Prescription cocktail club

Hier soir, je devais retrouver Armalite et M. Tout-le-Monde (alias Chouchou) pour aller boire un verre dans Paris. Compte tenu de mon passé de fêtarde (hem) et du fait que je n’ai pas trop mis un pied hors de la maison pour picoler depuis plus d’un an, mais que j’étais tout de même la Parisienne du lot, j’ai proposé de nous rendre au Prescription Cocktail Club.

Photo de merde prise à l'iPhone, merci de votre compréhension
Photo de merde prise à l’iPhone, merci de votre compréhension

Depuis notre séjour à Seattle en 2012, l’Anglais et moi avons été pris par la passion des cocktails, au point que monsieur me fait de temps en temps un petit mix rien que pour moi. Et comme nous avions envie de retrouver l’atmosphère qui nous avait plu dans les bars locaux, nous avons dégoté cette adresse dans le Lonely Planet. Nous nous y sommes donc rendu au début de l’été 2013. Je soupçonnais ma grossesse – mon test m’a confirmé le lendemain que j’attendais une Crevette – aussi ai-je bu un peu plus que de raison ce soir-là, en prévision de la longue disette qui m’attendait.

photo 2 (3)L’endroit est de dimensions restreintes mais beau : un bar qui longe le mur droit, un escalier contourné pour gagner l’étage, un mur recouvert de papier peint japonisant, des petites banquettes ou des tabourets bas autour de tables rondes… Bien évidemment, pour aller avec l’ambiance, peu de lumière, essentiellement des bougies et des miroirs, mais cela convient bien.

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Les cocktails proposés ne sont pas des classiques (ou alors, avec un twist), mais des créations, qui changent en fonction des saisons – il existe également une ou deux options sans alcool. Mon choix s’est porté sur une “mazarinette” (appelez-moi Marie Mancini) : gin Broker’s et gin Sloe, fraise fraîche, champagne, citron, sirop de rhubarbe. Grâce au gin, ce cocktail n’est pas du tout sucré – j’ai une sainte horreur du mélange sucre/alcool, ce qui ne me facilite pas la vie – et le champagne apporte une touche pétillante sans être trop présent ni écraser les autres ingrédients. C’était tellement bon que j’en ai repris un, dis donc.

Le bar propose également quelques petites choses à déguster pour éponger l’alcool. Si nous n’avons pas commandé cette fois-ci, je garde un souvenir ému de mon passage avec l’Anglais, où nous avions dégusté du jambon à la truffe à tomber par terre.

Une seule critique ? Les prix, très parisiens. Mais je pense ça les vaut, car on se trouve en plein quartier de l’Odéon, et les cocktails sont vraiment délicieux. Si vous devez emballer, c’est un bon endroit pour le faire !

Prescription Cocktail Club, 23 rue Mazarine, 75006 Paris

Déboutonner la mode

deboutonner-la-modeEncore une sortie, et culturelle, en plus ! Je pense qu’il va neiger…
Hier, je suis donc allée visiter l’exposition “Déboutonner la mode” au musée des Arts Décoratifs car, même si je n’étais pas plus intéressée que cela, une amie me l’avait recommandée pour mes recherches romanesques.

L’exposition part de la collection de boutons de Loïc Allio, acquise récemment par le musée. Après une rapide introduction sur les matières employées pour la fabrication du bouton – allant du bois au plastique en passant par la paille, la passementerie, le verre, les métaux… – on suit un parcours chronologique débutant vers 1750.
D’ornement exclusivement réservé aux hommes, on en suit l’évolution et la façon dont l’anglomanie permet aux femmes de s’approprier l’accessoire (grâce par exemple à la robe redingote).

Robe redingote, vers 1790
Robe redingote, vers 1790

L’exposition présente les différents corps de métiers impliqués dans la fabrication du bouton – où l’on s’aperçoit qu’en fonction de la matière, ce n’étaient pas les mêmes artisans – les modes – “à la Buffon”, ornés de rébus, à l’antique – et même les implications politiques (pendant la Révolution). Ensuite, on voit comment le bouton remplace peu à peu le laçage, notamment dans l’habillement féminin, devenant symbole de maîtrise du corps et du vêtement.

