Mémoires d’un bison

zeta acostaSan Francisco, été 1967. Rongé par les ulcères et la psychanalyse, Oscar Acosta plante son job d’avocat à l’aide sociale. Filant sur les routes de l’Ouest, halluciné, il se livre : l’enfance déçue, le malaise d’être né basané, son obésité, la découverte du sexe, le bal des drogues… – folies qui nourriront son œuvre, hantée par la discrimination raciale et la quête identitaire.


Lors de la ronde des poches organisée l’été dernier par Armalite, Audrey m’avait d’abord envoyé Quand l’empereur était un dieu, de Julie Otsuka que, malheureusement, j’avais déjà lu en VO à sa sortie. Du coup, elle a décidé de me renvoyer un livre. Je vous avoue que, lorsque j’ai parcouru la quatrième de couverture, j’ai eu un gros moment de doute : c’était typiquement le genre de lecture qui ne m’attirait pas du tout. J’ai posé le livre sur ma PAL, plus ou moins en évidence sur mon bureau, en attendant que l’inspiration vienne.

Bizarrement, la semaine dernière, j’ai décidé de m’y mettre. Malgré un premier chapitre particulièrement cru et “poisseux”, une écriture volontiers vulgaire et heurtée, un sujet qui ne me tentait pas plus que cela… je me suis accrochée et je n’ai plus lâché ce bouquin. En dehors des moments de “trip” qui ne sont pas vraiment mon délire (ah, ah), et qui m’ont rappelé la lecture de Bleu presque transparent il y a bientôt 15 ans, j’ai beaucoup aimé la quête du narrateur, Américain d’origine mexicaine, qui décide de tailler la route pour tenter de trouver qui il est. La pauvreté, le racisme (subi et appliqué aux autres), la tentative d’ascension sociale, le sentiment d’imposture, la révolte… Cela m’a ouvert les yeux sur tout un pan de la culture et de l’histoire américaine que j’ignorais.
Doté d’un grand sens de la mise en scène et de l’auto-dérision, ainsi que d’une certaine capacité à se fourrer dans des situations invraisemblables, Oscar Zeta Acosta nous livre en réalité un autoportrait sans concession, mettant en lumière l’impossible adaptation de celui qui ne sait que faire de ses origines. Même si cette lecture ne laisse pas indemne, même si elle n’épargne rien entre scènes de cul peu ragoûtantes, trips hallucinés et crises d’ulcères, je vous la recommande (à condition que vous n’ayez pas l’estomac fragile).

Avec neuf mois de retard, donc, un grand merci à Audrey pour son envoi !

2015 Reading Challenge : A memoir

Schönbrunn, sur les traces de Sissi et Marie-Thérèse

Note : comme pour la visite du Belvédère, il est interdit de prendre des photos à l’intérieur des bâtiments. J’ai donc dû utiliser les (rares) photos disponibles sur le site du château pour illustrer mon propos.


Dimanche, pour finir en beauté – et parce que c’était à un jet de pierre de l’hôtel – l’Anglais et moi sommes allés visiter le célèbre château de Schönbrunn. Si jamais vous ignoriez que Vienne était la ville de Sissi, là, il est impossible d’y échapper ! Mais commençons par le début…

La façade sur le parc, depuis les allées
La façade sur le parc, depuis les allées

Nous entrons par les jardins, ce qui est fort agréable : l’heure est relativement matinale, il n’y a pas trop de monde (essentiellement des Viennois venus faire leur jogging ou promener leurs enfants) et le temps est agréable. Le parc sort tout juste de l’hiver, la plupart des arbres sont encore nus, mais on distingue au loin la serre aux palmiers, ainsi que la Gloriette. La perspective n’est pas sans rappeler Versailles… et pour cause : c’est un élève de Le Nôtre qui a conçu et dessiné les jardins.

La serre aux palmiers, à la belle architecture 19ème (non, je ne suis pas ironique, pour une fois)
La serre aux palmiers, à la belle architecture 19ème (non, je ne suis pas ironique, pour une fois)

Après avoir admiré la façade, la perspective et la Gloriette (un pavillon situé en hauteur face au château, au milieu du parc), nous décidons de prendre nos billets. Le système est intelligent : vous choisissez le type de billet (Imperial Tour, Grand Tour, Classic Tour…) et la machine vous dit à quelle heure vous présenter à la porte. Pour être dans les temps, nous arrivons avec 5mn d’avance, et… c’est un peu le drame : le système fonctionne bien, sauf que juste derrière la queue pour les audioguides ralentit toute la file (visiblement, il n’y a qu’une ou deux personnes préposées). Nous avons mis une demi-heure à atteindre l’escalier montant aux appartements, soit le temps déjà passé à attendre dans les jardins de pouvoir rejoindre la porte. Hem.

