathise avec Liah Penn, auteur d’urban fantasy originaire de la Nouvelle-Orléans, avec qui je finis par déjeuner.
Alors que nous finissons de grignoter des chips, Miss Editrice arrive pour me présenter Lisa, agent littéraire. Nous discutons, discutons… je l’accompagne au bar, où elle se commande à déjeuner et nous discutons un peu plus… En fait, ce sera la rencontre du séjour – je crois qu’on peut parler de coup de foudre amical. Nous passons près de trois heures ensemble avant de nous séparer pour nous changer en vue de la graaaande soirée.
Suspense…On a même droit à un mini-trophée en chocolat
Car l’apothéose de la conférence, c’est la cérémonie de remise des prix, avec robes de soirées et trophées, digne des Oscars. Notre petite délégation française, complétée par Lisa, parvient à trouver des places à une table pour y assister. Le show est calibré, drôle, parfois émouvant (cette fois-ci je pleure vraiment lors d’un discours – c’est dommage, c’est la seule fois du séjour où j’ai pris la peine de me maquiller). Je découvre plein d’auteurs qui me font envie.
Nous concluons tout ceci au bar, que je quitte à regret peu après minuit. La prochaine fois, une chose est sûre : je trouverai à me loger plus près pour rester à picoler sans arrière-pensée !
Ma découverte de la soirée, le Bramble on Broadway : gin, mûres, angostura (grosso modo)Il me restait encore une marge de 5kg au retour (traduction : la prochaine fois, j’en rafle plus)
Le père d’Ella, un marchand, s’est remarié après la mort tragique de la mère de la jeune fille. Pour l’amour de son père, Ella accueille à bras ouverts sa nouvelle belle-mère et les filles de celle-ci, Anastasie et Javotte. Mais lorsque le père d’Ella meurt à son tour, la jeune fille se retrouve à la merci de sa nouvelle famille, jalouse et cruelle. Les trois méchantes femmes font d’elle leur servante, et la surnomment avec mépris Cendrillon parce qu’elle est toujours couverte de cendres…
Je le disais il y a quelques semaines, j’adore les contes de fées depuis toujours. Lorsque ce film est sorti au cinéma, j’ai regretté de ne pas avoir le temps ni l’énergie d’aller le voir. Aussi est-ce avec joie que j’ai découvert qu’il était disponible sur le système de divertissement en vol lors de mon trajet Paris-New York.
On m’avait dit que les costumes étaient très beaux et, effectivement, ils le sont. J’ai beaucoup apprécié l’idée d’habiller les “bons” héros en tenue 19ème et de laisser la méchante belle-mère et les belles-soeurs en tenues de la première moitié du 20ème siècle. Cate Blanchett est magnifique dans ses robes 1930-50 alors que ses filles sont parfaitement ridicules dans leurs vêtements rigoureusement assortis, ce qui est sans nul doute le but. En revanche, j’aimerais qu’on m’explique comment Lily James fait pour avoir une taille aussi fine… La rumeur disait que celle-ci avait été numériquement rétrécie, et j’aurais tendance à le croire !
Néanmoins… c’est à peu près l’unique qualité du film à mes yeux. On suit les mésaventures de Cendrillon à un rythme régulier, jusqu’à la fameuse rencontre avec le prince. Et force est de constater qu’en fait, il ne se passe rien. Le prince – Richard Madden, alias Robb Stark – contemple de ses (très beaux) yeux bleus le vide intersidéral du scénario. Lily James sourit toujours ou presque. Les héros échangent à peine quelques banalités mais tombent éperdument amoureux l’un de l’autre sans qu’on en connaisse exactement les raisons – au moins dans A tout jamais, la version de Cendrillon avec Drew Barrymore (dont je suis très fan), l’héroïne faisait la morale au prince et ne s’en laissait pas conter.
Mais ce qui m’a le plus dérangée, c’est la passivité de Cendrillon. Certes le personnage n’est pas le plus intéressant des contes de fée, mais elle persiste à s’humilier et à répéter comme un leitmotiv la recommandation de sa mère mourante “Sois courageuse et gentille” dès qu’une avanie lui tombe sur la tête. Moi, j’aurais plutôt envie de lui foutre des baffes. Elle est incapable de se prendre en main et attend qu’on vienne la sortir du guêpier. Même lorsqu’il est question d’essayer la pantoufle, elle ne bouge pas du grenier où on l’a confinée, se contentant de pleurer son amour (presque) perdu et d’être sauvée par le prince en personne.
Le seul moment où l’intrigue s’éloigne un tout petit peu du dessin animé et où Ella semble manifester un semblant de personnalité est gâché moins de 10 minutes plus tard lorsqu’elle annonce royalement à sa belle-mère : “Je vous pardonne”. Aurait-il été si compliqué d’insuffler davantage de modernité à ce personnage ?
Au final, vous vous en doutez, j’ai été très déçue. Surtout, je suis un peu inquiète car c’est typiquement le genre de film que j’irai volontiers voir avec la Crevette quand elle sera plus grande, et je n’aime pas du tout l’image de la femme qu’il véhicule : soit elle se soumet docilement et sera sauvée par l’ “amour”, soit elle se révolte, tente de se frayer sa propre route et devient la méchante, la sorcière. Si le conte d’origine n’était pas forcément très subtil, cette version est franchement rétrograde.