Robe redingote "à la hussarde" vers 1820
Robe redingote “à la hussarde” vers 1820

Dans la seconde partie de l’exposition, consacrée au XXème siècle, le classement chronologique, s’il est toujours présent, cède peu à peu la place aux grands noms de la couture, notamment française. On se concentre peu à peu sur le rapport de Balenciaga, Courrèges, Saint-Laurent et consorts à cet ornement. La façon dont ils en ont usé, leurs rapports avec leurs fournisseurs, l’influence toujours croissante des artistes…

Boutons allégoriques, 18ème siècle
Boutons allégoriques, 18ème siècle

Au final, j’ai trouvé cette exposition pas inintéressante mais assez brouillonne. Les cartels étaient parfois très succincts (“boutons” – ah merci, j’aurais pas cru), souvent très éloignés des objets présentés (il fallait faire plusieurs allers-retours pour mettre en rapport l’objet et son explication, au point que j’ai parfois lâché l’affaire), la numérotation ne correspondait pas toujours. En outre, comme ce sont des objets de dimensions modestes, les visiteurs se pressent tous aux mêmes endroits et l’oeil finit par se fatiguer. Je n’ai également pas trop accroché au parti pris de ne plus présenter que des créateurs contemporains à la fin, comme s’il fallait se ménager les maisons de couture.
Enfin – mais là ça n’a rien à voir – j’ai trouvé le public particulièrement malappris : des gens dont le téléphone a sonné plusieurs fois (et qui ont tenu leur conversation de sorte que tout le monde suivait), d’autres qui parlaient très fort ou prenaient des photos avec le “flash” de l’iPhone… Bof.

C’était donc un bilan en demi-teinte pour moi. Je me demande s’il n’aurait pas été plus pertinent de scinder l’exposition en deux : une pour la mode ancienne, une pour les créateurs contemporains ?

Déboutonner la mode, jusqu’au 19 juillet 2015, Musée des Arts Décoratifs (11€)

Betjeman & Barton

Mardi, poursuivant mon objectif “rattraper mon retard de vie sociale”, j’avais proposé à Shermane d’aller tester le salon de thé de la marque Betjeman & Barton, boulevard des Filles du Calvaire. En outre, cela nous donnait une occasion de commencer à former les binômes du swap pays.

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L’endroit est clair, propre et… vide ! Un mardi à l’heure du déjeuner, nous étions les seules (la femme de ménage était encore en train de s’activer). La déco est élégante, avec une touche de folie dans la vitrine – deux énormes fauteuils baroques tendus de fausse peau de serpent ou de galuchat mauve, sur lesquels nous avons pris place. En dehors de cela, il y a une table haute avec des sièges assortis, comme dans un bar (l’espace est d’ailleurs présenté comme un “bar à thé”).

Comme c’était l’heure du déjeuner et que, mine de rien, j’ai toujours faim, nous avons commandé du thé et des gâteaux (il n’y a pas de salé à la carte, seulement des sponge cakes ou, le week-end, des pâtisseries un peu plus élaborées). Mon choix s’est porté sur un hanami, un thé noir aux fleurs (jasmin, héliotrope, tiaré, mauve et violette) et aux fruits (fraise, framboise, cherimoya) avec une touche de vanille. Première bonne surprise, en dépit de son nom, ce thé ne cherche pas à “faire japonais”. Son parfum est agréable, sans être écrasant et, pour peu qu’on aime les fleurs, le goût en est délicieux. J’ai été sous le charme dès qu’on me l’a fait respirer “à sec” et définitivement conquise à la première gorgée. Le sponge cake nature qui l’accompagnait était bon, frais et moelleux.