La grande galerie aux plafonds ornés de fresques allégoriques à la gloire de Marie-Thérèse (Louis XIV n'a qu'à bien se tenir)
La grande galerie aux plafonds ornés de fresques allégoriques à la gloire de Marie-Thérèse (Louis XIV n’a qu’à bien se tenir)

Nous avons choisi le “Grand Tour”, soit les appartements impériaux de Sissi et François-Joseph, plus (et surtout !) ceux de Marie-Thérèse d’Autriche. Comme nous avons négligé les audioguides (je déteste les audioguides) et les dépliants, nous nous retrouvons comme deux idiots : il n’y a pour ainsi dire aucun cartel ! C’est une maladie, ou quoi ? Autant à Versailles ou Carnavalet, vous avez un petit chevalet qui détaille les meubles et oeuvres d’art exposés, autant là, presque rien hormis, parfois, une explication sur le rôle de la pièce. Bien. Bien, bien, bien. Heureusement qu’on connaît l’art occidental, quoi.

Le salon "Vieux laque" (en français dans le texte), absolument sublime
Le salon “Vieux laque” (en français dans le texte), absolument sublime

Alors, soyons francs, les appartements de Sissi et François-Joseph, c’est pas mal, mais sans plus. En revanche, les salles décorées par Marie-Thérèse sont remarquables (on aime ou on n’aime pas, bien sûr, mais quel travail) : le salon vieux laque, orné de laques chinois noirs à la mort du co-consort François, le “salon du million” intégralement doré (ça pique les yeux), le minuscule salon bleu orné de chinoiseries, la grande galerie et ses peintures allégoriques (expliquées !)… C’est assurément la partie du château qui vaut vraiment le coup. Seul bémol : c’est très petit et il y a beaucoup de monde, donc ça se bouscule et, forcément, les parois, portes et fenêtres sont protégées par des plaques de plexiglas pour éviter les dégâts. En fait, on se croirait à Versailles, mais avec beaucoup moins d’espace.

Le pavillon de la Gloriette (oui, je le mets ici, je n'ai vraiment pas pléthore de photos)
Le pavillon de la Gloriette (oui, je le mets ici, je n’ai vraiment pas pléthore de photos)

Après un passage obligé par la boutique à la gloire de Sissi (quelqu’un veut-il une boule à neige, l’intégrale des films, un napperon en macramé à la gloire de l’hystérique la plus célèbre au monde ?), nous ne sommes pas fâchés de sortir. Il nous reste un peu de temps, et je propose de faire le musée des carrosses, tout proche. J’ai déjà vu le musée des carrosses de Versailles, alors je m’attends à une quinzaine, peut-être un peu plus de véhicules de toutes les époques. Eh bien non.

Source
Source
Source
Source

Le musée présente la collection des Habsbourg, depuis le 18ème siècle jusqu’à l’abdication de la dynastie. Du coup, on a droit à un panorama très complet de ce mode de transport, des évolutions et améliorations de celui-ci (jusqu’à une automobile). On nous explique que les voitures impériales étaient toutes peintes de la même couleur, qu’elles avaient priorité sur toutes les autres voitures, qu’on pouvait connaître le rang de la personne à bord grâce aux liserés dorés… On peut admirer des voitures pour les enfants impériaux (dont celle du roi de Rome, fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise, tirée par des moutons), les carrosses de couronnement et de mariage, héritages baroques de Marie-Thérèse, somptueux comme des meringues dorées, les voitures plus élégantes et légères du 19ème siècle, des traîneaux… Des livrées de postillons et quelques tenues de cour sont aussi exposées.

Cerise sur le gâteau : une courte exposition sur le Congrès de Vienne et la logistique du transport et de l’hébergement des souverains et de leurs suites à Vienne, ainsi que sur le défilé aux flambeaux en traîneaux organisé en janvier 1815. C’était à la fois intéressant et un pendant ludique à la grosse exposition vue au Belvédère.

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Après tout cela, il était temps de déjeuner, et nous nous sommes rendus au café Dommayer, non loin.