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Une fois les binômes à peu près constitués et nos estomacs rassasiés, nous avons enchaîné sur la seconde partie de la visite : les courses. Ce fut un carnage.
A titre personnel, j’étais venue parce qu’on m’avait vanté les qualités de l’earl grey local – or l’earl grey est un peu ma madeleine de Proust et je suis prise d’une passion renouvelée pour ce mélange depuis quelques mois – aussi me suis-je jetée sur leur finest, dont le parfum est tout simplement sublime. Je ne l’ai pas encore goûté (honte à moi), mais il embaume déjà mes placards.

Je ne pouvais pas passer à côté...
Je ne pouvais pas passer à côté…

Ensuite, j’ai également choisi du hanami – puisqu’il m’avait tant plu – dans une jolie boîte orangée. Je n’aurais pas forcément associé ce thé à cette couleur, mais je n’ai pas pensé à demander un changement, contrairement à Shermane, qui fut plus dégourdie que moi sur la question.
Inspirée par la carte, j’ai pris une balade irlandaise pour monsieur, un thé noir parfumé à la crème de whisky, que nous avons testé hier. Si l’on perçoit avant tout des notes de caramel et de chocolat, l’âpreté du breuvage se retrouve, et mon Anglais a été conquis. Je le suis un peu moins mais, en même temps, je n’aime pas le whisky…
Puis ce fut le tour d’un summer blend, un thé noir – oui, je n’ai pris que du noir, je suis assez orientée “noir parfumé” et “vert nature”, cherchez pas – parfumé à tous les agrumes : pamplemousse (la note de tête), citron, bergamote, orange, orange sanguine… Le parfum est entêtant et rappelle presque un médicament, et j’ai eu un peu peur de mon choix. Toutefois, la perspective de le boire glacé cet été m’a décidée. En attendant, je l’ai goûté chaud ce matin, et j’ai beaucoup apprécié : le goût est moins prégnant que l’odeur, et le mélange est très rafraîchissant.
Ensuite… ensuite je me tairais, parce que le dernier achat est pour le colis-surprise du 1500ème commentaire !

Au final, nous avons chacune laissé pas mal de plumes dans la visite, mais ce fut avec bonheur. L’endroit est agréable, le service impeccable, l’accueil chaleureux quoique discret – à aucun moment nous n’avons eu l’impression qu’on nous mettait à la porte, bien au contraire – les conseils à la fois efficaces et intéressants. Les vendeuses étaient sympathiques, et même si les conseils pour conserver et infuser le thé (à garder dans une boîte et non dans un sachet, infuser dans un filtre en papier ou en métal, jamais dans une boule…) pouvaient paraître impérieux, c’était dit avec le sourire.
Seul bémol : les toilettes sont inaccessibles pour une personne à mobilité réduite ce qui, quand on boit du thé, est franchement pas terrible.

Bar à thé Betjeman & Barton, 24 boulevard des Filles du Calvaire, 75011 Paris

Complot à Versailles

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Ceci n’est pas tout à fait la couverture originelle, mais on s’en rapproche

1676. Cécile ne cesse de critiquer les nobles. Mais le jour où elle accompagne son amie Pauline, convoquée à la cour du roi Louis XIV pour y être demoiselle de la reine, tout change. Ensemble, elles sont aux premières loges pour observer les intrigues et manœuvres de la cour. Gare aux tourbillons des complots qui pourraient les entraîner bien malgré elles !


J’ai lu ce roman à sa sortie, en… 1993. Ce fut une révélation : l’intrigue, les personnages, le contexte historique bien expliqué sans être pédant, la mise en scène aussi bien dans les milieux populaires qu’à la cour, les liens amoureux, l’écriture agréable sans être simpliste… je suis tombée sous le charme de ce livre, et je ne m’en suis jamais remise.
Il fut mon doudou quand ça n’allait pas, mon échappatoire, ma part de rêve. J’aimais m’imaginer à la place des personnages, d’autant que j’habitais Versailles à l’époque, et qu’il m’était facile de me rendre sur les lieux de l’histoire. Je l’ai tellement lu que je le connais par cœur et que je peux en réciter des passages. Pour tout vous dire, j’ai même envisagé d’envoyer un message à l’auteur pour lui dire que je trouvais ce livre génial, mais je n’ai jamais osé. Mon choix d’écrire de la romance historique a sans doute été en partie influencé par ce roman.

Un seul regret : j’avais tellement aimé les personnages que je voulais les retrouver, mais peine perdue. Alors quelle ne fut pas ma joie quand, il y a deux semaines, Aurélia, ma super attachée de presse, m’a révélé qu’il existait non pas une, mais deux suites, publiées récemment. Je me suis donc jetée dessus, et ai avalé chaque tome en quelques heures.
La dame aux élixirs et L’aiguille empoisonnée reprennent les thèmes du complot et des poisons. Si La dame aux élixirs reprend tous les personnages déjà rencontrés dans Complot à Versailles, nous permettant de faire la lumière sur certains points demeurés en suspens (notamment la relation entre Pauline et Silvère qui ne cessait de me tracasser, adolescente) et en reprenant le parallèle entre la ville et la cour, et les privilégies face aux miséreux, j’ai un peu moins accroché à L’aiguille empoisonnée. Certes, on retrouve l’écriture élégante, la précision historique (j’ai appris des choses alors que cette période a très peu de secrets pour moi), les personnages que l’on connaît bien, mais j’ai trouvé que l’auteur se concentrait trop sur Cécile (et un peu Guillaume), au détriment des autres. Je trouve même que Pauline passe pour une idiote, ce qui m’a un peu attristée.

Néanmoins, la fin ouverte du troisième opus, ainsi que la référence à A la poursuite d’Olympe, autre roman historique de l’auteur qui se déroule quelques mois plus tard, me font espérer une suite supplémentaire. Que je lirai bien sûr avec passion.

Reading challenge 2015 : a book you can finish in a day

Rappel – swap pays

Source
Source

Si vous voulez rejoindre les 16 personnes inscrites au swap pays, vous avez jusqu’à ce vendredi (minuit) et c’est par ici !
N’ayez pas peur de ne pas avoir de pays à représenter : on trouve toujours 😉

Quant à ceux qui participeront à l’aventure, vous recevrez un e-mail d’ici le début de la semaine prochaine 🙂

À bientôt !

10 Things (and more) I liked this week #24

Quelle semaine, ma foi ! Haute en couleurs et particulièrement intense… mais au final, ce fut un vrai régal. Je ne vous fais pas languir davantage.

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  • Le grand, l’immense bonheur de la semaine, ce fut bien entendu le Salon du Livre et les deux séances de dédicace auxquelles j’ai participé samedi et dimanche. J’adore rencontrer mon lectorat, qu’il soit récent ou ancien, et discuter avec les personnes qui ont fait l’effort de venir me voir.
  • Avant cela, mardi, j’ai fait mon coming out d’auteur et de lectrice de romance, et mon article a reçu un bel écho.
  • Mercredi, je suis allée goûter avec Artus et sa chère et tendre. Bien qu’un peu trop court, ce fut un charmant interlude. Et on a drôlement bien mangé.
  • Jeudi, j’ai retrouvé l’Anglais non loin de son bureau pour un déjeuner en amoureux.
  • Jeudi toujours, mon dernier roman a été chroniqué dans Direct Matin ! Le début de la gloire…
  • Du coup, on a fêté ça au champagne le soir même lors de l’inauguration.
  • Vendredi, je suis allée déjeuner avec Aurélie, mon ancienne éditrice (c’est un peu compliqué). Et puis finalement, on était trois, et c’était bien aussi.
  • Profitant du Salon pour s’offrir un week-end parisien en célibataire, Lucy est venue squatter notre canapé (et nous a apporté quelques souvenirs comestibles de Nancy).
  • Samedi, j’ai enfin pu rencontrer Emmanuelle Nuncq en vrai, alors qu’on est copines sur internet depuis des mois.
  • Tout le week-end, l’Anglais et mes beaux-parents se sont relayés pour gérer la Crevette pendant que je menais ma vie de patachon.
  • D’ailleurs, Malena m’a remis un très joli cadeau pour mademoiselle ! C’était vraiment trop gentil, je suis super touchée.
  • De mon côté, je n’ai pas été en reste : Manue m’a offert un réticule et une petite pochette (pour mes futures cartes de visite) cousues et brodées de ses mains.
  • Samedi soir, Aurélie et moi avons dîné en tête-à-tête dans l’excellent resto japonais non loin du Parc des Expositions, où l’Anglais et moi avions nos habitudes à l’époque où nous habitions le quartier.
  • Toute la semaine, les participants se sont inscrits au swap pays, qui s’annonce du coup drôlement bien.