10 Things I liked this week #28

Après l’épiphanie du week-end à Vienne, je m’attendais bien évidemment pas à une semaine remarquable, mais celle-ci est carrément devenue pénible : depuis mercredi, l’Anglais et la Crevette sont malades et passent leur nuits à tousser (à des horaires différents, bien sûr, sinon c’est pas drôle), et Monsieur a carrément été transformé en zombie par l’épuisement. Du coup, j’ai un peu géré comme j’ai pu (ce qui explique mon silence ici). Toutefois, tout n’était pas à jeter

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  • Lundi matin, nous avons récupéré la Crevette après quatre jours de séparation. On a beau être ravis de passer un week-end en amoureux, ça fait toujours plaisir de la revoir 🙂
  • Lundi soir, j’ai dîné avec Shermane & Malena au resto coréen. Discussion à bâtons rompus et fous rires, c’était une excellente soirée.
  • En plus, Malena a eu l’extrême gentillesse de nous apporter des chocolats.
  • Il a fait un temps superbe la majeure partie de la semaine, et j’ai même pu sortir sans collants deux jours d’affilée.
  • Jeudi, je me suis rendue (à reculons) à ma première séance de reiki. Disons que c’était… intéressant. Oh, et plus jamais je ne hausserai les épaules en disant que la visualisation, ce n’est pas pour moi.
  • J’ai dévoré le roman d’Adrien Goetz mettant en scène les nouvelles aventures d’Arsène Lupin.
  • Samedi, après un essai infructueux la veille, j’ai pu me procurer le nouvel exemplaire de la revue 180°C, mon plaisir bisannuel.
  • Nous avons mangé les premières fraises et les premières asperges de l’année ! Si les fraises était bonnes sans plus, les asperges (rôties au four à l’huile d’olive) étaient divines.
  • J’ai reçu un très gentil message d’une lectrice qui venait de remporter un concours sur ma page FB (en même temps, elle n’allait pas m’insulter, mais ça fait toujours plaisir).
  • Vendredi, en rachetant un fond de garde-robe à la Crevette, je me suis offert une ravissante robe bleue chez Monoprix.

Voilà ! Je vous avoue que je ne suis pas fâchée d’en voir le bout. Et vous, cette semaine ?

La nouvelle vie d’Arsène Lupin

Arsène LupinArsène Lupin revient. Un héros des années 10, lui ? Oui : des années 2010 ! Le gentleman-cambrioleur, plus sportif, gouailleur, élégant et désinvolte que jamais, détrousse les réseaux sociaux, enlève les scénaristes de sa série télévisée favorite, s’attaque au changement climatique, s’envole vers les émirats, et va jusqu’à faire invalider les comptes de campagnes du nouveau président de la République…


J’aime, que dis-je, j’adore le personnage d’Arsène Lupin et les romans rédigés par son “biographe” Maurice Leblanc. J’ai lu et relu certaines de ses aventures, les apprenant par cœur, tandis que d’autres me glaçaient d’effroi (L’île aux trente cercueils, au hasard). J’ai détesté (le mot est faible) le film de 2004 avec Romain Duris.
A côté de cela, j’aime d’amour Adrien Goetz et sa série historico-artistico-policière des Pénélope – j’avais chroniqué Intrigue à l’anglaise et Intrigue à Versailles, entre autres. Alors, lorsque j’ai découvert que l’un de mes écrivains favoris avait décidé de ressusciter le héros de mon adolescence, je me suis ruée sur ce livre.

Bien m’en a pris ! C’est un livre formidable : sans se départir de son style, fait de phrases claires, d’aimable ironie et de considérations artistiques, Goetz parvient à rendre à Lupin sa verve et son caractère. On croirait lire une oeuvre posthume et oubliée de Maurice Leblanc.
Chaque chapitre, dont le titre reprend celui d’une aventure passée (“La demoiselle aux yeux verts”, “Le bouchon de cristal”…), constitue une histoire indépendante, mais tous sont reliés par un fil rouge. L’auteur prend également soin de faire des allusions à la vie artistique et culturelle actuelle : Christian de Porzamparc devient Tristan de Paremparz, Herlock Sholmès est un héros de la BBC, Jirô Taniguchi est Juzo Tadamichi…. et ça marche.
Je n’ai pas pu lâcher ce roman, qui se lit tout seul et est assez court. C’est drôle, intelligent, divertissant, très bien fait. Je vous le recommande donc chaudement.

La nouvelle vie d’Arsène Lupin, Adrien Goetz, Grasset

2015 Reading Challenge : a book by an author you love that you haven’t read yet

L’Alphabet costumé – A

Sur une idée originale d’Emmanuelle, j’ai décidé (d’essayer) de m’habiller en fonction de l’alphabet un jour par semaine, normalement le lundi. Pour ce premier essai, je n’étais pas du tout organisée : il m’a fallu une journée pour trouver le thème, une journée pour rassembler les affaires (aller chercher l’arc de monsieur à la cave, quoi) et une journée pour me bricoler une tenue, très loin de ce que j’avais imaginé (je voulais faire un longbowman, on n’y est pas vraiment !).
Donc, sans plus vous faire languir, voici ma tenue : archère.

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On remarquera que j’ai toujours l’air aussi détendu sur les photos… N’oubliez pas de noter l’élégant (hem) décor fin 20ème-début 21ème, et le chat qui se planque (il a bien raison, j’aurais été capable de l’embrocher).
A lundi, si le cœur vous en dit !

Vienne – Le Belvédère

Note : les clichés d’extérieur sont de moi, les autres ont été récupérées sur Wikipedia, car il est interdit de prendre des photos à l’intérieur du musée.

Samedi matin, l’Anglais et moi avions décidé d’explorer une infime partie de ce Vienne a à offrir en matière de monuments, avant de rentrer nous préparer pour le bal (nous avions prévu d’être de retour à 15h à l’hôtel). En route, donc, pour le Belvédère.

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Il s’agit d’un palais en deux parties, le Belvédère supérieur et le Belvédère inférieur, édifié au début du 18ème siècle par le prince Eugène de Savoie, alors auréolé de gloire militaire. Si l’extérieur peut nous apparaître très classique avec sa belle façade blanche et régulière et ses jardins à la française, l’intérieur est un bijou d’architecture baroque : du marbre, des lustres en cristal, des fresques en trompe-l’oeil, des salles immenses… c’est assez ahurissant.

La Marmorsaal avec ses lustres
La Marmorsaal avec ses lustres
La même, avec le plafond
La même, avec le plafond
La (minuscule) chapelle
La (minuscule) chapelle

Le Belvédère supérieur abrite les galeries d’art autrichien, avec les expositions permanentes. C’est là, notamment, que sont présentées les oeuvres les plus connues de Klimt : Le baiser et Judith I. On y trouve également d’autres oeuvres de Klimt, de Schiele, des portraitistes du 18ème siècles et des peintres de paysages, ainsi que les célèbres têtes de Messerschmidt.

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Messerschmidt,_Yawning

Le Belvédère inférieur, séparé du premier bâtiment par un élégant jardin à la française orné de sculptures et de bassins, est tout aussi richement décoré, mais abrite les expositions temporaires ainsi que, dans les écuries, les galeries d’art médiéval.

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Il y avait trop de lumière pour mon appareil photo...
Il y avait trop de lumière pour mon appareil photo…

Si nous n’avions pas le temps pour les secondes, nous avons pu passer un long moment à visiter l’exposition en cours : “Europe in Vienna – The Congress of Vienna, 1814-1815” (L’Europe à Vienne – Le Congrès de Vienne, 1814-1815).

 wienerkongress_05Après la première défaite et l’abdication de Napoléon, en 1814, les souverains alliés et leurs représentants se sont réunis à Vienne pour décider des conditions de la paix et du partage des anciennes possessions de l’Empire. Bon, le retour de Bonaparte et les Cent-Jours ont un peu fichu tout ça en l’air, mais un traité a fini par être signé après l’ultime défaite de Waterloo, ouvrant la voie à d’autres traités internationaux de grande envergure.

L’exposition offre un panorama fourni et très complet du Congrès : les puissances représentées, la France, Napoléon, mais aussi la vie culturelle et intellectuelle à Vienne, le défi que représentait l’hébergement de tant de souverains dans la capitale autrichienne…

L'entrée triomphale de l'empereur autrichien dans Vienne
L’entrée triomphale de l’empereur autrichien dans Vienne

Parmi les pièces présentées, on peut admirer le célèbre tableau de David, Napoléon franchissant le Grand-Saint-Bernard, mais aussi des objets tels que le coquetier de voyage de l’Empereur et son étui, différents portraits des souverains européens, des cartes d’état-major ou topographiques, des caricatures, des vêtements (même si la plus belle robe venait… du Musée des Arts Décoratifs), des objets d’arts… la liste, déjà longue, est loin d’être exhaustive.
Un petit bémol, cependant : si les œuvres sont toutes dotées de cartels intéressants et traduits en anglais (tous ! pas comme au Louvre, au hasard), cela manque d’un panneau récapitulatif à l’entrée de chaque salle. Là : rien, pas même un vague descriptif pour nous donner le thème global. Il faut deviner à chaque fois (et ce n’est pas plus mal que je sois en train de réviser cette période pour des raisons professionnelles). Du coup, nous avons acheté le catalogue, qui est une vraie mine.