Que d’aventures ! Quelle semaine effrénée ! D’ailleurs, je suis dans un tel état de surrégime que j’arrive à en faire des insomnies. J’espère que je pourrai dormir dans les jours qui viennent.

Lassitude

Source
Source

A l’heure où mes amies blogueuses mettent en ligne leur revue de presse, je m’aperçois que lire ou regarder les journaux ne m’intéresse plus.
Voilà un moment déjà que la presse “traditionnelle” (les grands quotidiens et, dans une moindre mesure, la télévision) me rebutait. Outre les soucis de ligne éditoriale pour certains, je me retrouvais à toujours remâcher les mêmes informations, généralement désespérantes, culpabilisantes ou bien-pensantes, voire les trois à la fois.
Afin de remédier à la situation, je m’étais tournée vers des sites comme Rue89 (que j’ai fini par lâcher), ou Slate (dans ses versions américaine et française), et je ne m’en trouvais pas trop mal. J’avais un point de vue différent, pas forcément le mien, mais qui avait le mérite d’attaquer l’information de façon différente et de présenter une ouverture sur l’étranger que je ne trouvais pas ailleurs.

Depuis environ trois mois, c’est l’hallali. Sans doute, le mois passé à l’hôpital auprès de la Crevette n’a pas aidé à stimuler mon intérêt, mais le déclin avait commencé à s’opérer. L’information ne m’intéresse plus. J’ai l’impression de saturer, d’avoir lu, absorbé tellement de choses que je fais l’autruche. Bien évidemment, grâce à la magie des réseaux sociaux, à ma vieille habitude de me réveiller au doux son de France Info et à mes alertes info, je garde le fil (même si, par exemple, je n’ai strictement rien à faire des tirages au sort du prochain tour de la Ligue des Champions). Bon, parfois, pas toujours : cela ne fait que deux semaines que j’ai percuté qu’on votait demain…
Mais je n’ai plus l’envie ni l’énergie de lire la presse. Lors des attentats de début janvier, je n’ai pas décroché du fil d’actualité du Monde mais, depuis, rien. Je ne lis quasiment plus que des blogs, au point que cela devient risible. Je sais que certains vont me conseiller le Courrier International, le New York Times ou des revues ciblées sur le net, mais j’ai le cerveau tellement farci de trucs pas rigolos que je ne me concentre plus que sur les nouvelles “légères”, à base de LOL et de vidéos de chatons.

Espérons que ça ne dure pas trop longtemps.

Tournage dans un jardin anglais

CockandbullEngagé pour interpréter le héros de l’adaptation cinématographique prétendue impossible du chef-d’oeuvre de la littérature anglaise du XVIIIe siècle, La Vie et les opinions de Tristram Shandy, Steve Coogan nous présente dans le style très direct du roman-fleuve les personnages du film. Lui-même tout d’abord, Tristram Shandy, héros et grand organisateur de cette “histoire sans queue ni tête”, sa mère tant aimée, Elizabeth, alors qu’elle va accoucher de lui, son père Walter, un intellectuel quelque peu névrotique, son oncle Toby et le caporal Trim qui s’affairent à reconstituer la bataille de Namur dans les jardins du château…