Après cette longue visite, nous avons fait un détour rapide par l’ambassade de France (superbe !) et le Pavillon de la Sécession, avant de rentrer à l’hôtel nous préparer pour la soirée…

Le songe d’une nuit d’été – Comédie-Française

songedunenuitdeteA Athènes, Thésée s’apprête à célébrer ses noces avec Hippolyte, la reine des Amazones. Dans la forêt avoisinante, Obéron, roi des elfes, se dispute avec Titania, sa femme, au sujet de leurs nombreuses conquêtes passées et présentes. Ajoutons deux couples d’amoureux contrariés – Hermia, qui est amoureuse de Lysandre mais promise à Démétrius, lequel est aimé d’Héléna – et des artisans partis répéter une tragédie pour les noces de leur duc, avec le truculent Bottom. Tout ce petit monde finit par se retrouver dans la forêt, où les sortilèges d’Obéron, aidé par le lutin Puck, vont semer la confusion au cours d’une nuit dont personne ne saura vraiment si elle est un rêve, un jeu ou un fantasme. Un songe ?


C’était remarquable. Outre la pièce – que je n’ai lue qu’une seule fois il y a une bonne quinzaine d’années – qui est extrêmement drôle, les acteurs étaient talentueux et se donnaient à fond. J’ai adoré la mise en scène, qui intégrait certains personnages dans la salle (et qui m’a permis de faire la bise à Michel Vuillermoz, moment d’émotion), et dépoussiérait franchement le côté quelque peu pompeux qu’on aurait pu redouter, d’autant que la nature même du théâtre élisabéthain se prête mieux, je trouve, à l’inventivité que notre théâtre classique. En outre, la traduction a été modernisée juste ce qu’il faut pour rendre le propos encore plus pertinent.

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Nous avons été conquis : je n’avais pas ri comme ça, et a fortiori au théâtre, depuis Aucassin et Nicolette en novembre dernier. A la fin, j’en avais les larmes aux yeux et j’avais du mal à respirer. Mention spéciale aux acteurs qui interprètent Puck et Obéron, qui font preuve d’un talent comique et d’une endurance à toute épreuve.

Si vous en avez la chance de dénicher des places, courez-y. La pièce est à l’affiche jusqu’au 25 mai.

Le songe d’une nuit d’été, Comédie-Française, salle Richelieu

Vienne – Promenade dans Innere Stadt

Allez, je ne vous fais pas languir davantage, je sens que vous mourez d’envie d’en savoir plus sur notre séjour. Puisqu’un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, je vais commencer par un petit diaporama de notre balade dans la vieille ville de Vienne, Innere Stadt. Promis, je vous ferai quelques articles plus détaillés plus tard.

Nous avons donc débuté la visite en quittant le métro à Karlsplatz, juste à côté de l’opéra de Vienne :

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Le bâtiment est surmonté de statues...
Le bâtiment est surmonté de statues…
...et dispose de galeries couvertes
…et dispose de galeries couvertes

Puis nous avons marché jusqu’à la Hofburg, le palais impérial, dont la vaste cour intérieure permet d’admirer la façade semi-circulaire. Sauf quand, bien évidemment, ladite cour est envahie de tentes en prévision de l’arrivée du marathon de Vienne.

La fameuse façade, donc
La fameuse façade, donc
Une des fontaines ornant la façade extérieure
Une des fontaines ornant la façade extérieure
La serre, à l'entrée des jardins
La serre, à l’entrée des jardins

Puis nous arpentons les rues bordées de magnifiques immeubles, aux façades souvent colorées.

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Pour déboucher devant la cathédrale St. Stefan (Saint-Etienne en français, allez comprendre…), qui fut la plus haute d’Europe jusqu’à la construction de la cathédrale de Strasbourg.