Je suis allée voir ce film à sa sortie je ne sais plus trop pour quelle raison, mais sans doute attirée par les costumes et le fait que c’était l’été à Paris. J’avais adoré, l’Anglais aussi, et j’ai fini par m’offrir le DVD il y a quelques semaines.
A cette occasion, j’ai été ravie de constater que rien n’avait changé : l’humour opère toujours, le casting est toujours aussi vivant. Le film passe sans cesse de l’histoire de Tristram Shandy à celle de l’acteur qui l’interprète – la scène d’ouverture, où les deux acteurs principaux, au maquillage, se prennent la tête pour savoir lequel est la plus grosse star est assez géniale – offrant une mise en abîme très drôle. On nous raconte un peu la vie de Tristram Shandy et beaucoup celle de Steve Coogan, qui doit jongler avec l’arrivée impromptue de sa petite amie et de leur bébé, la présence de l’assistante de plateau pour laquelle il a un faible, ses co-stars qui veulent lui piquer la tête d’affiche et les aléas de tournage.
Une scène m’a encore plus fait rire que les autres, sans doute parce que je l’ai trouvée très parlante. Afin de filmer la batailler de Namur, l’équipe fait appel à un groupe de reconstituteurs dont le chef est interprété par… Arthur Weasley. Entre grandes tirades sur les batailles cinématographiques et idées plus ou moins farfelues pour le tournage, j’en avais les larmes aux yeux de rire.

Il reste toutefois un mystère à éclaircir : l’Anglais et moi avons vu ce film à sa sortie au cinéma. Monsieur était persuadé de l’avoir vu avec moi, mais… nous ne nous connaissions pas encore. Que s’est-il donc passé ?

L’artisan de saveurs – Teathétcha

Cette après-midi, j’ai commencé à concrétiser un de mes objectifs de ces vacances : rattraper ma vie sociale. Le sieur Artus et sa compagne m’avaient donné rendez-vous dans leur salon de thé fétiche près de chez eux, et je n’ai pas été déçue du voyage.

Situé rue de la Glacière, l’endroit est constituée d’une partie boutique (thés, gourmandises et accessoires) et d’un petit salon. Deux tables sont disposées près du comptoir, tandis que quelques autres se trouvent dans l’arrière-boutique, proposant soit des fauteuils confortables, soit une banquette.

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La carte est fournie, sans être foisonnante, ce qui permet quand même de faire un choix rapide. J’ai opté pour un pu-er, Artus pour un thé vert chinois dont je serais bien incapable de me rappeler le nom, et C. pour une orange pressée. En outre, des pâtisseries étaient proposées, dont l’intitulé me donnait l’eau à la bouche : nous nous sommes jetés sur les scones à la crème et à la confiture, la brioche grillée aux confitures et la tarte au chocolat.
Notre commande est arrivée assez rapidement, le thé infusé à la perfection (donc sans risque qu’il gagne en amertume), les desserts visiblement frais du jour et faits maison. Ma tarte au chocolat était accompagnée d’un cornet chocolaté empli de crème fouettée et surmontée de deux écorces de clémentine confite (délicieux, alors que normalement j’ai horreur de ça) et d’éclats de pistache. Un vrai poème. Mon pu-er avait ce goût caractéristique de sous-bois, mais il m’a beaucoup plu et se mariait très bien au chocolat. Le thé vert d’Artus était, d’après lui, le meilleur dans sa catégorie, mais je ne l’ai pas goûté.

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Au moment de régler la note, la facture n’est pas forcément donnée (j’en ai eu pour un peu plus de 13€ pour une petite théière et un dessert – c’est le gâteau qui fait exploser la note) mais, compte tenu de l’amabilité du service (à aucun moment on n’a essayé de nous mettre dehors), de la fraîcheur des produits et de la qualité des thés, j’estime que ça les vaut largement.
Le plus difficile, quand on s’en va, est de ne pas céder à la tentation de s’offrir une des magnifiques boîtes à thé en washi ou en laque, un de ces superbes mugs en porcelaine anglaise (il n’est pas impossible que je craque), ces fleurs de thé ou ces accessoires si pratiques…

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L’artisan de saveurs – Teathétcha
119, rue de la Glacière, 75013 Paris

Je lis (j’écris) de la romance, et je t’emmerde

A l’occasion du Salon du Livre (où je serai en dédicace ce week-end, youhou), j’ai eu envie de monter au créneau pour le genre de littérature que j’aime. Ce n’est pas le seul, loin de là, mais c’est le plus mal aimé.

Qu’est-ce que la romance ?

Selon le site Romance Writers of America, une romance comporte deux éléments de base nécessaire : une histoire d’amour au centre du récit, et une fin satisfaisante et optimiste. Partant de là, on peut décliner sous toutes les coutures : historique, fantastique, contemporain, médical, érotique… les possibilités et les variations sont infinies.

Julia Quinn - Bridgerton 4

Mais… c’est pas un peu gnangnan ?

Si on part du principe que le bonheur c’est gnangnan et les sentiments amoureux, c’est tabou, oui. Je pense surtout que nous avons, ancrée en nous, l’idée qu’un roman a beaucoup plus de valeur s’il s’attarde sur les malheurs des personnages.

Alors c’est un truc de gonzesse ?

Voilà bien une idée qui me donne envie de hurler. Déjà, 10% des lectrices de romance sont des lecteurs (et si !), donc ce n’est pas “que pour les filles”. En outre, pourquoi ce genre est-il considéré comme féminin ? Parce que les sentiments, c’est bon pour les femmes ? Parce que, génétiquement, les hommes sont moins intéressés par les histoires d’amour et plus par les histoires de c*l ? Ou parce que, socialement, il est mal vu pour les hommes de s’intéresser aux émotions ?
La romance offre autant de héros que d’héroïnes, et interroge les états d’âme de tous les protagonistes. Peut-être que les hommes qui prétendent ne rien comprendre aux nanas pourraient essayer de lire un ou deux romans du genre et y verraient plus clair…

Eloisa James - Beast

C’est un gros ramassis de clichés, quand même

Plutôt que de clichés, il me semble plus pertinent de parler de “codes” de la romance : une attirance (ou une détestation) physique quasi immédiate, un hasard qui fait généralement (très) bien les choses, des baisers réticents qui s’enflamment très vite… C’est une façon comme une autre de poser les jalons, de montrer que les héros sont destinés l’un à l’autre et qu’ils doivent finir ensemble. Dans la vraie vie, si un mec essaie de m’embrasser à l’improviste, même si je le trouve canon, il va se retrouver avec ma main en travers de la figure !
Comme dans tous les genres, certains auteurs s’en tirent bien mieux que d’autres pour distiller les ingrédients indispensables ! Et leur plume est parfois bien plus fine que ce qu’on pourrait trouver au rayon “littérature générale”… L’important, c’est de savoir jouer avec les codes.

Oui, enfin, le mariage et le bébé à la fin, c’est quand même un peu réducteur, non ?

Ca, je pense que c’est parce que c’est un genre né dans les pays anglo-saxons, où ce modèle prédomine. A titre personnel, j’adorerais écrire une romance où les héros décident de se pacser à la fin (pour les impôts) et de voyager jusqu’à la fin de leurs jours, mais mon lectorat ne suivrait peut-être pas.
En outre, au-delà du final plus ou moins convenu, il y a surtout l’histoire d’un héros et d’une héroïne qui se font grandir mutuellement. Il est loin le temps où la dame attendait le bon vouloir de son chevalier blanc : désormais, elle se retrousse les manches et va le chercher par le col s’il le faut ! Il est beaucoup question, dans ces ouvrages, d’empowerment (émancipation, prise de pouvoir) de l’héroïne : comment elle se dégage de ses doutes, des conventions sociales, de tout ce qui la retient, non par l’action du héros, mais grâce à son soutien (et parfois même contre lui).