On n'a pas beaucoup de recul, malheureusement...
On n’a pas beaucoup de recul, malheureusement…
Pour vous donner une idée de la hauteur sous plafond
Pour vous donner une idée de la hauteur sous plafond

Le monde et la fatigue nous font capituler avant la visite du monument. Ce sera pour une autre fois ! Du coup, direction l’Ankeruhr, une horloge construite au début du 20ème siècle au décor très ouvragé. A chaque heure correspond un personnage célèbre de la ville (notons que pour 12 heures il y a une seule femme, l’impératrice Marie-Thérèse) et une mélodie.

Si nous avons bien assisté au passage de témoin entre Marc-Aurèle et Charlemagne, nous n'avons toutefois pas entendu l'air qui l'accompagnait
Si nous avons bien assisté au passage de témoin entre Marc-Aurèle et Charlemagne, nous n’avons toutefois pas entendu l’air qui l’accompagnait

Puis nous avons poursuivi jusqu’à la petite église Saint-Rupert, la plus ancienne de la ville, dont les fondations remontent à l’époque médiévale.

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Nous finissons cette longue balade à l’église des dominicains, attenante au couvent. La façade blanche assez simple dissimule un décor intérieur extrêmement baroque : dorures, fresques, grandeur… Combiné à la lumière qui entrait à flots et à la fraîcheur presque humide typique des églises, c’était assez irréel (surtout quand on pense que les dominicains sont censés être un ordre mendiant – corrigez-moi si je me trompe).
Autre point très agréables : nous étions seuls ! Après la foule de Stefanplatz, c’est un répit bienvenu.

La nef
La nef
Le plafond
Le plafond
La chaire
La chaire

Epuisés par la marche et le soleil, nous finissons par nous poser quelques instants dans Stadtpark, avant d’aller déjeuner (à 16h30 !) sur les bords du canal de la Vienne.

10 Things I liked this week #27

Quelle semaine, mon Dieu ! Des rencontres, une vie sociale, et un week-end en apothéose à Vienne, ça valait vraiment le coup. Voici mon récapitulatif du dimanche soir.

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  • Lundi, nous avons reçu la visite de C.euh et de son cher et tendre. Même si ce fut assez court, c’était un moment agréable et joyeux.
  • Le soir, l’Anglais nous a préparé des frites maison. Absolument délicieuses et pas trop grasses, un vrai bonheur.
  • Mardi soir, nous avons dîné entre amis. Ces occasions passent toujours trop vite, tant la compagnie est agréable et la nourriture délicieuse.
  • D’ailleurs, Cha, la maîtresse de maison, nous a offert Bonne nuit, petit monstre vert, pour l’anniversaire de la Crevette. J’en avais beaucoup entendu parler et souhaitais le découvrir, c’est donc chose faite !
  • Jeudi midi, j’ai découvert une jolie carte postale envoyée par Lou² depuis l’exposition sur les bas-fonds du baroque. Ca m’a fait extrêmement plaisir, avouons-le.
  • Jeudi soir, l’Anglais et moi sommes allés au théâtre – je vous en reparle très vite, mais il me suffit de dire que je n’avais pas autant ri depuis très longtemps !
  • En rentrant, ma Gambettes Box, que je n’espérais pas de si tôt, m’attendait dans ma boîte aux lettres.
  • Vendredi matin, nous sommes partis à Vienne, que nous avons pu visiter en partie – je vous en reparle très vite, naturellement – malgré un emploi du temps très chargé.
  • Samedi soir, cause principale de notre déplacement à Vienne, nous avons participé à un bal Second Empire dans un palais au cœur la ville. C’était magique!
  • Notre séjour fut aussi l’occasion pour moi de rattraper mes lacunes culinaires : sachertorte (sur la photo), linzertorte, kuglhupf… Je ne dirai qu’un mot : miam.

Au fait

En mai dernier, notre associaton de danse ancienne nous a proposé de participer à un bal en crinoline à Vienne. Shootée au baby-blues et au manque de sommeil (et un peu aux films de Sissi, je le confesse), j’ai entrevu une échappatoire et ai annoncé à l’Anglais qu’on partait et que ce n’était pas négociable. Je crois que j’ai eu l’air suffisamment vindicatif pour que monsieur juge préférable de céder.

Eugénie

Toujours est-il que, onze mois plus tard, nous y sommes ! Ce soir nous assistons à un concert, demain le bal en grande tenue et tout et tout. Bon, je m’y suis bien évidemment prise au dernier moment et je suis certaine d’oublier des trucs, mais on va danser la valse à Vienne… je suis joie, paix et amour de mon prochain.
A lundi !

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