Lisa Kleypas Dream lake

Soit. Mais quand même, c’est pas très réaliste.

Parce qu’un mec qui lance des sorts en claquant des doigts ou une inspectrice de police qui arrête trois serial killers en autant de romans, c’est réaliste, peut-être ? Non, ce n’est pas réaliste, parce que ce n’est pas le but ! Le principe à l’origine de la romance, c’est d’offrir de l’évasion au lecteur, de l’arracher à son quotidien. Si j’ai envie de lire une histoire ancrée dans la réalité, je ne me tournerai ni vers la romance, ni vers la fantasy ou le polar.

Il y a des scènes érotiques dans la romance… en fait, c’est de la littérature érotique déguisée !

*Soupir*
*Gros soupir*
Oui, il y a des scènes érotiques, et plus que dans d’autres types de romans. Après, allez raconter une histoire d’amour sans la partie technique, c’est quand même plus compliqué (même si ça se fait, par exemple dans la romance dite “inspirationnelle”, où les héros s’effleurent à peine la main).
Au-delà de ces considérations, il faut quand même noter une chose : dans la romance, quand l’héroïne dit non, le héros s’arrête (si, si, même si après il doit dormir sur la béquille) ; quand les héros s’envoient en l’air, l’héroïne prend toujours son pied. Eeeeh oui. En fait, au cœur de l’érotisme de la romance, il y a le plaisir féminin, et le clitoris. Ca vous en bouche un coin ?
Et oui, c’est agréable à lire, mais ce n’est pas l’unique raison pour laquelle on lit ça (même si ça peut parfois avoir un excellent effet sur la libido).

Source
Source

C’est quoi le problème avec les couvertures ?

Ah, les couvertures de romance… tout un poème. D’abord, si l’on regarde ce que l’on publie depuis environ 5 à 10 ans, on s’aperçoit que les couvertures perdent peu à peu leur caractère kitsch, leurs héroïnes dépoitraillées et leurs héros torse nu (peu à peu, hein, ça existe toujours) sur fond de ciel enflammé et de camaïeu d’orange. Sarah Wendell, du blog Smart bitches, trashy books, a développé une théorie, selon laquelle les couvertures sont plus destinées aux libraires, et à l’idée (souvent pas très flatteuse) que ceux-ci se font de la romance. Et que comme celles-ci sont très reconnaissables, elles permettent d’identifier immédiatement le type d’ouvrage.

Alors pourquoi tu lis ça ?

J’ai toujours été fleur bleue : comme Obélix, je suis sensible aux histoires d’amour qui finissent bien, ça me met du baume au cœur. Je ne saurais pas vraiment dire d’où ça vient, et je ne suis pas certaine que ce soit le but de ce billet. J’ai lu beaucoup de shôjo manga pendant mon adolescence, avant de passer à la romance “classique” à l’âge adulte.
En outre, je lis ça pour éprouver des émotions fortes : je tremble, je frissonne, je ris, je pleure, je suis en colère en même temps que les héros (surtout les héroïnes). Je sais qu’à la fin tout ira bien, alors je m’abandonne au plaisir d’une histoire qui me fera sourire et me permettra de m’évader. C’est bon pour le moral, parfois pour la libido, et c’est facile à lire. Le premier livre que j’ai lu après mon accouchement, c’était une romance. Ce n’est pas un hasard.

Un peu de pub !
Un peu de pub !

Et pourquoi tu en écris ?

Parce que j’ai voulu passer de l’autre côté du miroir ! A force d’en lire (et d’en traduire), je me suis rendu compte que, moi aussi, j’avais des histoires à raconter, qui me permettraient de m’exprimer et de mêler plusieurs de mes passions.
Et puis, même si c’est pas le Pérou, c’est une source de revenus. Je ne vis pas que d’amour et d’eau fraîche.